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Un quai, un nom : le Commandant Louis Malbert

Plaque du quai Commandant Malbert, Port de commerce de Brest

Sur le port de commerce de Brest, presque tout le monde a un jour prononcé ce nom: "Quai Malbert". Que ce soit pour chercher une adresse, aller contempler la Recouvrance au ponton ou visiter l'Abeille Bourbon, voir travailler les charpentiers de marine du chantier du Guip, au savoir-faire extraordinaire, admirer leurs jolis bateaux restaurés,... qui ne connaît pas ce nom ? Mais qui sait vraiment qui était ce Commandant Malbert ?

Sommaire

Un marin originaire de Saint-Quay-Portrieux

Entre l'ancienne criée et le port du Château, le chantier Guip au milieu du Quai Malbert.

Louis Marie Malbert est né le 18 juillet 1881 à Saint-Quay-Portrieux (Côtes-du-Nord).

Inscrit initialement au quartier de Binic, il commence à naviguer en 1896 en qualité de mousse sur le trois-mâts KerJoseph. Il embarque à Saint-Nazaire, sous le commandement de Louis Rollier qui deviendra Ministre de la Marine en 1930. Il passe le Cap Horn pour la première fois en 1903 (il le doublera 17 fois). En 1905, il se marie avec Louise Dalmard ; le couple aura cinq enfants, quatre filles et un garçon.

Lieutenant dès 1904, il devient Capitaine et commande le Pierre-Loti de 1907 à 1911, puis l'Edmond-Rostand, le Noémi, le La Rochefoucauld, le Pierre-Antonine et enfin le quatre-mâts Champigny. Il navigue presque tout le temps, sans prendre de congés et voir sa famille. Gravement malade de la grippe espagnole à San Francisco, il quitte la Marine en 1919.

Après la guerre, il vient à Brest et prend la tête du chantier de réparations de son oncle, Albert Gourio, situé au 2, quai de la Douane. Il continue à effectuer quelques courtes navigations pour améliorer sa retraite, quand une opportunité se présente : l'Union Française Maritime de Henri Cangardel Wikipedia-logo-v2.svg cherche un capitaine expérimenté pour ramener de Saint-Nazaire un remorqueur de 1600 CV. Véritable figure populaire des quais du port de commerce, un nom s'impose : Malbert.

Le capitaine du remorqueur Iroise

Le remorqueur Iroise à quai à Brest. Portrait de Louis Malbert (Doc Portde.info)

Louis Malbert adopte l’Iroise et transforme ce remorqueur très puissant en un outil merveilleux d’assistance aux navires en danger. Son sang froid, sa témérité, l’ascendant qu’il a sur les hommes, son expérience et son sens marin, son audace et son mépris du danger, tout contribue à faire de Malbert le capitaine sauveteur le plus complet qu’on puisse concevoir.

Mais sans son équipage et quelques hommes-clé, Malbert et l'Iroise n'auraient pas rempli aussi bien leurs missions de sauvetage. Il s'agit de Albert Nicolas, le second, qui connaît tous les « cailloux » de la mer d'Iroise, Jean Flavius, chef-mécanicien et ses 11 hommes en salle des machines, Louis Pirame, le bosco, véritable patron du pont qui répercute les ordres de Malbert aux 7 matelots chargés de la remorque.

Au large des côtes finistériennes, le commandant Malbert et son équipage consacrent leurs vies à sauver les marins en perdition. Les sauvetages effectués par l'Iroise sont l'exact reflet de la solidarité des gens de mer dans la première moitié du XXe siècle.

Malbert aura commandé le remorqueur de sauvetage Iroise de 1924 jusqu’en 1932, après avoir exécuté 183 sauvetages et assistances de navires, cumulant quelque 3000 personnes sauvées. Possédant les qualités humaines pour gérer un équipage en pleine tempête, il sait aussi défendre les intérêts de sa compagnie devant les tribunaux.

