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Ateliers d'écriture de la Ligue de l'enseignement : Différence entre versions

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Ouvert à un public jeunes adultes et adultes, les ateliers d'écriture menés par [http://www.fol.infini.fr la Ligue de l'enseignement - F.O.L. 29] sur les quartiers de Kérourien, Pen-ar-Creac'h et de Kérédern mettent l'accent sur le plaisir, l'imaginaire et l'originalité de la production.  
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Ouvert à un public jeunes adultes et adultes, les ateliers d'écriture menés par la [[Ligue de l'enseignement - F.O.L. du Finistère]] sur les quartiers de Kérourien, Pen-ar-Creac'h et de Kérédern mettent l'accent sur le plaisir, l'imaginaire et l'originalité de la production. Informations pratiques sur [http://www.laligue-fol29.org/?page_id=365 le site www.laligue-fol29.org].
  
 
Un moment d'écriture où plaisir et convivialité sont les maîtres mots.  
 
Un moment d'écriture où plaisir et convivialité sont les maîtres mots.  
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C'est l'occasion de découvrir ensemble des auteurs et d'apprécier différentes sensibilités d'écriture. Les textes écrits à partir de consignes d'écriture orientent et lancent le désir d'écrire. Des consignes pour des jeux d'écriture ou une écriture thématique. Lus à haute voix lors de l'atelier, commentés, partagés, ces écrits peuvent aussi s'inscrire dans des créations liées à des manifestations culturelles, artistiques.... pour une valorisation particulière de la production.
 
C'est l'occasion de découvrir ensemble des auteurs et d'apprécier différentes sensibilités d'écriture. Les textes écrits à partir de consignes d'écriture orientent et lancent le désir d'écrire. Des consignes pour des jeux d'écriture ou une écriture thématique. Lus à haute voix lors de l'atelier, commentés, partagés, ces écrits peuvent aussi s'inscrire dans des créations liées à des manifestations culturelles, artistiques.... pour une valorisation particulière de la production.
  
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== Les auteurs des textes vous proposent de découvrir leurs productions. ==
  
Les auteurs des textes vous proposent de découvrir leurs productions.
 
  
 
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* '''Isabelle, novembre 2010.'''
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===Isabelle, novembre 2010===
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Courrier du matin
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''Courrier du matin''
  
 
'''Lundi :''' le premier jour de la semaine : je découvre le courrier, les factures à payer de toutes sortes : l'eau, l'EDF, bonnes et mauvaises nouvelles. Heureusement, il y a du courrier, les anniversaires et de la famille.
 
'''Lundi :''' le premier jour de la semaine : je découvre le courrier, les factures à payer de toutes sortes : l'eau, l'EDF, bonnes et mauvaises nouvelles. Heureusement, il y a du courrier, les anniversaires et de la famille.
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'''Samedi :''' un jour agréable pour le courrier. J'ai fait le tri, je me suis occupée des factures en tout genre. Il y a des réclames pour les fêtes de Noël.
 
'''Samedi :''' un jour agréable pour le courrier. J'ai fait le tri, je me suis occupée des factures en tout genre. Il y a des réclames pour les fêtes de Noël.
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* '''Nolwen, novembre 2010'''
 
  
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===Nolwen, novembre 2010===
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'''BONNE''' année dans ce nouvel atelier.
 
'''BONNE''' année dans ce nouvel atelier.
'''ANNEE''' de joie et de bonheur partagé.
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'''ANNÉE''' de joie et de bonheur partagé.
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'''DEUX''' ateliers par mois seront nécessaires à notre besoin littéraire.
 
'''DEUX''' ateliers par mois seront nécessaires à notre besoin littéraire.
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'''MILLE''' souvenirs sont à inventer, pour ensemble se les remémorer.
 
'''MILLE''' souvenirs sont à inventer, pour ensemble se les remémorer.
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'''ONZE''' vœux au moins doivent être réalisés pour goûter ensemble au plaisir de cet atelier.
 
'''ONZE''' vœux au moins doivent être réalisés pour goûter ensemble au plaisir de cet atelier.
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'''BONNE''' humeur, bonne santé...
 
'''BONNE''' humeur, bonne santé...
 
je vois la vie en rose, j'espère des bons jours avec des rapports cordiaux entre les gens, dans les familles, dans la vie professionnelle.
 
je vois la vie en rose, j'espère des bons jours avec des rapports cordiaux entre les gens, dans les familles, dans la vie professionnelle.
'''ANNEE,''' ce sera l'année des projets. Projets pour construire l'avenir de nos enfants, penser à l'éducation des plus faibles et des plus démunis, penser à l'égalité des chances.
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'''ANNÉE,''' ce sera l'année des projets. Projets pour construire l'avenir de nos enfants, penser à l'éducation des plus faibles et des plus démunis, penser à l'égalité des chances.
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'''DEUX,''' oui ça me fait bien envie, je partirai deux fois en vacances cette année, une fois en février et une autre fois dans le courant de l'été!
 
'''DEUX,''' oui ça me fait bien envie, je partirai deux fois en vacances cette année, une fois en février et une autre fois dans le courant de l'été!
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'''MILLE''' baisers que j'envoie aux sinistrés de Haïti, un an après le séisme, il n'y a pas grand chose qui ait changé pour eux!
 
'''MILLE''' baisers que j'envoie aux sinistrés de Haïti, un an après le séisme, il n'y a pas grand chose qui ait changé pour eux!
 
Beaucoup de haïtiens sont sans ressources et dorment sous tente, ils ont tout perdu sauf leur dignité de personne humaine.
 
Beaucoup de haïtiens sont sans ressources et dorment sous tente, ils ont tout perdu sauf leur dignité de personne humaine.
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'''ONZE''' lanternes m'éclairent et m'orientent pour faire les bons choix au cours de l'année 2011.
 
