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Balade Histoire et patrimoine des Quatre Moulins et de Kerbonne : Différence entre versions

(Cartographie : Carte)
(Place du Marché ( Avenue du Polygone) : Ponctuation)
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Le 27 avril 2019, Françoise Le Coadou et Claude Péron, membres du CCQ des Quatre Moulins ont accueilli 110 curieux de patrimoine et d'histoire.
 
Le 27 avril 2019, Françoise Le Coadou et Claude Péron, membres du CCQ des Quatre Moulins ont accueilli 110 curieux de patrimoine et d'histoire.
  
Pendant un peu moins de deux heures, ils leur ont fait partager, tout au long d'un parcours en 9 étapes, le fruit de leurs recherches sur la construction du quartier, à partir de la fin du XVIIIe siècle, en particulier, mais aussi sur les premiers habitants à la période de la Préhistoire.
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Pendant un peu moins de deux heures, ils leur ont fait partager, tout au long d'un parcours en 9 étapes, le fruit de leurs recherches sur la construction du quartier, à partir de la fin du XVIII<sup>ème</sup> siècle, en particulier, mais aussi sur les premiers habitants à la période de la Préhistoire.
  
 
Ils étaient accompagnés de Mathieu Lavie, chargé de développement à la Mairie de quartier, Marcel Gourvil et Loïk Saliou pour la sécurité. Parmi les participants, deux historiens nous ont fait l'honneur de leur présence, Albert Laot et Gérard Cissé, qui ont pu, à certains moments, faire partager au groupe leur grande connaissance du quartier.
 
Ils étaient accompagnés de Mathieu Lavie, chargé de développement à la Mairie de quartier, Marcel Gourvil et Loïk Saliou pour la sécurité. Parmi les participants, deux historiens nous ont fait l'honneur de leur présence, Albert Laot et Gérard Cissé, qui ont pu, à certains moments, faire partager au groupe leur grande connaissance du quartier.
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== Place du Marché ( Avenue du Polygone) ==
 
== Place du Marché ( Avenue du Polygone) ==
  
Le quartier des Quatre Moulins s'est construit dans la deuxième moitié du XIXe siècle le long la route ou rue de Brest, (au  XXe siècle, rue Jean Jaurès et après 1946, rue Anatole France), du Grand Turc à Castel an Daol. Le Grand Turc est une côte située entre Prat Lédan (Large pré, prairie) et les Quatre Moulins, probablement du nom d'une auberge (mal famée) autrefois située à gauche en montant.
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Le quartier des Quatre Moulins s'est construit dans la deuxième moitié du XIX<sup>ème</sup> siècle le long la route ou rue de Brest, (au  XX<sup>ème</sup> siècle, rue Jean Jaurès et après 1946, rue Anatole France), du Grand Turc à Castel an Daol. Le Grand Turc est une côte située entre Prat Lédan (Large pré, prairie) et les Quatre Moulins, probablement du nom d'une auberge (mal famée) autrefois située à gauche en montant.
  
 
De 30 habitants en 1841 à plus de 3000 en 1891, il est devenu en 1881 le bourg le plus important de la commune de Saint-Pierre-Quilbignon (au recensement de 1881, il est noté comme l'agglomération la plus importante de Saint-Pierre-Quilbignon. AD 29).
 
De 30 habitants en 1841 à plus de 3000 en 1891, il est devenu en 1881 le bourg le plus important de la commune de Saint-Pierre-Quilbignon (au recensement de 1881, il est noté comme l'agglomération la plus importante de Saint-Pierre-Quilbignon. AD 29).
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La seule trace de cette époque est la borne de granit gravée d'une ancre de marine qui se trouve à l'entrée de l'avenue (une deuxième se trouve au pied d'un escalier au nord, avenue du Polygone). Elles marquaient les angles de ce terrain militaire.
 
La seule trace de cette époque est la borne de granit gravée d'une ancre de marine qui se trouve à l'entrée de l'avenue (une deuxième se trouve au pied d'un escalier au nord, avenue du Polygone). Elles marquaient les angles de ce terrain militaire.
  
Disparus à la fin du XIXème siècle, leurs ailes tournaient au profit du service des subsistances de la Marine qui y faisait moudre son blé pour alimenter en farine, pour les biscuits de mer, les fours de la boulangerie située sur les quais côté Recouvrance (quai Jean Bart). Dans les recensements de population, on trouve mention de meuniers aux vivres, boulangers aux vivres, … habitant le quartier.
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Disparus à la fin du XIX<sup>ème</sup> siècle, leurs ailes tournaient au profit du service des subsistances de la Marine qui y faisait moudre son blé pour alimenter en farine, pour les biscuits de mer, les fours de la boulangerie située sur les quais côté Recouvrance (quai Jean Bart). Dans les recensements de population, on trouve mention de meuniers aux vivres, boulangers aux vivres, … habitant le quartier.
  
 
La commune de Saint-Pierre-Quilbignon devait entretenir continuellement la rue qui y menait, vu le nombre de voitures (1825). Elle fait appel à la Marine pour entretenir ce chemin « au besoin par les moyens des galériens » (les bagnards).
 
La commune de Saint-Pierre-Quilbignon devait entretenir continuellement la rue qui y menait, vu le nombre de voitures (1825). Elle fait appel à la Marine pour entretenir ce chemin « au besoin par les moyens des galériens » (les bagnards).
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== Pont sur l'ancienne ligne de tram du Conquet (petit train) ==
 
== Pont sur l'ancienne ligne de tram du Conquet (petit train) ==
 
   
 
   
Trémilliau est probablement une paroisse ancienne ; deux fermes portent ce nom sur le cadastre de 1830. Le toponyme provient du prénom Miliau ou Milio qu'on retrouve dans Guimiliau, Ploumiliau, Trémiliau. Les sources de Trémiliau, au débit important, alimentent le quartier de Recouvrance et l'arsenal.
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Trémilliau est probablement une paroisse ancienne ; deux fermes portent ce nom sur le cadastre de 1830. Le toponyme provient du prénom Miliau ou Milio qu'on retrouve dans Guimiliau, Ploumiliau, Trémiliau. Les sources de Trémiliau, au débit important, alimentent le quartier de Recouvrance et l'arsenal.
  
