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Interview-Sillage : François Guillemin, prestidigitateur

    Sillage130 small.jpg Cet article est extrait du Magazine Sillage N°74 - avril-mai 2000
Auteur : Jérôme Le Jollec


Les faux-semblants et le parler vrai du Professeur Fanch

François Guillemin, alias Professeur Fanch, yeux pétillants de malice, transpire la joie de vivre de ceux qui sont ouverts au monde. Aujourd'hui, jeune retraité de l'enseignement, il peut plus que jamais donner libre cours à sa passion pour les voyages et les tours de passe-passe.

Matériel du magicien

Vous êtes Brestois de toujours ?

Je suis installé à Brest depuis trente ans mais je suis originaire du Huelgoat où ma famille est installée depuis au moins le XVIIe siècle sinon le XVIe.

Votre parcours professionnel ?

J'ai enseigné au Sénégal, en Algérie, en Côte d'Ivoire, au Costa Rica... et en Bretagne.

Il ne manque que l'Asie ?

J'avais demandé l'Inde, mais j'étais deuxième sur la liste. Je suis tout de même allé au Japon puisque j'étais chargé des relations avec ce pays, en tant que membre du Comité de Jumelage de la ville. Pas surprenant de vous voir à l'association "Peuples et Cultures" ?

On fait des échanges pour mieux se connaître et lutter contre le racisme.

Qu'avez-vous enseigné ?

Plus particulièrement le français à l'étranger et l'histoire-géographie chez nous.

Vos élèves connaissaient-ils votre double vie ?

Oui, car il faut bien changer un peu. Et puis ça fait partie de ma façon de faire. Pour mes élèves, j'étais le magicien. Parfois ils me présentaient à leurs parents en disant: "c'est notre professeur de magie."

Vous auriez pu leur apprendre des trucs pas catholiques ?

Avant tout, je dénonce les charlatans qui utilisent la crédulité des gens. Vous savez, les magiciens sont souvent rationalistes et ont les pieds sur terre. On est mieux placé que quiconque pour savoir que tout n'est qu'adresse et trucage.

Il faut tout de même avoir des dons ?

C'est comme pour tout. Deux personnes peuvent apprendre le piano. L'une saura pianoter, l'autre peut devenir artiste. Mais il faut aimer ça et ne pas être maladroit.

D'où vient cette passion ?

On trouve de la magie en tout temps et en tout lieu. Même gamin, j'étais intéressé par l'hypnotisme, le ventriloquisme, l'illusionnisme, tout comme j'aimais les contes, les légendes, les choses merveilleuses.

En Bretagne, on est servi ?

Oui, et savez-vous que la Bretagne est une des seules régions où les sorciers n'ont pas été poursuivis ? Ou très peu. Il n'y a presque pas eu de bûchers pour sorcellerie et pas de trace d'un seul en Basse-Bretagne.

Votre nom de magicien, "Pr. Fanch" est-il en rapport avec l'enseignement ?

Non, autrefois les magiciens s'appelaient professeur.

Quels sont vos tours de prédilection ?

Des tours classiques comme les anneaux chinois. En fait, je m'adapte au public. Mentalisme, télépathie avec les adultes, du visuel et du ventriloquisme avec les enfants.

Le public le plus dur ?

Les enfants de maternelle ! Comme ils vivent dans le merveilleux, tout est normal. Il m'a fallu des années pour mettre au point des numéros visuels qui les étonnent.

Les réactions dans les pays étrangers ?

Les Africains sont très enthousiastes. Pour eux, c'est vraiment de la magie. Les Indiens d'Amérique sont très intéressés mais plus réservés.

Êtes-vous allé jusqu'à faire des désenvoûtements ?

C'est arrivé deux ou trois fois. Je joue le jeu parce que sinon les gens iraient voir un charlatan. Et puis ça m'intéresse de connaître leur histoire.

Cela ne vous a jamais causé de désagréments ?

Au contraire! J'ai pu voyager aux quatre coins du monde. Je ne prends pas de cachet mais je suis pris en charge. Ainsi, j'ai rencontré des gens qui n'ont ni argent ni électricité et que je n'aurais jamais vus sans cela.

Votre goût pour la magie passe-t-il aussi par les livres ?

J'ai passé deux millions de titres en revue à la Bibliothèque Nationale pour trouver une douzaine d'écrits sur l'illusionnisme. J'ai aussi de vieux livres. Le plus ancien, de 1547, est un traité qu'utilisaient les juges pour déterminer quelles tortures et peines appliquer aux magiciens.

Vous écrivez aussi ?

Beaucoup d'articles et j'ai fait une vingtaine de livres dont une Histoire de la magie blanche. Aujourd'hui, je prépare un petit livre bilingue avec Efflam Caouissin, "Taol fizik", qui permettra aux enfants et adultes de faire des choses magiques avec des objets usuels.

Lors de vos voyages quel est le pays qui vous a le plus marqué ?

Le Costa Rica! J'y ai passé six ans et je le considère comme mon second pays. Le pays est magnifique et les gens accueillants. J'y retourne cette année. Je crains tout de même que le tourisme qui se développe depuis 1990 ne déséquilibre le pays.

Et Brest dans tout ça ?

Je me sens bien ici. C'est mon point de chute. Mais ça ne m'empêche pas de repartir. D'ailleurs Brest a une ouverture sur le monde très intéressante. Elle couvre quasiment la planète avec neuf villes jumelles et peut-être bientôt dix avec Béjaïa en Kabylie.


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