'''ONZE''' lanternes m'éclairent et m'orientent pour faire les bons choix au cours de l'année 2011.
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* '''Marie 27 janvier 2011'''
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===Marie, 27 janvier 2011===
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La récolte est souvent plus abondante en catalogues, publicités adressées ou factures qu'en vraies lettres ou bonnes nouvelles. Toutefois, j'attends toujours avec impatience le passage du facteur, plus exactement le moment de la distribution du courrier. Il fut un temps ou elle était régulière. Mais actuellement la distribution change souvent et met plus de temps, sans parler des grèves !
  
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La récolte est souvent plus abondante en catalogues, publicités adressées ou factures qu'en vraies lettres ou bonnes nouvelles. Toutefois, j'attends toujours avec impatience le passage du facteur, plus exactement le moment de la distribution du courrier. Il fut un temps ou elle était régulière. Mais actuellement la distribution change souvent et met pus de temps , sans parler des grèves !
 
 
Dons j'attends sans parvenir à entreprendre quoique ce soit d'important... tant que je n'ai pu aller visiter ma boîte. Je suis souvent déçue et surtout lorsque je n'y trouve absolument rien. Même pas la moindre paperasse ! Mais parfois, un courrier me fait plaisir, me fait sourire et me met de bonne humeur pour la journée. Aujourd'hui, par exemple, peut-être vais-je recevoir la lettre qui va me réjouir ? J'y compte bien. Sinon, j'attendrai demain. Ou après-demain. Quoique je doive y découvrir, j'aime particulièrement l'instant où j'introduis ma clef dans la petite serrure de ma boîte aux lettres. Ensuite... c'est la surprise ou  la déconvenue. Mais les quelques secondes de suspense, je ne veux point les rater !! Et ainsi va la semaine.
 
Dons j'attends sans parvenir à entreprendre quoique ce soit d'important... tant que je n'ai pu aller visiter ma boîte. Je suis souvent déçue et surtout lorsque je n'y trouve absolument rien. Même pas la moindre paperasse ! Mais parfois, un courrier me fait plaisir, me fait sourire et me met de bonne humeur pour la journée. Aujourd'hui, par exemple, peut-être vais-je recevoir la lettre qui va me réjouir ? J'y compte bien. Sinon, j'attendrai demain. Ou après-demain. Quoique je doive y découvrir, j'aime particulièrement l'instant où j'introduis ma clef dans la petite serrure de ma boîte aux lettres. Ensuite... c'est la surprise ou  la déconvenue. Mais les quelques secondes de suspense, je ne veux point les rater !! Et ainsi va la semaine.
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* '''Micheline,janvier 2011'''
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===Micheline, janvier 2011===
  
 
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* '''François, janvier2011'''
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===François, janvier 2011===
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Longtemps j'ai eu pour confidentes les pages rustiques d'un cahier de brouillon sur lesquelles se promenait au gré de ma fantaisie la pointe d'un bic.
  
Longtemps j'ai eu pour confidentes les pages rustiques d'un cahier de brouillon sur lesquelles se promenait au gré de ma fantaisie la pointe d'un bic. Il y avait dans tout cela quelque chose de confortable qui faisait que tout glissait tandis que le blanc pur d'une belle feuille de papier freinait inexorablement mon inspiration. Puis un jour, le progrès a fait intrusion dan smon existence. Il m'a fallu dompter le clavier de l'ordinateur et me résigner à quitter le papier. Fini le plaisir tactile, ce fut dans un premier temps comme une dépossession puis peu à peu mes doigts se sont accoutumés, mes oreilles ont été bercées par le cliquetis des touches et j'ai aprrécié de pouvoir rectifier un texte sans rature. C'est aujourd'hui un bonheur de me livrer au plaisir d'écrire presqu'au saut du lit, où bien n'importe quand, lorsque l'envie devient trop forte. Mis je n'ai pas abandonné la feuille qui me permet de jeter un pont entre mes amitiés. Ecrire est un bonheur qui me saisit partout même si je préfère le cadre feutré de mon bureau, j'aime aussi me livrer assise sur un banc, en pleine nature et prendre à témoin de fictives interlovutrices d'un bonheur cueilli par une belle journée.
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Il y avait dans tout cela quelque chose de confortable qui faisait que tout glissait tandis que le blanc pur d'une belle feuille de papier freinait inexorablement mon inspiration.  
  
* '''Béatrice, janvier2011.'''
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Puis un jour, le progrès a fait intrusion dans mon existence. Il m'a fallu dompter le clavier de l'ordinateur et me résigner à quitter le papier.
  
Avec quoi écrire ?
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Fini le plaisir tactile, ce fut dans un premier temps comme une dépossession puis peu à peu mes doigts se sont accoutumés, mes oreilles ont été bercées par le cliquetis des touches et j'ai apprécié de pouvoir rectifier un texte sans rature.
Pour la paperasse, stylo
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Pour la lettre, la vraie, celle que l'on appelle "correspondance épistolaire", le porte-plume; la plume "sergent major" et l'encre. Une manière de l'ennoblir, de la respecter ...
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C'est aujourd'hui un bonheur de me livrer au plaisir d'écrire presqu'au saut du lit, où bien n'importe quand, lorsque l'envie devient trop forte. Mis je n'ai pas abandonné la feuille qui me permet de jeter un pont entre mes amitiés.
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Écrire est un bonheur qui me saisit partout même si je préfère le cadre feutré de mon bureau, j'aime aussi me livrer assise sur un banc, en pleine nature et prendre à témoin de fictives interlocutrices d'un bonheur cueilli par une belle journée.
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===Béatrice, janvier 2011===
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'''Avec quoi écrire ?'''
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*Pour la paperasse, stylo
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*Pour la lettre, la vraie, celle que l'on appelle "correspondance épistolaire", le porte-plume; la plume "sergent major" et l'encre. Une manière de l'ennoblir, de la respecter ...
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'''Sur quoi écrire ?'''
  
