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Education Physique dans le Finistère de 1920 à 1940

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Le sport de 1789 à 1940

Il y a actuellement 17 articles liés à ce sujet.

L'EDUCATION PHYSIQUE....LES ECOLES DU FINISTERE DES ANNEES 1920 à 1940

Nous avons pu constater que de 1880 à 1920, la gymnastique, bien que rendue obligatoire et étroitement contrôlée par l'état qui s'en servait surtout comme moyen pour renforcer notre potentiel militaire, n'avait guère progressée ni dans la pratique, ni dans sa conception, ni dans sa faveur auprès de l'opinion publique; quant au sport, mise à part l'expérience avortée de 1892 à Brest, favorisée par un proviseur d'avant garde et les quelques matches annuels entre établissements secondaires, ou avec la société civile locale.

Aux environs de 1904 il ne bénéficie d'aucune reconnaissance officielle. En 1920 (De1920 à 1940) malgré une cascade de circulaires et de projets gouvernementaux la situation restera désespérément stable. Des instructions à l'étude depuis 1922 paraissent en 1925 sous forme d'un règlement de l'éducation physique empêtré dans la complexité de la situation liée à l'apparition du sport et aussi l'existence de théories aussi nombreuses que discordantes sur l'éducation corporelle. L'intégration du sport s'impose, rien que par la pression créée par le développement des sociétés civiles; on prévoit donc de l'introduire aux côtés de la gymnastique, mais par esprit de prudence en couronnement de la formation physique et à un âge où les élèves peuvent le supporter sans danger; la prudence, la réticence vont constituer le thème général et permanent de cette intégration.

Dés 1917 les services de l'Instruction Physique du Ministère de la guerre, se chargent de l'organisation de concours interscolaires Celui qui a lieu à Quimper en 1920 consiste en une rencontre d'athlétisme entre les établissements publics et privés de la ville, ainsi que des jeux américains (Basket et volley) prévus le jeudi sur les allées de Locmaria. A côté de cette première organisation officielle de l'État, on assiste à la création spontanée de sections scolaires au sein des clubs à Brest, bien que dans cette ville la même organisation militaire qu'à Quimper organise des matches de Basket pour les écoles, quelles sont les réactions de l'école à cette situation ?

Le problème du sport scolaire se pose donc de manière inattendue et complexe. C'est en juin 1922 qu'une commission académique décide qu'il y aura des championnats par académie et par catégorie d'âge. Un comité sportif d'académie dans lequel les fédérations occupent une place déterminante est chargé de l'organisation des compétitions. Un championnat d'académie succède à celui qu'organisait la commission scolaire de la ligue de Bretagne. Il débute en 1924 en athlétisme, natation, escrime et bien sûr en football. Les A.S scolaires jusqu'alors tolérés puis suscitées sont maintenant officialisées. L'A.S la Tour d'Auvergne, l'Aubépine du Lycée de filles de Quimper, s'inscrivent au Journal Officiel la même année (1924). Ce sont essentiellement des seniors qui participent aux épreuves (+ de 18 ans) .A part le football les finistériens ne s'y intéressent guère en raison de la longueur des déplacements et surtout des frais à engager .La natation a lieu à Brest dès la rentrée des classes. L'Athlétisme en mai à Rennes; les élèves de Rennes, Nantes, Saumur, Laval sont les mieux représentés. Les performances sont très modestes et les participants se limitent à le cinquantaine. Le basket ne commence qu'en 1936, et pour y participer l'A.S doit être affiliée à la fédération qui gère ce sport. Il faut encore attendre jusqu'en 1938 pour qu'un organisme universitaire, l'O.S.S.U prenne en charge le sport des scolaires. Un échelon académique et départemental est immédiatement constitué. Cinq établissements finistériens font parvenir leur engagement pour le football.

Revenons donc aux faits tels que les témoins les ont perçus.

1922

Alors que Talbot responsable d'une équipe scolaire (le S.U de Brest), réclame une journée de sport obligatoire en dehors du jeudi (renvoyé sa déclaration dans les pages précédentes). Un spécialiste le docteur Ruffier constate que les séances de gymnastique que l'on baptise maintenant éducation physique sont un spectacle désolant manquant de vigueur, l'enthousiasme des adolescents surchauffés par les gazettes sportives ne se porte que sur les épreuves athlétiques qu'il pratique pas pour avoir des muscles mais pour devenir des champions. Ils s'abandonnent tronc très vite. Talbot proteste contre l'organisation des activités physiques par des services du ministère de la guerre. Les maigres subventions de l'état sont réservées aux sociétés qui font de la préparation militaire, mais la majeure partie de l'argent sert à entretenir ces services (du ministère) qui aujourd'hui n'ont plus de raison d'être.

