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Histoire de l'évolution de la condition de la femme

Sommaire

INTRODUCTION

« L'Histoire des femmes ». Cette expression aujourd'hui d'usage n'a fait son apparition que dans les années 1970. Auparavant, l'image de la femme était celle de la mère foyer, de l'ouvrière mais pas d'une personne faisant partie intégrante de notre Histoire. C'est notamment grâce au MLF que l'on s'est intéressé à l'histoire des femmes, c'était une demande sociale de la part des femmes qui souhaitaient affirmer leur identité et exprimer leur différence. De là est né ce besoin d'histoire et de recueil de mémoire, qui fût dans un premier temps étudié par des historiennes telles que Michelle Perrot, Yvonne Knibiehler.

Cette histoire englobe l'histoire au féminin, l'histoire du genre et les femmes dans l'histoire.


I. Les femmes durant la seconde guerre mondiale

Avec la seconde guerre mondiale, les femmes subissent l'idéologie du Maréchal Pétain « Travail, Famille, Patrie ». Les droits de la femme s'effacent au profit de la famille. La priorité est donnée à la famille, notamment par la loi Gournot du 29 décembre 1942, aussi appelée « Charte de la Famille ». Par cette loi, la famille légitime est protégée, le mariage encouragé et on prône les familles nombreuses. De part cette idéologie, le divorce est rendu plus difficile et plus lent avec la loi du 2 avril 1941.

Le régime de Vichy véhicule des valeurs conservatrices où une femme qui fume ou encore est court vêtue, est perçue comme une femme de « mauvaise vie ». L'idéal féminin de cette période est la mère au foyer, pilier de la famille, encouragée à faire des enfants. Des prix sont décernés en fonction du nombre d'enfants et en mai 1941, la fête des mères devient nationale.

Au cœur de cette politique nataliste, l'avortement qui est interdit est d'autant plus réprimé. Le 15 février 1942, l'avortement est qualifié de « crime de haute trahison ». Cette répression vis à vis de l'avortement restera longtemps gravée dans les mémoires, si bien qu'aujourd'hui encore et malgré la légalisation de l'avortement, certaines sages-femmes refusent encore de dire si elles ont pratiqué des avortements durant cette période.


L'éducation subit aussi la politique de Vichy, ainsi les instituteurs et institutrices ne reçoivent plus de formation d'ordre général, mais selon leurs sexes afin d'enseigner les travaux manuels et ménagers. Les filles sont formées à la couture, le repassage, le lavage, la cuisine ; tandis que les garçons sont formés aux métiers de forgerons, menuisiers, maçons. La loi du 18 mars 1942 rend obligatoire pour les jeunes filles « l'enseignement ménager familial », une heure par semaine. De plus, le régime encourage les écoles non-mixtes.


Une contradiction apparaît quant à la politique du régime vis à vis du travail des femmes. En effet, s'inscrivant dans cette idéologie de la famille, Vichy promulgue une loi le 11 octobre 1940, qui prévoit que les femmes mariées et de plus de 50 ans soient exclues du service public. De même dans le secteur privé, on incite à la non-embauche.

Cette politique subit un revirement en 1942. La loi est suspendue à cause du STO ( Service de Travail Obligatoire). La France manque de main d'œuvre et les femmes de 18 à 35 ans n'ayant pas d'enfants légitimes sont astreintes au travail obligatoire, pour « l'effort de guerre ». En juin 1944, 44 835 françaises contraintes ou non, travaillent en Allemagne.

Ainsi, les femmes sont « utilisées » au bon vouloir du gouvernement, reléguées dans un premier temps au statut de femmes au foyer, de mères, puis de travailleuses lorsque on a besoin d'elles.


Pour celles qui n'acceptent pas ce statut, c'est la résistance. Cette résistance passe par diverses actions. On observe une résistance à travers le marché noir et les réseaux d'entraide afin de faire vivre la famille en l'absence du père. La participation des femmes dans la résistance a longtemps été occultée, sauf pour quelques grandes figures comme Lucie Aubrac, Danielle Casanova, Bertie Albrecht, Marie-Madeleine Fourcade. Ces femmes distribuent des tracts, font partie de réseaux où elles assurent la logistique, le ravitaillement, les liaisons. Plus rarement, elles portent les armes ou dirigent un groupe. Certaines sont cependant enrôlées et portent les armes . Malgré cette participation leurs rôles respectifs n'est pas clairement défini dans le programme du CNR (Conseil National de la Résistance) en 1943.

