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Utilisateur:Philweb/Balade à Recouvrance : Différence entre versions

(Rue de Pontaniou)
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Notons que deux d’entre elles bénéficient pour leur couronnement d’un attique. On retrouve de manière beaucoup plus importante, cette signature architecturale, sur la rive gauche, en particulier, dans les quartiers de Saint Martin, de Sanquer et de Saint Marc.
 
Notons que deux d’entre elles bénéficient pour leur couronnement d’un attique. On retrouve de manière beaucoup plus importante, cette signature architecturale, sur la rive gauche, en particulier, dans les quartiers de Saint Martin, de Sanquer et de Saint Marc.
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Version du 5 décembre 2019 à 17:08

RECOUVRANCE, un quartier, des façades….

par Gilbert Elleouet - membre du comité scientifique "Brest, ville d'Art et d'Histoire". 

Balade réalisée pendant les Journées Européennes du Patrimoine en septembre 2017.

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Le Jardin des Explorateurs

A vos pieds…D’ici, sont partis Bougainville lors de son deuxième départ, La Pérouse et Fleuriot de Langle, Bruny d’Entrecasteaux, plus tard Charcot, certains pour un voyage sans retour…

Face à vous, un éperon rocheux dominant la Penfeld. Au IIIème siècle, les premiers habitants furent sous le règne de l’empereur des Gaules, Postumus, des légionnaires romains. Pendant le moyen-âge, la ville se développe à l’intérieur du rempart dont le tracé suit désormais les contours du site. Brest poursuit son expansion jusqu’aux actuelles rues du Couedic et Amiral Linois. La population de la ville atteint sous Henri IV entre famines, épidémies et autres dommages, mille cinq cents habitants.

Sur les bords de la Penfeld, l’arsenal naissant sous François 1er va prendre un autre essor avec la décision prise en 1631 par Richelieu. Le Cardinal décide de réunir dans les trois ports, Brouage, Brest et le Havre, les navires affectés en Manche et en Atlantique. Dès lors, l’arsenal ne va cesser de se développer. Quarante ans plus tard, par ordre de Colbert, Pierre de Chertemps du Seuil va présider aux travaux dans l’arsenal.

Sur la rive droite, à son origine, au début du 14ème siècle, le bourg a comme première appellation « Sainte Catherine », du nom du monastère Sainte Catherine, au mont Sinaï, halte des croisés sur la route de Jérusalem. Le bourg fait partie du fief des Du Chastel dont Bernard fut compagnon de Louis IX lors de la 7ème croisade. Le fief s’étendait jusqu’au château de Trémazan en Landunvez.

La bourgade de pêcheurs croît autour de la chapelle reconstruite au début du 15ème siècle et rebaptisée « Notre dame de Recouvrance ». Il s’agit alors d’un lieu où l’on invoque « la recouvrance », c’est-à-dire le bon retour des marins et des pêcheurs. Recouvrance est aussi un port marchand qui commerce le vin, les oranges avec la Galice et lui vend du poisson séché. Après la décision de Richelieu de la création d’un grand arsenal à Brest et surtout de la décision par Louis XIV de réunir les deux rives de la Penfeld autour de celui-ci, en 1681, la population de Recouvrance ne va cesser de croître.

Maison de La Fontaine

Ensemble immobilier du début du 18ème siècle dont la maison de la Fontaine (document « Amis de Recouvrance »)

En 1825, l’Hospice de Brest décide d’aliéner les maisons qu’elles possèdent en particulier, celle du 6 rue de l’église. Elle est alors rachetée par le sculpteur de marine, Yves Collet.

Chapelle Notre Dame de Recouvrance

Carte des destructions après la seconde guerre mondiale (en rose) - Brest alias Brest 
Eglise Saint-Sauveur

Cette église à la façade austère est de style jésuite. Nous noterons dans les angles, les volutes inversées.

La chapelle Notre Dame de Recouvrance devenue trop petite, la décision est prise en 1676 de construire un nouveau lieu de culte : la chapelle Saint Sauveur, régulièrement agrandie jusqu’à sa destruction en 1726. Débute alors en 1729, sous les ordres de l’architecte Frézier, la construction de l’église Saint Sauveur.

