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Interview-Sillage : Nolwenn Caer, handballeuse, capitaine du Brest pen ar bed

    Sillage130 small.jpg Cet article est extrait du Magazine Sillage N°79 - déc. 2000
Auteur : Jérôme Le Jollec


"Se faire plaisir et monter en D1"

Ballon de hand

Née sous le signe du handball dans une famille sportive, Nolwenn Caër était prédestinée. Pratiquante depuis sa prime jeunesse, elle a connu toutes les sélections, de départementale à internationale espoir. Et, depuis la saison dernière, elle est la capitaine d'un Brest Pen Ar Bed aussi ambitieux que jeune. À seulement 22 ans, elle ne se prend ni ne perd la tête, et affiche une spontanéité rafraîchissante.

Le hand : hasard ou nécessité ?

Depuis que j'ai 6-7 ans, je suis toujours dans les salles de hand. C'est mon milieu : mes parents se sont connus... grâce au hand.

Premières compétitions, premiers frissons ?

Oui, déjà quand on passe au niveau départemental, c'est impressionnant. Quand on est en régionale, c'est génial, et puis le reste suit et on prend les étapes comme elles viennent.

Une sélection internationale, c'est magique ?

C'est clair ! En stage national on apprend avec d'autres entraîneurs et on connaît d'autres cultures handballistiques.

Venir à Brest ce n'était tout de même pas l'aventure ?

Si un peu au début, car j'avais 16 ans et j'étais seulement cadette quand j'ai fait le grand saut en Nationale 1 B.

Vos études de sport vous laissent-elles suffisamment de temps pour le haut niveau ?

J'arrive à m'organiser et à combiner les deux, mais ça ne laisse pas beaucoup de répit.

'La marge de progression de l'équipe est importante ?

Oui, car c'est très jeune. Je pense que la moyenne doit tourner autour de 20-21 ans. À 27 ans, Adriana Suta est la doyenne mais cela commence à 17 ans.

Votre poste sur le terrain a-t-il toujours été le même ?

J'ai commencé comme demi-centre, mais comme je suis gauchère, je suis passée à l'aile. En fait, ça dépend des matches.

Être capitaine entraîne des obligations ?

D'autres filles pourraient très bien l'assumer, mais je suis une des plus anciennes du collectif. Franchement mon rôle, c'est de mettre ma signature sur la feuille de match, car le groupe est très soudé.

Brest peut-il faire partie de l'élite ?

Je l'espère ! Toutes les conditions sont réunies cette année. Il y a un collectif soudé qui a envie d'apprendre et de travailler. Nous sommes treize et nous effectuons six entraînements par semaine. Peut-être aurait-il fallu être 16 avec deux ou trois joueuses de la trempe d'Adriana.

Voir l'équipe de France vice-championne du monde puis aller aux JO, ça vous fait quoi ?

Je suis hyper contente pour elles. En plus, je connais des filles avec qui j'ai été en stage. Mais pour entrer dans le cercle, il faut au moins jouer en D 1. Et puis après les Barjots, les media, ne restent plus insensibles... Les performances ont rendu le hand féminin plus médiatisé, à l'image du basket féminin.

Être professionnelle, c'est possible aujourd'hui... ou demain?

Pour le moment ce n'est pas possible. Même les garçons professionnels sont loin des salaires des footballeurs. Mais pourquoi pas à long terme.

Le hand semble être à l'écart des problèmes de drogue mais est-il à l'abri ?

Je serais très surprise si j'entendais qu'un Richardson ou qu'une Pecqueux s'est dopé. Le dopage n'amène pas l'intelligence de jeu. Mais qui sait ce qui peut se passer dans une vingtaine d'années si le hand se professionnalise ?

L'esprit d'équipe ça vous correspond pleinement ?

Oui, j'aime bien l'esprit qui règne en sport co, jouer pour les autres. D'ailleurs, on me reproche de ne pas assez jouer pour moi.

Êtes-vous intéressée par d'autres activités ?

Vu mes études, je touche à d'autres sports. J'aime les sports d'extrême comme l'escalade, mais aussi le vélo et les sports de raquette. En revanche, je suis moins attirée par les sports d'expression telle la gymnastique. J'aime quand il y a duel.

Sur un terrain, y a-t-il des travers qui vous agacent ?

L'absence de fair-play ou la critique de l'arbitrage.

Vous-même, avez-vous un péché mignon ?

Je dois en avoir... j'aimerais peut-être devenir moins mauvaise perdante. Même aux cartes je n'aime pas perdre, mais tricher, ça non !

Le plaisir de jouer passe-t-il toujours avant la victoire ?

Quand même oui! Si on ne se fait pas plaisir, on ne peut pas gagner. Si on s'est bien battu, la victoire découle logiquement. Enfin, il faut accepter qu'il y ait des plus forts que soi.

Aujourd'hui ou à court terme quel serait pour vous le plus grand bonheur sportif ?

Finir dans les deux premiers et monter en D 1. Voir aussi le hand breton reconnu, ça clouerait le bec à certains.

Et ce qui vous chagrinerait le plus profondément ?

De rester en D 2, alors que je pense qu'on a les moyens de monter. Et si j'ai des propositions, d'être obligée de partir de Brest.

Justement, et Brest dans tout ça ?

Pour moi, c'est la ville où j'ai fait mes études et percé au niveau du sport. Je me suis habituée à la pluie. Même si la ville n'est pas belle, c'est assez accueillant et les gens sont faciles d'abord. Pour ne pas être de Brest je m'y suis bien intégrée, je m'y sens bien.


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