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Good Morning Brest !

Anne, co-auteur du spectacle
L'orchestre
Le vieux Jean raconte la présence américaine à sa petite Louise

Good Morning Brest ! est un spectacle son et lumière organisé par le centre socioculturel de Guilers, l’Agora, dans le cadre des commémorations du centenaire du débarquement américain à Brest en 1917. Troisième son et lumière organisé par le CS depuis Le fabuleux destin de Louise de Keroual en 2011, il a été mis en scène par Thomas Cloarec et Martina Filipova et a été représenté au Fort de Penfeld les 15, 16 et 17 juin 2017 – les deux dernières représentations ont été jouées à guichets fermés.

Good Morning Brest ! revient sur cette période très particulière de l’histoire de la ville, allant de 1917 à 1919, au cours de laquelle les Brestois ont cohabité avec les soldats américains. L’équipe d’auteurs bénévoles a pris le parti de raconter la « petite histoire » de la grande histoire : délaissant le principe des reconstitutions historiques, le spectacle évoque la présence américaine du point de vue des « petites gens » et met en avant comment cette rencontre de l’Amérique a bouleversé la ville et ses habitants, le tout étant narré par Jean, un vieux chauffeur de tramway qui, quelques années après les faits, raconte à sa petite-fille Louise cette période de cohabitation. Il s’agit donc d’une pièce de théâtre à part entière, où l’histoire ne sert « que » de fil rouge pour mettre en scène les destinées de personnages fortement typés – les costumes, réalisés par les couturières de l’Agora et les élèves du lycée Lesven (BTS Métiers de la Mode), furent les principaux « marqueurs » de l’époque où se déroulaient les faits, mais le souci de conformité à la vérité historique n’en a pas moins présidé à l’écriture du scénario, notamment grâce à la présence de Marcel Hervé dans l’équipe d’auteurs ; le principe du « son et lumière » fut préservé par l’interprétation, entre chaque acte, d’airs de jazz accompagnant la projection d’images d’archives.

Sommaire

Prologue

Alors que le vieux Jean, chauffeur de tramway de son état, nettoie sa rame, Louise, sa petite-fille, est bien surprise de découvrir un « chapeau de cow-boy » dans un tiroir de son grand-père : celui-ci lui explique que c’est en fait un chapeau militaire que lui avait offert un soldat américain dont il était devenu l’ami... La curiosité de la petite étant attisée, Jean commence à raconter l’histoire.

Acte 1 : L’arrivée des Américains

L'effervescence au bar du Gaz

L’accueil des premières troupes étatsuniennes à Brest fut enthousiaste : même si la ligne de front était éloignée, la ville n’en subissait pas moins au quotidien les conséquences de la guerre et l’arrivée des renforts fut source de joie pour une population moralement minée par un conflit qui n’en finissait pas.

Scène 1 : Le bar du Gaz

Une certaine effervescence règne dans le bar du Gaz : les pêcheurs ont aperçu les bateaux américains, l’arrivée des troupes U.S. est imminente, redonnant à ceux dont un proche est parti à la guerre l’espoir de voir le conflit prendre fin. Mais cette perspective ne réjouit qu’à moitié un marin qui jette un pavé dans la mare en déplorant que la France ne soit pas capable de gagner la guerre toute seule. Une bagarre manque d’éclater malgré l’intervention pacificatrice d’un prêtre mais, quand le petit Julien, un gamin débrouillard des rues de Brest, annonce que les bateaux américains entrent dans le port, tout le monde se rue pour assister au débarquement.

Scène 2 : Le débarquement

Amassés sur les quais, les Brestois guettent l'arrivée des bateaux américains

La foule s’est amassée sur les quais pour voir les Américains accoster et débarquer : les dimensions des navires impressionnent vivement les Brestois, certains se demandant même comment des bateaux aussi énormes peuvent tenir l’eau. Le marin continue à débiter son ressentiment, ce qui lui vaut d’être hué par les enfants dont il était encore le chouchou la veille. Quand les soldats américains débarquent, le délire s’empare de la foule, surtout chez les enfants.

Scène 3 : Le défilé

Les troupes américaines fraichement débarquées défilent dans les rues de Brest : certains Brestois s’étonnent de voir des noirs parmi les soldats, ce qui donne à une institutrice l’occasion d’expliquer aux enfants l’histoire des Afro-américains. Une marchande de quatre-saisons dit franchement qu’elle espère pouvoir compter sur la clientèle des Américains pour sauver son commerce qui périclite, ce qui ne va pas sans choquer un officier français qui invoque la primauté des intérêts de la nation.