Le rôle de ces résistantes a souvent été sous-estimé.


Cette participation n'a pas toujours été reconnue après-guerre. Seulement 6 femmes, dont 4 à titre posthume ont été décorées en tant que « compagnons de la liberté », contre 1030 pour les hommes. Bien souvent, au lendemain de la guerre, les femmes reprennent leur vie « ordinaire » et c'est le rôle de l'épouse et de la mère qui est mit en avant dans la reconstruction de la France. La libération de la France n'a pas été une libération pour la femme, c'est l'image de l'homme en tant que héros qui est mise en avant. Le rôle des femmes n'est pas mis en avant, tout du moins pas celui attendu.

L'image de la femme à la libération passe par l'épuration. Entre 1943 et 1946, 20 000 françaises sont tondues et humiliées publiquement. On parle alors de « collaboration horizontale, collaboration intime, collaboration sentimentale ». C'est un phénomène de masse que l'on peut observer dans la quasi-totalité des départements français. Notamment en Bretagne, où Luc Capdevila, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Rennes 2 a recensé 40% de femmes tondues dans les différents départements. 199 femmes sur 382 hommes furent exécutées, soient 34 %. Sur ce nombre, 40 femmes furent exécutées pour avoir eu des relations sexuelles avec des Allemands.


Cette intervention dans la vie privée des femmes avait pour but d'aller à l'encontre d'une sexualité que l'on considérait alors comme « anormale ». Ces femmes furent réprimer pour avoir librement disposer de leurs corps. Pour cette raison, on toucha directement à leur féminité en leur rasant les cheveux et les exposant seins nus sur la place publique.


II. Les femmes et la politique

La France a un statut particulier concernant la place des femmes en politique en Europe, puisque elle occupe en effet l'avant dernière place concernant la représentation des femmes en politique. Tout d'abord, on constate que le suffrage universel inscrit dans l'ordonnance du 21 avril 1944 est obtenu après un siècle de revendications féminines et près d'un siècle après le suffrage masculin qui date de 1848. Malgré ce droit de vote et d'éligibilité, les femmes ont eu des difficultés à trouver leur place en politique. En 1946, il y avait moins de 6% de députées, et en 2002, moins de 12%.

1. Le droit de vote

Pour beaucoup, le droit de vote fût accordé aux femmes en « récompense » de leur participation dans la résistance. Mais ce fût un parcours plus difficile qu'il n'y paraît.


En effet, tous les délégués gaullistes n'étaient pas favorables à ce droit de vote. Pendant la guerre, les Institutions provisoires qui se trouvaient à Alger, dont le Comité français de libération nationale et l'Assemblée consultative ont du mal à se mettre d'accord.

Paul Giacobbi, le président de l'Assemblée y est très réticent, ceci est dû au nombre de femmes qui sont alors plus nombreuses que les hommes...Ceux qui y sont favorables sont Robert Prigent et Fernand Grenier qui proposent que « Les femmes soient éligibles et électrices dans les mêmes conditions que les hommes ». Cet amendement est accepté par 51 délégués sur 67 et deviendra l'article 17 de l'ordonnance du 21 avril 1944.

Face à cette loi, beaucoup d'hommes sont inquiets de voir que les femmes ont le même droit qu'eux. Certains pensant qu'elles ont besoin d'une « instruction » pour pouvoir voter correctement...C'est aussi un nouvel enjeu pour les politiciens qui trouvent là un nouveau électorat à conquérir.


Le 29 avril et le 13 mai 1945, les femmes participent pour la première fois à des élections municipales. 10 000 conseillères municipales sont élues. Lors des premières législatives, une trentaine de femmes sont élues à l'Assemblée Nationale, soit 5,6% des députés et seulement 3,6% au Sénat. Pour la plupart, ces femmes sont issues de la résistance ou sont femmes de résistants (Gilberte Brossolette, Mathilde Péri).

Au sein du gouvernement même, il y a peu de femmes: une sous-secrétaire d'État à la jeunesse et aux Sports, qui restera pendant 6 mois en 1946; et une ministre, Germaine Poinso-Chapuis, ministre de la Santé en 1947.


Au lendemain de la guerre, le monde politique reste masculin. C'est aussi dû au fait que les femmes adhèrent peu aux différents partis politiques et ont donc moins la possibilité d'exercer des responsabilités.