Sur quoi écrire ?
 
 
Sur du papier surtout. Il fut un temps où je me suis essayée à la pyrogravure, c'est bien vieux tout ceci. Pendant les répétitions de théâtre, semaine après semaine, dans une tentative de carnets de voyage.
 
Sur du papier surtout. Il fut un temps où je me suis essayée à la pyrogravure, c'est bien vieux tout ceci. Pendant les répétitions de théâtre, semaine après semaine, dans une tentative de carnets de voyage.
  
Comment écrire ?
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'''Comment écrire ?'''
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Puisque la question sur la forme m'embarrasse, je vais répondre un peu à côté. Comment ne pas écrire au téléphone ? Enfin écrire ! Du gribouillis sur des post-it plutôt. Sans rime ni raison. Comme ça pour fluidifier la conversation.
 
Puisque la question sur la forme m'embarrasse, je vais répondre un peu à côté. Comment ne pas écrire au téléphone ? Enfin écrire ! Du gribouillis sur des post-it plutôt. Sans rime ni raison. Comme ça pour fluidifier la conversation.
  
Dans quels lieux ?
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'''Dans quels lieux ?'''
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Pour la correspondance épistolaire, il faut un minimum de matériel, du recul, de la réflexion. Le choix du mot juste. Une sorte de cérémonial, de rite. Le seul  lieu propice est à l'évidence une "ashram" peuplé de zèbres...
 
Pour la correspondance épistolaire, il faut un minimum de matériel, du recul, de la réflexion. Le choix du mot juste. Une sorte de cérémonial, de rite. Le seul  lieu propice est à l'évidence une "ashram" peuplé de zèbres...
  
* '''Paul, janvier 2011'''
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===Paul, janvier 2011===
  
 
'''Jeu d'imagination'''
 
'''Jeu d'imagination'''
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Je suis exposée aux vents, je suis entourée d'eaux froide ou tiède, tumultueuse ou calme selon le temps, selon la saison.
 
Je suis exposée aux vents, je suis entourée d'eaux froide ou tiède, tumultueuse ou calme selon le temps, selon la saison.
 
J'aime la couleur de mes rivages, la couleur de la pierre, le mauve de la bruyère, les gravillons de mes sentiers côtiers. Les ciels passent du bleu pâle au bleu sombre, et souvent en hivers le gris est la couleur prédominante. Dès que le visiteur pose pied sur mon site, il est surpris par la hauteur d'un bâtiment, c'est le phare du Crea'ch.
 
J'aime la couleur de mes rivages, la couleur de la pierre, le mauve de la bruyère, les gravillons de mes sentiers côtiers. Les ciels passent du bleu pâle au bleu sombre, et souvent en hivers le gris est la couleur prédominante. Dès que le visiteur pose pied sur mon site, il est surpris par la hauteur d'un bâtiment, c'est le phare du Crea'ch.
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Après avoir grimpé un ou 2 kilomètres à vélo, vous découvrirez le bourg, avec l'église du 18eme siècle, la mairie et en face une maison classique des ports de Bretagne, c'est là que se situe la Poste.
 
Après avoir grimpé un ou 2 kilomètres à vélo, vous découvrirez le bourg, avec l'église du 18eme siècle, la mairie et en face une maison classique des ports de Bretagne, c'est là que se situe la Poste.
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Quelques boutiques attirent les touristes, et leur proposent des spécialités locales: miel, tisanes de toutes sortes, fromage de chèvre, biscuits et aussi de l'artisanat à base de laine de mouton ou de tissu de patchwork.
 
Quelques boutiques attirent les touristes, et leur proposent des spécialités locales: miel, tisanes de toutes sortes, fromage de chèvre, biscuits et aussi de l'artisanat à base de laine de mouton ou de tissu de patchwork.
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Un peu plus loin le visiteur aime à flâner dans un des ateliers de peinture où les artistes exposent, le coup d'œil vaut vraiment le coup. N'oubliez surtout pas le prochain rendez-vous du festival international insulaire qui se tient du 10 au 15 août. Cette année 2011, Ouessant reçoit les écrivains et les musiciens du monde entier. L'ambiance est assurée et le plaisir sera partagé entre les artistes et le public.
 
Un peu plus loin le visiteur aime à flâner dans un des ateliers de peinture où les artistes exposent, le coup d'œil vaut vraiment le coup. N'oubliez surtout pas le prochain rendez-vous du festival international insulaire qui se tient du 10 au 15 août. Cette année 2011, Ouessant reçoit les écrivains et les musiciens du monde entier. L'ambiance est assurée et le plaisir sera partagé entre les artistes et le public.
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Après avoir goûté à la mer et à son décor, laissez vous tenter par un p'tit resto afin de déguster des fruits de mer ou des produits bio.
 
Après avoir goûté à la mer et à son décor, laissez vous tenter par un p'tit resto afin de déguster des fruits de mer ou des produits bio.
  
* '''Marie 21 janvier 2011'''
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===Marie 21 janvier 2011===
  
  
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Je me présente: je suis un périssodactyle. En faite un  périssodactyle n'est pas une espèce bien définie, c'est un genre: ça peut être aussi bien un cheval qu'une girafe, un phacochère etc..
 
