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Le traitement des algues

Une industrie locale : le traitement des algues

Ces contenus ont été écrits par René Le Verge dans les "Cahiers de Landéda" en 1986.

1983 a marqué le centenaire de la découverte de l'alguine par le chimiste britannique Stanford en 1883. Cette matière mucilagineuse est l'un des extraits nobles contenus dans les algues marines « Laminaria flexicaulis ». En effet, il faut 1000 kg de ces algues marines pour produire 30 kg environ de d'algine. Cent ans après cette découverte, les deux usines de l'Aber Wrac'h ont disparues. Sur la brochure « Landéda sur les deux abers » Anne Gelebart signalait déjà : « l'algine assurera peut-être un brillant avenir à Landéda ». En fait, la zone de récolte s'étend des Glénans à Tréguier et ces algues sont traitées dans deux usines : CECA à Lannilis et SOBALG à Landerneau. En 1982 ces deux usines auront reçu 40 000 tonnes de laminaires récoltées par 70 bateaux mécanisés environ.


Sommaire

Récolte des laminaires

Que de progrès depuis l'époque de la « pigouille » et de la « guillotine ». En 1972 avec 21 bateaux, la récolte a été 5 000 tonnes. Dix ans plus tard en 1982, la récolte a été de 40 000 tonnes.

En 1945, il y avait 531 bateaux qui coupaient les laminaires d'une façon artisanale. C'est en 1963 que le bateau expérimental, le « Tali » a commencé ses essais avec des hydro-éjecteurs et des plongeurs. En 1966 le bateau « Jean Ogor » a commencé à expérimenter le « scoubidou » mécanique. 1978 marque la fin de la récolte artisanale. Nous pensons qu'à l'avenir le métier de Goémonier de la Côte des Légendes deviendra une réalité.


Usine de La Palue

En février 1874, le grand-père de Melle Glaizot mis en route la première usine de traitement d'algues à l'Aber Wrac'h. D'origine auvergnate, ingénieur centralien, il est venu à pied depuis le mont St Michel en suivant toute la côte pour trouver un endroit propice. Son frère l'accompagnait dans cette expédition. Il a jeté son dévolu sur l'Aber Wrac'h en raison de la proximité des champs d'algues, de la source d'eau de Saint Antoine et surtout par les terrains qu'il a pu acheter appartenant à l'hospice de Roscoff.

Pour débuter il habitait la ferme de Tromenec et quelques années plus tard il était maire de la commune. Le père de Melle Glaizot, Mr Martial Glaizot est mort de la typhoïde en 1920 (victime de la pollution de la source saint-Antoine). Le 28 août 1915 le grand fondateur de la société « Glaizot frères » meurt. Cette société devient «  Société Anonyme des Produits Chimiques de l'Aber Wrac'h ». Monsieur Dubourdieu, centralien, de Landerneau, devient directeur jusqu'en 1930. En Août 1930, Mr Perrin est muté de l'usine de Loctudy pour assurer la direction et à cette époque commence le traitement des alginates, car de 1874 à 1930, l'usine ne travaillait que l'iode et ses dérivés. Melle Glaizot est devenue secrétaire en 1934. C'est le grand-prère Glaizot qui, en tant que maire de la commune, a fait prolonger la ligne de chemin de fer de Lannilis à l'Aber Wrac'h.


Usine de Saint Antoine

La mise en route de cette usine a débuté en 1930. Mr Suntinger, qui est devenu par la suite responsable du service entretien de l'usine CECA à Parentis, a participé au montage. A l'époque il s'agissait là d'une usine ultra moderne (turbine à vapeur, râteau avec génératrice 220 volts et 350 KVA avec chaudière Babcock de 6 tonnes par heure, un ensemble de calcinateur, décanteur et filtres-presse entièrement automatiques). La société bretonne à la Palue faisant figure de société artisanale à côté de la Société Française de l'Iode et de l'Algine de Saint Antoine. Malheureusement, les procédés de cette dernière étaient peut-être trop sophistiqués donc peu rentables si bien qu'en peu de temps cette société a fait faillite. Ensuite commence la péripétie des changements de propriétaires.

Nous retrouvons sur l'acte de vente en 1979 de maître Galvaing, date à laquelle cette usine a été vendue à François Bescond, tous les propriétaires successifs, a commencer par Mr Minié qui en 1938-1939 a voulu procéder au montage d'avions. Ensuite, Mr Schang, Mr Maton en 1959, la Sofrad en fin 1959, Alginates Maton en 1960 ; le 18 septembre 1962 vit la fusion de Ceca et Maton. Ni la Sacal en 1974, ni la Ceca en 1975 ne purent empêcher la fermeture de cette usine le 30 juin 1977. En fait cette usine a connu une ère de prospérité à partir de 1957 suite à la construction de bateau goémoniers et ensuite à la fabrication de farine d'algues. Quand on pense qu'en 1964 cette usine fabriquait 32 produits différents représentant 530 tonnes environ par mois, on réalise difficilement que 20 plus tard elle ait du déposer le bilan !


Pourquoi les deux usines de l'aber wrach ont elles fermé?

L'industrie des algues marines est l'une de celles qui a subi des changement depuis le début du siècle. D'abord, la soude brute, cendre obtenue en brulant les algues, était la seule source de carbonate de soude pour les industries du savon et du verre; mais l'introduction du procédé « Le Banc » a porté un coup sérieux à cette industrie, surtout en Angleterre. La renaissance qu'amena la production de l'iode fut de courte durée car les usines ne pouvaient pas rivaliser avec l'iode extrait du salpêtre du Chili. Ensuite, au cours des années 1960, ce fut la période de farine d'algues pour la nourriture du bétail et en 1976, un rapport laconique précisait : « cette fabrication est devenue anachronique et partant non compétitive compte tenu de la désafectation des utilisateurs(Sanders, Provimi, etc.) qui préféraient des sons et des luzernes séchés d'un moindre coût ». Pourtant en 1958, la production était de 7500 tonnes fournies par Satia à Penmarch (3000 tonnes), la société Bretonne (2000 tonnes), Maton Pleubian (1000 tonnes), Maton Plomeur (1500 tonnes) et Maton avait projeté de produire 2500 tonnes à l'usine Saint Antoine car il prévoyait un marché de 10 000 tonnes/an. Ensuite, nous arrivons à l'algine, mais pas l'usine de Saint Antoine. D'ailleurs la société Bretonne a rencontré de gros problème du fait des ostréiculteurs à l'époque.

Il faut savoir que pour traiter 1000 kg d'algues vertes d'où on obtient 30kg d'algine on doit mettre en œuvre :

  • 35m3 d'eau douce
  • 95kg d'acide sulfurique
  • 45kg de carbonate de soude
  • 6 litres de formol
  • 200 Kw d'électricité

Il fallait donc trouver de l'eau douce en grande quantité et le problème se posait pour l'Aber Wrac'h. Il fallait aussi épurer les acides car à l'époque on ne connaissait pas les traitements modernes. De ce fait les deux usines ont dû fermer.

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