 
C'est aussi le lieu de résidence de Guillaume Seznec et de sa famille de 1911 ou 1912 à 1918, dans une activité de blanchisserie pour la Marine. Un fils, Albert, naît le 31 octobre 1914.
 
C'est aussi le lieu de résidence de Guillaume Seznec et de sa famille de 1911 ou 1912 à 1918, dans une activité de blanchisserie pour la Marine. Un fils, Albert, naît le 31 octobre 1914.
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=== A Nantes, on parle d'un « Rat goutteux », Cours des 50 otages... ===
 
=== A Nantes, on parle d'un « Rat goutteux », Cours des 50 otages... ===
  
« Il faut lever les yeux vers le haut du bâtiment pour découvrir deux enseignes en fer forgé. Elles représentent un rat goutteux. Créée par M. Chabas, marchand drapier, cette enseigne parlante remonte à 1798. Il s'agit d'un rat appuyé sur une béquille et qui pousse une charrette contenant des rouleaux de draps. Sur des cartes postales du début du XXe, on pouvait encore lire l'inscription « Au Rat goutteux » sur le bâtiment, qui appartient aujourd'hui à une banque. »
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« Il faut lever les yeux vers le haut du bâtiment pour découvrir deux enseignes en fer forgé. Elles représentent un rat goutteux. Créée par M. Chabas, marchand drapier, cette enseigne parlante remonte à 1798. Il s'agit d'un rat appuyé sur une béquille et qui pousse une charrette contenant des rouleaux de draps. Sur des cartes postales du début du XX<sup>ème</sup>, on pouvait encore lire l'inscription « Au Rat goutteux » sur le bâtiment, qui appartient aujourd'hui à une banque. »
  
 
=== Jules Verne se serait inspiré de ce rat goutteux ? ===
 
=== Jules Verne se serait inspiré de ce rat goutteux ? ===
  
 
« En janvier 1891, Jules Verne écrit Les aventures de la famille Raton, un conte de fées, avec des rats, qui lui permettent de philosopher sur les faiblesses de la vanité humaine. On y lit un passage sur le dénommé « Raton et les siens [...] « Seulement, Raton était devenu goutteux et marchait avec une béquille lorsque la goutte ne le retenait pas dans son grand fauteuil ». C'est Luce Courville, l'ancienne bibliothécaire de Nantes et spécialiste de Jules Verne qui a levé le lièvre. Dans sa jeunesse (Jules Verne né en 1828 a vécu à Nantes jusqu'en 1848), il connaissait évidemment cette boutique. »  
 
« En janvier 1891, Jules Verne écrit Les aventures de la famille Raton, un conte de fées, avec des rats, qui lui permettent de philosopher sur les faiblesses de la vanité humaine. On y lit un passage sur le dénommé « Raton et les siens [...] « Seulement, Raton était devenu goutteux et marchait avec une béquille lorsque la goutte ne le retenait pas dans son grand fauteuil ». C'est Luce Courville, l'ancienne bibliothécaire de Nantes et spécialiste de Jules Verne qui a levé le lièvre. Dans sa jeunesse (Jules Verne né en 1828 a vécu à Nantes jusqu'en 1848), il connaissait évidemment cette boutique. »  
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Source: https://nantes.maville.com/actu/actudet_-Du-rat-goutteux-au-roi-des-rats-_loc-690473_actu.Htm
 
Source: https://nantes.maville.com/actu/actudet_-Du-rat-goutteux-au-roi-des-rats-_loc-690473_actu.Htm
  
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Chez nous, l'enseigne de cet établissement était un tableau représentant un rat, debout sur ses pattes arrières, s'appuyant sur une béquille. Il avait le nez rouge et des gouttes lui en coulaient. Ce tableau était accompagné du texte : « MaLGRÉ LES ENVIEUX ,VIVERa LE RaT GOUTTEUX »
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Chez nous, l'enseigne de cet établissement était un tableau représentant un rat, debout sur ses pattes arrières, s'appuyant sur une béquille. Il avait le nez rouge et des gouttes lui en coulaient. Ce tableau était accompagné du texte : « MaLGRÉ LES ENVIEUX, VIVERa LE RaT GOUTTEUX ».
Pierre Péron, célèbre artiste Brestois en a exécuté un tableau qui se trouve de nos jours aux Archives Municipales(offert à la Ville par une famille qui le possédait)
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Pierre Péron, célèbre artiste Brestois en a exécuté un tableau qui se trouve de nos jours aux Archives Municipales (offert à la Ville par une famille qui le possédait).
  
 
Des personnages connus figurent sur la fresque : Miossec, Jacky Bouilliol (Goristes), Jeannette Bouilliol, Pierre Péron, Jacques Prévert, …
 
Des personnages connus figurent sur la fresque : Miossec, Jacky Bouilliol (Goristes), Jeannette Bouilliol, Pierre Péron, Jacques Prévert, …
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Ce dernier était lié à Brest pour avoir participé au film Remorques de Jean Grémillon et écrit le poème Barbara.
 
Ce dernier était lié à Brest pour avoir participé au film Remorques de Jean Grémillon et écrit le poème Barbara.
  
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L'école des Quatre-Moulins  a été construite entre 1884 et 1890 et agrandie en 1936. Le Maire de l'époque, le Docteur Robert Tindal Cyrille Gestin, le 1er Maire républicain de Saint-Pierre-Quilbignon, de 1881-1888, a donné son nom à la rue qui descend vers Kerbonne.
 
L'école des Quatre-Moulins  a été construite entre 1884 et 1890 et agrandie en 1936. Le Maire de l'époque, le Docteur Robert Tindal Cyrille Gestin, le 1er Maire républicain de Saint-Pierre-Quilbignon, de 1881-1888, a donné son nom à la rue qui descend vers Kerbonne.
  
Cette station est aussi l'occasion d'évoquer des toponymes bretons ou disparus relevés dans le secteur au cadastre de 1830 :
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Cette station est aussi l'occasion d'évoquer des toponymes bretons ou disparus relevés dans le secteur au cadastre de 1830 :
  
* Castel an Daol Château de la table. Probablement, mégalithe, dolmen ou tumulus
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* Castel an Daol Château de la table. Probablement, mégalithe, dolmen ou tumulus.
  
