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Interview-Sillage : Gilbert Le Traon, co-directeur du festival du film court

    Sillage130 small.jpg Cet article est extrait du Magazine Sillage N°78 - oct.-nov. 2000
Auteur : Jérôme Le Jollec


"Brest, un passage obligé"

Quand bien même il se montre peu enclin à cultiver la sienne, Gilbert Le Traon est un homme de l'image. Depuis le lycée et le super 8 du début des années soixante-dix, il a fait preuve en la matière d'une belle constance. La direction de la Cinémathèque de Bretagne qu'il assumera à compter du 1er décembre en est l'aboutissement. Et aussi l'amorce d'une nouvelle aventure après celle du Festival européen du film court où il s'apprête à boucler, la quinzième édition.

Caméra 8 mm Elmo 8V

Le Traon, difficile de faire plus breton ?

Très brestois même, comme mon père, côté Saint-Marc. Mais avec une mère Plougastelen, j'ai toujours eu envie de passer le pont.

Votre premier souvenir filmique ?

Je devais avoir 6-7ans. C'était dans une salle de quartier à, un film de série B américain dans lequel des plongeurs s'entretuaient sous l'eau. Une horreur !

Votre parcours avant Côte Ouest ?

Une escapade à Paris après le bac pour étudier le cinéma, puis les Beaux-Arts et le diplôme. Le passage obligé du chômage. La création en 1982, avec un groupe de plasticiens de l'atelier Arc-en-Ciel avec lequel nous allions du tangible à l'utopie. Je suis devenu permanent à Côte Ouest en 1991, et co-directeur artistique depuis 1995.

Comment a grandi l'association depuis sa naissance ?

Il y a eu trois époques charnières. D'abord celle de la Nuit du Court-métrage, puis en 1986, la création du festival et enfin, en 1992, nous sommes reconnus au niveau européen.

Brest a-t-il aujourd'hui un festival qui compte ?

Oui, et on peut même dire qui a du nez. Kassovitz, Rochant, Vinterberg ("Festen"), ou Tran Anh Hung ("L'odeur de la papaye verte"), pur produit de Brest, sont passés par ici. Et tous les premiers prix depuis 1991 ont fait leur long-métrage. Aujourd'hui, Brest est un passage obligé quand on sait que 70 % des réalisateurs commencent par le court-métrage.

Un moment fort pendant toutes ces années ?

Une grosse charge émotionnelle après le festival 1998, alors qu'on sortait de difficultés financières. Un peu comme une équipe de foot ou de basket après une victoire importante.

Le prochain festival s'inscrit sous quels auspices ?

Entre autres, ceux du numérique et de la vidéo. Et encore plus développé : plus de rencontres, de projections, de professionnels. Notre ligne directrice, c'est la défense et la promotion de la jeune création cinématographique européenne. Jeune veut dire peu de moyens. Ce que permet le numérique avec sa légèreté et une plus grande proximité des personnages.

Aurez-vous le temps de voir des films ?

Non! Mais j'irai voir tout de même comment réagit le public.

Des frustrations alors ?

Bien sûr ! Pour l'ensemble des bénévoles aussi qui viennent pour l'amour du cinéma et qui sont pris par d'autres tâches.

Mais Côte Ouest ce n'est pas que le film court ?

On est dans tout ce qui touche au cinéma, notamment dans le secteur jeunesse et cela va des réalisations de courts métrages, au concours de scénario, en passant par Brest 2000.

Après un siècle de cinéma, peut-on encore inventer ?

C'est une particularité de ce médium de se régénérer constamment. L'image permet de parler directement. Il y a les nouveaux moyens techniques, mais les jeunes connaissent aussi leurs classiques.

Quel est le dernier film que vous avez vu ?

"Harry, un ami qui vous veut du bien", habile sur le plan du scénario. C'est du cinéma français réussi.

Entre VO et doublage hésitez-vous ?

Non ! Moi, c'est toujours version originale. Pourtant, je reconnais que dans Woody Allen, il y a un gros travail sur la traduction.

La mondialisation en matière de cinéma ?

On doit faire de la résistance, de l'obstruction systématique, même une guerre de tranchée. En face, on a des gens qui ne rigolent pas en matière commerciale.

Quel metteur en scène avez-vous rêvé d'être ?

Depuis que j'ai arrêté le super 8 au lycée, mon plaisir est de voir ce que les autres font.

De quels comédiens, aimeriez-vous revêtir les costumes ?

Je n'ai là non plus aucune envie. J'adore les comédiens sur l'écran, qui transfigure. Je déteste les voir au naturel, y compris les comédiennes.

Vos cinéastes préférés ?

Le maître, c'est Fellini. Il y a aussi Antognoni, de "Blow up" à "Zabriskie point". Chez les Français, c'est plus timide. Mais j'aimais bien Sautet.

À la Cinémathèque, vous n'arrivez pas dans l'inconnu ?

Le siège est à Brest et nous travaillons déjà ensemble. Il y aura une continuité. La dimension artistique sera sans doute moins grande, mais c'est une autre manière de voir les choses et il y aura un dénominateur commun : la curiosité.

Êtes-vous sensible à d'autres formes d'art ?

La passion que j'avais pour la photo s'est éteinte. Ce qui m'excite le plus c'est de prendre un crayon et dessiner.

Et Brest dans tout ça ?

J'ai un attachement de brenig à Brest. Je ne la trouve pas belle mais ce que je trouve beau et que j'aime, c'est cet écrin dans lequel elle est sertie. Le goulet, c'est une porte balisée par le soleil. J'aime cette ville qui semble avoir tout oublié des siècles.


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