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De la gymnastique dans l'armée...aux sociétés

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Le sport de 1789 à 1940

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De la Gymnastique dans l'armée aux sociétés

Nous avons fait le constat des conditions de ce démarrage de la Gymnastique dans l'école. Mais qu'en est-il dans l'institution militaire elle-même ? A ce sujet nous observons qu'il existe bien une préparation physique au sein de la nouvelle armée républicaine de la troisième république en pleine réorganisation depuis la guerre de 1870. Il y existe même des concours que nous appellerions aujourd'hui "championnats militaires." En voici un exemple :

En 1875,le 25 septembre,une remise des prix a lieu à la Division des Équipages de la Flotte. "Les lauréats reçoivent de nombreuses médailles offertes par le ministre" :

boxe française
  • 129 candidats ont participé au tir
  • 32 au concours d'escrime
  • 13 au concours de canne
  • 27 à celui du bâton
  • 14 en boxe française
  • 25 en natation
  • 21 maîtres et 67 élèves en gymnastique.

Il est donc clair que l'intérêt porté à la gymnastique est lié à un but patriotique. C'est le cas même à l'école où on l'envisage sous la forme de bataillons scolaires, Brest a le sien : 500 enfants des écoles primaires équipés de fusils de bois, puis 200 fusils véritables remis par l'inspecteur d'académie grâce à l'argent récolté au cours d'un grand gala. Cependant c'est de cette place dans l'armée et dans l'école que vont naître les premières Sociétés de gymnastique. En 1893 est créée une Union des Sociétés de Gymnastique de France.(U.S.G.F). L'enjeu déclaré n'est pas seulement d'ordre patriotique, il est aussi d'affirmer l'institution républicaine dans l'esprit de la population. C'est ainsi qu'on assiste à un véritable phénomène qui constitue un pas important dans l'évolution des activités physiques. Cette transformation implique d'éminentes personnalités notamment politiques, des sociétés d'éducation populaire, des sociétés de tir et de gymnastique.

A Brest,les élections municipales de 1884 amènent à la Mairie une équipe favorable aux thèses du gouvernement. La Brestoise naîtra six mois plus tard. Son Bureau, placé sous la présidence d'honneur du Maire, du Préfet Maritime, du Préfet du Finistère du Général commandant la subdivision et sous la Présidence du colonel FRANCK est composé du : Docteur Caradec, François négociant, Froger professeur au Borda,capitaine Gayet,lieutenant de vaisseau Buau,Le Bescond de Coatpont avocat, Legras capitaine des pompiers, Panager négociant,PICOT receveur à l'hospice, Pitty ingénieur chimiste, Prevost préposé à l'Octroi, Reguron négociant, Rivière Adjoint au maire, Rousseau capitaine de frégate, Savin lieutenant de vaisseau, Stapfer professeur au Lycée. Ce dernier en sera la cheville ouvrière.

Un communiqué préparatoire à la constitution de la société indiquait le 20 septembre: En 1870 les Prussiens nous ont vaincus parce qu'ils pratiquaient des procédés de perfectionnement de l'art militaire dontl'usage ne fait que commencer chez nous. Brest ne peut rester en retard, nous pensons que cette société sera bénéfique pour organiser des cercles où les exercices intellectuels se combineront avec des jeux très capables de faire oublier la fréquentation malsaine des cabarets et pis encore....

Créée en fin d'année La Brestoise progresse rapidement en effectifs l'année suivante :

  • 425 adhérents en mars
  • 700 en avril

Elle propose des activités chaque jour de 7h à 10h et de 15 à 18h. Elle s'oriente rapidement vers une diversification des ses activités. En particulier elle organise,en coopération avec La landernéenne, autre société de tir, un concours de tir entre 30 communes. D'autres sociétés se créent aussi dans cette période à Quimper et Morlaix.


Cependant la progression de ces sociétés se révèle finalement assez faible. Au niveau national on passe seulement de 450 en 1885 à 900 en 1898. Différents obstacles se sont manifestés soit d'ordre religieux,soit d'ordre politique. L'Église ne s'est pas ralliée à la République et c'est seulement à partir de 1890 que son courant social s'en approchera. Elle voit donc d'un mauvais oeil cette forme d'encadrement de la jeunesse. A cela s'ajoute une vague d'antimilitarisme. Mais surtout une concurrence commence à se manifester sous la forme de la naissance du cyclisme et des sports athlétiques.

Nous arrivons ainsi à une situation contradictoire dont nous trouvons un reflet dans un discours prononcé à la distribution des prix du Lycée de BREST en 1889. Après avoir rappelé aux élèves la nécessité du travail le professeur qui en est chargé s'exprime ainsi: texte provenant du discours du professeur... nécessité du travail,mais aussi du développement physique par les exercices violents et par les jeux. Certains ne sont pas accessibles à tous en raison de leur prix,l'escrime et l'équitation par exemple. Mais la gymnastique pourquoi la considérer comme un exercice scolaire à peine plus intéressant que les autres,et toujours plus fatiguant ? Et le jeu qui est à la fois agréable et utile, d'où vient qu'on le dédaigne ? Vous ne jouez pas,vous ne savez pas jouer. Jusqu'à 12 ans il en va autrement, mais dès l'instant où il atteint cet âge, l'écolier renonce aux bonnes parties d'autrefois. Une fausse pudeur l'envahit. il rougit de jouer. Une réaction se dessine dont nous saluons avec joie les premiers symptômes : la renaissancephysique n'a pas de plus fervents adeptes que vos maîtres

Le climat défini par ce discours est intéressant dans la mesure où il est prononcé à la fin d'une année scolaire qui a vu la création d'un comité national pour la propagation des exercices physiques à l'école. Ce comité est aussi appelé "comité Jules Simon" Tout cela témoigne d'une évolution mais rien ne bouge vraiment à l'école jusqu'à cette curieuse année 1892

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