* Pierre du Coq Menhir ou autre mégalithe faisant pendant à Castel an Daol au sud, pas loin de Bel-Air (lieu consacré à Belenos, dieu gaulois) à l'ouest de la médiathèque Menhir indicateur de dolmen ou de source (culte de l'eau, peuplement ancien plus de 5000 ans)
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* Pierre du Coq Menhir ou autre mégalithe faisant pendant à Castel an Daol au sud, pas loin de Bel-Air (lieu consacré à Belenos, dieu gaulois) à l'ouest de la médiathèque Menhir indicateur de dolmen ou de source (culte de l'eau, peuplement ancien plus de 5000 ans).
  
 
* Kerastel et Kerastel Bihan Ferme du Château ou manoir (Kastell) ou encore ruines, murs de fortifications.
 
* Kerastel et Kerastel Bihan Ferme du Château ou manoir (Kastell) ou encore ruines, murs de fortifications.
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Près de la rue Claude Forbin, deux propriétaires ont peint leur portails en rouge pour évoquer cette porte aujourd'hui disparue. Comme le Pilier Rouge ou la Croix Rouge (Lambé), la porte rouge est une des limites à ne pas franchir par les militaires de la garnison brestoise lors de leurs sorties pendant les permissions, l'espace autorisé se situant entre les remparts et les « bornes » rouges.
 
Près de la rue Claude Forbin, deux propriétaires ont peint leur portails en rouge pour évoquer cette porte aujourd'hui disparue. Comme le Pilier Rouge ou la Croix Rouge (Lambé), la porte rouge est une des limites à ne pas franchir par les militaires de la garnison brestoise lors de leurs sorties pendant les permissions, l'espace autorisé se situant entre les remparts et les « bornes » rouges.
  
Un lavoir est encore en état à Kerraros (ker ar roz, ferme en haut de la colline ou hameau du côteau) entre le Petit Paris et la Grande Rivière, où l'on retrouve un second. Nombreux autrefois, c'était le lieu de travail de nombreuses blanchisseuses professionnelles qui étaient employées ou des femmes qui lavaient le linge de leur famille.
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Un lavoir est encore en état à Kerraros (ker ar roz, ferme en haut de la colline ou hameau du côteau) entre le Petit Paris et la Grande Rivière, où l'on retrouve un second. Nombreux autrefois, c'était le lieu de travail de nombreuses blanchisseuses professionnelles qui étaient employées ou des femmes qui lavaient le linge de leur famille.
  
 
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Le jardin a été réalisé au début des années 80 grâce à la ténacité des riverains. Auparavant ce terrain vague appelé « la petite montagne » servait de terrain de jeux et de sport, mais il tournait à la friche.
 
Le jardin a été réalisé au début des années 80 grâce à la ténacité des riverains. Auparavant ce terrain vague appelé « la petite montagne » servait de terrain de jeux et de sport, mais il tournait à la friche.
  
Il abrite quelques arbres remarquables : un cyprès de l'Arizona,un bel eucalyptus, un séquoia géant et un pin du Parana (Araucaria angustifolia). Ce dernier est très rare en Europe et en danger d'extinction dans son continent d'origine. On ignore comment il est arrivé là. Ses caractéristiques originales lui ont valu le titre de « merveille de Kerbonne » (source Sillage Janvier 2011). Il est planté à l'ouest du jardin, sous l'aire de jeux.
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Il abrite quelques arbres remarquables : un cyprès de l'Arizona, un bel eucalyptus, un séquoia géant et un pin du Parana (Araucaria angustifolia). Ce dernier est très rare en Europe et en danger d'extinction dans son continent d'origine. On ignore comment il est arrivé là. Ses caractéristiques originales lui ont valu le titre de « merveille de Kerbonne » (source Sillage Janvier 2011). Il est planté à l'ouest du jardin, sous l'aire de jeux.
  
 
On peut admirer les nombreuses variétés de cistes dans la pente au sud, mais aussi des camélias et rhododendrons dans ce jardin fleuri toute l'année.
 
On peut admirer les nombreuses variétés de cistes dans la pente au sud, mais aussi des camélias et rhododendrons dans ce jardin fleuri toute l'année.
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=== La Maison de l'Espion ===
 
=== La Maison de l'Espion ===
  
Cette petite maison encore debout sur la falaise près du Stiff au début du XXe siècle, se situerait donc au bas à gauche du jardin de Kerbonne, au-dessus de la rue de la Corniche.
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Cette petite maison encore debout sur la falaise près du Stiff au début du XX<sup>ème</sup> siècle, se situerait donc au bas à gauche du jardin de Kerbonne, au-dessus de la rue de la Corniche.
  
 
Dans cette maison isolée, bâtie sur les hauteurs de Laninon, demeurait en 1707 un certain Jouslain, marchand chamoiseur ou corroyeur – ouvrier travaillant les cuirs et les peaux –, et sa compagne Perrine Blanchard.
 
Dans cette maison isolée, bâtie sur les hauteurs de Laninon, demeurait en 1707 un certain Jouslain, marchand chamoiseur ou corroyeur – ouvrier travaillant les cuirs et les peaux –, et sa compagne Perrine Blanchard.
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=== Le Stiff, source jaillissante===  
 
=== Le Stiff, source jaillissante===  
 
   
 
   
Le petit hameau, ou plus probablement la ferme implantée auprès de ce filet d'eau rapide, prend le nom de Stiff. Les fortifications bastionnées, les ouvrages extérieurs qui s'étendaient du Grand Turc à Kerguillerm Nevez, établis à la fin du XVIIIe siècle étaient appelées « les lunettes du Stiff».
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Le petit hameau, ou plus probablement la ferme implantée auprès de ce filet d'eau rapide, prend le nom de Stiff. Les fortifications bastionnées, les ouvrages extérieurs qui s'étendaient du Grand Turc à Kerguillerm Nevez, établis à la fin du XVIII<sup>ème</sup> siècle étaient appelées « les lunettes du Stiff».
  
