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Activité des premiers clubs 1903-1914

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Le sport de 1789 à 1940

Il y a actuellement 17 articles liés à ce sujet.

Activité de ces sociétés

1903

Course pieds.gif
Le premier de nos clubs, le stade Brestois, organise une course à pied de 12km, au pardon de Saint-Renan et un tour de Brest de 22km, dont le vainqueur Abgrall en 1 heure 35 minutes sera notre premier coureur d'un club officiel.

Le football se manifeste de la manière suivante : à la réunion de constitution du premier club de foot, sport non encore cultivé à Brest, a lieu au café du Commerce, puis le 20 décembre au Polygone , on forme deux équipes et on donne à chaque joueur sa place dans son camp, les affiches sont apposées à la vitrine du café du commerce. Des joueurs de Nantes et de Rennes figurent dans les équipes, Kervern arbitre, le public est assez nombreux. Ce match est dû à l'initiative de Georges Laporte, le comité du football Club Brestois est composé de Fouché président, Laporte, Kervern, Evrard, Gélébart, Gatrot. On lance un appel pour ce sport hygiénique. Au deuxième match la foule est nombreuse.

Dessin velo.gif
Le V.C.B. organise une course cycliste de 120 km, la première depuis 8 ans ses sorties promenades sont bien suivies. Peu d'évènements sont à signaler dans le Sud, sinon que la société hippique a à son programme des épreuves de chevaux de selle, de voitures, de chevaux attelés par paires, ainsi que des sauts d'obstacles pour cultivateurs bretons montant en costume de région, des courses de gentlemen et des courses d'officiers. La séparation des classes trouve dans son expression, même dans le cadre d'une épreuve physique, au cours d'une fête commune, nous l'avons déjà constaté à l'occasion des fêtes nautiques.

La course à pied est à la recherche de formules de compétitions. On assiste à des tentatives d'exploits insolites tel que celui de Waroche, le Traverseur, sans doute un professionnel, un des meilleurs coureurs de France qui effectue à Brest 15km en 1 heure avec des obstacles de 1m20, 1m30, 1m40, 1m60. Ce type d'épreuve sportive n'eut pas de suite.

1904

Des statistiques enregistrent en cette année : 1 300 000 vélos en France, 19 000 motos, 19 000 autos. La première ligne omnibus du département sera faite l'an prochain. Quimper à Beg Meil considérée comme la reine des plages bretonnes, elle reçoit la bourgeoisie Quimpéroise et les industriels concarnois.

Le Finistère dispose de 110 voitures de plus de 150 kg. Beaucoup de ces véhicules sillonnent nos routes, une est actionnée par la vapeur d'eau, les autres à gaz ou à vapeurs inflammables.

Foot.gif
Retournons nous vers le football à Brest. Le F.C.B. joue au vélodrome, (le Polygone étant trop pierreux,) contre le Stade Rennais perd 8-0 devant ce champion incontesté de Bretagne. Le préfet, l'Amiral, le Maire sont présents.

Cette prise en considération par les autorités administratives et militaires témoigne qu'il s'agit bien de l'apparition d'un fait important à l'évolution duquel il faut être attentif. Quant au lycée il bat en aller-retour, l'Armoricaine qui n'avait pourtant pas l'intention de laisser abattre ses couleurs.

Au V.C.B. le président Coatval se retire à 55 ans, après avoir dirigé plusieurs clubs cyclistes, Helot le remplace. On voit apparaître aux grandes courses de la Pentecôte du Club Brestois un 100 mètres et un 1500 mètres à pied, des internationaux du vélo et une course de corporations ouvrières. Ils n'avaient pas l'habitude de la piste, mais ont été très applaudis. Une fois de plus on constate cette cohabitation des classes qui ne semble guère poser de problèmes aux sportifs de l'époque héroïque.

Le F.C.B. a également ses tireurs à l'épée. On sait aussi qu'un établissement privé tenu par Mr Amelot, place de la Liberté propose des cours de gymnastique et qu'il est très fréquenté.

Le nouveau conseil municipal décide de ne plus payer des moniteurs militaires pour faire des cours de gym, à l'école primaire « les instituteurs sauront le faire car c'est simple ».

Voyons comment se présente la situation des activités physiques à la même période dans l'institution militaire.

