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Jusqu'à la moitié du XXème siècle, Lambézellec, c'était en même temps une commune urbaine, le Pilier Rouge, Kérinou et le bourg, et une commune rurale, dans le nord plus précisément, vers Gouesnou et Bohars. Il y avait beaucoup de "villages" - groupes de cinq à six ménages en général  regroupés autour d'un manoir, d'un puits...
 
Jusqu'à la moitié du XXème siècle, Lambézellec, c'était en même temps une commune urbaine, le Pilier Rouge, Kérinou et le bourg, et une commune rurale, dans le nord plus précisément, vers Gouesnou et Bohars. Il y avait beaucoup de "villages" - groupes de cinq à six ménages en général  regroupés autour d'un manoir, d'un puits...
  
A Pen-ar-Streat (Pontanezen actuellement) il y avait l'un de ces nombreux "villages", il continuait sa vie à l'ombre de la caserne militaire et de son histoire tumultueuse. Les deux "gardiennes de la mémoire" de Pen ar Strait que nous avons rencontrées, les soeurs Siche, se rappellent encore des moments bénis qu'elles y ont passés. Il y avait six à sept familles, les gens se connaissaient tous et s'entraidaient dans le travail aux champs et les tâches de la vie quotidienne.  
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A Pen-ar-Streat (Pontanezen actuellement) il y avait l'un de ces nombreux "villages", il continuait sa vie à l'ombre de la caserne militaire et de son histoire tumultueuse. Les deux "gardiennes de la mémoire" de Pen ar Strait que nous avons rencontrées, les sœurs Siche, se rappellent encore des moments bénis qu'elles y ont passés. Il y avait six à sept familles, les gens se connaissaient tous et s'entraidaient dans le travail aux champs et les tâches de la vie quotidienne.  
  
En effet, à l'époque les habitants étaient tous des fermiers qui perpétraient les traditions familiales et qui travaillaient les mêmes terres que leurs parents, grands-parents et parfois même leurs arrières grands-parents. C'était le cas de la famille des soeurs Siche... Au lendemain de la guerre 39-45, il y avait plus de 300 arbres fruitiers dans leur seul verger.
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En effet, à l'époque les habitants étaient tous des fermiers qui perpétraient les traditions familiales et qui travaillaient les mêmes terres que leurs parents, grands-parents et parfois même leurs arrières grands-parents. C'était le cas de la famille des sœurs Siche... Au lendemain de la guerre 39-45, il y avait plus de 300 arbres fruitiers dans leur seul verger.
  
 
Mais à côté de ces souvenirs de bonheur intarissable, elles gardent aussi les souvenirs de leur drame et leur désarroi avec, notamment, l'arrivée des premiers avis d'expropriation pendant les années soixante. Le sentiment de déchirure est encore vivace et la nostalgie est toujours présente.  
 
Mais à côté de ces souvenirs de bonheur intarissable, elles gardent aussi les souvenirs de leur drame et leur désarroi avec, notamment, l'arrivée des premiers avis d'expropriation pendant les années soixante. Le sentiment de déchirure est encore vivace et la nostalgie est toujours présente.  
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D'ailleurs, comment peut-on oublier la terre de son enfance?  
 
D'ailleurs, comment peut-on oublier la terre de son enfance?  
  
S'il leur arrivait de revenir dans leur ancien champ après leur départ, l'une de leurs soeurs a refusé de repasser par le quartier et elle ne s'est jamais résignée à ce que les immeubles chassent de sa mémoire les images des champs, les arbres et des fleurs qui peuplaient l'univers d'une grande partie de son existence.
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S'il leur arrivait de revenir dans leur ancien champ après leur départ, l'une de leurs sœurs a refusé de repasser par le quartier et elle ne s'est jamais résignée à ce que les immeubles chassent de sa mémoire les images des champs, les arbres et des fleurs qui peuplaient l'univers d'une grande partie de son existence.
  
  
 
Mohamed SAKI
 
Mohamed SAKI

Version du 4 juin 2007 à 11:06

PONTANEZEN EN LAMBEZELLEC

Ce texte signé Mohamed Saki est paru dans TAPAJ n° 4 de juin 1991

Jusqu'à la moitié du XXème siècle, Lambézellec, c'était en même temps une commune urbaine, le Pilier Rouge, Kérinou et le bourg, et une commune rurale, dans le nord plus précisément, vers Gouesnou et Bohars. Il y avait beaucoup de "villages" - groupes de cinq à six ménages en général regroupés autour d'un manoir, d'un puits...

A Pen-ar-Streat (Pontanezen actuellement) il y avait l'un de ces nombreux "villages", il continuait sa vie à l'ombre de la caserne militaire et de son histoire tumultueuse. Les deux "gardiennes de la mémoire" de Pen ar Strait que nous avons rencontrées, les sœurs Siche, se rappellent encore des moments bénis qu'elles y ont passés. Il y avait six à sept familles, les gens se connaissaient tous et s'entraidaient dans le travail aux champs et les tâches de la vie quotidienne.

En effet, à l'époque les habitants étaient tous des fermiers qui perpétraient les traditions familiales et qui travaillaient les mêmes terres que leurs parents, grands-parents et parfois même leurs arrières grands-parents. C'était le cas de la famille des sœurs Siche... Au lendemain de la guerre 39-45, il y avait plus de 300 arbres fruitiers dans leur seul verger.

Mais à côté de ces souvenirs de bonheur intarissable, elles gardent aussi les souvenirs de leur drame et leur désarroi avec, notamment, l'arrivée des premiers avis d'expropriation pendant les années soixante. Le sentiment de déchirure est encore vivace et la nostalgie est toujours présente.

D'ailleurs, comment peut-on oublier la terre de son enfance?

S'il leur arrivait de revenir dans leur ancien champ après leur départ, l'une de leurs sœurs a refusé de repasser par le quartier et elle ne s'est jamais résignée à ce que les immeubles chassent de sa mémoire les images des champs, les arbres et des fleurs qui peuplaient l'univers d'une grande partie de son existence.


Mohamed SAKI

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