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Interview-Sillage : Kris, scénariste de bandes dessinées

    Sillage130 small.jpg Cet article est extrait du Magazine Sillage N°132 - nov.-déc. 2008
Auteur : Jérôme Le Jollec


"Il y a une pâte brestoise"

"Un homme est mort". Ce livre, sorti en 2006 et dessiné par Davodeau, évoque la mort d'un jeune ouvrier brestois en 1950 au cours d'une manifestation dans le Brest de la reconstruction. Dire que sa publication a fait du bruit dans le landerneau de la bande dessinée est un euphémisme. 50 000 exemplaires dont 3 000 à Brest ! Kris est tombé dans la BD dès l'enfance. Diplômé d'Histoire, comme nombre de scénaristes, il aurait pu l'enseigner mais il y trouve le terreau de ses ouvrages, parfois teintés de son propre vécu.

Albums Spirou

Votre premier livre était-il une BD ?

Oui, grâce à mon oncle qui dans les années 1980 avait dans les 600 BD. Ce devait être Alix.

Enfant, quels étaient vos auteurs préférés ?

Mon fantasme, c'était Cauvin, scénariste de Spirou. Je rêvais déjà de faire une BD. Et aussi Charlier, scénariste de Buck Danny et Blueberry.

Ceux qui vous ont le plus marqué ?

Jusqu'à 20 ans, je n'ai pratiquement pas lu de romans. Puis, j'ai découvert Steinbeck et Howard Zinn, un historien américain, militant des droits civiques. Il a écrit "Une histoire populaire des USA", du point de vue des Indiens, des petits blancs. Il m'a appris que l'Histoire n'est jamais neutre et ne peut être qu'un combat.

Quelle a été votre éducation ?

Je ne viens pas d'une famille intello mais le rapport aux livres était très fort avec une croyance dans l'éducation populaire qui permet de t'élever. À la maison j'ai toujours été sensibilisé à la politique avec des discussions parfois enflammées. Je suis un pur produit de l'école laïque.

Les rencontres ont-elles joué un rôle primordial ?

Ah oui ! Je pense que tout est affaire de rencontres. Celle d'Obion, dessinateur et scénariste, avec qui j'ai créé les Violons Dingues a été déterminante.

Le réel vous inspire-t-il davantage que la fiction ?

Oui ! Le réel permet de satisfaire ma curiosité. Il n'y a qu'à se baisser pour trouver de bonnes histoires.

Travailler en tandem avec un dessinateur, c'est un plus ?

Il faut trouver le bon équilibre, mais je n'ai que de bonnes rencontres. Avec Davodeau, on s'est super entendus. Chaque page que je reçois est un cadeau. En BD, le scénariste c'est le réalisateur, le dessinateur lui, c'est le cameraman.

Un projet qui vous tient à cœur ?

Il s'appelle "Svoboda", liberté en tchèque. C'est l'histoire incroyable de 70 000 Tchèques qui, partis de Vladivostok, vont mettre trois ans à rejoindre leur pays de 1917 à 1920. 4 500 y perdront la vie. C'est mon docteur Jivago à moi.

Kris vu par Blequin - caricature réalisée lors d'une intervention à la faculté Victor Segalen

Croyez-vous à l'objectivité ?

Absolument pas !

À l'engagement ?

Je suis homme de gauche. Je fais partie du syndicat des auteurs. Je crois au travail dans les associations, sur le terrain social.

Pour quelle faute avez-vous de l'indulgence ?

L'égoïsme. À un moment donné, ça nous touche tous un peu.

Ce que vous détestez ?

La cupidité, l'individualisme quand il est forcené.

Ce que vous appréciez le plus chez vos amis ?

La fidélité, l'humour.

Le comble de la misère ?

La misère intellectuelle, l'ignorance.

Votre plus grande crainte ?

De ne plus faire ce que j'aime au quotidien.

Votre idéal de bonheur ?

Pouvoir vivre 150 vies, vivre une réincarnation consciente.

Vos héros dans la fiction ?

Un mec comme Blueberry.

Le personnage historique qui vous a marqué ?

Saint-Just. Un parcours étonnant. À 25 ans, il était au sommet. Mais je crois que c'est l'Histoire qui fait les hommes.

La vertu cardinale à vos yeux ?

L'honnêteté.

Le mot le plus beau ?

Passion.

Le don de la nature que vous aimeriez avoir ?

Avoir l'oreille musicale.

Le trait principal de votre caractère ?

L'obstination.

Votre défaut principal ?

La susceptibilité.

Quelle profession pourriez-vous exercer ?

Prof d'Histoire ou guitar hero, mais je n'ai pas le talent pour.

Quelles formes d'art aimez-vous ?

Tout ce qui est métissé. J'admire les artistes de rue. Ils ont une imagination qui me fascine.

Et Brest dans tout ça ?

C'est la base de tout, même si je n'ai pas l'esprit de clocher. Il faut faire des efforts pour aimer Brest. J'aime l'humanité des gens qui y vivent. C'est aussi une ville ouverte. Les Brestois adorent leur ville mais la critiquent. Il y a beaucoup d'autodérision. Il y a une pâte brestoise.


Ce contenu est publié sous licence Creative Commons BY-ND

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