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Alimentation en eau potable, en 1928 sur Saint-Pierre

Aussi loin que l'on puisse remonter dans le temps, Saint-Pierre n'a jamais connu de réel souci d'approvisionnement en eau ; il y avait suffisamment de fontaines et puits publics pour alimenter la population. Le problème tenait plus à la qualité de l'eau, qui était extrêmement médiocre.


Sommaire

Épidémies

Entre 1869 et 1903, sévirent des épidémies de variole, choléra et typhoïde. Par exemple, en 1883, le choléra fit 454 victimes au lieu des 300 environ, comptabilisées les années précédentes. Les eaux de Prat-Lédan et des Quatre-Moulins étaient contaminées. En cause, la pratique suivie par les propriétaires d'habitations, habitués à creuser des trous dans leur jardin, pour y enfouir ordures ménagères et déjections. Les fumiers ainsi constitués étaient ensuite répandus sur le sol des jardins et les trous vite comblés. Le service d'hygiène était dans l'impossibilité d'agir pour supprimer ces pratiques. Pour protéger la population (environ 6 000 habitants dans les années 1930) et lui offrir une eau saine et de bonne qualité, il devenait urgent de créer un vrai réseau d'alimentation en eau potable. Cela fut décidé lors d'une séance du conseil municipal, en 1928.

Analyses chimiques et bactériologiques favorables

Une nappe phréatique abondante existait sous le territoire communal. Des recherches géologiques permirent de découvrir 6 sources, dans le secteur du Fort Montbarey. Le débit n'était pas très élevé, mais leur pérennité semblait assurée, ainsi que leur qualité. L'eau convenait parfaitement pour l'usage alimentaire et domestique.

Un des deux châteaux d'eau construits à Kerourien en 1930

La mise en place d'un service public

Pour qu'il soit moderne, cela nécessitait un minimum de 100 litres par jour et par habitant. Le projet porté par la municipalité de Saint-Pierre, comportait pas moins de 6 parties techniques : le captage, le réservoir d'adduction, l'usine de traitement, les châteaux d'eau, la distribution, et enfin l'exploitation du réseau.

Le captage ne posait aucun problème. Il concernait les sources, la nappe souterraine et les nombreux filets d'eau alentours. Des drains longs de 1 200 mètres furent encastrés dans la roche massive. Le réservoir d'adduction en béton armé et d'une capacité de 500 m³ quotidiens, était prévu pour une durée de pompage limitée à 8 heures. Un seul homme était nécessaire pour le fonctionnement des machines, et cela permettait d'économiser les ressources financières de la commune.

Des ingénieurs avaient décidé de construire l'usine élévatoire et de refoulement à proximité du réservoir d'adduction. Un moteur de 40 ch, 2 pompes centrifuges, 2 moteurs électriques autonomes, capables d'élever 750 m³ en 8 heures, équipaient le bâtiment. Quant aux 2 réservoirs de distribution (châteaux d'eau), ils furent placés sur un des points les plus élévés de la région. La capacité était de 500m3 chacun, et pour assurer l'alimentation en eau des foyers, ils comportaient 4 conduites principales, auxquelles venaient se greffer des branchements secondaires, voire tertiaires. Laninon, le Stiff, la Grande-Rivière, la Porte du Conquet, les rues Alsace-Lorraine, de l'Yser, Docteur Gestin, Kerangoff, Kerzudal, Pen-Ar-Valy, furent ainsi alimentés.

Exploitation du réseau et coût du projet

La commune de Saint-Pierre devait exploiter elle-même ses installations. Un architecte voyer[1] en assurait la surveillance, assisté d'un mécanicien-fontainier, qui pouvait être recruté parmi les retraités de la Marine. Le coût total du projet (2 millions 150 000 francs en 1927), mettant à mal le budget communal, le Conseil Municipal demanda à l'autorité préfectorale, des subventions sur les fonds du "produit des jeux". Il autorisa aussi le maire à entrer en pourparlers, afin d'obtenir cette somme par voie d'emprunt, d'une durée de 40 à 50 ans. L'histoire ne dit pas si cette tâche fût plus aisée à l'époque, que maintenant...

  1. Personne chargée de l'urbanisme et des chemins municipaux.

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