Par-dessus les toits de la reconstruction, le clocher de l’église Saint Sauveur

Nous traversons la place Amiral Ronarch. Un bassin, réceptacle de l’eau de pluie y fut creusé pendant la seconde guerre mondiale. L’eau était destinée à éteindre les nombreux incendies, consécutifs aux bombardements.

Rue du Rempart

La rue du Rempart a dans sa première partie droite quasiment conservé son aspect fin 19ème siècle/début 20ème siècle. Elle est coupée en deux par la rue de la Porte. Elle était avant la destruction du rempart nommée rue du Rempart, côté Pointe (pointe des Blagueurs) et rue du rempart, côté Porte (au delà de la porte du Conquet). Notons les soupiraux permettant aux charbonniers de livrer dans les caves le combustible. Les habitations de droite faisaient face au rempart, explication du clivage architectural droite/gauche. Les entourages de fenêtre sont selon, en granite ou en kersantite qui donnait un caractère bourgeois à l’immeuble. Les garde-corps et les portes d’inspiration art nouveau apportaient à la modénature des façades.

Mac Orlan

A l’emplacement du Mac Orlan, dessiné par Ouchakoff, existait la porte du Conquet. En 1692, elle constituait la seule entrée, côté ouest de la ville. On y accédait par un pont levis. Suite à la construction du pont de Recouvrance, achevé en 1861, une deuxième porte adjacente fut ouverte en 1867. Le tramway y passe en 1898 et le génie militaire accepte la destruction des portes en 1909.

Caserne Kervéguen

A l’emplacement de la caserne Kervéguen, un HLM a été construit. Subsiste à l’arrière du bâtiment, un morceau du rempart établi par Vauban.

Rue Lars

Les rues de Recouvrance sont souvent très pentues. Elles permettaient jusqu’en 1865 d’accéder à la rive et en particulier au port marchand. A cette date, le préfet maritime Gueydon prend la décision de la fermeture de la Penfeld aux civils. Le port de commerce a alors commencé son développement du côté de Porstrein.

La rue Victor Rossel et sa déclivité particulière. Dans l’angle, Serge Aubrée, président des Amis de Recouvrance.

Rue Lars, entrée d’une maison bourgeoise (inspiration art nouveau, angelots…)

Rue Lars, maison à Bruslé

M. Charles Bruslé était « compagnon serrurier ». A la clef, s’ajoutent les symboles de l’équerre et du compas.

Dans cette maison, un extraordinaire escalier fabriqué par les charpentiers de marine.

La rue Lars, et sa variété de façades, descente vers la rue de Saint Malo

Ici, dans un immeuble des années 60, un séchoir, élément de confort

Vue de la « trouée » de la rue de Saint Malo, de maisons de la rue …. et de la cité européenne étudiante

Rue de Saint-Malo

La prison maritime de Pontaniou, le bâtiment aux ions ou chaussée du Carpon, ainsi que la rampe d’accès du plateau de Pontaniou à l’arsenal.  

Ces différents datent du début du 18ème siècle. Le bâtiment aux Lions est achevé en 1809. Il tient son nom des gargouilles en forme de tête de lion. Elles permettent l’évacuation des eaux de l’édifice. Au premier étage, on entreposait ce qui servait au calfatage (braies, goudrons..). Au-dessus, il y avait un étage de bureaux. La chaussée de 58 mètres de long couronnait le bâtiment.

Nous arrivons rue de Saint Malo. Au 18ème siècle, Les malouins, habiles charpentiers avaient trouvé là un lieu d’habitation idéal, à quelques encâblures de la Penfeld.

Derrière ce grand mur, sur le terrain de la Madeleine, on avait construit un refuge appelé « Madeleine », du nom de la femme repentie. Celui-ci préalablement établit en 1670 dans l’anse de Pontaniou était tenu par les sœurs de la congrégation de Saint Thomas de Villeneuve accueillait les prostituées repenties. En 1692, un nouveau refuge devenu Royal fut construit sur le terrain jouxtant la manufacture de toiles à voiles. Deux ailes furent construites : l’une pour les prostituées, l’autre pour les filles et femmes de marins pour leur fournir une aide économique parfois nécessaire et les préserver de la dépravation. Les prostituées étaient employées à la confection et au lavage des toiles à voiles ainsi qu’au lavage du linge des hôpitaux.