La vie dans les casernes évolue, sous l'impulsion du Capitaine Le Gallois du 19ème R.I. , le football y fait son entrée. Le libéralisme gagne dans l'armée en même temps que la durée du service diminue ; un conscrit déclare dans une lettre : « Les jeux de plein air remplacent maintenant les activités d'exercices, dont la fréquente répétition devient pénible pour le soldat. Ces jeux contribueront autant à notre développement physique que les exercices auxquels étaient contraints nos aînés ».

Cette innovation peut être interprétée comme une simple modernisation, mais en fait, elle est une réponse de la part de certains milieux militaires progressistes, au développement de l'antimilitarisme qui se fait sentir depuis plusieurs années et que les partisans de la préparation militaire et de la gym avaient déjà dénoncé. Les milieux catholiques tenteront de s'opposer à cette dégradation de l'armée dont ils font porter à la franc maçonnerie la responsabilité.

A Brest se dispute un match de solidarité au profit des familles des naufragés du bateau Le Hilda. On peut y faire la remarque que tous les joueurs du V.C.B. opposés à l'U.S.B. ne sont pas en tenue malgré les recommandations. Un match d'escrime Brest - Quimper réunit surtout des officiers.

Le football Club Brestois vient de s'intégrer au V.C.B. dont il devient la section de foot. Il joue un aller retour contre Saint-Brieuc. Le comité étend ses activités à l'athlétisme et achète du matériel en conséquence.

L'U.S.B. s'entraîne à Kérangoff à la course et au foot, joue contre le Lycée, puis l'Armoricaine dans la propriété de Mr Nicol.

Deux réunions omnisports sont organisées par le V.C.B. dont une dans le cadre des grandes courses annuelles de vélo, puis un match de foot contre une équipe militaire de Saint-Malo qui joue en treillis et en calot.

Une nouvelle rencontre sportive a lieu à l'occasion de la venue de l'escadre anglaise, c'est le début de l'entente cordiale. Les prix attribués aux courses de vélo sont élevés, et sous forme d'argent, par contre les courses pédestres sont récompensées par des objets d'art. le V.C.B. essaie de maintenir sa suprématie sur le plan brestois. L'U.S.B. qui participe à ses fêtes va maintenant se définir un programme : sorties diverses, rallye-paper, championnat de natation, canotage, vélo sur route, marche, puis foot en septembre. Le club décide de frapper un grand coup en Octobre, une manifestation Place de la Liberté sous patronage municipal, « exclusivement un programme démocratique et populaire », beaucoup de courses athlétiques et de vélo ; L'U.S.B. affirme aussi son patriotisme. Novince a composé une chanson du club dont voici le premier couplet :

« Si le pays, jamais quoi qu'il arrive
Nous demandait d'aller le protéger
Nous partirions et l'Union Sportive
Lutterait ferme en face du danger »

C'est alors qu'apparaît le nouveau club la Jeunesse Sportive Brestoise à la suite de ses contacts manqués avec la Brestoise, l'ancienne société de gymnastique ; nous la verrons évoluer de plus près en 1906.

La Jeunesse Sportive Kérinéenne puis l'A.S. Lambézellec se déclarent et envisagent immédiatement la construction de belles installations : piste, stade de foot, stand de tir.

Le Stade Lycéen lance aussi son appel « pour la pratique des exercices du corps, foot, gym, course, vélo », son président Le Hénaff instituteur à Saint-Pierre est aussi animateur de l'Amicale laïque, et mène une activité intense au moment des élections.

Le Yachting, dont nous avons relaté les régates, subit une crise : « il y a pourtant 30 yachts à Brest mais les yachtmen se désintéressent, ils portent leurs efforts sur les sports nouveaux, par exemple, l'automobile. Les présidents se retirent devant les nombreuses réclamations.

La gymnastique à Brest mais aussi sur l'ensemble du territoire, devant ces situations complexes et variées posées par les activités naissantes, éprouve le besoin de faire le point. « Une commission va tenter d'unifier les méthodes à l'armée, à l'école et dans les sociétés ». On en parle aussi au Congrès annuel des sociétés de gymnastique. Une circulaire va être adressée pour définir l'orientation de la gymnastique. Le même congrès fête la naissance de la 1000ème société.

Voyons en cette même année très riche en évènements sportifs, les problèmes qui se posent aux patronages. Le premier congrès des œuvres catholiques du diocèse de Quimper dresse le bilan d'activités des 61 organisations qui lui sont affiliées. En dehors des cercles, des syndicats, des sociétés mutuelles, les sociétés de gym figurent en bonne place. Le rapporteur sur les activités des patros indique « que la formation physique des jeunes y est très en honneur ». L'Armoricaine a pris une avance considérable, elle compte 65 gymnastes.

