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Bénédicte Klène, plasticienne

Bénédicte Klene

Mon travail interroge la place de la peinture - et de l'art - dans l'espace sensible, physique et mental que nous occupons. Mes recherches m'amènent à jouer des formes organiques, des images élémentaires (air, eau, corps) et à créer des formes souvent simples ou primitives, porteuses de significations ou d'imaginaires dans lesquels le public aime à se perdre et se retrouver.

Peintures, sculptures ou installations, mes œuvres entretiennent depuis toujours une relation forte aux sons, aux mots, au langage et privilégient une approche physiquement sensible. Il m'est important de troubler ainsi la perception première que l'on peut avoir et de mettre en jeu, de mettre en doute l'évidence du sens, de l'interprétation.

En cherchant à installer mes toiles dans l'espace, mes œuvres se sont déplacées, abandonnant très vite l'espace pictural en deux dimensions, quittant les murs, investissant les angles, s'installant sur l'eau ou dans l'air, s'associant parfois avec la nature et le végétal. L'idée de flux (eau, air, sons, musique, danse) est récurrente dans mon travail.

Au départ de toute idée, il y a une toile et un châssis et le défi de les mettre en relief, en volume, et enfin en espace. L'armature cachée, ce dessin secret, se laisse parfois deviner. Donner la tension et la forme comme le moyen privilégié d'un voyage en peinture. Tendre à la limite de la rupture, à la limite de la sculpture !

Le fil de l'eau est la voie première de mon aventure : j'ai d'abord cherché mon expression et mon centre dans l'espace circulaire du tondo, cet omphalos, avec des toiles -hublots, aux couleurs de l'eau. Tondi aquatiques, groupes de pirogues, bancs d'animaux marins, chimériques ou fantastiques jouent de l'entre deux. Peinture ? Sculpture ? Mes pièces ont fini par se détacher du mur. Errances(s)...

Je me suis alors demandé si mes toiles, à l'image du dieu Protée de la mythologie, avaient enfin le pouvoir de prendre toutes les formes et d'ouvrir ainsi à toutes sortes de délires et d'interprétations. Je nommais mes œuvres «sans titre» pour mieux inviter les spectateurs à les nommer eux-mêmes par tous les noms de la création. Etonnamment, ce furent des noms d'animaux et de plantes qui revenaient le plus souvent, mots parfois étranges, ambigus, sarcastiques, simplement amusants, poétiques, non sans rapport avec la psychanalyse.

Plus tard, j'ai cultivé dans le « j(ART)din » secret de mon atelier des œuvres qui privilégiaient toujours un caractère sensible, double et ambigu, perturbant l'interprétation. D'étranges pousses se sont développées, multipliées et ont proliféré : plantes ou animaux fantastiques, troubles chimères issues de nos inconscients, de nos mythologies, de nos cultures hybrides. A ma manière, j'ai bouturé, greffé, cloné. Artiste ? chercheur ? apprenti - sorcier ? ou encore j(ART)dinier  ?

Dans mon nouvel atelier construit dans mon jardin en 2005 je suis revenue depuis quelques temps à une série d'œuvres à partir des croquis de mes carnets. Je leur donne une autre dimension, je les mets en espace. Il me semble que, ainsi, à ma manière je poursuis l'exploration de ces questions fondamentales, sans cesse renouvellées, que tissent dessin, dessein et peinture.

"L'arbre à palabres et pavois" de la Mairie de l'Europe

"L'arbre à palabres et pavois", installé sur le parvis de la salle des mariages depuis l'inauguration de la nouvelle mairie de l'Europe à Brest, au début de l'année 2008, est une intervention artistique singulière, qui s'appuie sur l'identité maritime de la ville. C'est aussi une œuvre participative et provocatrice de palabres.

L'œuvre est issue d'un projet basé sur l'échange, la discussion et la participation active et engagée des habitants et des représentants d'associations du quartier de l'Europe. Les palabres ont duré plusieurs semaines pour questionner la place du langage et des mots dans la cité (mot à prendre au sens politique que Platon entendait donner). Ce travail incitait à nous interroger sur notre langue et notre place, notre rôle et notre action en tant qu'individu dans un territoire donné et remodelé :

Traditionnellement, au fronton de toutes les maires, ont retrouve les trois grands principes de la République : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE. Mais aujourd'hui, à l'heure de l'Europe, y aurait-t-il d'autres mots à faire image et à s'imposer d'eux-mêmes à l'esprit des citoyens d'un monde en constante évolution, métissé, pluriculturel et fort de ses différences? Quels autres mots fédérateurs aimerions nous voir figurer dans la ville, et plus particulièrement dans l'espace ou aux alentours d'une nouvelle mairie de quartier ?

Mon projet consiste en une intervention artistique en deux parties qui dialoguent entre elles et se complètent l'une l'autre. Il s'agit de traduire deux messages à l'aide des pavillons- signaux du code maritime international, en réponse à la question précédemment soulevée :

  • Le premier message propose mon propre choix d'une citation d'André Breton, ( 1896-1966):

« LIBERTE, COULEUR D'HOMME »

  • Le deuxième message est composé des trois mots que les habitants du quartier ont choisi de faire figurer :

" FRATERNITE, TOLERANCE, SOLIDARITE". Enfin, au pied de l'arbre, le message des enfants de l'atelier d'arts plastiques de Pen Ar'Chleuz: "Brest, un ville de l'Europe; l'Europe, un quartier de Brest".

Bénédicte Klène

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