Je me présente: je suis un périssodactyle. En faite un  périssodactyle n'est pas une espèce bien définie, c'est un genre: ça peut être aussi bien un cheval qu'une girafe, un phacochère etc..
Le point commun de ces différents animaux est de se tenir sur deux doigts. Moi je suis un zèbre. «Â Zèbre » non pas parce que je suis zébré mais parce que les premiers humains qui m'ont croisé se demandant quel était cet animal à rayures et se sont questionnés entre eux:
 
  
- «Â Quel est cet animal à rayures? »
+
Le point commun de ces différents animaux est de se tenir sur deux doigts. Moi je suis un zèbre. « Zèbre » non pas parce que je suis zébré mais parce que les premiers humains qui m'ont croisé se demandant quel était cet animal à rayures et se sont questionnés entre eux:
- «Â Lequel? »
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- «Â Celui qui court? »
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* «Quel est cet animal à rayures? »
- «Â Oui, celui qui court comme un zèbre? »
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* «Lequel? »
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* «Celui qui court ? »
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* «Lui, celui qui court comme un zèbre ? »
  
 
D'où mon nom!!
 
D'où mon nom!!
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Étonnant! Non?
 
Étonnant! Non?
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Ah oui! J'oubliais... je suis Africain.
 
Ah oui! J'oubliais... je suis Africain.
  
* '''Paul 21 janvier 2011'''
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===Paul 21 janvier 2011===
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'''INFINI PAYSAGES, mars 2011'''
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Je dis '''étang''' une petite fille rame dans sa minuscule barque
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Revenant de sa cueillette en cachette des lotus blancs
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Comment pourrait-elle dissimuler ses traces ?
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Son embarcation laisse derrière elle un sillage ...entre les lentilles d'eau.
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Je dis '''ciel''' poussé par le vent vigoureux, l'orage s' abat sur la haute citadelle
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Sous le poids des nuages, des coups de tonnerre tambourinant sur la terre
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L'averse apaisée, on ne sait plus où est le dragon
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Seules des milliers de grenouilles coassent dans l'étang vert.
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Je dis '''vent''', le vent des cieux me pousse au sommet chargé de roses, le souffle offre la fraîcheur au sixième mois, j'emprunte les deux cigognes blanches aux vieux moines qui m'emportent sur leur dos au fond des nuages d'azur.
 +
 
 +
Je dis '''neige''', mille montagnes, aucune ombre d'oiseau
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Dix mille sentiers, pas une trace humaine
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Seule une petite barque, un manteau de chanvre surmonté d'un chapeau de feutre,
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Un vieillard pêche à la ligne, dans le froid sur le fleuve enneigé.
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Je dis '''nuit''' profonde, la cour est silencieuse, minuscule, le jardin est désert,
 +
Le vent intermittent provoque, les battements sporadiques des fenêtres et des portes
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La nuit est interminable, insomnieuse, je ne fais que compter les coups de battoirs, et regarder le rideau illuminé par la lueur de la lune.
 +
 
 +
Je dis '''homme''', les hommes égarés sur le chemin de la vie ne peuvent revenir de leurs erreurs funestes, s'il n'y a pas une voix, de l'intérieur d'eux-mêmes qui soit leur propres juge et blâme leurs conduites.
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'''
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Je dis amour''',
 +
Dis-moi, au-delà de l'amour dont j'ai parcouru le chemin
 +
Connais-tu la nouvelle étape
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Qui me conduirait en ce lieu
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Propice à l'heureuse rencontre,
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Car l'amour en ce cœur meurtri
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N'a fait que prolonger l'exil.
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Je dis '''automne'''
 +
Les jours sont revenus, de pluies
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De tempêtes et de crépuscules précoces
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Les jours où l'on se tasse en un coin
 +
Dans la maison, auprès du feu
 +
Les jours des peaux de moutons, les jours de l'âtre
 +
Et des contes et récits d'antan
 +
Qui sont leurs compagnons.
 +
''Claude.''
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Je dis '''nuit''' et la lune me fait signe, elle veille
 +
Je dis '''neige''' et le ciel pleure des papillons blancs
 +
Je dis '''mer''' et l'océan câline ses vagues, roule et enroule doucement ses coquillages et ses poissons
 +
Je dis '''ciel''' quand il s'assombrit et prépare une fronde qui finira en explosion
 +
Je dis '''sang''', c'est la vie qui palpite et s'en va
 +
Je dis '''encre''' et ma plume s'envole dans une danse infinie
 +
Je dis '''feu''' sur les orties, nous en ferons une bonne soupe ce soir
 +
Je dis '''pluie''', gouttelettes, gouttelettes, vous mouillez mon beau chapeau
 +
Je dis '''terre''', mes vallées, mes montagnes, c'est mon avenir et ma maison.
 +
''Ginette-Marie.''
 +
 
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Je dis '''nuit''', étoile, tu éclaires le hululement du hibou, lune tu chantes le jour de l'autre monde
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Je dis '''neige''' et ma main glisse sur ton doux manteau, myriade d'étoiles polaires
 +
Je dis '''mer''', gronde la vague, roule le galet, elle enfante le perpétuel ballet de la vie
 +
Je dis '''ciel''' et les tours viennent chatouiller les nuages et caresser les étoiles
 +
Je dis '''vent''' et les voiles claquent et le bateau glisse, vertige océanique
 +
Je dis '''sang''', goutte à goutte,palpitant, souffle de vie, éphémère, passage
 +
Je dis '''encre''', noire et les griffures de poésie strient la peau du parchemin
 +
Je dis '''feu''', brasier de ton regard quand je retrouve ton âme
 +
Je dis '''pluie''', douche astrale, perles isolées, ton chant coule sur le toit de mon univers
 +
Je dis '''terre''' et le labour libère le doux parfum de sa peau, son coeur palpite quand la graine choit dans son antre et que la fleur épanouie se laisse chahuter par le vent.
 +
''Isabelle.''
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Je dis : '''nuit''' et le silence m'embrase, je prête l'oreille au message offert comme une évidence.
 +
Je dis : '''neige''' et je frissonne près du linceul blanc.
 +
Je dis : '''mer''' et l'horizon s'ouvre devant mes yeux émerveillés.
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Je dis : '''ciel''' souriant devant le ballet des hirondelles au printemps.
 +
Je dis : '''vent''' et je balaie tous mes soucis.
 +
Je dis : '''sang''' d'encre sur ma plume effrénée.
 +
Je dis : '''encre''' et mon corps se statufie comme accroché à son ancre.
 +
Je dis : '''feu''' et le cœur  du démon atomique s'enflamme.
 +
Je dis : '''pluie''' de particules dissimulées dans l'air ambiant.
 +
Je dis : '''terre''' et je souffre de la pollution qui souille mes entrailles.
 +
''Marylène''
 +
 