A Morlaix trois patros se sont unis pour former une société de gym. Il y en a également une à Landerneau, les gars d'Arvor, et les Arzelliz à Ploudalmézeau.

Ce congrès des œuvres catholiques est important dans la mesure où il manifeste l'intention de l'Église d'occuper le terrain de l'éducation populaire face au danger que présente pour elle le pouvoir des Radicaux, qui sont anticléricaux.

Le patro Saint-Joseph à Quimper se manifeste par une demande de subvention, la Quimpéroise également, pour l'instant on leur demande de faire leurs preuves.

Dans peu d'années l'attitude des municipalités va évoluer sur ce problème d'attribution des subventions aux sociétés catholiques.

L'année 1906, 1907, 1908 va voir s'intensifier l'activité des sociétés ; les mêmes rencontres entre elles vont se renouveler chaque année.

1906

Cette année sera celle des premières rencontres Nord et Sud ; les lycéens de Brest et de Quimper jouent en aller retour. Les deux équipes se valent. Le Stade Quimpérois rencontre aussi son homologue brestois, le V.C.B. et perd 7 à 1. L'U.S.B vient à son tour à Quimper où elle ne semble guère être appréciée : « ce match fut conclu en dehors d'un accord général du Stade ».

Le 118ème de Quimper, présente une équipe, faible, contre le Stade. L'apparition d'une équipe militaire, comme l'an passé à Brest, est encore un fait nouveau intéressant dans l'élaboration du fait sportif. Comme à Brest, un rapprochement s'opère à Quimper entre le Club de Foot et celui de vélo. Une pelouse va être faite au vélodrome afin que les joueurs de foot « puissent y donner leurs fêtes ». Cette phrase est significative de ce que représente au départ les manifestations sportives. Le sport a été retenu pour son aspect éducatif mais les municipalités y ont vu un moyen d'animation de leur cité. Il y a donc là un élément supplémentaire responsable du développement du sport, il n'est pas nouveau, nous l'avons déjà enregistré sous le Second Empire où l'on « donnait » aussi des fêtes nautiques ou hippiques, on a donc fait que continuer les méthodes antérieures en utilisant des activités nouvelles. Le phénomène sportif ne constitue à aucun moment une rupture totale avec le passé.

Le stade Quimpérois, conscient du rôle d'avant-garde qu'il joue dans son secteur géographique, va se déplacer pour porter la bonne parole, d'abord à Pont L'Abbé sur l'hippodrome, où : « le public s'est bien amusé des bousculades et des chutes. Le comité du Stade espère avoir fait œuvre utile ». Il se rendra encore à Auray et le vainqueur de ce match ira rencontrer Saint Brieuc. Le nombre des équipes qui opèrent dans l'Ouest de la Bretagne grossit rapidement. Certaines ne tiendront guère plus d'une année, dans le Nord : l'Etoile Sportive Brestoise, l'Hermine de l'école professionnelle de Lambézellec, le stade Quilbignon, le collège Saint-Louis, L'U.S. Bretonne, le C.A. Brestois, le Celtique, le sporting, la Ploudalmézienne, l'U.S. Quilbigon.

Le premier championnat en deux séries est constitué :

1ère série : Stade de Vannes, U.S. Saint Servan, Stade Lavallois. 2ème série : V.C.B., U.S.B.S. Quimper, Auray, Saint Briochin

On note la présence de plusieurs anglais dans de nombreuses équipes.

Citons encore un certain nombre d'évènements sportifs significatifs de cette période de lancement du sport.

La Quimpéroise se fait surtout remarquer en organisant une fête nautique qu'elle reproduira trois années de suite, sur la baie de Kérogan, seuls sont autorisés les bateaux ayant un rôle de plaisance. Deux courses réunissent 4 et 7 partants, plus un à la godille qui abandonne car son bateau prend l'eau.

Les rapports entre la pêche et la plaisance ne semblent pas excellents.

A l'Ile Tudy des incidents ont lieu aux régates.

La Cornouaille tir tient son assemblée générale au cours de laquelle le colonel Roudier demande : « Que tous les sports soient dirigés vers l'utilisation militaire ».

Cela confirme que l'on veut bien accepter le sport à condition que l'on puisse l'utiliser de la même façon que la gymnastique. Les hautes personnalités présentes au match de Brest ne souhaitent sans doute pas exprimer autre chose.