 
== Ruine (mur) de l'ancienne corderie de Kerros (église provisoire) ==
 
== Ruine (mur) de l'ancienne corderie de Kerros (église provisoire) ==
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Principales dates de la chronologie des de Kerros qui ont compté des personnalités importantes pour la ville de Brest :
 
Principales dates de la chronologie des de Kerros qui ont compté des personnalités importantes pour la ville de Brest :
* XVe siècle : Natifs de Portsall (Ploudalmézeau), les Kerros sont maîtres de barques et marchands basés à Argenton (Porspoder) et commercent avec l'Angleterre.
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* XV<sup>ème</sup> siècle : Natifs de Portsall (Ploudalmézeau), les Kerros sont maîtres de barques et marchands basés à Argenton (Porspoder) et commercent avec l'Angleterre.
* Vers 1750 : ils s'installent à Recouvrance
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* Vers 1750 : ils s'installent à Recouvrance
 
* François Marie de Kerros (1747-1779) négociant, est échevin et administrateur de l'hôpital.
 
* François Marie de Kerros (1747-1779) négociant, est échevin et administrateur de l'hôpital.
* 1778 : naissance de Joseph Marie Kerros, maire de Brest en 1821 (premier de la famille) Joseph Kerros, négociant en bois, demeure au 38 rue Neuve et épouse le 10 pluviose an XII (31 janvier 1804) Bonne Désirée Quéméneur qui n'a que 17 ans ; lui en a 26. Elle lui donnera 16 enfants. Il est nommé maire en 1821, démis en 1823 (suite à l'affaire des Suisses). Il sera à nouveau nommé maire de 1830 à 1832. Ce sera un maire entreprenant : création de la caisse d'épargne, ouverture de la porte St-Louis, agrandissement du cimetière, comblement du trou de terre qui deviendra le square de la tour d'Auvergne.
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* 1778 : naissance de Joseph Marie Kerros, maire de Brest en 1821 (premier de la famille). Joseph Kerros, négociant en bois, demeure au 38 rue Neuve et épouse le 10 pluviose an XII (31 janvier 1804) Bonne Désirée Quéméneur qui n'a que 17 ans ; lui en a 26. Elle lui donnera 16 enfants. Il est nommé maire en 1821, démis en 1823 (suite à l'affaire des Suisses). Il sera à nouveau nommé maire de 1830 à 1832. Ce sera un maire entreprenant : création de la caisse d'épargne, ouverture de la porte St-Louis, agrandissement du cimetière, comblement du trou de terre qui deviendra le square de la Tour d'Auvergne.
* Joseph Marie Kerros, fils, (1807-1875) nommé maire par décret impérial en Août 1865, juste après Hyacinthe Martin Bizet. Il le restera jusqu'en août 1870. C'est au cours de son mandat que la porte du Conquet est transformée (les douves sont comblées,une 2ème arche ouverte) que sont construites les halles St Martin. Il tente de faire de Brest un port transatlantique,en 1867 la traversée New York-Brest sur le plus gros paquebot de l'époque, le Great Eastern est un échec financier.
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* Joseph Marie Kerros, fils, (1807-1875) nommé maire par décret impérial en août 1865, juste après Hyacinthe Martin Bizet. Il le restera jusqu'en août 1870. C'est au cours de son mandat que la porte du Conquet est transformée (les douves sont comblées, une 2<sup>ème</sup> arche ouverte) que sont construites les halles St Martin. Il tente de faire de Brest un port transatlantique, en 1867 la traversée New York-Brest sur le plus gros paquebot de l'époque, le Great Eastern est un échec financier.
 
* 1829-1830 : construction de la maison de campagne à Kerguillerm. Par affection pour son épouse dont le prénom est aussi grandement justifié, il donnera à sa propriété son nom en créant le terme : Ker / Bonne. L'orthographe « Kerbonn » indiquée sur les panneaux bilingues actuels est une erreur sémantique.
 
* 1829-1830 : construction de la maison de campagne à Kerguillerm. Par affection pour son épouse dont le prénom est aussi grandement justifié, il donnera à sa propriété son nom en créant le terme : Ker / Bonne. L'orthographe « Kerbonn » indiquée sur les panneaux bilingues actuels est une erreur sémantique.
* 1841 : les Kerros sont annoblis. Les de Kerros récupèrent le droit de porter la particule (perdue lors d'une erreur sur l'acte de naissance de Pierre-Nicolas en 1719).
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* 1841 : les Kerros sont annoblis. Les de Kerros récupèrent le droit de porter la particule (perdue lors d'une erreur sur l'acte de naissance de Pierre-Nicolas en 1719).
 
* Barthélémy de Kerros né en 1852, petit fils de Joseph. En 1890, il fait édifier le manoir actuel à la place de la maison de campagne qui est rasée. La famille avait établi le long de la propriété une corderie (connue sous le nom de  Kerros-Bastit), incendiée en 1880. Cette propriété qui est toujours habitée, n'appartient plus aujourd'hui à cette lignée familiale.
 
* Barthélémy de Kerros né en 1852, petit fils de Joseph. En 1890, il fait édifier le manoir actuel à la place de la maison de campagne qui est rasée. La famille avait établi le long de la propriété une corderie (connue sous le nom de  Kerros-Bastit), incendiée en 1880. Cette propriété qui est toujours habitée, n'appartient plus aujourd'hui à cette lignée familiale.
 
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== Histoire de l'église ND de Kerbonne ==
 
== Histoire de l'église ND de Kerbonne ==
 
   
 
   
En 1898, après le décès de deux de ses fils, Barthélémy offre d'installer une chapelle dans un ancien magasin de la corderie. Ce sera Notre Dame du Sacré Coeur. Son clocheton accueille la Jean Françoise, cloche de 200 kg, qui était jusque là à St Pierre. La loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat facilitant les choses, le 26 Juin 1907, Kerbonne devient paroisse. Il est alors décidé de construire une nouvelle église, elle sera élevée au milieu des champs, sur des terrains donnés par Mr de Kerros . Lequel offre à la commune le sol de la rue qui devra s' appeler : avenue de Kerbonne, qui sera  pavée en 1911.
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En 1898, après le décès de deux de ses fils, Barthélémy offre d'installer une chapelle dans un ancien magasin de la corderie. Ce sera Notre Dame du Sacré Coeur. Son clocheton accueille la "Jean Françoise", cloche de 200 kg, qui était jusque là à St Pierre. La loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat facilitant les choses, le 26 Juin 1907, Kerbonne devient paroisse. Il est alors décidé de construire une nouvelle église, elle sera élevée au milieu des champs, sur des terrains donnés par Mr de Kerros. Lequel offre à la commune le sol de la rue qui devra s'appeler : avenue de Kerbonne, qui sera  pavée en 1911.
  