 +
 
 +
Je dis '''nuit''' calme, pas un bruit dans la maison, toute la famille dort, la peur de la nuit angoisse
 +
Je dis '''neige''' d'une belle couche neigeuse sur les pistes de la station de ski, le soleil brille sur la montagne
 +
Je dis '''mer''' calme, les bateaux naviguent sur la mer, le soir, un joli coucher de soleil
 +
Je dis '''ciel''' lorsque l'ombre des oiseaux, des goélands plongent dans le vide et déploient leurs ailes pour mourir
 +
Je dis '''vent''', un nuage de poussière s'envole avec un air de fête
 +
Je dis '''sang''', la circulation du sang dans mon corps et l'oxygène m'aide à respirer
 +
Je dis '''encre''', le bateau arrive au port et jette son ancre
 +
Je dis '''feu''', chaleur des bûches qui brûlent dans la cheminée
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Je dis '''pluie''' pour arroser les fleurs dans les jardins
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Je dis '''terre''' comme la terre entière, au large d'Ouessant.
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''Nolwenn.''
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Je dis '''nuit''' et tout se coule dans une profondeur incommensurable, envoûtante parfois angoissante. Le silence de la nuit peut s'installer déchiré par les seuls cris des oiseaux nocturnes.
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Je dis '''neige''' et le paysage en est tout arrondi et silencieux.
 +
Je dis '''mer''', un ruban de soie qui se noue, se dénoue soue les embruns e les alizés.
 +
Je dis '''ciel''', vaste et bleu à l'infini comme une coupelle d'eau pour étancher la soif et lourds de ses nuages menaçants pour les lendemains
 +
Je dis '''vent''' et son souffle me ferme les paupières, m'assèche la peau, se joue de ma chevelure et enfle tous les murmures de la vie.
 +
Je dis '''sang''', pourpre, à flot continu pour une vie, la vie qui vient, qui va et s'en va.
 +
Je dis '''encre''', l'empreinte qui se joue du temps qui passe.
 +
Je dis '''feu''', un brûlis pour une renaissance
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Je dis '''pluie''' et la vie renaît
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Je dis '''terre''' où s'enfoncent nos racines, où se greffe notre identité et où se croisent nos richesses
 +
'''Jacqueline.'''
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Je dis '''nuit''' et le jour éteint ses lumières, au loin sur le belvédère, la nuit repose assoupie.
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Je dis '''neige''' et mes yeux ébahis observent le manège des flocons en cortège qui s'écrasent sans bruit.
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Je dis '''mer''' et mes espérances embarquent sur un radeau où mes désespérances s'échouent aux rives de l'enfer.
 +
Je dis '''ciel''' quand l'immensité s'azure du bleu de tes yeux.
 +
Je dis '''encre''' lorsqu'à l'aurore encore encapuchonnée de brumes mon stylo pleure de nouvelles métaphores.
 +
Je dis '''vent''' au temps qui s'envole en bourrasques un peu folles échevelant mes derniers ans.
 +
Je dis '''sang''', bleui de noblesse guindée, qui s'étiole au feu de la modernité dans des châteaux parfois délabrés.
 +
Je dis '''feu''' au creux de la saint Jean où se consumèrent, avec ma jeunesse, mes amours d'antan.
 +
Je dis '''terre''', agenouillée devant ma mère nourricière qui depuis la nuit des temps nous a nourris.
 +
Je dis '''pluie''' lorsque l'orage au loin gronde et que l'éclaire zèbre les cieux en courroux.
 +
''  Annie''
 +
           
 +
 
 +
'''Poétisons selon Aimé Césaire'''
 +
Dorsale Bossale
 +
Extrait de
 +
Moi, Laminaire / éditions du seuil 1982
 +
 
 +
Il y a des châteaux qui font peur
 +
Il y a des châteaux qui marchent la nuit
 +
Il y a des châteaux qu'on a oublié
 +
Il y a des châteaux qu'on voit pleurer
 +
Il y a des châteaux qui hurlent leurs souvenirs enfouis
 +
Il y a des châteaux qui gardent en eux le goût du sang et de la mitraille
 +
Il y a des châteaux, souvenirs de damoiseaux perdus
 +
Il y a des châteaux où file une belle à son rouet attendant le cheval blanc
 +
Il y a des châteaux repaire de brigands criant dans le vent
 +
Il y a des châteaux qu'on a fortifiés pour éradiquer la peur
 +
Il y a des châteaux qui chantent dans ma mémoire lors des nuits noires
 +
Il ne faut pas oublier les morceaux de murs semi-écroulés de lierre, habités de hulottes résidentes de ces châteaux oubliés
 +
Il y a les châteaux, des châteaux, où le malheur reste à la porte,
 +
Il y a même des châteaux d'eau.
 +
''Ginette-Marie''
 +
 