Pathe le haut commissaire à l'éducation physique :  « Les instructeurs militaires disparaitront de l'école dès que les services de l'instruction publique seront capables de mener eux même l'éducation des enfants »

Cette déclaration confirme bien que le sort de l'éducation physique et surtout du sport à l'école se joue entre trois institutions : les sociétés sportives qui ont déjà fait le travail au niveau des A.S scolaires. L'armée qui possède des cadres disponibles depuis le rétablissement de la paix, mais dont l'intervention dans ce domaine ne semble pas être très appréciée et l'université qui n'est pas encore en mesure d'assurer cette fonction.

1924

A l'arrivée du cartel des gauches au pouvoir « Que vont faire les gauches qui sont contre le militarisme et veulent réduire le service militaire, vont-ils aider le sport ? Qu'on remplace les militaires de l'instruction physique par une organisation civile équivalente, aidant les clubs, le haut commissariat à l'E.P est encombré de militaires non techniciens ».

1926

Il faut relire dans les pages précédentes la déclaration d'Argouach sur l'état de l'éducation physique à l'école.

Une direction de l'E.P est rattachée au ministère de la guerre, alors que l'instruction technique et le sport rejoignent le ministère de l'instruction « Ce rattachement semble affirmer le désir du gouvernement de s'atteler à la cause nationale du sport à l'école »

1927

Le Guen (professeur d'E.P) « Que l'E.P soit obligatoire à l'école, que cela ne reste pas une plaisanterie, il faut au moins deux heures par semaine dans les meilleures conditions c'est comme dit Hebert aux maîtres de diriger l'éducation physique des élèves, à l'exclusion des militaires et des gendarmes. Les sociétés extra scolaires ne doivent jouer qu'un rôle complémentaire entre l'école et le régiment. »

1928

Pathe procède à la fusion des deux directions en créant un sous secrétariat d'état à l'E.P. « Il décide que l'E.P complétée par les sports d'application, constitue la méthode de préparation physique de la jeunesse.

Argouach " Il faut lutter contre la tuberculose par une éducation physique à l'école, celle-ci n'existe pas, ce ne sont pas les quelques scolaires qui bien doués pratiquent le football ou la course dans l'équipe de leur lycée, voire dans celle du grand club local qui me contrediront ».

Argouach  « Nous faisons nôtre, le plan d'action d'Hebert en vue de la révolution physique nécessaire »

« Peut être pourra-t-on déclencher le mouvement à l'aide de la jeunesse elle-même ; qui sait si les<parents n'approuveront pas le geste de leurs enfants s'ils décident un jour de faire grève, désertent l'école jusqu'à se qu'ils aient acquis la liberté de développer leur corps comme leur cerveau » (revue d'E.P)

Jean Latte professeur d'E.P :les grands élèves

« Aucun jeu ne saurait attirer leur attention et les inciter à la dépense physique par crainte du ridicule ou incompatibilitéavec les hautes pensées. Ils refusent les jeux gymnastiques que nous devons appliquer avant les jeux athlétiques, exécutent mollement et sans conviction les assouplissements de la mise en train, mais réagissent soudain devant le jeu. Incitons les à jouer sans tenir compte des craintes des esprits chagrins qui voient dans le divertissement une atteinte au gout du travail »

1929

Pathe informe que :

116 lycées de garçons (73000 élèves) ont 257 professeurs (prévoit 10 créations supplémentaires) 200 collèges (38000 élèves) ont 60 professeurs 15 créations envisagées 192 établissements féminins (50000 élèves) ont 80 professeurs 45 créations 450 écoles primaires supérieures (45000 G et 35000 F) vont avoir 40 créations.

Après avoir présenté son projet de budget, il déclare que « l'E.P complétée par les sports d'application constitue la méthode de préparation physique de la jeunesse »

Le docteur Jeudon appuie cette idée en ajoutant que " les clubs n'ont pas compris, qui transforment le sport en spectacle ; l'université non plus qui en est restée à la gymnastique fastidieuse qui avait pour but à au départ de régénérer la race »

Courraud « L'E.P est atteinte par le sectarisme, la rivalité des méthodes, les professeurs d'E.P des lycées ne voient qu'une chose, la leçon à domicile »

