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Interview-Sillage : Pierrot Christmann, Limonadier latino

    Sillage130 small.jpg Cet article est extrait du Magazine Sillage N°80 - fev. 2001
Auteur : Jérôme Le Jollec



“Le Brestois est ouvert à toutes les cultures”

Portrait du Ché Guevara

Le nom ne fait pas le moine ! On peut s’appeler Christmann et être zef pur jus. Non content d’être né à Recouvrance, l’ami Pierrot peut s’enorgueillir d’avoir un père lorientais et une mère paimpolaise. "Limonadier" atypique, il a su mieux que quiconque humer les frissons musicaux de l’air du temps pour faire vibrer ses établissements au rythme de sons chauds.

D’où vient ce nom de Christmann ?

Il y a de nombreux Christmann en Alsace, mais il viendrait de Bavière.

Pierrot, ca ne fait pas trop lunaire ?

Mon prénom est Pierre-Alain, mais on m’appelle Pierrot depuis le lycée. J’ai peut-être la tête dans les nuages, mais surtout ailleurs.

Quelles ont été les principales étapes de votre aventure ?

Déjà au lycée, je faisais des extras dans les restos. Après un bac F1, je suis parti en IUT de construction mécanique, ça a duré un mois et demi ! Après trois ans de Chiquito et deux ans de Gentilhomière, je me suis mis à mon compte en 1988 au Pourquoi pas qui deviendra le Central Park, avant d’ouvrir avec un associé un bar à tapas La Tapadera. En 1996, j’ouvrais le Havana huit jours avant Brest 1996, et enfin, le Vip’s en 1999.

Pourquoi l’idée d’un premier bar à thème ?

Les gens déjà à la fin des années 80 voulaient quelque chose de différent. Avec le Central, on avait une connotation rock avec déco new yorkaise et disc jockey. On était au top de la musique.

Et puis les tapas ?

J’ai toujours fait les choses sur des coups de cœur. Ne vendre que de la bière, ça ne m’intéresse pas et j’aime bien aller voir ce qui se passe ailleurs. J’avais découvert ça en Espagne et j’étais attiré par la musique. Si j’avais voulu gagner de l’argent, j’aurais ouvert un pub.

L’Espagne c’est aussi un mode de vie qui vous plaît ?

C’est davantage une culture sociale de discussion et de convivialité. Les générations se mélangent. On ne va pas au bar spécialement pour boire. À 6 heures du matin, on fait encore la fête.

De l’Espagne à Cuba, il n’y a qu’un pas ?

L’Espagne a beaucoup d’influence à Cuba que ce soit pour la langue ou la musique. On était parti sur un projet tex mex, mais on s’est finalement orienté vers Cuba et la salsa.

Vous y êtes allé ?

Oui, c’est l’Espagne en mieux ! Les Cubains sont vraiment gentils. On est allé là où les Cubains vont, c’est plus authentique. On a rencontré des barmen, des cuisiniers et on est revenu avec des idées de déco… et des recettes.

Êtes-vous Che ou Fidel ?

Che! Et aussi José Marti.

Salsa ou rumba ?

Salsa ! Le mot englobe plusieurs styles. On prête à la musique latino des vertus thérapeutiques… C’est une musique festive, qui donne envie de bouger.

La vague cubaine ne va pas faire de l’ombre à la musique celtique ?

Ce sont deux choses différentes mais qui peuvent se rencontrer. Des Celtas Cortos, on peut dire qu’ils font une musique celto-hispanisante ou hispano-celtisante.

Et Brest aime les nouveautés ?

Le Brestois est vraiment ouvert à toutes les cultures. Lors d’un soir de janvier, il y a eu 4 500 spectateurs pour Aznavour, une salle comble au Vauban pour De Palmas, pendant que les Deschiens faisaient le plein au Quartz et que nous affichions complet chez nous avec un groupe de salsa.

Des projets ?

On a créé Sol-Sol, une asso qui a pour but de faire découvrir la culture sud-américaine. Il faut encore l’affiner, mais il y a une idée de festival latino pour juillet au port.

Comment se déroulerait ce festival ?

Sous un chapiteau de 5 000 personnes venant de Madrid, et sur trois jours, de façon à montrer tout ce qui peut se faire dans le genre, depuis les nouveaux DJ jusqu’à Sergent Garcia, en passant par plus de folklore avec des groupes de samba, et pour finir quatre groupes de salsa.

Hormis les voyages, votre passion demeure la musique ?

Je ne voyage pas beaucoup. En fait, je suis plutôt musique. J’essaie de voir ce qu’il y a à côté. Mais je ne vais pas me focaliser sur un artiste et je n’ai pas la prétention d’être une encyclopédie.

Pensez-vous que le bar joue encore un rôle social ?

Oui, ça bouge à travers les bistrots. Il est important de créer des endroits où les gens sortent de leur circuit professionnel et se mélangent. Pourtant de nombreux bars de quartier ferment. La culture du petit bar, c’était une histoire. C’est dommage, mais il se crée aussi de grosses “machines”. Je ne suis pas passéiste. Et puis, j’aime bien donner des coups de pied et avancer.

Et Brest dans tout ça ?

Pendant un an, j’ai cherché une affaire de Rouen à La Rochelle. Je suis revenu. J’aime Brest et sa région. Mais je voudrais qu’on sorte du cercle bresto-brestois. J’aimerais qu’on parle de Brest comme une métropole qui irait de Guilers à L'Hôpital-Camfrout.

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