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Il y a la mer démontée qui crache sa colère
 +
Il y a la mer souriante qui s'étale avec langueur
 +
Il y a la mer  veloutée, pailletée
 +
Il y a la mer chagrine à la robe plissée
 +
Il y a le ciel azuré
 +
Il y a le ciel grisâtre
 +
Il y a le ciel rouge-sang
 +
Il y a le ciel plombé
 +
Il y a les petits chemins sur le littoral
 +
Il y a mille chemins pour atteindre la mer
 +
Il y a des sentiers côtiers aux essences fleuries
 +
Il y a des ajoncs d'or près des primevères
 +
Il y a mon cœur allégé comme protégé
 +
Il y a mon corps ragaillardi par le vent marin
 +
Il y a le vent joyeux qui cabriole
 +
Il y a le vent mauvais à l'haleine chargée
 +
Il y a la tempête en mer
 +
Il y a des marins en perdition
 +
Il y a mon cœur qui bat la chamade
 +
Il y a des lendemains qui chantent.
 +
''Marylène''
 +
 
 +
 
 +
Il y a des rêves moelleux qui cuisent au four et gonflent, gonflent
 +
Il y a des rêves qui se mettent en marche et qui n'arrivent à rien
 +
Il y a des rêves qui grandissent et me poussent à aller plus loin
 +
Il y a des rêves qui meurent en peau de chagrin
 +
Il y a des rêves quine servent à rien
 +
Il y a des rêves qui s'emparent de mon esprit et m'offrent les plus belles surprises
 +
Il y a des rêves qui me portent à bout de bras et me crient pourquoi pas
 +
Il y a des rêves qui m'ont menée jusqu'à toi, terre bretonne, terre de vie, de vent et de pluie
 +
Il y a tous ces rêves à qui je dis merci, grâce à eux, je suis ici en votre compagnie.
 +
''Isabelle.''
 +
 
 +
 
 +
Il y a naguère, les pleurs de ma mère
 +
Il y a ses rires, il y a ses joies
 +
Il y a aussi, chaude en sa demeure,
 +
Sa tendresse berçant mon cœur en émoi.
 +
Il y a les yeux de ma tendre mère
 +
Plus bleus que pervenches en un soir d'été
 +
Il y a souvent sa voix qui opère
 +
Au cœur de mes maux pour les effacer.
 +
Il y a  l'enfance qui parfois dérive
 +
Il y a les ports, abris incertains,
 +
Il y a l'espoir qui s'échoue aux rives
 +
De vains horizons, piètres lendemains.
 +
Il y a l'amour immense de ma mère
 +
Il y a parfois sa résignation
 +
Devant les yeux sombres et durs de mon père
 +
Qui n'admettait point quelque opposition !
 +
Il y a, le parfum unique de ma mère
 +
Effluve de violettes qui vous envoûtait
 +
Il y a mes rêves, mes pleurs, mes chimères,
 +
Part de mon enfance trop vite envolée.
 +
Il y eut bien sûr mais il y a toujours
 +
L'amour  pour ma mère doux comme velours !
 +
''Annie''
 +
 
 +
 
 +
Il y a la lande
 +
Il y a la bruyère
 +
Il y a les sentiers
 +
Il y a les ribins cabossés
 +
Il y a les sapinières
 +
Il y a l'ankou et sa famille
 +
Il y a le druide de blanc vêtu
 +
Il y a le mont saint Michel qui surplombe l'étendue
 +
Il y a les fesnoz et ses kamhadiskan
 +
Il y a le cidre et les crêpes
 +
Il y a la Bretagne belle et somptueuse
 +
Il y a la Bretagne que j'aime tant.
 +
''Claude''
 +
 
 +
 
 +
Il y a les prés clos
 +
Où se regroupent les troupeaux
 +
vaches et chevaux
 +
 
 +
Il y a les champs fleuris, sans âge
 +
Coincés dans leur bocage
 +
 
 +
Il y a les marais gorgés d'eaux
 +
Où sans bruit, doucement
 +
La barque glisse entre les roseaux
 +
 
 +
Il y a entre mer et terre
 +
Les marais salants qui encore hier
 +
Étaient soignés
 +
Par des brassées de paludiers
 +
 
 +
Il ne faut pas oublier
 +
La colline herbeuse jouxtant l'atelier
 +
Qui en toute saison
 +
Était notre terrain de jeux
 +
A nous, filles et garçons.
 +
''Jacqueline''
 +
 
 +
 
 +
 
 +
''' Entre'''
 +
(d'après le poème de Liska - Mi-Ville, Mi-Raisin - éditions Cadex / coll. Le Farfadet - bleu 2005)
 +
 
 +
Entre Brest et Ré
 +
Entre terre et mer
 +
Entre ville et champ
 +
Entre bitume et forêt
 +
Entre peine et joie
 +
Entre famille et amis
 +
Entre alarme et quiétude
 +
Entre autoroute et chemin
 +
Entre voiture et bicyclette
 +
Entre vignes et champs de blés
 +
Entre mer et ciel
 +
Entre mouettes et goélands
 +
Entre toi et moi
 +
Toujours entre nous.
 +
'''Marylène'''
 +
 
 +
 
 +
Entre le jardin et la maison
 +
Entre ritournelles et chansons
 +
Entre chemins et routes
 +
Entre trains et soutes
 +
Entre l'océan et les terres
 +
Entre les distances à faire
 +
Et à refaire
 +
Entre lieu-dit
 +
Et hameau
 +
Entre la commune
 +
Et la ville
 +
Entre passé
 +
Et avenir
 +
Toujours entre-deux.
 +
'''Jacqueline.'''
 +
 
