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Kersanton, une roche du patrimoine breton

Kersanton, un nom connu

Tous les amateurs de patrimoine et d'histoire connaissent ce nom pour l'avoir lu sous la plume des historiens ou l'avoir entendu lors de visites de monuments divers.

Il revient très souvent pour décrire les milliers de sculptures qui ornent les porches des enclos paroissiaux et les calvaires, des monuments aux morts de 14-18 et des monuments funéraires dans les cimetières anciens. Il est aussi présent dans les entourages de portes et de fenêtres des manoirs et des maisons.

Le kersanton a aussi beaucoup été utilisé dans la construction de phares comme Eckmühl (Saint-Pierre Penmarc'h) ou l'Île Vierge (Plouguerneau).

La kersantite, une roche unique au monde

Cette roche magmatique (qui s'est formée dans les profondeurs de la Terre), proche du granite dans sa composition, est unique au monde. C'est aussi la seule (ou presque avec la sizunite) dont le nom vient d'un toponyme breton, le hameau de Kersanton (parfois orthographié Kerzanton), situé au bord de la rade de Brest, à l'extrémité sud de la commune de Loperhet, les principaux filons se trouvant tout près, sur la commune de L'Hôpital-Camfrout. C'est d'ailleurs cette situation des carrières qui a facilité le transport et l'exportation par mer des blocs débités et taillés sur place. Les quais d'embarquement se trouvent au bord de la rivière le Camfrout.

Une roche facile à travailler

La kersantite se sculpte facilement et résiste particuluèrement bien au temps et aux intempéries. D'un gris plutôt clair au moment de la taille, elle prend, avec les années, une patine gris plus ou moins foncé. Par contre, sa surface reste toujours rugueuse ; c'est une roche qui ne se polit pas et cette caractéristique, lorsqu'est arrivée la mode des monuments polis « à l'italienne », est une des principales raisons de l'abandon progressif des commandes de kersanton.

Un peu d'histoire

Les premières œuvres réalisées en kersantite remontent au XIIe siècle : on peut en voir à l'abbaye de Daoulas dans le cloître. Cependant, les véritables débuts de l'utilisation courante de la kersantite remontent au XVe siècle lors d'une période de prospérité en Bretagne. La guerre de Cent Ans terminée, les Ducs vont entreprendre de grands chantiers.

La Basilique du Folgoët en est un des symboles les plus anciens (1423-1460). Le porche de l'église de La Martyre (1450-1460) en est un autre exemple connu, tout comme l'ossuaire de Sizun (1585-1588). Du XVIIe au XVIIIe siècle, c'est la pleine période des enclos paroissiaux et le kersanton y est à l'honneur : calvaire de Plougastel-Daoulas (1602-1604), porche de Guimiliau (1606-1617), de Saint-Thégonnec (1610) ou encore de Pleyben (1555-1640).

Aux XIXe et XXe, le kersanton va servir uniquement à des constructions profanes :

  • maçonnerie
  • ouvrages d'art : viaducs, tunnels,... pour les Ponts et Chaussées
  • pavage
  • monuments funéraires : croix et crucifix
  • monuments aux morts de 14-18
  • restauration de monuments anciens

Des carrières sur un territoire restreint

On trouve des carrières essentiellement à L'Hôpital-Camfrout, mais aussi à Loperhet, Logonna-Daoulas et Daoulas. Selon les époques, elles ont connu une exploitation épisodique ou continue, plus ou moins intensive.

La plupart des carrières fermeront leurs portes au milieu des années 1950, les coûts d'exploitation ne pouvant pas rivaliser avec ceux des nouveaux matériaux. La dernière carrière, celle de Dany Sanquer à Rhun Vras, a arrêté ses activités en 2004.

Différents métiers et savoir-faire

Les gestes du tailleur de pierre sont séculaires, transmis d'homme à homme, souvent de père en fils. Pour bien appréhender la pierre, un bon ouvrier va se servir de ses yeux, son oreille et sa main. A partir du XXe siècle et l'extraction à plus grande échelle, la professionnalisation et la séparation des tâches devient la règle. Auparavant, les ouvriers pouvaient être aussi agriculteurs ou marins-pêcheurs une partie de l'année. La mécanisation va alléger les pénibles conditions de travail des ouvriers, payés le plus souvent à l'heure ou à la tâche.

Le travail est organisé en différents postes :

dans le trou où l'on extrait les blocs

  • les mineurs
  • les fendeurs
  • les grutiers et les manœuvres

sur le chantier de taille

  • les équarisseurs de blocs
  • les tailleurs

Il faut y ajouter les apprentis et surtout le forgeron, chargé du bon état des outils, des chevaux, puis de la mécanique. La carrière Derrien (devenue en 1973 Sanquer) comptait 35 ouvriers en 1914, plus quelques saisonniers en fonction des commandes.

Des animations estivales

La carrière de Rhun Vras accueille tous les étés, à la mi-août pendant trois jours, l'Été de la pierre. La 15e édition a eu lieu en 2018. L'événement est organisé par l'association Kersanton Penn ar Bed, qui a pour mission de valoriser la pierre de Kersanton.

A cette occasion, des démonstrations sont réalisées par des sculpteurs et tailleurs de l'association. Les visiteurs, enfants et adultes, peuvent également s'initier à la taille et à la sculpture. Pendant ces trois jours, des visites guidées de la carrière sont organisées. Elles sont commentées de manière très conviviale par le président et propriétaire de la carrière, Dany Sanquer, véritable « mémoire vivante du kersanton ».

Pour en savoir plus

Le site de l'association Kersanton Penn ar Bed, la pierre du bout du monde


Le kersanton, une pierre bretonne, Louis Chauris (PUR, 2010)

La kersantite sur Wikipédia

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