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Interview-Sillage : Gildas Mahé, Skipper

    Sillage130 small.jpg Cet article est extrait du Magazine Sillage N°125 - sept.-oct. 2007
Auteur : Alain Le Jollec


"Tout me ramène à Brest"

Gamin, l'école à peine finie, Gildas Mahé courait au Moulin Blanc voir les bateaux, les marins. Il savait déjà tout sur tous. Quelques lustres plus tard, à 32 ans, sur une Solitaire Le Figaro 2007 décoiffante, il s'y classe troisième de l'étape Crosshaven-Brest, après avoir un temps mené la danse. Il finira cinquième du classement général, place plus qu'honorable pour une deuxième participation. En attendant sans doute d'y revenir, il rêve d'autres courses et aussi d'un tour du monde en famille.

Optismist

Quand avez-vous fait vos premiers ronds sur l'eau ?

A huit ans en rade de Brest. D'abord avec mes parents qui avaient un bateau. Ensuite sur optimist, ce qui est une super école.

Avez-vous eu tout de suite la fibre marine ?

Pas trop la fibre du large. J'étais plus attiré par les régates à la journée. J'ai tout de suite accroché. J'ai fait sports-études. Dès que je sortais de l'école je venais au port. On m'appelait "la gazette du Moulin Blanc". Dès qu'il fallait une info, je l'avais.

Votre première régate ?

Un national optimist à Brest en 1985. J'étais en benjamin, mais je n'avais pas un gros niveau.

Les premières choses sérieuses ?

Ma sélection en équipe de France minimes sur optimist. J'avais 13 ans. C'était en Hongrie sur le lac Balaton. Puis un championnat du monde optimist au Japon à Yokohama.

La Solitaire du Figaro 2006, c'était une nouvelle étape ?

Depuis 1999, je n'avais pas navigué en solitaire. J'ai repris l'an dernier. la Solitaire Le Figaro, c'est une course unique.

Cette année à Brest c'était presque le coup de maître ?

Après avoir été deuxième bizut en 2006, j'étais regonflé à bloc. Dans l'étape Crosshaven-Brest, j'ai tout le temps été dans le trio de tête. J'ai réussi à bien naviguer et anticiper. Mais la course est longue et exigeante psychologiquement. C'est dur de passer deux jours et deux nuits sans dormir.

Davantage de satisfactions que de regrets ?

C'est 150 % de satisfactions. Bien sûr gagner à Brest aurait été extraordinaire, mais je ne maîtrise pas assez les manœuvres en solitaire.

Etre marin, c'est apprendre sans cesse ?

Ce n'est jamais fini avec les bateaux et l'évolution technologique. Je pense que l'expérience passe avant le physique, même s'il ne faut pas souffrir dans les manœuvres.

La mer, une école d'humilité ?

Oui, clairement ! Il faut rester petit face aux éléments, même sur des petites étapes qui paraissent simples.

Votre plus grande peur ?

Sur un bateau à voiles, je n'ai jamais eu de grande peur. En revanche lorsque j'avais 7 ans, j'étais sur un ferry qui a pris feu. J'ai eu très peur.

Vos prochains objectifs ?

Le tour de Bretagne 2007 en double où je remets mon titre en jeu avec Sébastien Audigane. On est bons copains depuis longtemps et on est très complémentaires.

Et à plus long terme ?

J'aimerais faire le circuit Figaro pendant quelques années. Je veux d'abord faire mon trou. Je suis plus attiré par un tour du monde en équipage que par le Vendée Globe.

Votre plus grand rêve ?

Faire un tour du monde en famille, en prenant le temps pour découvrir des contrées sauvages et perdues.

Le don que vous auriez aimé avoir ?

Je ne sais pas. Peut-être le don artistique, la créativité.

Connaissez-vous vos défauts ?

Oui ! Un peu ronchon, pas toujours très organisé et un caractère de Breton bien trempé, ce qui est à la fois défaut et qualité.

Ceux que vous ne supportez pas ?

Le manque de franchise et de simplicité.

La faute qui vous inspire le plus d'indulgence ?

Blesser quelqu'un sans le vouloir en ayant la volonté de bien faire.

La première des vertus ?

L'ouverture d'esprit aux autres.

Votre occupation préférée quand vous n'êtes pas sur l'eau ?

Le bricolage. Et aussi la pêche mais je n'ai plus trop le temps.

Votre plat préféré ?

Le rougail saucisse et le carry crevettes, des plats réunionnais.

Une boisson autre que l'eau ?

La Guinness !

Et Brest dans tout ça ?

Peu de grands marins ne sont pas passés par Brest. C'est un pôle nautique compétent, une histoire chargée d'événements. Tout me ramène à Brest. Toute mon histoire nautique est brestoise : ma famille habite à Brest, mes voiles, mes bouts, ma carène sont fabriqués à Brest, Benoît Petit, mon routeur et mon sponsor sont Brestois

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