2. Seconde moitié du XXème siècle

De 1946 à 1993, il y eut 6% au plus de députées. Janine Mossuz Lavau, politologue, donne plusieurs explications à ce chiffre.

Tout d'abord elle observe que les françaises se sont dans un premier temps peu impliquées dans la vie politique de la France. Ainsi, jusqu'à la fin des années 1960, il y eut beaucoup d'abstentions et on observe un vote plus conservateur. Les françaises se trouvent dans une période « d'apprentissage ». C'est dans les années 1970 que les françaises s'impliquent et leur participation est égale à celle des hommes, leur vote s'exprime majoritairement à droite. Les années 1980 voient l'autonomie des femmes en matière de politique et un vote en faveur de la gauche quasi identique à celui de la droite. En 1988, les femmes votent plus à gauche que les hommes.

Durant cette période, les femmes se sont investies faiblement et lentement dans la vie politique de la France, être une femme politique était alors un fait exceptionnel (Simone Veil). Comme le droit de vote, la France est en retard quant à la participation des femmes à la vie politique.


3. Le renouveau des années 1990

Au début des années 1990, il y a une volonté d'une parité dans la représentation politique. Il y eut de nombreux débats qui conduisirent à la loi du 8 juillet 1999, « relative à l'égalité entre les hommes et les femmes ». Les articles 3 et 4 indiquent que « la loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et à la fonction électorale ». En complément, la loi du 6 juin 2000 fait obligation aux partis politiques de présenter au moins 50% de candidats de chaque sexe au scrutin de liste, sous peine de pénalités financières. Ce qui n'est pas toujours appliqué, lors des élections présidentielles de 2002, les grands partis politiques ont préféré payer l'amende que de respecter ce pourcentage...

Cette mobilisation a réunit des femmes de tout bord politique, comme Roseline Bachelot, Simone Veil, Yvette Roudy, Françoise Gaspard, Gisèle Halimi. Cette initiative fût aussi appuyée par des hommes politiques comme Alain Juppé qui créa l'Observatoire de la parité en 1995, Jacques Chirac et Lionel Jospin qui contribuèrent à l'aboutissement de la loi sur la parité. Un des symboles de ces années 1990, est la nomination pour la première et seule fois d'une femme comme Premier ministre en 1991, Édith Cresson.

Pour conclure, nous pouvons dire que l'obtention du droit de vote n'a pas suffi à ce que les femmes se fassent une place en politique.


III. Les femmes et l'éducation

« Beaucoup de livres de pédagogie sont rédigés de telle sorte qu'on pourrait croire que les filles n'existent pas. L'élève n'est pas abstrait pour autant: il est masculin voilà tout ». L'éducation des filles au XIXème siècle, Françoise Mayeur.


1. Mixité

La séparation des sexes à l'école est à la norme jusqu'en 1957. Au début, la mixité ne s'est pas faite au nom de principes mais par nécessité économique, notamment dans les petits villages. Après la seconde guerre mondiale, on introduit la mixité dans les établissements nouvellement construits, surtout dans l'Ouest de la France. 1957 est donc une date clé concernant la mixité, puisque une circulaire étend la mixité dans tout le secondaire. Cette décision est en partie dû à l'arrivée en sixième des enfants issus du baby-boom.

Les lycées deviennent mixtes progressivement, ceux qui sont crées le deviennent immédiatement. Les plus anciens gardent leur organisation séparée au-delà de 1968. Les Écoles Normales Supérieures sont les derniers établissements à devenir mixtes en 1986.

La mixité scolaire est inscrite pour la première fois dans la loi en 1975, avec la loi Haby. Mais la mixité n'est pas l'égalité. Il reste des inégalités sexuées dans l'orientation et la formation.


2. Enseignement/Orientation/Formation

Alors qu'elles étaient exclues des savoirs au XIXème siècle, les filles gagnent peu à peu du « terrain » et s'imposent à l'école. Dans le secondaire, le pourcentage de filles augmente: 30% en 1935, et 38,6% en 1950.

Si les filles entrent en sixième comme les garçons, elles s'arrêtent plus tôt (BEPC) et abandonnent plus tôt les études sans formation professionnelle.

Il y a un tournant dans les années 1960, où elles continuent plus longtemps alors que les garçons sont freinés par des filières professionnelles comme le CAP.