En 1946, il dirige un chantier de réparations et de sauvetages, appartenant à l’Union des Remorqueurs de l’Océan à La Rochelle. Gravement malade depuis décembre 1948, il décède le 28 janvier 1949, chez lui à Saint-Quay-Portrieux où il est enterré.

Des hommages

  • La Société Centrale de Sauvetage, des Naufragés en 1929 et le Ministre de la Marine en 1930 décernent à Malbert la Médaille d’Or de Sauvetage.
  • Le 29 juillet 1928, le Commandant Malbert est fait Chevalier de la Légion d’Honneur. Il est aussi l’un des 35 membres fondateurs de l’Amicale des Cap Horniers en mai 1937.
  • Un vapeur de 5.600 tonnes de port en lourd, lancé le 26 octobre 1949, pour la Compagnie Union Industrielle et Maritime, porte le nom de Capitaine Louis Malbert.
  • Un médaillon en bronze, réalisé par le sculpteur Armel Beaufils, fixé sur un rocher à Saint-Quay-Portrieux, rappelle le souvenir du Commandant Malbert.

Remorques, un roman et un film

Jean Gabin et Michèle Morgan dans Quai des brumes 1938

Roger Vercel Wikipedia-logo-v2.svg (prix Goncourt en 1934 avec Capitaine Conan) a magnifiquement retracé l’épopée de l’Iroise, sous le commandement de Malbert dans son livre Remorques. « Malbert restera le Capitaine valeureux dont l’exemple inspirera les jeunes énergies qu’inlassablement la Mer attire vers Elle. Nous devons beaucoup de gratitude à Roger Vercel, le grand romancier de Remorques, pour avoir retenu l’épopée de l’Iroise, transposée sous un autre nom. Roger Vercel rend la place qui lui est due aux drames de l’Océan et à ceux qui en sont les héros ou les victimes. »

Remorques Wikipedia-logo-v2.svg est un film français réalisé par Jean Grémillon Wikipedia-logo-v2.svg et sorti en 1941, scénario et dialogues de Jacques Prévert Wikipedia-logo-v2.svg, avec Michèle Morgan Wikipedia-logo-v2.svg et Jean Gabin Wikipedia-logo-v2.svg capitaine du remorqueur de sauvetage le Cyclone.

L'escalier descendant à Porstrein, sur le cours Dajot où fut filmée la scène finale du film, montrant Jean Gabin descendant ces marches, après avoir perdu sa femme et sa maîtresse.

Le film rend hommage aux capitaines de remorqueurs, particulièrement ancrés dans la vie brestoise depuis le commandant Louis Malbert qui fut, avec le remorqueur Iroise, le précurseur du sauvetage et de l'assistance en haute-mer. Le tournage du film débute à Brest et à Guissény sur la plage du Vougot en juillet 1939. De retour à Paris, il reprend le 11 août 1939 aux studios de Billancourt pour les scènes d'intérieur. Le tournage est interrompu le 3 septembre 1939 en raison de l'entrée en guerre de la France et de la mobilisation de Gabin et Grémillon. Le tournage se terminera finalement dans les studios durant le printemps et l'été 1941, quand Jean Grémillon est démobilisé.

Une scène du film, devenue culte, montre Jean Gabin descendant les escaliers du cours Dajot à Brest, seul dans la nuit, dans le vent et sous la pluie. Une scène qu'il a d'ailleurs fallu recommencer une dizaine de fois, en raison de conditions météorologiques très peu coopératives en ce jour de juillet 1939. La pluie provenait en effet de canons à eau des pompiers et c'est un avion à hélices de l'Aéro-club de Guipavas, amputé de ses ailes, qui pallia ce soir-là l'absence de vent.

Bibliographie

  • Louis Malbert, Jean-François Pahun, Ed Larivière 2004
  • Remorques, Roger Vercel, Albin Michel, 1935
  • 3000 vies au bout d'un câble, Roger Vercel Ed Larivière 2004

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