 
* 1909 : première pierre de la nouvelle église
 
* 1909 : première pierre de la nouvelle église
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* 1923 : fin du chantier de l'église.
 
* 1923 : fin du chantier de l'église.
  
Faute d'argent, il ne sera malheureusement jamais terminé. Son clocher qui a pourtant été prévu ne sera pas construit.
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Faute d'argent, il ne sera malheureusement jamais terminé. Son clocher qui a pourtant été prévu ne sera pas construit. Une tour en bois (campanile) sur le côté de l'édifice fait toujours depuis fonction de clocher. Outre le quartier, l'avenue, l'église et la paroisse il y a, en plus, de nos jours, le club sportif et l'école qui pérennisent ce nom.
Une tour en bois (campanile) sur le côté de l'édifice fait toujours depuis fonction de clocher. Outre le quartier, l'avenue, l'église et la paroisse il y a, en plus, de nos jours, le club sportif et l'école qui pérennisent ce nom.
 
  
En 1903, le patronage de l'étoile Kerbonnaise est fondé par l'abbé Mesguen sur des terrains de Kerros.
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En 1903, le patronage de l'étoile Kerbonnaise est fondé par l'abbé Mesguen sur des terrains de Kerros.
  
Après la première guerre mondiale les activités du patronage redémarrent dès 1920 (sport, musique, théâtre) En 1934, on inaugure une salle de 600 places qui présentera des spectacles de qualité. Pendant les années 30, le manoir de Kerbonne abrite un pensionnat de jeunes filles.
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Après la première guerre mondiale les activités du patronage redémarrent dès 1920 (sport, musique, théâtre). En 1934, on inaugure une salle de 600 places qui présentera des spectacles de qualité. Pendant les années 30, le manoir de Kerbonne abrite un pensionnat de jeunes filles.
  
 
=== L'école ===
 
=== L'école ===
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En 1902, elles doivent la quitter (fermeture d'écoles congrégationnistes). L'école deviendra le groupe scolaire privé Kerbonne-Javouhey. En 1952, on pose la première pierre des bâtiments actuels.
 
En 1902, elles doivent la quitter (fermeture d'écoles congrégationnistes). L'école deviendra le groupe scolaire privé Kerbonne-Javouhey. En 1952, on pose la première pierre des bâtiments actuels.
  
=== L'abri de l'église. ===
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=== L'abri de l'église ===
 
Pendant la seconde guerre mondiale, le quartier est très exposé aux bombardements en raison de la proximité de l'arsenal et de la base sous-marine. Un poste de commandement allemand est installé dans le manoir, une batterie anti aérienne, la Flak 3 /803 près du patronage, un télémètre géant en haut du jardin de Kerbonne. Le curé, le chanoine Guermeur, participe activement à la résistance, poste de radio caché sous l'autel, fabrication de faux papiers au presbytère. La rue qui longe l'église porte son nom.  
 
Pendant la seconde guerre mondiale, le quartier est très exposé aux bombardements en raison de la proximité de l'arsenal et de la base sous-marine. Un poste de commandement allemand est installé dans le manoir, une batterie anti aérienne, la Flak 3 /803 près du patronage, un télémètre géant en haut du jardin de Kerbonne. Le curé, le chanoine Guermeur, participe activement à la résistance, poste de radio caché sous l'autel, fabrication de faux papiers au presbytère. La rue qui longe l'église porte son nom.  
Les habitants trouvent refuge dans un abri construit sous l'église, souvent bondé jusqu'à l'exode du 13 Août 1944. Les conditions de vie en sous-sol sont très mauvaises : puces, bruit, promiscuité. L'air y est difficilement respirable. (Les Cahiers de l'Iroise Hors-Série N°5) Une centaine de civils de la Défense Passive y sont encore terrés quand les fusiliers de la 116th (29e division d'infanterie américaine) atteignent le quartier en fin d'après-midi, le samedi 16 septembre 1944. Bien que sabordée, la batterie est encore tenue par une cinquantaine de soldats allemands qui se rendent sans combattre (et apparemment plutôt soulagés!). C'est ainsi que la veille de la reddition générale de Brest (le lundi 18 septembre), drapeaux américains et français flottent au fronton de l'église !
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Les habitants trouvent refuge dans un abri construit sous l'église, souvent bondé jusqu'à l'exode du 13 août 1944. Les conditions de vie en sous-sol sont très mauvaises : puces, bruit, promiscuité. L'air y est difficilement respirable. (Les Cahiers de l'Iroise Hors-Série N°5). Une centaine de civils de la Défense Passive y sont encore terrés quand les fusiliers de la 116th (29<sup>ème</sup> division d'infanterie américaine) atteignent le quartier en fin d'après-midi, le samedi 16 septembre 1944. Bien que sabordée, la batterie est encore tenue par une cinquantaine de soldats allemands qui se rendent sans combattre (et apparemment plutôt soulagés !). C'est ainsi que la veille de la reddition générale de Brest (le lundi 18 septembre), drapeaux américains et français flottent au fronton de l'église !
  
 
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Version du 16 octobre 2019 à 16:08

Devant la fresque des 4 moulins

Le 27 avril 2019, Françoise Le Coadou et Claude Péron, membres du CCQ des Quatre Moulins ont accueilli 110 curieux de patrimoine et d'histoire.

Pendant un peu moins de deux heures, ils leur ont fait partager, tout au long d'un parcours en 9 étapes, le fruit de leurs recherches sur la construction du quartier, à partir de la fin du XVIIIème siècle, en particulier, mais aussi sur les premiers habitants à la période de la Préhistoire.

Ils étaient accompagnés de Mathieu Lavie, chargé de développement à la Mairie de quartier, Marcel Gourvil et Loïk Saliou pour la sécurité. Parmi les participants, deux historiens nous ont fait l'honneur de leur présence, Albert Laot et Gérard Cissé, qui ont pu, à certains moments, faire partager au groupe leur grande connaissance du quartier.