 +
 
 +
Entre tenir et voir
 +
Entre côte et descente
 +
Entre mai et juillet
 +
Entre là et là-bas
 +
Entre tien et mien
 +
Entre prise et usine
 +
Entre chat et chien
 +
Entre deux et toi
 +
Toujours entre-deux.
 +
''Isabelle.''
 +
 
 +
 
 +
Entre chien et loup
 +
Entrent désirs fous
 +
Entre mains levées
 +
Et fronts abaissés.
 +
Entre le calvaire
 +
Et le Dieu Vauvert,
 +
Entre deux Avés
 +
Entre le curé
 +
Et des cieux cléments
 +
Entre bonnement
 +
Entre deux éclairs
 +
Entre le tonnerre
 +
Et la barque pleure
 +
Entre saules pleureurs
 +
Et berge à fleur d'eau,
 +
Entre les roseaux.
 +
Entre deux aveux
 +
Et  d'amers adieux
 +
La fin entre deux
 +
Entre oui entre...
 +
Toujours entre deux !...
 +
''Annie''
 +
 
 +
 
 +
Entre monts d'Arrées et montagne noire
 +
Entre Huelgoat et le chaos
 +
Entre Brennilis et sa centrale
 +
Entre roc Trevezel et roc Tredudon
 +
Entre randonnées et étangs
 +
Entre calvaires et chapelles
 +
Entre l'ankou et la mort
 +
Entre lutins et farfadets
 +
Entre crêpes et cidre
 +
Toujours entre - deux
 +
''Claude''
 +
 
 +
 
 +
Entre Brest et Douarnenez
 +
Entre les mers
 +
Entre les mers et les terres
 +
Entre le Conquet et Saint Renan
 +
Entre Paris et Brest
 +
Entre le T.G.V
 +
Entre les villages
 +
Entre chiens et chats
 +
Entre rires et chansons
 +
Entre Finistère et Côtes d'Armor
 +
Toujours entre toi et moi.
 +
''Nolwen''
 +
 
 +
 
 +
Entre Nord et Bretagne
 +
Entre rires et larmes
 +
Entre messages et téléphone
 +
Entre surprises et courrier attendu
 +
Entre jour joli et nuit de pluie
 +
Entre jardin fleuri et potager asséché
 +
Entre vélo et trotinette
 +
Entre caprice d'enfant et berceau vide
 +
Entre ton sourire et ma pauvre tête
 +
Entre tram
 +
Et marche à pied
 +
Entre espérance et hospitalité
 +
Entre Normandie
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Le mont Saint Michel
 +
La pointe Saint Mathieu
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Entre deux balances, mon cœur
 +
Entre larmes et rires joyeux
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Toujours  entre-deux.
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''Ginette-Marie.''
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== Voyage en écriture, Pen Ar Crea'ch, mars 2011 ==
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J'avais fait mes bagages, je partais.
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Enfin après tous ces longs mois où j'avais compté quasiment jour par jour style « tant de jours passés au boulot, encore tant de jour à passer au boulot », le grand jour était arrivé!
 +
Les bagages dans la voiture les plantes vertes confiées au bon soin de la voisine, ainsi que le chat et c'est parti... Rarement, moi qui suis d'une nature plutôt réservé, rarement  - disais-je - étais-je parti avec autant d'enthousiasme!
 +
Un kilomètre, dix kilomètres, cent kilomètres, deux cents, trois cents... le moteur de mon vieux tacot avait rarement tourné avec autant de régularité. C'était un vrai plaisir de marcher - de rouler plutôt - vers un lieu de villégiature.
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Soudain un petit bruit, un clic clac à peine perceptible mais bien réel. Pas de panique! Au prochain garage, je m'arrête, je fais de l'essence et le garagiste jette un œil. Ça peut pas être quelque chose de grave, quand même.
 +
Garage. Je m'arrête. Plein d'essence. Pression des pneus. Niveau d'eau, d'huile. Et enfin ce petit clic-clac!
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Et le garagiste de m'inquiéter: « Quoi! Un petit clic-clac, et vous me dites que c'est rien, que la voiture arrivera quand même à bon port! Mais enfin, je suis le professionnel, je sais de quoi je parle! Et si votre embrayage vous lâche et si c'est les freins... »
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Une fois payé, je me suis dépêché de repartir, et d'arriver à bon port, effectivement. Le petit clic-clac avait disparu avec le même enchantement qu'il était apparu.
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''Paul, 24 /02 /11''
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J'avais fait mes bagages, je partais.
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Au moment de passer la douane, à l'aéroport... je l'ai aperçu. C'est un informaticien; je l'ai connu sur les bancs du lycée. Même si c'était très rare qu'on se téléphonât, nos professions étant opposées. Nous n'avons plus les même centres d'intérêts, lui est si avide de mesquinerie, moi j'ai choisi une activité liée au social et à la générosité.
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''Marie-Noëlle, 24/02/11''
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J'avais fait mes bagages, je partais.
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En tant qu'instituteur je n'avais jamais connu de situation aussi conflictuelle durant toute ma jeune carrière. Aussi je me sentais atteint dans ma sincérité, lorsqu'on avait mis en doute ma probité face aux dires d'un enfant aussi versatile.
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Une fois dans le train la page semblait tournée à tel point que j'avais presque envie de chanter. Peut-être valait-il mieux en un sens que je change de cadre de vie, que je fasse fi des blessures narcissiques et prenne un nouveau départ.
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''Béatrice, 24/02/11''
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J'avais fait mes bagages, je partais.
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J'avais rendez-vous à Niort pour passer mon CAP de charcutier. Durant mon enfance mon père m'avait toujours dit que j'étais un paresseux. C'était surtout quand nous étions en train de manger, qu'il s'en prenait à moi. Il me disait que je manquais de dynamisme que je n'arriverais jamais à rien. Dans quelques jours, avec mon CAP en poche je vais lui prouver le contraire.
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''Thierry, 24/02/11''
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 +
Maxime était un homme jovial, bon vivant, en témoigne sa petite bedaine sympathique; son rire (lequel ponctuait la plus part de ses phrases) chevroté laissant découvrir de belles dents blanches soigneusement alignées.
 +
Sa femme, une grand-mère empreinte de mansuétude avec sa flopée de petits enfants venait de perdre la vie par hydrocution à la suite d'un bain en pleine mer.
 +
Le pauvre Maxime, esseulé, tomba dans un profond désarroi à la suite de ces événements.
 +
Son ami de toujours, en peine pour lui, se mit en tête de rédiger une petite annonce pour retrouver l'âme sœur ou à défaut une amie, laquelle partagerait avec leur bande d'ami les plaisirs de la retraite.
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''Béatrice, 24/02/11''
  