Une sélection de deux équipes brestoises rencontre le Stade Rennais, ce qui peut paraître étonnant c'est que chacun joue avec le maillot de son club. A travers ce détail nous pouvons juger du chemin parcouru pour aboutir aux formes actuelles du sport.

L'Armoricaine coordonne des cross inter-patronages à Brest. L'U.S.B. prend l'initiative d'organiser le Tour de Brest avec l'appui d'un mécène, Mr De Pontheray. Le challenge du Drapeau reviendra au Stade Lycéen.

L'esprit patriotique des sociétés de gymnastique est donc conservé par les animateurs des clubs sportifs. Les spectateurs viennent nombreux.

A l'inauguration des belles installations de l'A.S. Lambézellec à Kercastrec, il y a 4000 personnes.

Le stade lycéen met sur pied une fête sportive très réussie au Portzic. Tous les clubs sont présents, même la Brestoise.

Le V.C.B. organise le premier championnat de tennis qui obtient un grand succès : « La Société est choisie sinon nombreuse »,Le même club organise un Rallye-paper, épreuve à la mode : c'est une sorte de chasse à courre dans laquelle les coureurs sont divisés en chiens et en gibier. On lâche d'abord le gibier et les chiens se lancent à leur recherche à partir de traces matérialisées par du papier répandu sur le parcours. Ce procédé sera longtemps utilisé pour le marquage des parcours de cross.

La section départementale du Touring Club de France imagine une excursion hippique de quatre jours pour chevaux et voitures.

Une grande fête automobile obtient un succès fantastique et se termine par un vaste banquet pour indigents. Le comte De Pontheray en est à l'origine.

Le V.C.B. organise même une course de taureaux dans son vélodrome.

Le Stade Lycéen se lance dans le rugby.

La jeunesse sportive Brestoise crée le premier championnat de natation à Kermor. Ses entraînements de foot, vélo, boxe, escrime, gym, lutte, poids, sauts, c'est-à-dire tout ce que l'on peut imaginer à l'époque se font à l'école de Kéroriou.

L'idée de dépassement des structures du club ne tarde pas à s'imposer. Il sera bientôt question d'une Fédération Brestoise.

Les journaux qui avaient senti l'intérêt que pouvait présenter l'organisation d'épreuves de course lancent maintenant une souscription pour un challenge de football.

Les autorités approfondissent leur analyse des évènements afin de ne pas être débordés. Le ministre de la guerre décide une enquête : « Sur le bien fondé des exercices sportifs pratiqués dans les clubs et non prévus par les règlements militaires ». La fédération omnisports dirigeante (U.S.F.S.A.) incite son secrétaire régional Gemain à se déplacer pour porter la bonne parole dans les clubs et former des arbitres.

Il y a dans la nature de chacun de ces évènements un apport supplémentaire servant à faire évoluer le sport. Ce phénomène se poursuit actuellement et le sport continue à se transformer sous nos yeux, mais nous avons des difficultés à percevoir et analyser ce qui change.

1907

Une forte irradiation du mouvement se produit dans le Nord du Finistère. Elle atteint le stade et le Racing Club Lesnevien, le Stade Renanais, l'Olympique de Ploudalmézeau, le Stade morlaisien, l'Etoile de Guipavas, le F.C. Landerneau, la jeunesse de Saint Marc (gym), et seulement Concarneau dans le Sud.

Une fédération régionale du sport à Brest rassemble tous les clubs de la ville sauf le V.C.B. Elle marque son existence par une grande fête Place de la Liberté, dont le succès est considérable. C'est le président de la J.S.B. qui hérite de la présidence de cette fédération. Il fait remarquer dans son discours : « Qu'actuellement les sociétés se considèrent comme rivales, elles se jalousent alors qu'elles ne devraient tendre qu'à développer le sport pour former des citoyens vigoureux ».

Son but est : « D'organiser des souscriptions, rester indépendantes, faire du sport, du beau et beaucoup, créer des sociétés dans les centres environnants ». Cette grande manifestation de la Fédération est précédée d'une course de vélo de 100km : Landerneau - Morlaix - Brest et d'un championnat de natation. Elle concurrence la grande course d'une heure prévue par le V.C.B. La Fédé va jusqu'à décider : «Qu'elle autorise encore ses coureurs à participer aux épreuves du V.C.B., mais que bientôt ce ne sera plus possible car elle n'autorise pas les prix en espèce attribués au vélodrome ».