Capucins

En haut de l’escalier du Carpon, le plateau des Capucins nous accueille.

Vue de l’arrivée du téléphérique, du plateau des Capucins et des immeubles « Fortier »

Vauban avait posé la première pierre du couvent des Capucins en 1695. Désaffecté à la révolution, le couvent fut ensuite détruit pour faire place à des bâtiments industriels. En 1865, on acheva 3 grandes nefs longues de 150 m de long (fonderie, ajustage, assemblage) à laquelle on accola la chaudronnerie au premier plan (station du téléphérique).

On avait construit et achevé en 1857, le môle du viaduc, sur lequel se déplaçait la grue « Gervaise » (ou grue "Revolver" en raison de sa forme) qui permettait de déposer la chaudière dans la coque fabriquée en amont. A partir de 1822, la montagne du Salou, avait commencé d’être arasée, et ce, afin de construire en amont une première forme de radoub (aujourd’hui forme n° 6). D’autres vont suivre, numérotées aujourd’hui, cales n°4 et n°7. La cale n° 4 est achevée en 1865. Le site militaro-portuaire de la Penfeld a alors été considérablement redessiné.

Les travaux vont se poursuivre avec la construction de la cale couverte du « Point du jour » ainsi que du bâtiment « en fer », long de 300 m et premier bâtiment de l’arsenal entièrement construit en acier. Il accueillait à l’étage les ingénieurs qui traçaient les plans des futurs navires et au rez de chaussée, les ateliers de découpage des tôles et soudure.

De plus, sur le site, un pont transbordeur s’élevait au-dessus de la Penfeld à partir de 1907. Détruit pendant la deuxième guerre mondiale, il sera remplacé en 1951 par le pont de l’Harteloire. Une usine électrique édifiée au pied des « Capucins » complétait le dispositif. Rive gauche, la grande grue électrique, élevée également en 1907 leur fait face.

Vue à travers les vitrages d’une nef

Vue de l’intérieur d’une nef

Recouvrance et ses nouveaux escaliers

Rue de Pontaniou

Façades à ordonnance classique de la fin du 19ème siècle.

Laissons derrière nous le 21ème siècle et ce nouveau quartier pour observer quelques façades plus anciennes.

Façades à ordonnance classique de la fin du 19ème siècle.

Notons que deux d’entre elles bénéficient pour leur couronnement d’un attique. On retrouve de manière beaucoup plus importante, cette signature architecturale, sur la rive gauche, en particulier, dans les quartiers de Saint Martin, de Sanquer et de Saint Marc.







Rue Vauban

A Recouvrance, les rues étaient pentues, les escaliers et les ruelles nombreux. Certaines se cachent aujourd’hui derrière une porte cochère.





Maison Trischler

Rue Vauban


Maison Trischler

La maison Trischler, architecte d’un projet de pont par-dessus la Penfeld. Celui-ci ne fut pas retenu. Lui fut préféré le projet des architectes Cadiat et Oudry.

Le prolongement de la rue Vauban au-delà de la rue de la Porte

Sous les stèles…

L’arche perdue de la rue Vauban

La rue Lapérouse autrefois rue de l’Abreuvoir comme le montre le plan de 1777 était parallèle à la rue de la Porte qui menait à la porte du Conquet. Cette petite rue était en contrebas de la rue de la Porte. Aussi, la construction en 1698 d’une arche s’était avérée nécessaire pour permettre le passage des charrettes du village de Prat Ar Cadran (côté église) au village de l’Armorique (côté Pontaniou). La rue Vauban avait ainsi auparavant comme nom : la rue de la Voûte. La rue Lapérouse n’existe plus depuis son comblement en 1950.

Tour Tanguy

La tour Tanguy, sentinelle de Recouvrance depuis le 14ème siècle et un ensemble d’immeubles de la reconstruction

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