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Chantier Braz

Sur la rive gauche ont été ouvertes deux importantes carrières dont le considérable "Grand chantier" ou "Chantier Braz". Le front de taille, partiellement visible au travers de la végétation, s'étend sur une centaine de mètres. L'extraction a fait reculer le front de la vallée, comme le montre le gros rocher épargné par les travaux à quelques mètres en retrait de la forge. En fait le site se partage en deux parties, l'une, parfois dénommée "Chantier goz" est visible au point d'arrivée de la route qui dessert aujourd'hui ce lieu, à proximité d'une cale reconstruite, pour servir de dépôt au sable et surtout au maërl, à l'initiative des agriculteurs  ; la dernière gabarre à fréquenter ce quai, l'"Aviateur Mermoz", a désormais cessé son activité. Le chantier le plus intéressant se situe un peu plus loin à quelques centaines de mètres en amont.

Monsieur Gustave Corre le décrit ainsi , le 8 mars 1890,dans un courrier adressé au maire de Plouarzel :

"J'ai l'honneur de porter à votre connaissance que depuis le mois de mai 1888, je continue l'exploitation d'une carrière de granit, commencée par Monsieur Kerautret en août 1879.

La garenne, dite Goarem Lanildut, dans laquelle se trouve la carrière au midi de la rivière de Laber, en la commune de Plouarzel, appartient au Sieur Calvez François et Dame Marie Anne JACOB son épouse, propriétaires cultivateurs demeurant au lieu de Milin Tréar en la commune de Landunvez.

Cette carrière est exploitée à ciel ouvert, les produits utilisables qui en sortent sont connus sous la dénomination "Granits de Laber" ; le lieu d'extraction est situé environ de six à huit cent mètres de la ferme dépendant de cette propriété, qui, elle même, est à égale distance de la route conduisant au bourg de Plouarzel.

L'altitude moyenne de la carrière est à environ vingt-cinq mètres au-dessus du niveau moyen de la mer, des couches de déblais de différentes épaisseurs, variant de cinq à six mètres, recouvrent le plafond de la carrière ; on trouve dans ces déblais des rochers volants, d'une certaine importance.

Entrepreneur de travaux publics à Brest où se trouve le siège de ma maison de commerce, je me conformerai à la loi, en faisant élection de domicile en mairie de Plouarzel."

Pour exploiter cette carrière, qui fonctionnera jusque dans les années 1930, l'entrepreneur disposait d'équipements et d'un espace privilégiés.

La fontaine, auquel était joint un lavoir, permettait de disposer de l'eau douce indispensable au forgeage des outils. La maison qui domine encore le site abritait la forge au rez-de-chaussée et les bureaux à l'étage ; plusieurs dépendances étaient accolées à la battisse.

A l'arrière, mais proche de la maison, un hangar d'assez grande dimension abritait les tailleurs de pierre. Il était bardé de bois côté ouest mais ouvert de l'autre côté et couvert de quelques 4000 tuiles de ciment. Ce hangar a été entièrement démonté en 1933 par Jean Treguer, "Yann Gervoulou" puis remonté à la ferme de Kervoulou. Pierre Treguer, son fils, a participé au démontage du hangar : "Il était déjà en vente depuis un moment mais personne ne voulait. Des dés supportant les poteaux étaient encore visibles récemment. L'exploitation était déjà bien terminée. Un rail venant du front de carrière aboutissait au hangar et jusqu'au quai d'embarquement. Les wagonnets portant les blocs fendus étaient tirés par un cheval." Le quai d'embarquement est à lui seul un monument gigantesque. Actuellement en grande partie effondré, il était constitué de déblais et de gros blocs sommairement maçonnés dont certains gardent toujours les traces de travail. Il porte les restes d'une grue qui facilitait le chargement des navires. Le terre plein a été gagné sur la rivière, grâce aux déblais de carrière qui représentaient un volume phénoménal (90% des produits extraits d'une carrière d'après Monsieur Chauris).

Le 8 novembre 1889, Monsieur Corre, sollicitait d'ailleurs l'autorisation de déposer des déblais provenant de la carrière, située à Kerglonou, en aval de la carrière. "Ce remblais ferait un terre plein conquis sur la berge de la rivière et qui resterait propriété de la Marine" précise t-il dans sa demande. Dans sa réponse l'ingénieur stipule que :

"les dépôts ainsi créés seront arasés à 0.50 mètres au-dessus du niveau des plus hautes mers et ne devront en aucun cas être utilisés par le permissionnaire pour les besoins de son industrie. Aucun droit spécial n'est accordé au Sieur Corre sur le terre plein ainsi créé qui restera affecté à l'usage public."

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