Il y a bien chez ces dirigeants de sociétés, une volonté de transformer l'esprit de la pratique sportive.

Les dirigeants du V.C.B. ne se laissent pas impressionner par ces déclarations et continuent à prospecter le champ des activités nouvelles qui seraient susceptibles de renforcer leur club. Le Patin à roulettes va se dérouler à l'Autogarage. Ces réunions sont privées. On peut supposer que ce lieu est déjà fréquenté par bon nombre de sociétaires du V.C.B. qui doivent être propriétaires de voitures automobiles.

La J.S.B. adopte le rugby et imagine aussi un tour de Bretagne en vélo.

En démissionnant de la présidence du V.C.B. Belot rend hommage au coureur Laurent qui a participé au Tour de France.

La Fédération des sports va durer jusqu'à la fin de l'année, et disparaîtra, victime de la polémique qui s'installe entre les dirigeants de certains clubs. Elle a cru pouvoir placer le sport hors des débats sociaux, elle n'a pas survécu à cette analyse peu réaliste.

1908

A Brest, la recherche d'activités nouvelles est toujours à l'ordre du jour.

La J.S.B. adopte le tir et le billard. Le V.C.B. le billard et aussi les leçons d'escrime qui sont donnés au vélodrome.

L'Armoricaine organise une course de vélo Brest - Lesneven - Landerneau, et participe à une importante manifestation de 28 sociétés de gymnastique à Saint-Brieuc. Ces sociétés veulent : « Vaincre dans le double combat de Dieu et de la patrie »

C'est le premier concours régional de la fédération des patronages (F.G.S.P.F.)

Après l'échec aux élections de 1908 de la municipalité brestoise dite « socialo-syndicaliste », les modérés rétablissent le concours hippique, supprimé depuis deux ans comme manifestation bourgeoise, et les fêtes de quartier « qui ne profitaient qu'aux bistrots ne sont plus subventionnées ».

La Brestoise se manifeste face au sport et face à la concurrence de la gym - catholique. Piton son président nous retrace, l'histoire de la gym en France. Deux fêtes très réussies, par la Brestoise, puis par l'Armoricaine ont lieu juste avant les élections municipales dont l'enjeu s'avère important. Le discours de Piton fait allusion au courant antimilitariste qui se développe et qui gêne la progression des sociétés de gym, qui font du patriotisme, un cheval de bataille. Des manifestations commencent à perturber le concours de tir. A Rennes le Ministre de la guerre vient d'être conspué au cours de la remise des prix du concours international de tir. Les efforts de la brestoise qui est classée première société de France pour le Brevet Athlétique militaire (B.A.M.), créé il y a quatre ans, et qui a formé 9000 élèves depuis 1884, n'en sont que méritoires. Le pouvoir n'a pas l'intention d'abandonner la lutte contre l'antimilitarisme et contre la désaffection de la gymnastique ; des mesures vont être prises dans quelques mois pour imposer et non plus seulement inciter, à la préparation militaire, dans toutes les sociétés et aussi à l'école.

Mais la crise qui atteint la gym, entraîne aussi la recherche de solutions nouvelles.

La nouvelle Méthode Naturelle d'Hébert constitue à cet égard un début de remise en question intéressante, mais en même temps elle porte une nouvelle atteinte aux habitudes. La méthode d'Hébert, dont nous avons la chance d'assister à l'expérimentation dans notre région ne pourra influencer que la Marine. L'Armée de terre utilise la méthode Suédoise depuis le début du siècle, quant aux sociétés, seule la J.S.B. qui veut faire preuve de modernisme en matière d'éducation physique adoptera la gym naturelle du Lieutenant Hébert. Elle sera la première société de France à le faire. Nous consacrerons ce chapitre spécial à ces débuts de la méthode d'Hébert dont Brest et simultanément Lorient furent les témoins.

Cette année présente d'autres caractéristiques : c'est l'année des jeux Olympiques de Londres. Il est curieux de voir que les journaux n'en parlent pratiquement pas. Cette absence d'impact au niveau local est contradictoire avec l'engouement que suscitent les sports. Le phénomène est général car une manifestation post olympique à Colombes se traduit par un échec. Le public n'est pas encore sensibilisé par ce niveau d'organisation du sport. Les milieux officiels ne semblent pas non plus décidés à mener une campagne de propagande en faveur de ces compétitions dans lesquelles les préoccupations patriotiques sont absentes.

