Domaines
Communes
Quartiers de Brest
Ressources
Communauté
Vie du projet
Autour de Wiki-Brest
Boîte à outils
Espaces de noms

Variantes
Actions
De Wiki-Brest
Aller à : Navigation, rechercher

En centre ville: le camp américain des fédérés

Alors que beaucoup de militaires américains transitaient par Brest avant de rejoindre le front, certains y ont séjourné plus longtemps et dans des camps plus petits que celui de Pontanézen. En particulier des compagnies du génie puis des unités de transport motorisé sont logées dans le camp des Fédérés.

Ce camp se situait à l'emplacement occupé aujourd'hui par une partie de l'hôpital Morvan et par la faculté de médecine. Au sud, il était limité par le vélodrome de Kerabécam, alors qu'au nord il s'arrêtait à la ligne de chemin de fer départemental (le train patates) conduisant vers Porspoder ou Plouescat, à peu près à l'emplacement de l'actuelle rue des Fédérés. Une autre branche de ce chemin de fer passait à proximité du camp de Pontanézen.

L'extrait de la carte routière des environs de Brest éditée en 1919 permet de le situer.

5Fi00755-extrait plan1919.jpg

Avant l'arrivée des militaires américains, des travailleurs coloniaux, employés plus ou moins volontairement à l'arsenal, y logeaient. L'endroit était idéal : ni trop éloigné de l'arsenal, ni trop proche de la population ouvrière brestoise. En effet, des frictions avaient eu lieu le 4 août 1917 entre ces deux communautés et s'étaient soldées par la mort de cinq ouvriers coloniaux. Le 7 août 1918 les américains obtiennent l'autorisation d'y occuper six baraques de béton plus une baraque démontable Adrian, du nom d'un officier français du Génie, et un long hangar charpenté. Cette autorisation est donnée pour une durée de deux mois. Les américains y resteront jusqu'à la fin de la présence de troupes américaines en France.

Dès leur arrivée dans le baraquement, ils ont commencé par en améliorer le confort, notamment en construisant des latrines. Ils ont ensuite largement étendu les constructions en y adjoignant 20 baraques, 5 baraques d'officiers, 9 restaurants, 3 salles de bain, 1 maison de garde et 1 immeuble de commandement.

Baraques au camp des Fédérés

Le séjour des troupes américaines dans le centre ville a inévitablement favorisé le commerce et entraîné une hausse des prix. Les publicités insérées dans La Dépêche de Brest, le journal local de l'époque, montrent que les brestois savent saisir l'occasion de louer des chambres à des officiers américains ou de leur vendre des souvenirs.

Depeche 02-10-1918.jpg

S'ils ont des inquiétudes, les commerçants peuvent se rassurer ; la banque de France leur garantit d'échanger les dollars contre des francs.

Publicité dans la Dépèche

Mais heureusement pour eux, les Américains finissent par rentrer dans leur pays, tout au moins ceux qui ont survécu au conflit. Ils libèrent le camp des Fédérés qui est confié à la Croix-Rouge. Cet institution y installe un aérium, établissement de repos au grand air pour enfants et adolescents, pour des pupilles de la nation. Ce sera le premier établissement de santé qui occupera ce lieu avant la construction de l'hôpital Morvan dont la première pierre sera posée en 1937.

Origine du nom Fédérés

Le nom de la rue des Fédérés est le seul vestige de cette appellation qui remonte au début du XIXème siècle :

  • En 1780, sous le règne de Louis XVI, alors que la France s'engage aux cotés des insurgés américains dans la guerre d'indépendance, on décide de renforcer les remparts de Vauban afin de se protéger d'éventuelles attaques anglaises. C'est ainsi que la construction d'un ouvrage débute à la Carrière du Pape et deviendra le Fort des Fédérés. Mais lorsque la paix est signée et qu'en France se succèdent la Révolution et l'Empire seuls des retranchements de terre ont été construits.
  • En 1815, quand Napoléon reprend le pouvoir après son exil sur l'île d'Elbe, des jeunes habitants des villes se fédèrent pour soutenir l'Empire et s'opposer à la Monarchie. C'est le cas à Brest où le maire fournit au gouverneur militaire, les fédérés et les gardes nationaux afin de relever les ouvrages de la Carrière du Pape. Mais deux mois après la défaite de l'Empereur à Waterloo, bien que les travaux se soient poursuivis, « le zèle précédent s'est ralenti par les circonstances » écrit le maire au préfet.
  • En 1816, les fédérés doivent remettre les armes qu'ils détiennent encore. Mais l'esprit « fédéré » ne s’éteint pas et le commandant de la garde nationale affirme à leur sujet : «... c'est le refuge de tous les gens d'une opinion contraire au gouvernement, c'est leur point de ralliement, fédérés presque tous, tous jeunes, ardents, exaltés ... ils ont donné dans maintes circonstances des preuves non équivoques de leur attachement aux doctrines révolutionnaires et de leur haine pour la famille des Bourbons ...»

Cette participation des jeunes bourgeois de Brest à des travaux de terrassement frappa à ce point la population que l'ouvrage de la Carrière du Pape fut désormais désigné sous le nom de Fort des Fédérés. (D'après une étude par le dr A. Corre publiée dans l'annuaire de Brest de 1898, consultable aux Archives Municipales et Communautaires de Brest)

                                                               Place de la Liberté.JPG       Portail du quartier de Brest-Centre                                                                            
                                                               Embleme ponta.png       Portail du Pontanezen Duckboard                                                                            
Outils personnels