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Lavoir de Kérangoff

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Anecdotes et souvenirs autour du lavoir de Kérangoff

S'il est un endroit qui mérite d'être connu, c'est bien le lavoir. Solange se souvient très bien de la grogne des blanchisseuses en décembre 1960. C'est la fin des baraques, mais bien que relogées, les blanchisseuses veulent garder leur lavoir. Elles décident de prendre le bus et de se rendre à la Mairie pour manifester. Après quelques palabres, le maire de l'époque Georges Lombard accepte de les recevoir, il les écoute et leur promet la reconstruction à un autre endroit, ce qui est fait en avril 1961. Il est vrai que pour certaines d'entre-elles, laver du linge leur procure un certain revenu et la machine à laver est encore un engin qui coûte cher et n'inspire pas trop confiance.

  • Ça ne lave pas aussi bien qu'à la main
  • Ça use le linge.

On lisait la vie des gens dans la lessiveuse

Pendant ces quelques mois c'est au lavoir de la Pointe qu'elles lavent leur linge.Les places étaient réservées et gare aux contrevenantes, les langues bien pendues remettaient l'intruse à sa place au propre comme au figuré. La mère de Solange ne jurait que par la lessive « Lacroix » qui rendait les tricots de son mari plus blanc que blanc. "Le savon on l'achetait avec des tickets" me dit Guy, j'allais jusqu'à Kérinou et puis on le laissait sécher au moins trois mois avant de l'utiliser ". Avec la fin des baraques c'est aussi une autre énergie qui est utilisée pour faire bouillir le linge, le gaz remplace le bois mais pas sans problèmes car dans le vent rien ne vaut un bon feu de bois. Pour remédier à cela les trépieds sont mis à l'abri à l'intérieur du lavoir malgré les protestations de la responsable arguant de la sécurité.

Le lavoir était aussi un lieu d'observations, d'un seul coup d'œil on lisait la vie des gens dans la lessiveuse mieux que dans le marc de café ou sur la boule de cristal, de quoi alimenter les commérages pour quelques temps.

  • Tien ! Elle change encore ses draps. ?
  • Et pourquoi donc ?
  • Elle lave ses serviettes, ce n'est donc pas pour cette fois ci!
Mmes Disarbois,Corre,Kerhomen, Billant, Grannec,Héliès.

La chute dans le lavoir

Il y avait de l'ambiance au lavoir, en plus des conversations animées, il arrivait parfois qu'une lavandière chuta dans le bassin à la suite d'un faux mouvement, en voulant remonter un drap chargé d'eau par exemple. Alors là! C'était la franche rigolade car le lavoir n'était pas très profond, mais il fallait parfois se mettre à plusieurs pour sortir une lavandière un peu plus ronde que la moyenne. Chacune avait sa caisse à laver pour poser ses genoux et éviter autant que faire se peut d'être trempée. Elles étaient face à face sur le côté du bassin et non face à celui ci. Le lavoir n'était jamais silencieux, le tap tap des battoirs était accompagné de chants. Il y avait beaucoup d'entraide, pour essorer les draps, déplacer une lessiveuse, pousser un chariot. Nous allions aussi boire un café chez l'une ou chez l'autre pour se reposer un peu, car les journées au lavoir commençaient de bonne heure.

Oreilles chastes s'abstenir

Ma mère native de Plabennec n'aimait pas l'ambiance me dit Annick, elle trouvait le langage trop fleuri. Mon père lui avait pourtant fait une jolie caisse pour aller au lavoir, passage obligé car nous étions six enfants et il fallait bien entretenir le linge. Je me souviens de l'avoir remplacée une fois, je sens encore mes joues se colorer, en écoutant des propos, que je n'avais pas l'habitude d'entendre à la maison.

Tous les ans pour les rameaux, nous avions des vêtements neufs, confectionnés par ma mère, ainsi qu'un chapeau pour aller à la messe en l'église de Kerbonne.

Madame Ropars était chargé du gardiennage, elle vidait les bassins régulièrement, les brossait, cassait la glace en hiver et assurait l'éclairage à l'aide de bougies. Maîtresse femme elle savait se faire respecter. Les « Bouillitures »(1) se faisaient à l'extérieur du lavoir dans des lessiveuses et pour rendre le linge plus blanc, ou pour faire partir les taches récalcitrantes il était étendu sur l'herbe.


(1)Bouillitures : Je ne l'ai trouvé ni dans le Larousse ni dans le Robert, mais il était utilisé à Kérangoff pour désigner l'action de bouillir le linge dans une lessiveuse.

O.D.

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Sortie au lavoir avec les enfants du CLSH du Centre Social de Kérangoff

Laver son linge, chose facile pour tout le monde aujourd'hui. Mais quant était-il à l'époque, avant l'arrivée de la machine à laver ? Mado, Yvonne et Maria sont venues le raconter aux enfants du centre de loisirs. D'ailleurs, Mado, 81 ans, a tenu à leur faire une démonstration.

Intrigués, les enfants ont posé beaucoup de questions auxquelles ces dames ont bien voulu répondre, leur permettant ainsi d'en savoir un peu plus des pratiques d'autrefois,

Le lavoir de Kérangoff a été construit en 1962 par la municipalité de Brest. Il était exclusivement fréquenté par des femmes qui, en plus de laver le leur linge, se retrouvaient pour discuter ce qui donna au lavoir le nom de « rendez-vous des commères ».

L'endroit pouvait accueillir environ 6 personnes autour du bassin, chacune attendait son tour. Suivant la quantité de linge à laver, elles restaient agenouillées près de l'eau entre 1 heure et 1 journée entière, une fois par semaine en général.Des blanchisseuses lavaient également pour d'autres personnes (hommes célibataire, marins...). C'étaient leur gagne-pain.

Démonstration de Mme Jacq

Les différentes étapes pour laver :

  • Faire tremper le linge
  • Savonner avec du savon de Marseille
  • Frotter avec une brosse pour enlever les tâches
  • Rincer le linge dans un second bassin (eau claire) et dernière étape on le battait avec un battoir pour enlever l'eau

Il était possible, pour le faire blanchir, de le mettre à bouillir dans des lessiveuses, posées sur un trépied au-dessus d'un feu de bois. In ne restait plus qu'à essorer et faire sécher.

Aujourd'hui, il y a encore 3 à 4 personnes qui utilisent le lavoir de Kérangoff, dont une qui y fait sa lessive régulièrement. On s'y rend surtout pour le plaisir.

La machine à laver a changé les conditions de vie de ces femmes, bien qu'elles considèrent que la lessive faite au lavoir préserve mieux le linge, en l'usant moins vite. Il sentait très bon également. Yvonne et Maria ont acheté leur machine laver il y a 15 ans seulement. Mado, elle, a acheté sa première machine à laver en 1956, mais continue toujours à venir au lavoir pour laver ou rincer quelques morceaux de linge.

Les enfants ignoraient l'existence de ce lieu dans leur quartier. Ils ont pu apprendre comment les femmes lavaient avant l'avancée de nouvelles technologies qui ont remplacé petit à petit le travail à la main. Certains trouvent « rigolo » le lavage au lavoir, cette technique étant pour eux une découverte ; d'autres ont comparé le bassin à une sorte de « grande piscine ».

En tous les cas, chacun a pu satisfaire sa curiosité, grâce à ces 3 femmes qui ont su transmettre un ancien savoir avec un plaisir manifeste.

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