Une campagne est menée pour convaincre : « Que les exercices sportifs ne sont pas aptes à développer le citoyen en tant que défenseur du pays ». On espère bien que les sociétés de gym seront plus bénéficiaires que les autres de ces lois de préparation militaire en raison de leur encadrement mieux adapté à cet enseignement. Le gouvernement doit faire preuve d'habileté car il doit agir de telle sorte que ces lois ne profitent pas aux sociétés catholiques dont la progression rapide est inquiétante, les restrictions de la loi à leur égard ne vont pas tarder à provoquer leur mécontentement. La Quinzaine ouvrière de Brest s'en fait l'écho dans ses colonnes : « Pour concurrencer les œuvres post-scolaires de plus en plus florissantes des catholiques », dit ce journal, « le Ministre de l'Instruction Publique adresse tous les ans un appel pressant au dévouement des instituteurs pour qu'ils organisent des œuvres laïques, la supériorité incontestable des sociétés de gym, et la préparation militaire des catholiques offusquent la franc-maçonnerie, les éléments les plus sains de la jeunesse affluent dans nos patros et nos associations sportives », « or le Brevet Athlétique Militaire (B.A.M.) est réservé aux jeunes des sociétés laïques ou d'un établissement d'état, nous protestons, ces sociétés quelque soit leur origine , méritent d'être secondées au même titre, il est évident que le développement des sociétés post-scolaires catholiques troublent le sommeil des anti-cléricaux, on verra bien d'où viendront les meilleurs résultats : des subventions ou du dévouement désintéressé des catholiques ».

1909

La nouvelle municipalité brestoise, par son adjoint le Dr Vergnaud, décide d'introduire la nouvelle gym naturelle d'Hébert dans les écoles primaires de la ville ; rappelons que Vergnaud, membre d'honneur de la J.S.B. la Brestoise, qui continue à pratiquer « la Suédoise », ne peut apprécier cette initiative qui ne peut que favoriser son club rival le seul en France à avoir adopté la méthode Hébert.

On ne peut que s'étonner, des pouvoirs municipaux en matière de décisions concernant les méthodes à utiliser à l'école.

La visite de l'escadre à Brest est toujours l'occasion d'organiser des fêtes. Les sociétés de gym vont une fois de plus être mises à contribution. Mais c'est la fête de la J.S.B. qui va être un triomphe pour la méthode Hébert. En présence du tout Brest mondain et du tout Brest populaire, la prestation des Mousses est très remarquée. La Brestoise s'abstient de prêter son concours sans doute en raison des problèmes de méthode dont on sait quel rôle important ils jouent dans l'histoire de la gymnastique.

La Populaire, organe du groupe des gauches, nous offre des éléments de réflexion sur les problèmes touchant aux sociétés de tir du moment :  « Il faut les développer à cause de la réduction du service militaire à deux ans, à Brest nous avons plusieurs sociétés de gym, des plus prospères. Le mouvement commence à gagner les campagnes, et là ce sont des sociétés de tir qui s'organisent et rendent des services, d'ordinaire la société naît dans l'école publique et réunit les élèves, c'est là un passe-temps agréable pour la jeunesse qui, faute de saines distractions, s'adonne trop souvent encore à l'alcoolisme, d'autre part ces sociétés sont le meilleur patronage pour protéger l'école laïque et assurer le recrutement, le ministre vient de décider en octobre d'aider les sociétés de tir scolaires, les cléricaux n'ont pas perdu de vue l'éducation de la jeunesse par la création de société de gymnastique, de secours mutuels, de patronages. Ils préparent les élections futures, aux 2316 sociétés de tir ils opposent 4000 sociétés plus ou moins catholiques ».

Dumont, député du Jura nous apprend que : « Depuis deux ans les Républicains de province signalent les efforts redoublés du parti clérical pour multiplier les patros, les sociétés de gym, et de préparation militaire pour reprendre prise sur l'adolescence ».

Ces diverses déclarations confirment bien qu'une lutte d'influence a lieu dont la conséquence est l'accélération de l'implantation des activités physiques.

L'utilisation des activités sportives par les plus réticents à l'évolution va se produire, d'une part par les patronages, mais aussi par les sociétés républicaines les plus traditionnelles. La Brestoise ne peut échapper à cette dynamique concurrencée par la J.S.B. sur le plan de la gymnastique, elle s'adapte en s'adjoignant une section de sports athlétiques de football.



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