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Rue Johannes Vermeer

Johannès Vermeer 1632 – 1675

Ce texte de Mona Lisa Cornec est paru dans TAPAJ n° 56 de mars 1996

Peintre hollandais, Johannès Vermeer dit Vermeer de Delft est né dans cette ville en 1632 et y est mort en 1675.

On ne sait pas grand chose de lui, juste quelques dates, quelques papiers certifiés conformes (actes civils ou notariaux, procès-verbaux de commerce ou d'expertise, inventaire). Oublié pendant près de deux siècles, il est redécouvert en 1866 par le critique français Thoré-Bûrger. Par la publication d'études passionnées, celui-ci va susciter l'intérêt des historiens et valoir à Vermeer une étonnante gloire posthume.

Fils d'un tisserand négociant en œuvres d'art, il est probablement l'élève du peintre Karel Frabritius. En 1653, il se marie avec Catharina Bolnes et se convertit au catholicisme. En 15 ans, ils auront onze enfants. Vermeer, membre puis syndic de la Guilde Saint-Luc, corporation des peintres de Delft accomplit, là, l'essentiel de son œuvre. Lent et discret, il est respecté sans doute, apprécié par de distingués connaisseurs...mais tout autant par son boulanger qu'il doit parfois payer en tableaux.

C'est à Delft qu'une crise cardiaque le foudroie à 43 ans. Les premières œuvres qu'on lui attribue (Diane et ses compagnes - 1654 et Le Christ dans la maison de Marthe et Marie - 1656) sont d'inspiration nettement vénitienne. Il n'a peint que deux paysages (La Ruelle 1658-1660 et l'incomparable Vue de Delft 1658-1660), considérée par Marcel Proust comme le plus beau tableau du monde.

Ensuite, rapidement, il se limite dans des dimensions plus réduites, à des scènes se déroulant dans un univers clos où l'éclairage émane souvent d'une fenêtre située à gauche. Il met en scène presque exclusivement des jeunes femmes dans un intérieur bourgeois. Certains thèmes reviennent avec insistance : femme occupée à lire ou à écrire une lettre (Femme en bleu lisant une lettre 1662-1664 ; Femme écrivant une lettre - 1667), parfois en compagnie galante (Jeune fille et soldat - 1657 ; Le Verre de vin 1658-1660) ou faisant de la musique (Joueuse de luth 1663 - 1665 ; La Leçon de musique -1660 ; La Joueuse de guitare 1667 - 1670 ; Jeune femme à répinette - 1670).

Rarement, une femme est occupée à une tache quotidienne précise excepté dans La Laitière 1658 - 1660 et dans La Dentellière - 1665, ces bonnes fées galvaudées par la publicité. Le plus souvent les scènes sont imprécises et évoquent un climat de sérénité et d'oisiveté rêveuse (Femme à la fenêtre 1658 - 1660 ; Le Collier de perles 1662 -1664 ; La Femme à la balance 1662 - 1663). L'atmosphère est souvent nostalgique, mystérieuse, chargée de sous-entendus.

Parmi ses œuvres, deux tableaux où figure un unique personnage masculin (L'Astronome - 1668 et Le Géographe -1669 - peut-être un auto-portrait...). Des portraits féminins aussi : Jeune fille à la perle - 1665 - 1666 , Tête de jeune fille, Jeune femme à la flûte, Jeune femme au chapeau rouge - 1665).

Contrairement à Rembrandt, dont il est l'égal, Vermeer module l'éclairage en pleine clarté, d'où la luminosité, la limpidité de ses tableaux. Il analyse le caractère changeant de la lumière selon les matières sur lesquelles elle se reflète : étoffes brillantes, bois, cuivre, porcelaine, étain, cristal, perle et même... le pain.

Il utilise les meilleurs pigments pour créer des couleurs, et même une pierre précieuse broyée, le lapis-lazuli pour créer les bleus, qui avec le jaune sont ses couleurs favorites.

Bien que, dans l'inventaire dressé après sa mort, on n'en ait pas trouvé trace, il est admis et prouvé que Vermeer s'est servi d'une «caméra oscura» (la chambre obscure est une sorte de projecteur avec lentille convexe qui reproduit sur une surface plane l'image ainsi captée). Même s'il se contente d'exécuter de nombreuses variations sur un même thème, Vermeer parvient à approfondir le geste le plus calme, le plus banal et à donner une intensité extrèmement expressive à un visage aux yeux clos.

Mona Lisa Cornec

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