L'effectif des étudiantes progresse avec l'explosion universitaire de 1965-1968. En 1971, il y a plus d'étudiantes que d'étudiants: 78 705 bachelières contre 65 024 bacheliers. Les filles sont alors majoritaires dans les disciplines littéraires et minoritaires dans les disciplines scientifiques. La progression est lente dans les écoles prestigieuses: 14% à Polytechnique, la première à y être entrée et être sortie major date de 1972.


Les filières d'apprentissage pour les filles sont limitées, on trouve la couture, le secrétariat, l'aide sociale. Il y a aussi des différences dans les matières enseignées, notamment en EPS, où certains sports sont réservées aux filles.


IV. Corps, maternité et sexualité:

Le XXème siècle est la conquête par les femmes du droit à la maitrise de leur fécondité par l'usage de la contraception et un recours possible à l'avortement. La sexualité se dissocie progressivement de la procréation. Avec l'image de Brigitte Bardot, c'est l'avènement du corps féminin moderne, libéré de ses entraves et de ses principes moraux.


1. Mariage

En 1968, 17% des filles qui se marient vivaient déjà avec leur conjoint, en 1977, le pourcentage passe à 44%.

Le mariage est un rite de passage important dans les sociétés rurales comme urbaines. L'âge du mariage est un des symboles des mutations socio-culturelles de la société française: Au XIXème siècle, l'âge du mariage se situe autour de 25-26 ans.

Au début du XXème siècle et jusqu'en 1980, c'est autour de 20-24 ans.

Au milieu du XXème siècle, on se marie avant d'avoir une situation, en 1948, 12% des étudiants sont déjà mariés. L'amour occupe alors une place importante, dans les Écoles Normales Supérieures, en 1953, il y a des conférences de préparation au mariage. La sexualité est encore liée à la procréation.


Dans les années 1970-1975, malgré le mouvement pour la contraception, l'institution matrimoniale n'est pas remise en cause. C'est par le mouvement féminisme que peu à peu la sexualité se dissocie de la procréation. Les mariages diminuent, et l'âge du mariage se situe à 25 ans. Ce chiffre est à mettre en rapport avec l'entrée des femmes dans des professions de cadres supérieures. Peu à peu, on dissocie la vie de couple et le mariage, qui peut être facultatif. Les naissances hors mariage se multiplient, ainsi que les familles mono-parentales.

Le 11 juillet 1975, il y a une réforme sur le divorce, il faut le consentement mutuel et que les torts soient partagés. Cette réforme supprime le divorce par faute, et l'adultère n'est plus pénalisé.

En 1985, la loi reconnaît les droits égaux aux deux parents dans les obligations financières et l'éducation des enfants.


2. Choix d'être mère

La famille avec des enfants est le fondement de la société. Au XXème siècle, l'État intervient de plus en plus pour réguler la vie familiale par le biais de l'enfant. Le but est de contrôler la vie des familles pauvres. La maternité devient l'objet de toutes les attentions et devient une des préoccupations de l'État.

Le 27 novembre 1909, la loi Engerand accorde un congé maternité sans perte d'emploi, mais sans compensation financière.

Le 17 juin, 1913, la Loi Strauss donne une allocation aux femmes en couches, sous réserve que les conditions d'hygiène soient respectées.


En 1930, la loi sur les assurances sociales couvrent les risques de maladie, l'invalidité, la vieillesse, le chômage, les charges de la famille, ainsi que la maternité. Les fournitures pharmaceutiques, les honoraires des sages-femmes (la majorité des femmes accouchent encore à la maison), les frais de séjour à la maternité sont remboursés aux salariées et aux femmes de salariés. Les femmes salariées perçoivent pendant 12 semaines une indemnité pour perte de salaire.


3. Contraception et avortement

Avec la première guerre mondiale et les pertes humaines, il y a une série de mesures répressives contre l'avortement. La publicité en faveur de la contraception est entravée et on fait appel à des juges professionnels pour les cas d'avortement.


En 1956, l'association Maternité Heureuse, devenu le Planning Familial en 1960, diffuse pour les couples des informations sur la contraception. Le 10 juin 1961, le premier planning familial est ouvert à Grenoble. La France est cependant en retard sur le reste de l'Europe, à cause de la politique nataliste de l'État et l'opposition de l'Église catholique. Le divorce et l'avortement restent tabous, mais la contraception et le contrôle des naissances sont abordés.