Scène 4 : Le concert

Les troupes américaines défilent devant les Brestois

Pour fêter leur arrivée, les Américains organisent un concert de jazz auquel les Brestois sont conviés. L’officier de la scène précédente se révèle moins heureux de l’arrivée américaine qu’on n’aurait pu le croire : se confiant à son supérieur, le préfet maritime, il avoue regretter que la France ne soit plus capable de gagner une guerre sans l’aide des Américains, ce à quoi le préfet répond que l’Amérique ne fait que payer ce qu’elle doit à la France depuis La Fayette. Quand l’orchestre militaire commence à jouer, le petit Julien reconnaît que la partition interprétée en version « jazz » n’est autre que… La Marseillaise ! Le marin, fou de rage, s’élance vers la scène pour signifier sa réprobation à coups de poing, mais il est retenu et le concert se déroule sans incidents, à la grande joie du public qui découvre cette musique entraînante et se met à danser, oubliant tout à coup les misères liées à la guerre…

Acte 2 : La cohabitation

Les commérages vont bon train au Salvage Depot...
Les Américains font leur marché : le contact avec les marchands n'est pas toujours facile...
La Madeleine est bien étonnée d'entendre un soldat afro-américain parler un français parfait...

Après avoir accueilli les Américains avec enthousiasme, certains Brestois se sont mis à déchanter : la cohabitation se montre moins idyllique que prévu et, surtout, elle s’éternise, à la grande déception de ceux qui espéraient que l’arrivée des troupes étatsuniennes mettraient rapidement un terme à la guerre.

Scène 1 : Un mariage

Un soldat U.S. vient d’épouser une jeune française : Brestois et Américains fêtent la noce main dans la main. Certains soldats sont originaires d’États où la prohibition est déjà en vigueur et apprécient donc d’autant mieux les vins français : c’est à contrecœur qu’ils quittent cette ambiance enjouée pour regagner leur cantonnement. Côté français, une jeune fille semble pressée de partir elle aussi…

Scène 2 : Le Salvage Depot

Au Salvage Depot, des femmes de tous les âges mobilisent leurs doigts de fée pour faire les coutures dont les soldats américains ont besoin. Malgré les difficultés quotidiennes, une certaine gaité règne parmi ces femmes qui sont heureuses de gagner leur vie en temps de guerre : seule la petite Marie, la jeune fille qui a quitté la noce à la scène précédente, semble d’humeur mitigée, comme tiraillée. Les papotages vont bon train et ne s’interrompent que quand des américains viennent passer une nouvelle commande : l’un d’eux semble très intéressé par Marie, ce qui ne manque pas de faire jaser étant donné que la jeune fille a déjà un fiancé, français celui-là, pour le moment au front. Quand Emmett, un soldat noir, vient récupérer une commande, les couturières le taquinent gentiment, persuadées qu’il ne comprend pas un mot de français.

Scène 3 : Le base-ball

Les soldats se distraient en pratiquant un sport très populaire chez eux : les Brestois assistent à la partie aux côtés des Américains, sans trop comprendre les règles du jeu mais en appréciant ce qui reste une distraction bienvenue. Une vendeuse propose de la bière, les enfants suivent le match avec passion, mâchant de chewing-gum sous les yeux du curé qui se félicite de les voir s’occuper autrement qu’en jouant des tours pendables. Mais l’ambiance bon enfant est brièvement assombrie quand Emmett, qui vient de ramasser la balle, se fait rabrouer violemment par un soldat blanc. Une fois la partie terminée, un Brestois demande à un soldat si les noirs sont toujours maltraités à ce point en Amérique : mais le sammie, qui n’est autre que le soldat amoureux de la petite Marie ne répond pas, perdu dans une douce rêverie…

Scène 4 : Le marché

Les soldats viennent acheter des légumes : le contact avec les vendeurs se fait difficilement, le contact entre des soldats exclusivement anglophones et des paysans plus bretonnants que francophones n’étant pas des plus simples – quand un Américain dit à un marchand qu’il lui a mis assez de légumes (« enough »), le commerçant répond « non, moi, c’est Le Duff, Hénaff, c’est à côté » ! Une fois les soldats partis, les Français se retrouvent entre eux et commencent à déblatérer sur le compte des Américains, leur reprochant des exactions (avérées) et les accusant de la hausse des prix et de la guerre qui n’en finit pas. La Madeleine, une prostituée qui semble prospérer depuis l’arrivée des Américains, croit bon d’intervenir, rappelant à tous ces braves gens qu’ils profitent bien de la présence américaine : mal lui en prend, ils déchargent leur colère sur elle en lui jetant des légumes.