Cartographie

Parcours sur l'histoire et le patrimoine des Quatre Moulins et de Kerbonne

Place du Marché ( Avenue du Polygone)

Le quartier des Quatre Moulins s'est construit dans la deuxième moitié du XIXème siècle le long la route ou rue de Brest, (au XXème siècle, rue Jean Jaurès et après 1946, rue Anatole France), du Grand Turc à Castel an Daol. Le Grand Turc est une côte située entre Prat Lédan (Large pré, prairie) et les Quatre Moulins, probablement du nom d'une auberge (mal famée) autrefois située à gauche en montant.

De 30 habitants en 1841 à plus de 3000 en 1891, il est devenu en 1881 le bourg le plus important de la commune de Saint-Pierre-Quilbignon (au recensement de 1881, il est noté comme l'agglomération la plus importante de Saint-Pierre-Quilbignon. AD 29).

Après l'ouverture du pont tournant en 1861, de nombreux ménages quittent Brest puis Recouvrance, surpeuplé à son tour, pour se loger plus facilement et dans de meilleures conditions matérielles aux Quatre-Moulins.

Quelle est l'origine du nom Quatre Moulins?

Dans les années 1778 (ou après 1781, année de l'acte de vente du terrain, Source Alain Cloarec), quatre moulins à vent sont construits à 75 mètres au-dessus du niveau de la mer, près du village de Trémilliau. Le terrain sur lequel ils sont établis prendra le nom de Park ar Milinoù - le champ aux moulins et, par extension, le hameau de quelques maisons situées à côté, et plus tard le quartier, celui des «Quatre Moulins ».

La seule trace de cette époque est la borne de granit gravée d'une ancre de marine qui se trouve à l'entrée de l'avenue (une deuxième se trouve au pied d'un escalier au nord, avenue du Polygone). Elles marquaient les angles de ce terrain militaire.

Disparus à la fin du XIXème siècle, leurs ailes tournaient au profit du service des subsistances de la Marine qui y faisait moudre son blé pour alimenter en farine, pour les biscuits de mer, les fours de la boulangerie située sur les quais côté Recouvrance (quai Jean Bart). Dans les recensements de population, on trouve mention de meuniers aux vivres, boulangers aux vivres, … habitant le quartier.

La commune de Saint-Pierre-Quilbignon devait entretenir continuellement la rue qui y menait, vu le nombre de voitures (1825). Elle fait appel à la Marine pour entretenir ce chemin « au besoin par les moyens des galériens » (les bagnards).

Pont sur l'ancienne ligne de tram du Conquet (petit train)

Trémilliau est probablement une paroisse ancienne ; deux fermes portent ce nom sur le cadastre de 1830. Le toponyme provient du prénom Miliau ou Milio qu'on retrouve dans Guimiliau, Ploumiliau, Trémiliau. Les sources de Trémiliau, au débit important, alimentent le quartier de Recouvrance et l'arsenal.

C'est aussi le lieu de résidence de Guillaume Seznec et de sa famille de 1911 ou 1912 à 1918, dans une activité de blanchisserie pour la Marine. Un fils, Albert, naît le 31 octobre 1914.

Du belvédère (pont sur l'ancienne ligne de tram du Conquet) on a un point de vue magnifique sur Brest et Recouvrance. Au premier plan, le cimetière de Recouvrance où sont enterrées des personnes célèbres : Jean-Michel Caradec, Francis Le Blé, Joseph de Kerros, ...

Fresque du "Rat Goutteux"

Ce lieu portait autrefois le nom de Poulic Kerangoff (Petite mare ou lavoir) de Kerangoff. Avant 1933, s'identifiant au nom d'une taverne, elle portait celui de « Venelle du Rat Goutteux ». Jusqu'en 1945, elle portait le nom de l'Académicien breton Charles Le Goffic (commune de Saint-Pierre-Quilbignon), puis rue Paul Bert.

Il se peut que le nom de cet établissement se soit inspiré d'un roman de Jules Verne : « La famille raton », qui met en scène un Rat Goutteux qui avait béquilles et gouttes au nez.

A Nantes, on parle d'un « Rat goutteux », Cours des 50 otages...

« Il faut lever les yeux vers le haut du bâtiment pour découvrir deux enseignes en fer forgé. Elles représentent un rat goutteux. Créée par M. Chabas, marchand drapier, cette enseigne parlante remonte à 1798. Il s'agit d'un rat appuyé sur une béquille et qui pousse une charrette contenant des rouleaux de draps. Sur des cartes postales du début du XXème, on pouvait encore lire l'inscription « Au Rat goutteux » sur le bâtiment, qui appartient aujourd'hui à une banque. »

Jules Verne se serait inspiré de ce rat goutteux ?

« En janvier 1891, Jules Verne écrit Les aventures de la famille Raton, un conte de fées, avec des rats, qui lui permettent de philosopher sur les faiblesses de la vanité humaine. On y lit un passage sur le dénommé « Raton et les siens [...] « Seulement, Raton était devenu goutteux et marchait avec une béquille lorsque la goutte ne le retenait pas dans son grand fauteuil ». C'est Luce Courville, l'ancienne bibliothécaire de Nantes et spécialiste de Jules Verne qui a levé le lièvre. Dans sa jeunesse (Jules Verne né en 1828 a vécu à Nantes jusqu'en 1848), il connaissait évidemment cette boutique. »

Source: https://nantes.maville.com/actu/actudet_-Du-rat-goutteux-au-roi-des-rats-_loc-690473_actu.Htm

Chez nous, l'enseigne de cet établissement était un tableau représentant un rat, debout sur ses pattes arrières, s'appuyant sur une béquille. Il avait le nez rouge et des gouttes lui en coulaient. Ce tableau était accompagné du texte : « MaLGRÉ LES ENVIEUX, VIVERa LE RaT GOUTTEUX ».

Pierre Péron, célèbre artiste Brestois en a exécuté un tableau qui se trouve de nos jours aux Archives Municipales (offert à la Ville par une famille qui le possédait).

Des personnages connus figurent sur la fresque : Miossec, Jacky Bouilliol (Goristes), Jeannette Bouilliol, Pierre Péron, Jacques Prévert, …

Ce dernier était lié à Brest pour avoir participé au film Remorques de Jean Grémillon et écrit le poème Barbara.