En 1968, il y a une rupture politique, sociale et culturelle, où le MLF s'impose sur la scène publique déclenchant un débat national sur la contraception et l'avortement. En 1967, la loi Neuwirth autorise avec d'importantes réserves la contraception pour les filles majeures (plus de 21 ans). Les décrets d'application de cette loi ne sont publiées qu'en 1972. C'est l'action féminine qui accélère le processus

En avril 1971, dans la presse, 343 femmes, connues ou non, déclarent s'être faites avortées. Cela deviendra le Manifeste des 343. Quelque chose qui appartient à l'intimité des femmes et des familles se retrouve sur le devant de la scène.

En 1972, c'est le procès de Bobigny, où on juge une fille aidée par sa mère pour avortement.

Le MLAC (Mouvement pour la Liberté de l'Avortement et de la Contraception), qui réunit des militants et des médecins est crée en 1973-1974. Ces médecins pratiquent illégalement des avortements de masse. Auparavant, en 1955, la loi autorisait l'avortement thérapeutique afin de « sauver la vie de la mère ».

Face à cela, le président de la République Valéry Giscard d'Estaing et la Ministre de la santé Simone Veil présentent au Parlement en 1974 deux textes de loi.

Le premier porte sur la contraception, en décembre 1974, qui supprime les entraves existantes pour les mineures de la loi Neuwirth de 1967. La contraception date donc de 1974, et non pas de 1967. Le second texte porte sur l'interruption de grossesse (IVG), en janvier 1975, adopté grâce aux voix de l'opposition. La loi est prévue pour cinq ans et confirmée en 1979.


Il y eut de nombreux débats autour de cette loi, dans tous les partis politiques, il était difficile pour les hommes politique d'accepter cette liberté du corps des femmes. François Mitterrand ne signe qu'en 1982 le décret sur le remboursement de l'IVG par la Sécurité Sociale.

En 2001, le délai de l'IVG passe de dix à douze semaines.

Cette liberté de pouvoir maitriser sa fécondité est un des évènements historiques de ce XXème siècle.


4. Rapport au corps

Le rapport au corps, au couple, à la sexualité subit des mutations profondes au XXème siècle. On conteste des tabous, il y a une nouvelle représentation du corps féminin, notamment à travers l'image de Brigitte Bardot à la fin des années 1950. Avec les années 1968 l'image de la femme change: les filles portent des pantalons, elles portent des bikinis, font du seins nus sur la plage. L'image des garçons change aussi en ayant les cheveux longs.

La contestation de mai 68 est née de la remise en cause d'un règlement qui interdisait aux filles et garçons de se rencontrer dans les chambres des cités universitaires. Un des slogans de mai 68 est « Jouissez sans entraves ». Après de longs débats, la majorité sexuelle est fixée à 15 ans pour garçons et filles.

La revendication de la liberté d'aimer est freinée dans les années 1980 avec le virus du Sida.

Cette liberté sexuelle subit toutefois des dérives. En effet, après 1968, on observe le développement des films érotiques, ce qui dégradent l'image de la femme. Auparavant, le nu était pratiquement inexistant au cinéma. Ces films font sauter des interdits et le symbole que représentait la femme. Ces films sont dans un premier temps projetés dans les cinémas, puis dans l'intimité avec l'arrivée des VHS dans les années 1980.

Cette dérive s'observe aussi à travers des publicités sexistes, où les femmes apparaissent dans toutes les tenues et positions sur des panneaux publicitaires dans les villes. Ces dérives jouent sur l'imaginaire des adolescents, aujourd'hui accentuées par internet.

On observe une différence entre les filles et les garçons concernant l'entrée dans la sexualité: les filles privilégient l'aspect relationnel alors que les garçons fonctionnent sur le mode de l'expérimentation.

En parallèle, la vie sexuelle se prolonge après 50 ans, ainsi 80% des femmes de plus de 50 ans ont toujours une vie sexuelles, alors que dans les années 1950, elles étaient 50%. La ménopause ne signifie plus la fin de la vie sexuelle. La sexualité semble être aujourd'hui un élément central dans la constitution et le maintien ou non du couple.


5. Maternité Heureuse

Le 8 mars 1956, c'est la création de l'association Maternité heureuse par Marie-Andrée Lagroux Weill-Hallé, médecin. L'association est alors destinée a informer sur les moyens anticonceptionnels, et donne des consultations médicales. Elle se trouve durant quelques années hors-la-loi en délivrant des contraceptifs.

