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Madame Delarue, retraitée des Nouvelles Galeries

Mme DELARUE

Entretien réalisé le 15 décembre, à la MAPAD des Quatre Moulins, par Dorine Caroff, Matthieu Colin, Léna Madec et Maëlle Venneugues.



Vous pouvez nous dire votre nom et votre prénom?

Delarue Henriette, Paulette, Augustine. Dans le temps on mettait beaucoup les noms de famille.


Vous pouvez nous dire quels métiers vous avez faits durant votre vie?

J'ai été vendeuse en chaussures, au Chausson Leblanc à Rouen. Je suis née à Rouen.


Et vous avez exercé une autre activité aussi?

Et bien, pas beaucoup, vendeuse.


Vendeuse? C'est déjà très bien...

Vendeuse.


Et dans le même magasin de chaussures aussi?

J'ai été longtemps dans un, j'ai pas fait beaucoup de magasins, je me rappellerais peut-être plus, mais j'ai pas fait beaucoup de magasins.


C'est pas vous qui avez travaillé aux Galeries Lafayette?

Nouvelles Galeries. Je suis retraitée des Nouvelles Galeries, mais pas de Lafayette, de Rouen.


Quel était votre poste aux Nouvelles Galeries?

Aux Nouvelles Galeries, ce n'était rien d'autre que surveillante.


Surveillante des employés ou des clients?

Des clients. En principe. On était plusieurs, parce qu'il y avait beaucoup beaucoup de vols dans les grands magasins.


Vous surveilliez les entrées de magasins ou entrées et sorties de la Galerie plutôt?

Dans le magasin.


Vous travailliez en équipe?

Oui. Comment dire? Ça me plaisait.


C'était bien?

Oui, ça me plaisait moi, parce que je suis assez...


Vous avez l'œil?

Voilà.


Vous étiez combien à patrouiller en même temps par exemple?

Trois.


Trois personnes?

Au moins trois. Les Nouvelles Galeries de Rouen, il y a du sous-sol au quatrième.


C'était où les Nouvelles Galeries à Rouen?

Les Nouvelles Galeries de Rouen, elles sont rue Grand Pont.


C'est dans le centre-ville?

La rue Grand Pont, c'est une des rues principales de Rouen.


Parce que maintenant, on parle de la rue du Gros Horloge?

Oui, c'est une sorte de rue pareille. C'est à dire que la rue du Gros Horloge, c'est une rue ancienne. Qui intéresse beaucoup les personnes qui s'intéressent à l'ancien.


Les personnes que vous arrêtiez dans le magasin, après il se passait quoi pour eux? Vous appeliez la police?

Mais...La police c'était moi Madame!


Après les gens devaient payer leur article, comment ça se passait?

Ça pouvait se faire comme ça, si on se rendait compte que des gens avaient été pris malgré eux. Il y a des gens qui disent «Â je n'ai pas fais exprès ». J'étais vendeuse, et comme je faisais arrêter des gens, on m'a mit surveillante.


Vous arrêtiez beaucoup de gens?

Ah, relativement. Vous savez des voleurs, il y en a pas mal.


Est-ce que vous savez à peu près combien? Plusieurs par jour?

Oh ben oui, autrement on m'aurait mise à la porte.


C'était plus les hommes qui volaient, ou c'était plus les femmes?

Réponse: à vous, c'est à moi!


C'était quels genres de produits qu'elles volaient? Des parfums...?

Elle inspectait les rayons qui lui plaisait et puis elles se disaient «Â bon ben tiens, je prendrais ça ! »


Combien de temps vous avez fait vendeuse avant de passer comme surveillante?

Ah! Un certain temps, mais je me rappelle pas.


Quelques années? Une dizaine d'années?