1932

L'E.P délaissée (Kerdraon) « À part le lycée de Brest garçons et filles, le collège Bon Secours et Saint Louis la culture des jeunes corps dans la ville est entièrement délaissée faute de personnel et de moyens matériels. Est elle-même efficace dans ces établissements ? L'EP se déroule dans des cours pierreuses, entourées de classes. Pour ne pas gêner leurs collègues, les professeurs sont contraints de composer des leçons dont la valeur éducative devient insignifiante. Pour pallier à cette lacune, le C.N.B,l'A.S.B organisent des séances de culture physique le soir avant ou après dîner. Mais les heures ne conviennent guère aux parents. En dehors des clubs et de l'école, il n'y a même pas la possibilité de jouer sur les places comme nous autrefois, si non au billes ou au yoyo »

Le C.N.S étudie le statut du sport scolaire. Un certain nombre d'articles figure au projet :  « L'E.P doit être inscrite dans le programme des écoles et des fédérations, il faut déterminer, jusqu'à 20 ans, des règles limitant les efforts en compétition dans chaque sport. L'A.S scolaire et universitaire ne peut être ouverte qu'aux élèves qu'aux élèves d l'établissement dont elles portent le titre .Les fédérations contrôlent ces organisations. Le contrôle médical doit être rigoureux pour la compétition ».

Commentaire de Kerdraon  "Ce texte est plus libéral que le précédent qui prévoyait l'interdiction des scolaires dans les clubs, or il y a 350 scolaires au club nautique Brestois, ce serait ridicule de les en empêcher ou alors il faudrait que l'instruction publique commence par organiser ses établissements au lieu de mettre à l'indexe des organisations dues à l'initiative privée lesquelles ont rendu qu'on le veuille ou non les plus grands sévices puisque sans elles le sport n'existerait pas en France."

Marcombes, nouveau secrétaire d'état a dans son programme, la création de l'E.N.E.P (école normale de l'E.P), le contrôle des professeurs qui n'ont le droit d'enseigner qu'avec un certificat de l'état et leur implantation rationnelle dans les établissements scolaires.

1935

Vezinec sur la gymnastique à l'école « Il devait avoir 2 heures par semaine depuis janvier 1925, puis une demie heure par jour en 1931, mais nous n'avons pas vu l'ombre d'une réalisation. Nous avons maintenant un nouveau projet, constatant que les lois ne sont pas appliquées le ministre après accord avec l'éducation nationale prévoit une après midi d'exercices sportifs Encore une fois ceci est ajourné, pourtant une école normale, l'E.N.E.P vient d'être créé pour former les professeurs du secondaire ; la France reste un des pays les plus arriérés en matière d'éducation physique. ».

Toujours Vezinec qui connait bien la situation à l'école :  « Voyez ces cours de récréation où de pales enfants tournent en rond en discutant des résultats sportifs où des dernières performances. Ceux qui éprouvent le besoin de se dépenser ne peuvent pas se livrer à des jeux actifs, à cause des responsabilités, des risques d'accident, des chaud et froid, des courants d'air, de la fatigue du cœur. La gymnastique a lieu dans des cours pleines de cailloux, de poussière ou dans des préaux mal fermés. Les enfants sont vêtus de gros lainages et pourtant la nécessité de l'exercice est prouvée. Quelle gymnastique fait-on dans les écoles ? Des mouvements harmonieux, en rangs impeccables, les bras et les jambes se lèvent et s'abaissent avec ensemble, les élèves sont fixés au sol comme des poteaux, droits comme des I, muscles contractés. C'est une corvée fastidieuse, lamentable même, on cherche en vain l'ombre d'un essoufflement, d'une sudation chez ces enfants emmitouflés, faire déshabiller les élèves ? Il n'y a pas de vestiaire, seulement de l'eau dans un baquet où bras et jambes se mêlent fraternellement dans un bourbier. Il faut donner les moyens sans doute faudra t-il se résigner à répéter inlassablement ces vérités premières ».

Vezinec estime « Qu'il faut faire un effort sans trop attendre de l'état dont les moyens se réduisent progressivement ».

1936

Barthelemy rapporteur du budget à l'assemblée « Il faut arriver à faire de façon libérale ce que certains ont obtenu par l'autorité et la dictature. Il faut des maîtres,des terrains de jeux. L'éducation des parents reste à faire, ils n'ont pas compris la nécessité de l'E.P, il y a aussi la décision des jeux Olympiques de Berlin. L'E.N.E.P qui fera de bon spécialistes vient d'être créée. Il faut que les professeurs puissent aller dans les conseils de classe »

Léo Lagrange, ministre : « L'état à compris peu à peu l'intérêt de l'E.P, du soleil, de l'air, de l'eau qui ont un puissant effet régénérateur sur l'organisme. La science médicale a prouvé depuis longtemps la valeur de l'exercice bien compris selon les aptitudes de chacun. L'état a créé des écoles, la récente E.N.E.P civile pour bien faire comprendre aux étrangers que la culture physique Française n'est pas de la préparation militaire déguisée, quelle est notre organisation actuelle pour les enfants et les adolescents.

