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Interview-Sillage : Lucienne Cornec, Résidente de Pontanézen et ex-présidente de TAPAJ

    Sillage130 small.jpg Cet article est extrait du Magazine Sillage N°75 - juin 2000
Auteur : Jérôme Le Jollec


"Un départ sans TAPAJ"

Il n'est pas nécessaire de faire du bruit pour se faire entendre. Un aphorisme en forme de clin d'oeil que Lucienne Cornec a appliqué huit années durant avec l'association TAPAJ et le journal éponyme de. Un quartier qui n'a pas nécessairement mauvaise presse et auquel on peut, comme elle, être indéfectiblement fidèle depuis des lustres. Aujourd'hui, elle peut être fière de son bilan et éprouver le besoin de souffler.

Jardin du quartier de Pontanézen

Vous êtes Brestoise ?

Je suis née à Brest de parents brestois trois mois avant la déclaration de guerre.

Vous y êtes toujours restée ?

J'ai un peu vadrouillé. De Toulon pour suivre mon père aux baraques du Bouguen, en passant par Pontoise, Landerneau, Douarnenez, lorsque j'étais infirmière.

Depuis quand habitez-vous à Pontanezen ?

J'y suis arrivée en janvier 1973. Nous étions les troisièmes habitants de l'immeuble.

En quoi le quartier était-il différent ?

Il n'y avait rien. Il a fallu se battre pour avoir une poste, un centre social, des bus, une école. Des commerçants passaient dans les rues; il ne fallait pas rater leur coup de klaxon.

Il y a eu des évolutions plutôt positives ?

Le centre socio-culturel est très actif et propose des activités très éclectiques. L'OPAC a beaucoup investi pour la réhabilitation et pas seulement dans le bâti.

Comment est né TAPAJ ?

Tous à Ponta Action Journal, autrement dit TAPAJ est un enfant du Développement Social des quartiers. Au début des années 1990, nous étions une poignée d'habitants à trouver qu'il manquait un outil de communication et qu'il fallait redonner la parole aux gens.

Que vise-t-il ?

Faire circuler l'information sur le quartier, favoriser les échanges entre les habitants, donner confiance et mettre en avant une image positive du quartier.

Son fonctionnement ?

Il y a un comité de rédaction qui se réunit trois ou quatre fois qui construit le journal et s'attache à la qualité de l'écriture Les écrits peuvent être simples, jamais simplistes ou simplificateurs.

Tout le monde peut donc écrire ?

Oui ! En 9 ans et 95 numéros, 950 personnes ont écrit depuis le lancement du journal en mars 1991.

Vous avez décidé d'arrêter la présidence ?

J'ai eu un petit pincement au coeur, mais je me suis dit que neuf ans c'était suffisant. C'est Danielle Pouchin, élue en mars dernier qui me remplace à la présidence.

Que représentait TAPAJ pour vous au début ?

On tentait une aventure inédite sur le quartier. C'était aussi un défi personnel. J'aime le mot, la phrase, l'écrit.

Quel était votre rôle ?

Pousser les uns et les autres, remettre les pendules à l'heure, corriger les articles.

En écrire aussi ?

J'ai fait la biographie des peintres qui ont donné leur nom aux rues du quartier. Comme il n'y en a que 13, j'ai continué pour arriver à un total de 59.

Quels ont été les principaux changements dans la forme, le contenu ?

Depuis 1996, après de gros points d'interrogation, il est plus à l'écoute. Chaque année pour la fête de Ponta à la Pentecôte (à laquelle sont venus Faudel, Idir, Soldat Louis) nous sortons un numéro spécial dont nous soignons la présentation.

Cela représente aussi quelques moyens ?

Nous avons des subventions et aussi les cotisations des adhérents. La mise en page se fait à la maison de la lecture et le journal est distribué dans 1700 boîtes à lettres par des bénévoles.

Comment les gens réagissent-ils ?

Ils attendent leur journal. Ils disent : "c'est écrit dans TAPAJ". C'est une référence. C'est vraiment un trait d'union entre les habitants.

Et les jeunes ?

Il y a une barrière de l'écrit. Peut-être aussi la peur qu'on dise qu'ils ne sont pas bons en français. Mais notre local a toujours été respecté.

Quel est le principal handicap de Ponta ?

L'enclavement ! Malgré tous les efforts faits par les élus comme la Chaufferie. Il n'est pas facile de faire venir les gens extérieurs au quartier, sans parler des problèmes de parking.

Quand vous dites que vous habitez Pontanezen, comment les gens réagissent-ils ?

Mal! À la limite, on me plaint. Mais je ne poursuivrais pas une relation avec quelqu'un qui ne voudrait pas y venir.

Vivre ensemble à Ponta ou ailleurs, c'est possible ?

Oui, tout à fait ! Autrefois dans la vie en baraque, il y avait plus de convivialité sans doute, mais il existe encore de la solidarité et des gens qui rendent service. Il faut aussi savoir être tolérant et ne pas voir que les côtés négatifs. Quant à moi, je n'ai pas envie de changer de quartier.

Et Brest dans tout ça ?

On y va, on ne reste pas que dans le quartier. On participe aux manifestations. Je vais d'ailleurs faire partie des bénévoles de Brest 2000. J'aime la mer, flâner près du Château, du pont de Recouvrance, de la Corniche. J'aime bien ma ville malgré les courants d'air.


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