Rue Anatole France, un immeuble Art déco de 1939

« Voici un immeuble rare dans le quartier des Quatre Moulins qui compte quelques immeubles Art Déco: immeuble d'angle souligné par un arc de triomphe en rotonde, renforcé par deux lignes d'oculi verticales. Des balconnets curvilignes (balcon au dernier) ajoutent à la modénature. C'est un style architectural souvent repris dans le Brest de la Reconstruction dans le centre de la ville, rue de Lyon par exemple. » (Gilbert Elléouet)

Fresque des 4 Moulins

L'école des Quatre-Moulins a été construite entre 1884 et 1890 et agrandie en 1936. Le Maire de l'époque, le Docteur Robert Tindal Cyrille Gestin, le 1er Maire républicain de Saint-Pierre-Quilbignon, de 1881-1888, a donné son nom à la rue qui descend vers Kerbonne.

Cette station est aussi l'occasion d'évoquer des toponymes bretons ou disparus relevés dans le secteur au cadastre de 1830 :

  • Castel an Daol Château de la table. Probablement, mégalithe, dolmen ou tumulus.
  • Pierre du Coq Menhir ou autre mégalithe faisant pendant à Castel an Daol au sud, pas loin de Bel-Air (lieu consacré à Belenos, dieu gaulois) à l'ouest de la médiathèque Menhir indicateur de dolmen ou de source (culte de l'eau, peuplement ancien plus de 5000 ans).
  • Kerastel et Kerastel Bihan Ferme du Château ou manoir (Kastell) ou encore ruines, murs de fortifications.

La grande fresque située en face de la médiathèque, près de l'arrêt de bus, représente les quatre moulins à vent qui ont donné leur nom au quartier.

La Porte Rouge, moulin et lavoir de la Grande Rivière

Près de la rue Claude Forbin, deux propriétaires ont peint leur portails en rouge pour évoquer cette porte aujourd'hui disparue. Comme le Pilier Rouge ou la Croix Rouge (Lambé), la porte rouge est une des limites à ne pas franchir par les militaires de la garnison brestoise lors de leurs sorties pendant les permissions, l'espace autorisé se situant entre les remparts et les « bornes » rouges.

Un lavoir est encore en état à Kerraros (ker ar roz, ferme en haut de la colline ou hameau du côteau) entre le Petit Paris et la Grande Rivière, où l'on retrouve un second. Nombreux autrefois, c'était le lieu de travail de nombreuses blanchisseuses professionnelles qui étaient employées ou des femmes qui lavaient le linge de leur famille.

Jardin de Kerbonne, poldérisation de Laninon et Maison de l'Espion au Stiff

Laninon

Ce toponyme est d'origine non connue. Autrefois port d'échouage, on y construisait et réparait les bateaux dans des chantiers navals. Laninon était aussi une plage équipée de cabines de bain ; sur les hauteurs bien exposées au sud, on pratiquait le maraîchage. Sa poldérisation s'est faite en deux phases : vers 1905, puis après 1945.

Le jardin de Kerbonne

Le jardin belvédère de Kerbonne nous offre un magnifique panorama, depuis l'Elorn à l'est jusqu'à la sortie du Goulet à l'ouest. On y embrasse toute la Rade du regard.

Le jardin a été réalisé au début des années 80 grâce à la ténacité des riverains. Auparavant ce terrain vague appelé « la petite montagne » servait de terrain de jeux et de sport, mais il tournait à la friche.

Il abrite quelques arbres remarquables : un cyprès de l'Arizona, un bel eucalyptus, un séquoia géant et un pin du Parana (Araucaria angustifolia). Ce dernier est très rare en Europe et en danger d'extinction dans son continent d'origine. On ignore comment il est arrivé là. Ses caractéristiques originales lui ont valu le titre de « merveille de Kerbonne » (source Sillage Janvier 2011). Il est planté à l'ouest du jardin, sous l'aire de jeux.

On peut admirer les nombreuses variétés de cistes dans la pente au sud, mais aussi des camélias et rhododendrons dans ce jardin fleuri toute l'année.

La Maison de l'Espion

Cette petite maison encore debout sur la falaise près du Stiff au début du XXème siècle, se situerait donc au bas à gauche du jardin de Kerbonne, au-dessus de la rue de la Corniche.

Dans cette maison isolée, bâtie sur les hauteurs de Laninon, demeurait en 1707 un certain Jouslain, marchand chamoiseur ou corroyeur – ouvrier travaillant les cuirs et les peaux –, et sa compagne Perrine Blanchard.

En ces temps reculés, la Marine Royale n'était pas encore sortie de la Penfeld, et notre Jouslain aurait utilisé cette position stratégique pour faire de son habitation un poste d'observation des mouvements de la Rade et du Port, observations dont il donnait connaissance à des Français que la révocation de l'Édit de Nantes avait contraint de s'expatrier.

Dénoncés, Jouslain et sa femme sont interpellés et, le premier écroué au Château, sa moitié à Pontaniou. Jugés coupables, ils sont condamnés à mort comme espions.

Le Stiff, source jaillissante

Le petit hameau, ou plus probablement la ferme implantée auprès de ce filet d'eau rapide, prend le nom de Stiff. Les fortifications bastionnées, les ouvrages extérieurs qui s'étendaient du Grand Turc à Kerguillerm Nevez, établis à la fin du XVIIIème siècle étaient appelées « les lunettes du Stiff».

Ruine (mur) de l'ancienne corderie de Kerros (église provisoire)

Le mur de l'ancienne corderie de Kerbonne

Dans ce quartier en pleine mutation, la municipalité construit des écoles, mais les habitants doivent se rendre à Recouvrance sur le quai Jean Bart ou au bourg de Saint Pierre Quilbignon pour accomplir leurs devoirs religieux. La plupart s'en dispensent et le quartier acquiert maintenant une fâcheuse réputation. Vers 1898, comme il n'y a toujours pas d'église pour satisfaire les besoins de culte des habitants de ce secteur de Saint-Pierre-Quilbignon, Barthélémy de Kerros offre à l'évêque d'installer "une chapelle de secours, avec un petit clocheton" dans un ancien magasin de la corderie Bastit-Kerros qui a brûlé en juillet 1880. Un prêtre de Saint-Pierre viendra y célébrer la messe le dimanche.

