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Ponta en baraques

Ponta en baraques

Ce texte signé Thierry Lambert, Vincent Lescop et Marcelle Plougoulm est paru dans TAPAJ n° 96 de mai/juin 2000

Témoignages

Nous habitions au Bouguen Ouest.

Il y avait une fraternité formidable entre les habitants qui, pour la plupart, se connaissaient déjà pour avoir été réfugiés ensemble dans le Loir et Cher.

Chaque année, une grande fête avait lieu dans le quartier, avec football, course cycliste, fête foraine, kermesse...

Les écoles aussi avaient leur fête annuelle. Elle avait lieu à Menez-Paul.

Certains des habitants avaient fait une clôture autour de leur baraque et cultivaient un jardin de fleurs ou de légumes. Quand quelqu 'un avait un problème, par exemple pour garder les enfants ou une personne malade, les autres l'aidaient.

J'ai la nostalgie de cette époque révolue. Aujourd'hui, la vie en HLM est faite d'indifférence et de solitude. Il est temps de retrouver la solidarité de cette période.

Vincent LESCOP

J'habitais la baraque D2, au Bouguen centre.

Je me souviens de la fleuriste qui, pour la fête des mères, nous préparait des bouquets pour offrir aux mamans.

La vie en baraque était très conviviale. Les gens se côtoyaient beaucoup.

Le soir on jouait aux cartes. Les baraques étaient très fleuries. Il y avait un groupe de musiciens.

L'abbé Julien prêtait sa chambre qui se situait sous l'église pour les répétitions.

Ma grand-mère était blanchisseuse. J'allais au lavoir avec elle.

J'avais 9 ans quand j'ai quitté le Bouguen.

Marcelle Plougoulm

En mai dernier, notre quartier a accueilli une exposition sur le thème Ponta en baraque. Elle a eu lieu dans les locaux du Centre Socioculturel et était proposée par les Amis du Bouguen.

Lors de l'inauguration, le mardi 2 mai, nous avons rencontré des personnes de cette association et des habitants du quartier qui ont vécu en baraque. Ils nous ont raconté leur vie à cette époque.

A la fin de la guerre 1939-1945, la population n'avait plus de logement. Les Hollandais et les Américains ont mis à la disposition des habitants des maisons provisoires appelées baraques.

Chacune d'elles pouvait loger une dizaine de personnes d'une même famille. Chaque baraque disposait d'un jardin ou les occupants pouvaient faire pousser entre autres des légumes et des fleurs.

Certaines étaient située du côté de Saint-Pierre. A cette époque, il n'y avait pas de machine à laver, les gens allaient au lavoir. Il n'y avait pas non plus de douche dans les baraques. Les locataires allaient aux douches municipales, ils payaient quelques centimes la douche.

Une personne de l'Association a reconstitué une maquette de baraque américaine. Une amitié et une solidarité s'est créer entre les habitants en baraques, quartiers dit provisoires mais qui ont duré jusqu'en 1973 !

Thierry Lambert

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