En 1960, l'association prend le nom de Planning Familial. Le premier centre ouvre à Grenoble en 1961, où il y a un atelier clandestin de crème spermicide. En 1982, le Planning Familial se déclare féministe dans ses statuts.

A Brest, le Planning Familial voit le jour en 1964. Cependant, l'association brestoise a connu des périodes assez longues d'inactivité, et a dû être remontée par des militantes en 2000. Depuis cette date, le Planning Familial brestois participe à la commission sexualité-contraception de la ville de Brest, un réseau informel regroupant différentes associations et institutions travaillant sur la prévention et l'éducation sexuelle. En février 2011, l'association s'est mobilisée, au côtés d'autres organisations (syndicats, partis politiques, associations) pour la réouverture du centre de planification du pôle santé de Brest, dont la fermeture avait été décidée par le Conseil Général du Finistère, présidé par Pierre Maille.

Aujourd'hui, le Planning Familial rencontre des difficultés puisque l'État baisse les subventions qu'il accordait aux différents plannings, risquant ainsi des fermetures de lieux d'écoute et d'informations pour des milliers de femmes et d'hommes concernant la contraception, la vie amoureuse, la sexualité, les relations conjugales

voir la fiche wikipédia sur l'histoire du Mouvement pour le Planning Familial.

6. MLF (Mouvement de Libération des Femmes)

Avec la seconde guerre mondiale, les associations féminines disparaissent ou déclinent. Simone de Beauvoir écrit Deuxième sexe en 1949, mais il n'aura d'impact qu'une dizaine d'années plus tard.

C'est dans les années 1955-1956, que l'intérêt pour la condition féminine renait, porté par le mouvement protestant Jeunes Femmes. A la fin des années 1960, une nouvelle génération de femmes apparaît; qui sont nées entre 1935 et 1945. Elles ont un niveau d'instruction plus élevé que leurs aînées, ont connu la mixité à l'école, ainsi qu'à l'université. De plus, durant leur adolescence, elles ont été influencées par les thèmes du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Les femmes sont de plus en plus investies dans la politique du pays, participant aux manifestations et devenant membre d'associations, notamment pour l'indépendance de l'Algérie (réseau Jeanson). En novembre 1960, de nombreuse femmes signent le Manifeste des 121 pour le « droit à l'insoumission », dont Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Florence Malraux, Christine Rochefort, Simone Signoret.

Le mouvement du MLF exprime sa volonté d'un réseau non mixte. La première action du MLF a lieu le 26 août 1970, avec le dépôt d'une gerbe sous l'Arc de Triomphe, qui mentionne « à la femme du soldat inconnu encore plus inconnue que lui ». Le MLF est à l'origine de toute une série d'actions, qui entraine le débat des droits de la femme sur la scène publique.

Ces femmes refusent l'inégalité qui existe entre les hommes et les femmes, souhaitent disposer librement de leur corps en dissociant la sexualité de la procréation. Elles réclament le droit à l'avortement mais aussi des améliorations dans leurs vies quotidiennes, comme la création de crèches, de garderie et le partage des tâches domestiques au sein de leurs foyers.


V. Les femmes et le travail

Pour l'historienne Michelle Perrot, « les femmes ont toujours travaillé, que ce soit au travers de petits boulots, mais aussi par les travaux domestiques qui souvent ne sont pas reconnus ». Pour les statisticiens, les femmes au foyer sont considérées comme inactives.

Au XIXème siècle, il y a ce que l'on qualifie alors de « métiers féminins », tels que couturière, sage-femme, institutrice, nourrices. Celles qui travaillent dans l'industrie comme la métallurgie, notamment durant les guerres sont peu visibles.

Les femmes doivent faire face à l'inégalité des salaires et à la ségrégation des emplois. Le développement de l'activité féminine est liée à l'urbanisation et à l'industrialisation. Un des premiers métiers de la femme est celui d'agricultrice. Qui est difficile à chiffrer, car c'est souvent une activité familiale où tout le monde participe. On observe une diminution lors des 30 Glorieuses: il y a 755 000 agricultrices en 1974 et 320 000 en 1996.

Dans ce métier, on observe aussi des différences. Ainsi, les femmes s'occupent souvent de la maison, la basse-cour, le jardin, la vente sur les marchés, tandis que les hommes s'occupent de tout ce qui est lié aux machines. On peut noter une différence avec la femme bretonne que l'on retrouve partout sur l'exploitation.