Manoir de Kerbonne ; histoire de la famille de Kerros

Kervillerm : Ancien nom de la ferme appartenant à Joseph de Kerros. Devenu Kerbonne, le toponyme Kervillerm ou Kerguillerm, a tout bonnement disparu du vocabulaire : c'est en 1932 que la route de Kervillerm a été dénommée rue Ampère. Dorénavant, le quartier sera connu uniquement sous le nom de Kerbonne !

Principales dates de la chronologie des de Kerros qui ont compté des personnalités importantes pour la ville de Brest :

  • XVème siècle : Natifs de Portsall (Ploudalmézeau), les Kerros sont maîtres de barques et marchands basés à Argenton (Porspoder) et commercent avec l'Angleterre.
  • Vers 1750 : ils s'installent à Recouvrance
  • François Marie de Kerros (1747-1779) négociant, est échevin et administrateur de l'hôpital.
  • 1778 : naissance de Joseph Marie Kerros, maire de Brest en 1821 (premier de la famille). Joseph Kerros, négociant en bois, demeure au 38 rue Neuve et épouse le 10 pluviose an XII (31 janvier 1804) Bonne Désirée Quéméneur qui n'a que 17 ans ; lui en a 26. Elle lui donnera 16 enfants. Il est nommé maire en 1821, démis en 1823 (suite à l'affaire des Suisses). Il sera à nouveau nommé maire de 1830 à 1832. Ce sera un maire entreprenant : création de la caisse d'épargne, ouverture de la porte St-Louis, agrandissement du cimetière, comblement du trou de terre qui deviendra le square de la Tour d'Auvergne.
  • Joseph Marie Kerros, fils, (1807-1875) nommé maire par décret impérial en août 1865, juste après Hyacinthe Martin Bizet. Il le restera jusqu'en août 1870. C'est au cours de son mandat que la porte du Conquet est transformée (les douves sont comblées, une 2ème arche ouverte) que sont construites les halles St Martin. Il tente de faire de Brest un port transatlantique, en 1867 la traversée New York-Brest sur le plus gros paquebot de l'époque, le Great Eastern est un échec financier.
  • 1829-1830 : construction de la maison de campagne à Kerguillerm. Par affection pour son épouse dont le prénom est aussi grandement justifié, il donnera à sa propriété son nom en créant le terme : Ker / Bonne. L'orthographe « Kerbonn » indiquée sur les panneaux bilingues actuels est une erreur sémantique.
  • 1841 : les Kerros sont annoblis. Les de Kerros récupèrent le droit de porter la particule (perdue lors d'une erreur sur l'acte de naissance de Pierre-Nicolas en 1719).
  • Barthélémy de Kerros né en 1852, petit fils de Joseph. En 1890, il fait édifier le manoir actuel à la place de la maison de campagne qui est rasée. La famille avait établi le long de la propriété une corderie (connue sous le nom de Kerros-Bastit), incendiée en 1880. Cette propriété qui est toujours habitée, n'appartient plus aujourd'hui à cette lignée familiale.

Histoire de l'église ND de Kerbonne

En 1898, après le décès de deux de ses fils, Barthélémy offre d'installer une chapelle dans un ancien magasin de la corderie. Ce sera Notre Dame du Sacré Coeur. Son clocheton accueille la "Jean Françoise", cloche de 200 kg, qui était jusque là à St Pierre. La loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat facilitant les choses, le 26 Juin 1907, Kerbonne devient paroisse. Il est alors décidé de construire une nouvelle église, elle sera élevée au milieu des champs, sur des terrains donnés par Mr de Kerros. Lequel offre à la commune le sol de la rue qui devra s'appeler : avenue de Kerbonne, qui sera pavée en 1911.

  • 1909 : première pierre de la nouvelle église
  • 1910 : ouverture au culte de l'église
  • 1923 : fin du chantier de l'église.

Faute d'argent, il ne sera malheureusement jamais terminé. Son clocher qui a pourtant été prévu ne sera pas construit. Une tour en bois (campanile) sur le côté de l'édifice fait toujours depuis fonction de clocher. Outre le quartier, l'avenue, l'église et la paroisse il y a, en plus, de nos jours, le club sportif et l'école qui pérennisent ce nom.

En 1903, le patronage de l'étoile Kerbonnaise est fondé par l'abbé Mesguen sur des terrains de Kerros.

Après la première guerre mondiale les activités du patronage redémarrent dès 1920 (sport, musique, théâtre). En 1934, on inaugure une salle de 600 places qui présentera des spectacles de qualité. Pendant les années 30, le manoir de Kerbonne abrite un pensionnat de jeunes filles.

L'école

En 1896, Barthélémy de Kerros cède les murs et les terrains de la corderie en ruine à la congrégation des filles de la Sagesse. Les religieuses ouvrent l'école Notre Dame de Kerbonne le 17 septembre 1896.

En 1902, elles doivent la quitter (fermeture d'écoles congrégationnistes). L'école deviendra le groupe scolaire privé Kerbonne-Javouhey. En 1952, on pose la première pierre des bâtiments actuels.

L'abri de l'église

Pendant la seconde guerre mondiale, le quartier est très exposé aux bombardements en raison de la proximité de l'arsenal et de la base sous-marine. Un poste de commandement allemand est installé dans le manoir, une batterie anti aérienne, la Flak 3 /803 près du patronage, un télémètre géant en haut du jardin de Kerbonne. Le curé, le chanoine Guermeur, participe activement à la résistance, poste de radio caché sous l'autel, fabrication de faux papiers au presbytère. La rue qui longe l'église porte son nom.

Les habitants trouvent refuge dans un abri construit sous l'église, souvent bondé jusqu'à l'exode du 13 août 1944. Les conditions de vie en sous-sol sont très mauvaises : puces, bruit, promiscuité. L'air y est difficilement respirable. (Les Cahiers de l'Iroise Hors-Série N°5). Une centaine de civils de la Défense Passive y sont encore terrés quand les fusiliers de la 116th (29ème division d'infanterie américaine) atteignent le quartier en fin d'après-midi, le samedi 16 septembre 1944. Bien que sabordée, la batterie est encore tenue par une cinquantaine de soldats allemands qui se rendent sans combattre (et apparemment plutôt soulagés !). C'est ainsi que la veille de la reddition générale de Brest (le lundi 18 septembre), drapeaux américains et français flottent au fronton de l'église !

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