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Historique du tourisme à Brest

    Edition N°1.jpg Cet article est extrait du magazine Patrimoines brestois


Le tourisme est apparu au XIXème siècle et fut généralisé au XXème siècle avec l'obtention des congés payés et le Front populaire. Brest ne s'inscrit pas d'emblée comme une ville touristique tel qu'on pouvait se l'imaginer à l'époque. Ce n'est ni une station balnéaire proprement dite, ni un site véritablement pittoresque.

Et si le chemin de fer arrive jusque là en 1865, le développement espéré est plus économique que touristique. Jusqu'au Second Empire, il y a peu d'hôtels ou de restaurants dignes de ce nom, même si le journal L'Océan vantait en 1857, la location de villégiatures estivales aux Quatre-Pompes en Saint-Pierre Quilbignon, pour jouir de "l'agrément des jardins et des allées, le long des prairies". Mais tout ceci restait encore l'affaire de quelques privilégiés !

Sommaire

Tourisme de proximité

Le "tourisme" brestois est tout d'abord un tourisme de proximité.

On se livre aux joies de la baignade du port de commerce jusqu'au château. Les lignes du tramway amènent les Brestois sur le littoral de la commune de Saint-Marc où ils fréquentent les grèves, autant pour la baignade que pour la pêche à pied, les guinguettes ou encore le casino de Kermor. Le tram dessert aussi le littoral de la commune de Saint-Pierre Quilbignon, où les Brestois viennent passer le dimanche sur les grèves de Laninon, de la Grande Rivière ou encore des Quatre Pompes, "le lieu le plus enchanteur, le plus commode et le plus agréable des environs de Brest" peut-on toujours lire dans le journal L'Océan de juillet 1857. Comble du luxe, des cabines de bains attendent les touristes du dimanche à Laninon, où il est possible de prendre des leçons de natation de six heures à deux heures de l'après-midi ainsi qu'au Kermor où il est mis à disposition jardinets, cabines, radeau et plongeoir et le Chalet.

Lorsque les travaux de la Rade-abri comblent petit à petit toutes ces grèves au début du XXème siècle, et que le chemin de fer contraint Kermor et le Chalet à disparaître, les Brestois poussent alors jusqu'à la plage de Saint-Anne du Portzic où fleurissent bientôt bistrots et guinguettes. La mise en service de la ligne de tram Saint-Pierre - Le Conquet, permet également d'élargir les horizons et de partir à la découverte de la côte, du Dellec aux Blancs-Sablons. Chaque dimanche les wagons du tram sont pris d'assaut par les familles tout comme d'ailleurs les trains des chemins de fer départementaux qui permettent la découverte de la côte nord-finistérienne jusque là encore inconnue.

Les vapeurs permettent également aux promeneurs du dimanche de traverser la rade pour se rendre sur la presqu'île de Plougastel-Daoulas. Souvent on en profite pour ramener des fraises.

Itinéraires touristiques

Pourtant, Brest figure bien sur tous les itinéraires touristiques de l'époque.

Il s'agit plutôt d'une ville étape, que l'on visite rapidement à cette occasion, pour ensuite découvrir la côte du Finistère Nord ou la presqu'île de Crozon. Les Archives municipales et communautaires conservent de nombreux exemplaires de ces guides de la Ville et de ses environs, largement sponsorisés par les commerçants de l'époque,comme ce Calendrier historique du Finistère distribué par la Maison Julien spécialiste de souvenirs artistiques bretons. Parfois, ils sont aussi distribués par les hôtels eux-mêmes, comme celui de l'Hôtel Moderne en 1924. Ces guides mettent en avant le Château, l'Arsenal, l'animation des rues de Siam et de la Mairie, les places, les jardins et la promenade du cours Dajot. Sans oublier le Pont National et la Tour Tanguy, le port de commerce et ses embarquements au 1er bassin pour les excursions dans la Rade, souvent qualifiées de "merveilleuses".

Office du tourisme

Dans les années vingt, l'ancêtre de notre Office du tourisme est créé et propose une politique active de développement du tourisme.

C'est en effet l'organisation de "la semaine touristique en Finistère", sorte de produit d'appel de l'époque pour permettre aux partenaires économiques français mais aussi étrangers de découvrir l'attrait de ce département et bien sûr de la ville de Brest. Un circuit impressionnant de densité est mis en place sur sept jours qui mène de Morlaix aux Monts d'Arrée en passant par Brest, la presqu'île de Plougastel et la découverte de la Rade, la côte des Abers, la presqu'île de Crozon et le Sud Finistère. Des guides en plusieurs langues sont édités à l'occasion.

Escales de paquebots

Le développement des escales de paquebots dans le port de Brest est un autre initiative de ce syndicat.

C'est dans les années trente que reprend forme ce rêve transatlantique brestois, déjà déçu par deux fois. En effet, au XIXème, des services transrades sont mis en place par la Compagnie des paquebots fluviaux et maritimes. Mais les ambitions de certains vont bien au-delà. L'objectif est en fait d'obtenir une escale transatlantique. Brest trouve des arguments plaidant en sa faveur face à ses concurrents Bordeaux Wikipedia-logo-v2.svg, Nantes Wikipedia-logo-v2.svg, Saint-Nazaire Wikipedia-logo-v2.svg et bien sûr Le Havre Wikipedia-logo-v2.svg : sa Rade et ses qualités nautiques incontestables, sa proximité avec le continent nord-américain, la protection militaire éventuelle accordée aux paquebots. Mais c'est finalement Le Havre qui emporte cette escale. Brest ne dispose que de l'escale postale. Une nouvelle tentative voit le jour avec la présence des Américains à Brest. En effet, l'armée américaine, lorsqu'elle s'engage dans le premier conflit mondial en 1917, établit à Brest la tête de pont de son corps expéditionnaire. L'activité du port est relancée et on peut à nouveau se remettre à rêver d'escales transatlantiques. La visite du Président Wilson Wikipedia-logo-v2.svg, en 1918, est d'ailleurs prise comme une promesse de ligne régulière avec les États-Unis. Les ingénieurs américains tracent un plan audacieux, repris par le comité Brest-Transatlantique, d'une ville portuaire gagnée sur la mer. Mais lorsque les troupes américaines se retirent définitivement en 1921, la crise emporte tous ces rêves et le port retombe dans une profonde léthargie.

Les années trente

Dans les années trente, un nouvel essai est tenté.

De 1930 à 1939, en lien avec les chemins de fer de l’État qui organisent des croisières en Bretagne, puis avec des compagnies de paquebots françaises et étrangères, Brest va accueillir dans sa Rade des paquebots prestigieux : Le Rouen, Le Foucault qui reviendra régulièrement jusqu'en 1935, Le Johan van Oldenbarnevelt avec à son bord 530 passagers hollandais, le vapeur anglais Ausonia... En 1933, le journal L'intransigeant patronne une croisière surprise à l'époque de Noël avec le concours de la célèbre Compagnie Générale Transatlantique. Le paquebot de Grasse fait donc escale le 25 décembre dans le port de Brest à cette occasion. Cet accueil de paquebots continue toujours aujourd'hui et les escales se feront bientôt dans le tout nouveau port du château...


Archives de la Ville de Brest

Extrait du Patrimoines Brestois N°1 - Tourisme et patrimoine - Eté 2007

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