J'ai été un certain temps comme surveillante. Oui parce que j'étais vendeuse et moi il faut que je m'occupe de tout. Je disais: «Â Vous savez la personne qui s'en va là? Et ben, elle a prit ceci, elle a prit cela, et ben on les arrête ». Je faisais l'intérim. Ça me plaisait moi. Dans la rue, on disait «Â Oh dit! La bonne femme des Galeries! ». C'est moi! Ça me plaisait moi. On m'a demandé si je voulais être surveillante, j'ai dit oui.


Qu'est ce qui vous a amené à venir à Brest?

Parce que mon fils s'est marié à une brestoise.


Vous avez travailliez à Brest après?

Ah pas du tout.


Vous travailliez avec des hommes ou des femmes quand vous étiez surveillante?

Aux Nouvelles Galeries, il y avait hommes et femmes.


Et comment ça se déroulait?

C'était pas de la rigolade. On disait à une vendeuse: «Â Nous avons vu cette personne, emmener quelque chose, pouvez-vous nous soutenir dans ce que nous allons avoir à faire? Elle disait oui, oui ». Parce que, il y a beaucoup de gens qui volent. Il n'y a pas que des gens qui font la manche hein! Il y a des gens aussi avec de l'argent, pour améliorer le budget, qu'est ce qu'on ferait pas? (rires)


Dans quelles années vous avez exercé? C'était les années soixantes?

Avant ça.


Avant ça? Quarantes-cinquantes?

Oh oui. J'ai trente ans, mais enfin ça ne se voit pas!!


Plutôt années 40/50 ?

Oui, si on veut. Je dirais même peut-être passé 50. Vous savez, ça ne se voit pas. Mais enfin, j'aimais mon métier. J'aimais être vendeuse moi. Et comme je faisais arrêter beaucoup de gens, on m'a mise surveillante.


C'était une promotion en quelque sorte?

Oui. Alors dans la rue, je te dis pas les mots doux! «Â Oh, tu sais celle-là! ». Ah oui, j'ai été plusieurs fois interpelée, comme quelqu'un qui est désagréable.


Donc du coup, vous étiez mal vue? C'était un métier qui était mal vu, d'être passée surveillante? Après les gens vous regardaient différemment?

Évidemment, je n'ai pas été surveillante tout de suite. J'ai été vendeuse, et puis comme j'avais un œil assez...fort pour surveiller, on m'a mise surveillante.


A l'époque, c'était un métier qui était bien rémunéré? Vous gagniez bien votre vie?

Ah, oui, oui je pense. Parce que c'est un métier qui n'est pas rigolo. Vous avez droit aux quolibets désagréables. Vous avez droit à l'occasion qu'on vous suive dans la rue et qu'on vous dise «Â ah c'est toi aux Nouvelles Galeries... ».


C'est plus facile quand on aime son travail?

Entièrement d'accord. Ça c'est vrai. J'ai été vendeuse en premier dans un magasin de chaussures. Et je suis restée un certain temps. Le métier de vendeuse, on pourrait croire que c'est comme ça, mais pas c'est pas toujours facile. Il y a une responsabilité quand même. Et moi on m'avait nommé chef.


Vous aviez des commissions à la vente?

Je ne sais pas si ça marchait comme ça. Non je crois pas. Ben vous savez c'est drôle quand il faut travailler comme ça. Si vous travaillez bien on vous paie, si vous travaillez pas bien, on vous paie pas. Mais enfin j'ai travaillais des années, j'ai eu la médaille d'argent du travail. J'ai été au moins 17 ans aux Nouvelles Galeries de Rouen. En tout premier travail, j'ai fais vendeuse en chaussures. C'était pas aisé, aisé ça! Les chaussures, «Â Ah, elle est trop grande, elle est trop petite, gagna... » Et puis il y a l'odeur, plus qu'on ne croirait, alors je me mettais plein de parfum. Comme ça l'écartement il se faisait. Ah mais je suis blagueuse, j'aime bien blaguer. Mais enfin, je suis née à Rouen. Et ben je suis bien contente de notre rencontre, donc moi je viens de Rouen et je suis retraitée des Nouvelles Galeries de Rouen.


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