En 1965, le travail de l'agricultrice est reconnu, ces femmes obtiennent le statut d'exploitantes agricole. Aujourd'hui, on trouve de plus en plus de femmes à la tête d'exploitations ou bien celles-ci ont un emploi fixe à l'extérieur de l'exploitation.

Les droits des femmes au travail progressent lorsque on a besoin d'elles, par exemple durant les guerres mondiales. Avec la crise des années 30, le gouvernement a un discours hostile vis à vis du travail des femmes (elles prennent la place des hommes et leur place est à la maison).

Les métiers évoluent en fonction de la croissance, dans la période d'avant guerre, elles travaillent plus en usine (surtout dans l'ouest du pays), puis dans les années 50, c'est dans les emplois de bureaux. La féminisation des emplois de bureaux s'opère dans le dernier quart du XXème siècle. En 1975 il y a 2,5 millions d'employées, contre 1,9 million d'ouvrières.

Malgré la crise de l'emploi, les femmes représentent quasiment la moitié du salariat aujourd'hui. 80% des femmes de 25 à 49 ans ont une activité.

Un autre fait a changé: les femmes ne s'arrêtent plus de travailler lorsqu'elles ont des enfants. Elles appliquent un nouveau schéma qui est celui d'associer leur travail à celui d'avoir des enfants.

Les femmes ont plus accès à des métiers autrefois masculins (médecins, avocats, journalistes). Les femmes ne sont plus cantonnées à des tâches d'exécution.

Une série de loi intervient en faveur de l'égalité des femmes au travail:

La loi de 1972 sur l'égalité des salaires. La loi de 1975, sur la non-discrimination à l'embauche. La loi Roudy de 1983 sur l'égalité professionnelle. Mais ces lois sont dans l'ensemble peu appliquées, on observe une inégalité de salaire de 24%, même si le femme ont un niveau d'instruction plus élevé et restent actives même lorsque elles ont des enfants. Sur le marché du travail, les emplois offerts sont peu diversifiés et les secteurs d'emploi sont peu valorisés. Les femmes sont aussi victimes de surchômage: 14% pour les femmes, 10% pour les hommes.


VI. La femme au foyer

Pendant longtemps et on peut encore l'observer aujourd'hui, le rôle et le statut de la femme au foyer furent perçu de manière péjorative. On peut se rendre compte de cette vision à l'école, lorsque les enfants remplissent en début d'année leurs fiches de renseignement. Dans la case profession de la mère, que mettre lorsque Maman est à la maison...? « Sans profession », mais depuis un certain temps, on insiste pour indiquer « Mère au foyer ». Ce terme marque ainsi le fait que ces femmes ont un statut que l'on reconnaît. Ces femmes endossent plusieurs « casquettes », gérant la maison, les enfants, le budget, les époux, une multitude de petites choses qui devraient être valorisé au même titre que le travail d'autres femmes. Gérer sa maison et sa famille peut être comparé à une entreprise, où on est tenu par des horaires et des responsabilités avec des objectifs pour chaque journée qui doivent être tenus.

La société porte sur ces femmes un regard que l'on peut qualifier de péjoratif, restant à la maison, ce qui peut être associé à de la oisiveté. De plus, cela peut créer vis à vis de l'époux, une dépendance financière qui engendre des difficultés en cas de séparation.

Certaines difficultés apparaissent aussi lorsque les enfants quittent la maison, et où la femme qui organisait ses journées en fonction de ses enfants doit dans certains cas retrouver du travail.

VII. Autres droits

Le droit se trouve profondément transformé entre 1965 et 1985, les femmes acquièrent de nombreux droits civils.

La loi du 13 juillet 1965 sur les régimes matrimoniaux met fin à l'incapacité de la femme mariée: Les femmes peuvent ouvrir un compte en banque sans l'autorisation de leurs époux, signer des chèques. Les époux ont le même pouvoir de cogestion des biens, leur responsabilité est identique.

En 1985, la loi interdit que le cautionnement donné par un des époux engage le salaire de l'autre.

Le 23 décembre 1980, la loi sur le viol définit le viol comme « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui, par violence, contrainte ou surprise ». De par cette définition, le viol reste un crime, jugé en cour d'assises, et ne peut pas être qualifié de délit. Le nombre de plaintes pour viols a doublé et les juges sont plus sévères.


BIBLIOGRAPHIE

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