L'E.P est posée dans le cadre de l'école, aujourd'hui deux heures par semaine sont imposées aux garçons et aux filles, des jeux de plein aire sont aussi prévus le jeudi. Dans le primaire cette éducation est assurée par des instituteurs, dans le secondaire par des maîtres spécialisés, dans les grandes écoles par des associations sportives universitaires régionales.

Une expérience sur la base de 5 heures par semaine se déroule dans le primaire dans trois départements, nous espérons des résultats probants. En ce qui concerne la préparation militaire d'autres considérations interviennent pour les jeunes hommes,les français doivent être forts, aussi la P.M a été favorisée par tous les gouvernements sans distinction d'opinion. Avant le service militaire était assez long pour assurer cette formation, actuellement la réduction par pallier pose problème, elle est assurée par des centres de P.M. et surtout par les sociétés contrôlées, bénéficiant de certains avantages. C'est pour les adultes que les efforts de l'état ont été les plus tardifs. Il faut développer l'équipement sportif : le Brevet Sportif Populaire doit assurer une large diffusion de l'E.P à la place de l'idée du champion, il est obligatoire pour avoir une licence Jusqu'à 17 ans les épreuves sont choisies de telle sorte que l'endurance n'ait pas une place prépondérante »

1937

Barthelemy « À l'école il y a des abus du sport scolaire, trop d'élèves par classe (40 à 50) et une insuffisance des locaux. »

Qu'en pense le syndicat des professeurs (S.N.P.E.P) ? « Les conditions sont telles que nous pouvons mettre en doute l'efficacité actuelle des 2 heures, il est impossible de travailler à 3 où 4 classes en même temps, la situation matérielle est très mauvaise nous travaillons souvent dans des sous sols sans éclairage, il faut d'abord créer des équipements avant de développer les horaires. »

Barthelemy (député) « Pendant que les discours stériles se poursuivent, que les ouvrages sur l'E.P se multiplient, il n' a pas encore été possible de la rendre obligatoire à l'école. L'opinion soupçonne aussi des arrières pensés guerrières. Les élèves sont soumis à une activité intellectuelle intense qui rend difficile toute pratique des exercices au grand air. Le ministre vient de décider une demi-journée d'E.P par semaine et aucun enseignement le samedi. La prépondérance de la gymnastique est trop marquée, ne plait pas aux élèves qui n'aiment pas les mouvements dans la cour sous l'œil vigilant du professeur de gymnastique. Les dispenses sont nombreuses, c'est vers la méthode HEBERT que l'on s'oriente.il faut habituer peu à peu à disputer certains matches, mais un par semaine seulement, la bonne vieille gymnastique nous ne l'abandonnons pas, ramenons la à sa juste mesure. Il faut aussi une sage progression pour la résistance organique, lutter contre la tendance à la spécialisation qui n'entraîne pas le développement harmonieux du corps. Au contraire il faut pratiquer des sports et des exercices variés, surtout l'athlétisme »

Caenen, (professeur d'E.P à Brest),  « Comment faire pour cette demie journée de plein air ? Il n'y a pas de terrain, l'aménagement de terrains de jeux pour les écoles à Brest serait souhaitable »

« C'est un problème urgent en raison des règlements nouveaux déclare le directeur »

Les loisirs du samedi entrent en application comme ailleurs au lycée de Brest, le sport y a sa place pour ceux qui veulent se livrer aux jeux de plein air. Cette organisation s'ajoute à la demi-journée prévue pour le sport dont parlait Barthelemy. Elle comporte des activités variées dont le sport n'est qu'une partie.

1938

Le comité Académique de l'OSSU s'est créé sous la présidence du recteur. Le sport scolaire est donc maintenant indépendant des fédérations. Le premier tour du championnat de football a lieu avant les congés de Noël le lycée de Brest , le collège de Morlaix, l'école normale de Quimper, le lycée de Quimper, l'école pratique de Brest sont engagés dans la compétition (soit 5 équipes seniors et deux juniors). « Pour le grand bien des scolaires qui éparpillent leur efforts, pour éviter le gaspillage des énergies au cours d'une multitude de matches, un accord est intervenu entre le C.N.E.P.S et l'O.S.S.U » (Kerdraon).

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