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Interview-Sillage : Dominique Herry, militante

    Sillage130 small.jpg Cet article est extrait du Magazine Sillage N°101 - avril 2004
Auteur : Elisabeth Jard


Une histoire à elle toute seule

Logo de l'association Rien Sans Elles

Fille de militant, fille mère, puis femme en galère. Motarde, grutière, barmaid ou cuisinière. Dominique Herry, trente ans à la Gueule d'Or, a tiré de sa vie en dents de scie une philosophie d'un optimisme forcené. Aujourd'hui, celle qui se bat pour les droits des femmes pousse la plaisanterie jusqu'à confier les mots de sa vie à un homme. Sous la plume du parolier des Goristes, la féministe assumée fait défiler avec malice et tendresse les hauts et les bas de sa vie.

'Vous avez vécu les premières victoires des féministes. Que vous inspire la place faite aux femmes aujourd'hui?

C'est la régression, le recul ! Ça me met en colère : on avait envie de passer à autre chose mais on est obligées d'être derrière les jeunes, avec elles. Certains mettent en cause les "ancienne" féministes... On peut dire qu'on est des ringardes, mais pas nous cracher dessus! Les copines qui se sont battues, qui ont tout donné... On a obtenu des choses fondamentales quand même!

Que pensez-vous apporter à travers votre engagement dans Rien sans elles?

Ce que je veux montrer aux jeunes, c'est qu'il ne faut pas baisser les bras. Ne pas attendre toujours, mais savoir se positionner, savoir ce que l'on veut. Et savoir aussi que dans les galères, il n'y a pas toujours une assistante sociale: il faut savoir se donner la force de réagir!

Le militantisme aiderait-il à vivre?

Chez moi, on était une famille ouvrière dans le bonheur. Quand j'ai vécu mes propres galères, je savais que ce n'était pas normal, parce que j'avais connu le bonheur. Et ça me renforçait dans la conviction qu'on n'a rien sans rien, qu'il faut se battre... Ou plutôt résister. Être une grande gueule qui s'assume, ça sert? On y gagne, et on y perd aussi. Tout ça, on le sait avec l'âge! Malgré tout, je pense que ça sert... Mais il faut aussi savoir se taire...

Vous avez un moment tenté de "raccrocher" ?

Oui, j'ai essayé... Et puis, quand j'ai su qu'il y avait cette marche mondiale des femmes, en 2000, je me suis dit qu'il fallait y aller : parce que les jeunes sont mal, que ce n'est pas normal. Mais peut-être que nous ne devons cette fois être qu'accompagnatrices. Savoir leur passer ce relais que nous n'avons pas su passer dans les années 80.

Pourquoi un livre?'

Tant d'autres auraient eu autant de choses à dire! Mais il paraît que je suis une optimiste ! Et c'est vrai que ce que je voulais dire, c'est qu'on peut toujours garder la tête haute, même dans les pires galères. Il ne faut jamais flancher. On n'a qu'une vie, alors autant qu'elle se passe bien!

La qualité que vous préférez chez quelqu'un?

Son sourire et son bonjour. Rien que ça, ça simplifie tellement les choses!

Où auriez-vous aimé vivre?

Un peu partout. Car, depuis toute petite, je n'ai jamais compris pourquoi il y avait des frontières, pourquoi d'autres ne pouvaient pas aller et venir, sans les bons papiers...

La réforme de société qui vous a le plus marqué?

Le droit à l'avortement et la contraception, bien sûr! Parce que si cela nous a libérées, ça a aussi libéré les hommes !

Votre plat préféré?

Tout! Je ne bois pas, je ne me drogue pas, mais j'adore manger !

Votre principal trait de caractère?

On dit que je suis généreuse.

Votre pire cauchemar?

Je crois que je le vis déjà. C'est ce sentiment de se sentir écrasés, nous qui faisons partie de la "France d'en bas".

Votre plus beau souvenir?

Quand mon père est mort... Ce jour-là, j'ai pu dire aux gens qui il était... Et lui dire merci, comme ça.

Et Brest dans tout ça?

Il faut qu'elle vive ! Qu'elle puisse enfin être sereine, qu'on ne lui tourne pas le dos parce qu'elle au bout de tout, qu'elle ait sa place dans la région. Ici, il se passe toujours quelque chose, et celui qui dit que ce n'est pas vrai, c'est qu'il ne cherche pas.


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