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Apprentissage à Pont de Buis

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Capucins

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Apprentissage à Pont de Buis

En raison des bombardements de la seconde guerre Mondiale, un centre d'apprentissage sera créé dans des baraques de la poudrerie de Pont de Buis, trois promotions y seront alors formées.

« En septembre 1943, la promotion se monte à 180 nouveaux qui entament la formule internat dans des conditions matérielles quelque peu précaires. Arrachés à leur famille les arpètes de cette première promotion s'entassent dans des baraques chaudes l'été et froides l'hiver. Ils couchent sur des châlits ou dans des hamacs. Le petit déjeuner se compose d'une eau chaude légèrement colorée et d'un morceau de pain de mauvaise qualité »14. C'était la promotion Kermarec, ingénieur de direction des travaux, chef de l'atelier électricité tué par un éclat d'obus en 1942. (COAT Paul, Les apprentis de l'arsenal de Brest, article de quatre pages, non daté

Je suis rentré aux apprentis en 1945, je n'ai pas passé d'examen, ils appelaient ça recrutement direct, parce que mon frère était mort pour la France. Donc j'ai rejoint le centre de Pont de Buis, la vie au centre du Pont de Buis, il y avait le haut et le bas du Pont de Buis, y avait Logodec et y avait Morduc en bas et nous avons été hébergés là dans des bâtiments en dur pour débuter mais on était dans des hamacs et là comme toute personne qui loge dans un hamac, il était très fréquent qu'on vous coupe, ce qu'on appelle les araignées (des cordelettes ) comme l'extinction des feux était toujours aux environs de vingt deux heures, on se retrouvait à passer la nuit par terre. Ce qui m'avait frappé également c'est que quand vous arrivez dans ces centres là, on vous faisait les fameuses piqûres où vous étiez alignés en oignon.

C'était un peu la rigueur de l'armée, tout le monde rejoignait ici les lavabos, les lavabos c'étaient bien sur des lavabos abreuvoirs, c'était simplement une rampe avec des robinets, et bon, la rigueur voulait que tout le monde se mette torse nu dans des bâtiments bien sûr non chauffés, pour faire sa toilette et exceptionnellement, une fois par semaine, nous allions aux douches à la poudrerie. Y avait un nombre d'appentis assez important.

Le Morduc c'était le bas du Pont de Buis. Et là donc, il y avait des bâtiments en dur où les cours, mathématiques, français se faisaient, il y avait aussi les réfectoires, vous aviez le droit même, moi j'avais quinze ans quand je suis arrivé, y avait un huitième de litre de vin, les troisièmes années avaient l'habitude le soir, c'était chacun son tour de boire le litre de vin, alors vous imaginez un peu, bien sûr, la remontée du Morduc à Logodec Les ateliers c'est un lieu dit qu'on appelait le Pont Neuf, y avait quand même une petite trotte à faire pour aller à la menuiserie, moi j'étais ajusteur mécanicien, donc j'étais dans l'angle, pas très loin, il y avait la tôlerie, parce que la poudrerie, fut un temps, a formé aussi son personnel. bien sûr, on ne pouvait pas rester tout le temps dans les camps, ce qui fait qu'on nous lâchait dans la nature, un moniteur et puis un groupe « bon allez quartier libre, maintenant, occupez vous » Le dimanche c'était jour de fête et puis, on allait donc à Châteaulin à pieds et puis on retournait en train, c'était toujours en groupe, donc, on nous conduisait en groupe à Châteaulin, et bien sûr ces fameux troisièmes années n'avaient qu'une adresse, c'était le café, ça fait que le retour était assez tumultueux. Nous c'était la promotion Devillemeux ; y avait le baptême de la promotion, je me rappelle très bien, sur le terrain de sport, tout le rituel.

A leur retour du centre du Pont de Buis, certains apprentis n'habitant pas Brest étaient alors hébergés au fort de Toulbroc'h.

Et je suis revenu sur Brest, donc en 46, 47 comme je n'étais pas de Brest, j'ai fait tous les jours, par camions de la marine, le trajet Brest-Toulbroch, donc, nous étions en haut sur le plateau, sur le casernement et il fallait mériter son hamac Le repas du soir à Toulbroch et le petit déjeuner aussi, et à l'heure de midi c'était à la Gueule d'Or, le restaurant de la Madeleine. Ça n'a été ouvert que pour nous, on avait notre cuisinier, on avait notre prisonnier allemand qui était là pour les travaux techniques J'étais là à Toulbroch, avec toutes les bêtises qu'on peut faire quand on est jeunes, la pêche aux crabes Le terrain n'était pas déminé, on trouvait des obus, comme les week end la garde était plus ou moins relâchée, il n'y avait qu'un moniteur, alors ma foi, on se promenait là dans les casemates, un peu partout. On tapait pour dessertir l'obus et puis on s'amusait après à récupérer la poudre et on mettait ça dans le tube d'aspirine pour faire des mini fusées après, il y avait encore des macabés quand je suis arrivé, alors on trouvait de tout, aussi bien, ça aurait pu être miné par les allemands pour que ça explose. On gambadait partout, on descendait de Toulbroch à la plage des surfeurs maintenant, le Minou... On était une trentaine, à peu près, enfin en semaine.

La meilleure source de personnel qualifié est le centre d'apprentissage où l'on forme les spécialistes des constructions navales. L'arsenal de Brest possède en ce moment 336 apprentis recrutés par concours. Autrefois, il n'y avait pas d'internat pour les apprentis de l'arsenal appartenant à des familles brestoises ou de la proche banlieue. Le repliement du centre d'apprentissage au Pont de Buis fit que le recrutement intéressa de nombreuses familles réparties dans le Finistère. Depuis la rentrée du centre à Brest, 70 à 80 apprentis bien que séparés des leurs ont tenu à y demeurer. C'est alors que la DCAN a installé à Toulbroch dans un fort désaffecté un internat où ces apprentis vivent dans d'excellentes conditions matérielles.

Ensuite cette même personne a été hébergée dans les baraques du Polygone Marine.

Au polygone de la marine, pratiquement où est le stand de tir. Il y avait donc de nombreuses baraques dont une réservée pour les jeunes apprentis. On était dans des baraques de Polygone marine, mais gardées bien sûr par un moniteur responsable, ici bien sûr on couchait quand même à douze par chambrée alors ce n'était pas évident Au Pont de Buis c'était quand même beaucoup plus rigoureux...Donc, moi j'ai fini mon apprentissage et nous allions à l'école dans les baraques qui étaient construites, vous rentrez à gauche du Carpon, à gauche là, vous montez, sur votre droite vous avez le bâtiment où j'étais comme apprenti en 48 et vous montez un tout p'tit peu, et presque sur le plateau là c'était couvert de baraques, y avait l'école préparatoire, y'avait l'école des apprentis, la cantine des chefs de travaux.


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