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Les 83 cornemuses du Musée des beaux-arts

    Edition N°1.jpg Cet article est extrait du magazine Patrimoines brestois


A l'époque de la renaissance de la musique bretonne et quand Brest organisait le festival international des cornemuses, de 1953 à 1970 , une très belle collection de cornemuses européennes a été constituée par le musée. Elle comprend quatre-vingt trois instruments couvrant, des Iles britanniques à l'embouchure du Danube et le pourtour de la Méditerranée, un large territoire européen.Elle touche toutes les aires d'expansion de cet instrument spécifique, de l'Afrique du Nord à l'Extrême Orient et l'Inde.

Les cornemuses ont été acquises par achat auprès d'antiquaires spécialisés comme Alain Vian à Paris,par commande à des fabricants français et étrangers et par le don d'un illustrateur et auteur de bandes dessinées bruxellois Jacques Laudy. Soixante huit sont authentiques, mais quinze d'entre elles sont incomplètes. Dix sont des fac-similés d'instruments existants, cinq ont été reconstituées d'après des documents. Une reconstitution de la Tibia utricularis utilisée à l'époque romaine, un Duddle-Sach de Thuringe issu de la collection de Briqueville et une musette de cour de 1720 en argent et en ivoire côtoient les gaïtas, binious coz, veuzes et cabrettes des bergers et sonneurs des fêtes populaires.

Musette de cour, france, 1720

Les cornemuses résultent de mutations spécifiques à chaque région et aux différentes époques d'un instrument de plein air, né d'une anche de roseau à lamelle vibrante il y a environ 5000 Les 83 cornemuses du musée des beaux-arts ans. Après le déclin de l'Empire romain, elles persistent dans les pays celtiques. Elles suivent des évolutions liées à la géographie et à leur utilisation, avec ces constantes : un sac de cuir réservoir d'air, un tuyau muni d'une anche, des bourdons dont le nombre et la disposition varient. Instrument roi pendant tout le Moyenâge, elle est représentée aux mains des bergers et anime cérémonies et danses. Puis, avec la fin de la prédominance de la société rurale, la naissance d'un goût aristocratique pour les divertissements champêtres et la mode des bergeries vient l'ère de la musette baroque et de la musique écrite avec les premiers traités et méthodes. Cette mode survit après la révolution à travers les cabrettes et musettes Béchonnet en France, les Small Pipes de Northumbrie et d'Ecosse tandis que les musiciens des noces de village, les mendiants et les musiciens ambulants continuent à jouer de la cornemuse populaire.

Au 19ème siècle, la naissance du régionalisme lui assurera une nouvelle notoriété en tant qu'instrument populaire. Au 20ème siècle et en Bretagne notamment, elle connaît une nouvelle renaissance empruntant à l’Écosse, à la veille de la première guerre mondiale, ses trois bourdons et son long chalumeau. Elle est particulièrement vivante depuis les années soixante-dix, popularisée par les bagadous, les couples de sonneurs et des musiciens très reconnus.

Auteur : Françoise Daniel

Extrait du Patrimoines Brestois N°11 - Brest et la musique - Été 2010

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