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Guillaume Le Ru, témoin du naufrage de l'Amoco-Cadiz

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Une journée d'horreur

Guillaume Le Ru a été témoin du naufrage de l'Amoco-Cadiz lorsqu'il travaillait aux affaires maritimes à l'Aber-Wrac'h.

Guillaume Le Ru

Guillaume occupait le poste de syndic des gens de mer (Catégorie C), suite à l'obtention d'un concours il est devenu contrôleur des affaires maritimes (Catégorie B).

Guillaume habite à cette époque à Lannilis. La nuit du 16 mars 1978 entre 3h et 4h du matin il se réveille en sentant une odeur de gasoil. De prime abord, il pense à une fuite concernant son système de chauffage. Mais en descendant à la cave il s'aperçoit que l'odeur ne vient pas de chez lui. Il a alors l'idée d'aller dehors et se rend compte qu'à l'extérieur l'odeur est encore plus présente. Le lendemain matin en se réveillant à 7h du matin, il apprend en écoutant la radio qu'un pétrolier s'est échoué à Portsall. En se rendant à l'Aber-Wrac'h à l'école d'apprentissage maritime, tout le monde ne parle que de ça, mais les gens n'en savent pas beaucoup plus. En empruntant l'escalier qui permet d'atteindre le toit plat de l'école, il voit le pétrolier de travers dans le sens Nord-Sud sur les rochers, mais toujours entier.

Ce jour-là Guillaume remplace un collègue, syndic des gens de mer de Portsall, qui est en arrêt maladie. L'après-midi il se rend à Portsall pour effectuer la permanence et choisit de prend la route côtière en passant par Saint-Pabu. Et là spectacle d'horreur !! La marée commence à monter, le goémon est encore intact mais à mesure que la marée avance tout se recouvre de pétrole. La première pensée qui traverse l'esprit de Guillaume est de se dire que plus jamais il n'y aurait de goémon sur les rochers. Toute la faune et la flore en pâtirait. Jamais les locaux n'arriverait à remédier à ça. Comment surmonter cette épreuve ? Comment ramasser tout ça ?

Et puis les gens se sont attelés à la tâche et aidés par la mer et les tempêtes de l'hiver, ils ont commencé à voir leurs efforts récompensés. La mer s'est nettoyée elle-même, la nature est quand même bien faite ! La preuve, sur tous les îlots environnants il n'y a pas eu de nettoyage pourtant il n'existe plus de trace du naufrage. C'est la côte qui a été la plus difficile à rendre propre, les karchers n'ont pas été de trop. Les cailloux ont même été nettoyés à la vapeur. Il aura fallu tout de même trois ans pour que les Portsallais retrouvent leur plage intacte. Par contre les Abers ont vu des séquelles du naufrage durant une période plus longue car le pétrole était rentré dans la vase. Pendant très longtemps lorsqu'on remuait la vase on voyait apparaître le pétrole qui s'y était infiltré.

L'union fait la force !

Balise du Libenter

Il n'y a pas que les Portsallais et les gens du coin qui ont été touchés par ce drame écologique. Des personnes des quatre coins du Finistère sont venus prêter mains fortes aux locaux. La solidarité est très présente dans ces moments difficiles. Des agriculteurs ont utilisé leurs tonnes à lisier et leurs tracteur pour aider au nettoyage. Certaines entreprises ne sont pas restées insensibles à cette catastrophe et ont ainsi mis à dispositions leur matériel, comme des camions. Certaines n'hésitaient pas à libérer leur personnel afin d'aider la population de Portsall. La période de nettoyage aura duré une année complète, ce drame aura aussi des conséquences économiques puisqu'il aura privé les professionnels du tourisme d'une saison estivale.

Au sein des affaires maritimes, Guillaume avait aussi en charge la vérification, la pesée et le contrôle des huitres qui avait péris afin d'indemniser les ostréiculteurs. Ce contrôle s'effectuait au préalable en bateau. Les pêcheurs mettaient dans un container les huitres polluées, ils étaient ensuite vidés à la balise du Libenter où il avait 20 mètres de fond. Les containers présents sur les dragueurs des ostréiculteurs étaient comptabilisés et pesés. Ce contrôle en bateau ne pouvait se faire que par beau temps. Le danger étant plus présent lorsque la mer était agitée, le contrôle se faisait alors dans un champs au manoir Trouzilit. Tous les ostréiculteurs de l'Aber-Wrac'h apportaient par camion leur pêche polluée dans l'espoir de recevoir une compensation assez rapidement. Les huitres plates étaient plus fortement indemnisées que les huitres creuses, puisque leur prix est plus important.

Les agents des affaires maritimes se devaient aussi de contrôler la faune. Tous les jours il fallait faire un rapport téléphonique au quartier des affaires maritimes à Brest. Ils parcourraient les kilomètres de côtes, constataient les dégâts et en faisaient un diagnostic. Beaucoup d'oiseaux ont été retrouvés couverts de pétrole, ce sont en particulier les associations de protection de l'environnement qui donnaient de leur temps et diffusaient leur connaissances pour sauver ces oiseaux.

Les indemnités

Carte des phares et balises

Guillaume précise que certains ont eu assez rapidement des aides par l'Etat pour nettoyer les plages. Les camions mis à disposition avaient besoin d'essence, les personnes donnaient déjà beaucoup de leur temps il n'était pas imaginable qu'ils mettent cet argent de leur poche.

Guillaume se souvient du jour où tous les pêcheurs de Portsall sont venus déposer leur rôle d'équipage aux affaires maritimes, ne pouvant plus aller à la pêche ils ne voulaient plus payer de taxe. Un rôle est un registre où il est indiqué le nom du bateau et les personnes qui ont embarqués sur le bateau jour par jour. Ensuite les pêcheurs payent des taxes par rapport aux nombres de jours que chacun à passer en mer. Par conséquent puisqu'ils ne pouvaient pas aller en mer, ils ont pris la décision de déposer leur rôle. Ensuite l'État leur a versé une indemnité mensuelle forfaitaire pour perte. Une cellule a été ouverte aux affaires maritimes à cette occasion. Elle était chargée de recueillir les fonctions et les salaires de chaque pêcheur afin de leur offrir un remboursement à la hauteur de leur perte.

L'Amoco-Cadiz : un drame écologique, économique, humain...

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