Scène 5 : La nuit

Un petit groupe de soldats américains, à la nuit tombée, sort d’un bar clandestin. À part Emmett le noir, ils sont tous saouls et brament des chansons, ce qui attire l’attention de Maurice le marin qui, visiblement éméché lui aussi, les accuse d’être responsables de la grippe espagnole, du mauvais temps et de tous les autres maux dont souffre la population. La bagarre est évitée grâce aux Brestois qui réfrènent l’ardeur du mataf. Reprenant le chemin de leur cantonnement, les soldats blancs, dans leur ivresse, bousculent leur camarade noir et font des avances à la Madeleine, qui passait par là, mais il n’est que temps de rentrer à la caserne. Une fois les soldats saouls partis, la prostituée vient aider à se relever Emmett qui, surprise, parle un français parfait ! Il explique qu’il est originaire de Louisiane, plus précisément d’un bled où tout le monde ne parle que le français. Le descendant d’esclave et la prostituée, tous deux parias de la société, sympathisent et font un bout de chemin ensemble.

Acte 3 : Le départ

Les lavandières sont sur le 31 pour ne pas décevoir le photographe américain.
Face à son soupirant américain, la petite Marie est tiraillée : partira ? Partira pas ?
Une bourgeoisie indigne se moque de la Madeleine : elle a tort...

Après l’armistice, le départ des Américains a pris un an : les troupes U.S. laissèrent derrière eux une ville profondément bouleversée, aussi bien dans le paysage que dans les mentalités des gens du cru. Malgré l’euphorie liée à la fin de la guerre, un certain trouble s’empare de la population, consciente que plus rien ne sera jamais comme avant.

Scène 1 : Les lavandières

Le Salvage Depot a fermé, mais la guerre est finie et les femmes ne cachent pas leur soulagement : ce jour-là, elles ont mis un point d’honneur à être pimpantes en vue de la visite au lavoir d’un photographe américain. Les sourires sont de mise, sauf pour la petite Marie qui est tiraillée : son fiancé français est revenu du front, vivant mais durement marqué par ce qu’il a enduré sur le front, et son soupirant américain, qui est sur le départ, lui propose de le suivre aux États-Unis. Que va-t-elle décider ?

Scène 2 : Le YMCA

Les enfants sortent du cinéma, encore excités par le western qu’ils viennent de voir, mais la petite bande de Julien semble moins soudée qu’autrefois ; celui-ci croise le soupirant américain de Marie qui lui confirme son départ. Le petit garçon parti, Marie passe à son tour et la jeune fille fait part à son soldat bien-aimé de son tiraillement moral : l’Américain lui demande de lui laisser un espoir…

Scène 3 : L’émigration

Les soldats américains se réjouissent : ils ont obtenu le précieux papier leur permettant de rentrant chez eux. La Madeleine, désormais habillée comme une grande dame, a elle aussi obtenu ce document : elle se fait chambrer par une bourgeoise indigne qui lui rappelle que quoi qu’elle fasse, elle ne sera jamais de la haute société, ce à quoi la prostituée rétorque que tout le monde sait que son interlocutrice couchait avec les officiers américains et qu’elle ne vaut donc guère mieux ; elle enfonce le clou en lui signifiant qu’elle va émigrer et tirer un trait sur son passé tandis que la bourgeoise devra rester au pays avec sa honte. Mais une fois la bourgeoise partie, deux soldats américains interpellent la Madeleine en l’appelant « belle de nuit », comme pour rappeler qu’on ne se débarrasse jamais complètement de son passé.

Scène 4 : Le départ

Les soldats américains embarquent. Le petit Julien semble un peu déprimé, regrette déjà tout ce qu’ils ont apporté à Brest. Il se confie au curé et avoue que sa vie de gamin des rues ne l’amuse plus : le prêtre se propose de le prendre sous son aile. La petite Marie, elle, agite un mouchoir à l’attention de son soupirant américain, lui signifiant que si elle reste au pays, tout n’est peut-être pas dit… Les Brestois s’amassent sur le quai pour assister au départ du bateau américain : certains tentent de se rassurer, se disant que tout va redevenir comme avant, mais la plupart sait pertinemment que le retour en arrière est impossible, la guerre et la présence américaine ayant laissé des traces qui seront de toute évidence indélébiles. Une dispute manque d’éclater mais quand la bistrotière du bar du gaz annonce une tournée générale, tout le monde se réconcilie.

Épilogue

La petite Louise demande à son grand-père ce qu’est une tournée générale ; après le lui avoir expliqué, le vieux Jean ajoute qu’il en a offert une lui aussi, le même jour, pour fêter la naissance de sa petite-fille : celle-ci tombe dans les bras de son grand-père… Arrive alors un autre chauffeur de tram, plus jeune que Jean ; celui-ci rappelle à son jeune collègue ses frasques d’enfant et révèle son prénom : Julien…

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