[[Catégorie:2011-02]]
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[[Catégorie:Écriture]][[Catégorie:Poésie]][[Catégorie:Ligue - FOL29]]

Version actuelle datée du 9 janvier 2018 à 19:18

Ouvert à un public jeunes adultes et adultes, les ateliers d'écriture menés par la Ligue de l'enseignement - F.O.L. du Finistère sur les quartiers de Kérourien, Pen-ar-Creac'h et de Kérédern mettent l'accent sur le plaisir, l'imaginaire et l'originalité de la production. Informations pratiques sur le site www.laligue-fol29.org.

Un moment d'écriture où plaisir et convivialité sont les maîtres mots.


C'est l'occasion de découvrir ensemble des auteurs et d'apprécier différentes sensibilités d'écriture. Les textes écrits à partir de consignes d'écriture orientent et lancent le désir d'écrire. Des consignes pour des jeux d'écriture ou une écriture thématique. Lus à haute voix lors de l'atelier, commentés, partagés, ces écrits peuvent aussi s'inscrire dans des créations liées à des manifestations culturelles, artistiques.... pour une valorisation particulière de la production.

Les auteurs des textes vous proposent de découvrir leurs productions.


Hep toi mon frère
Ici on est fier
Pas de galère
Hey man
On est des frères
Pas de prières
Hip Hop quand le Hip te choppe
Hip Hop c'est hype mon pote
Yeah toi tu rap
Tu es le nouveau hère (R) qui est dans l'air
Tu as le A, le A de quoi ?
Tu es la paix de ce monde de misère
Et on s'envoie en l'R
RAP 3 lettres
HOP 3 lettres
HIP 3 lettres
mais c'est trois fois (P) Paix
même si douleur, mal être, violence
en sont le leit-motiv
Je te demande toujours la même chose
le A de quoi
le a d'amour.

Isabelle, novembre 2010

Courrier du matin

Lundi : le premier jour de la semaine : je découvre le courrier, les factures à payer de toutes sortes : l'eau, l'EDF, bonnes et mauvaises nouvelles. Heureusement, il y a du courrier, les anniversaires et de la famille.

Mardi : ce jour-là, il y a parfois beaucoup de courrier : téléphone, impôts, facture d'eau. En général, c'est un jour sans. De temps en temps, le facteur se trompe de boîte aux lettres.

Mercredi : la boîte à lettre est vide. Ouf, un peu de répit. Donc c'est une bonne journée qui commence.

Jeudi : de temps en temps, je discute avec le facteur. Y-a-t-il des factures, des bonnes nouvelles ? Il y a beaucoup de gaspillage de papier.

Vendredi : nous approchons de la fin de la semaine, la quantité de courrier diminue : factures et beaucoup de pub toutes les fins de semaine.

Samedi : un jour agréable pour le courrier. J'ai fait le tri, je me suis occupée des factures en tout genre. Il y a des réclames pour les fêtes de Noël.


Nolwen, novembre 2010

BONNE année dans ce nouvel atelier.

ANNÉE de joie et de bonheur partagé.

DEUX ateliers par mois seront nécessaires à notre besoin littéraire.

MILLE souvenirs sont à inventer, pour ensemble se les remémorer.

ONZE vœux au moins doivent être réalisés pour goûter ensemble au plaisir de cet atelier.


BONNE humeur, bonne santé... je vois la vie en rose, j'espère des bons jours avec des rapports cordiaux entre les gens, dans les familles, dans la vie professionnelle.

ANNÉE, ce sera l'année des projets. Projets pour construire l'avenir de nos enfants, penser à l'éducation des plus faibles et des plus démunis, penser à l'égalité des chances.

DEUX, oui ça me fait bien envie, je partirai deux fois en vacances cette année, une fois en février et une autre fois dans le courant de l'été!

MILLE baisers que j'envoie aux sinistrés de Haïti, un an après le séisme, il n'y a pas grand chose qui ait changé pour eux! Beaucoup de haïtiens sont sans ressources et dorment sous tente, ils ont tout perdu sauf leur dignité de personne humaine.

ONZE lanternes m'éclairent et m'orientent pour faire les bons choix au cours de l'année 2011.

Marie, 27 janvier 2011

La récolte est souvent plus abondante en catalogues, publicités adressées ou factures qu'en vraies lettres ou bonnes nouvelles. Toutefois, j'attends toujours avec impatience le passage du facteur, plus exactement le moment de la distribution du courrier. Il fut un temps ou elle était régulière. Mais actuellement la distribution change souvent et met plus de temps, sans parler des grèves !

Dons j'attends sans parvenir à entreprendre quoique ce soit d'important... tant que je n'ai pu aller visiter ma boîte. Je suis souvent déçue et surtout lorsque je n'y trouve absolument rien. Même pas la moindre paperasse ! Mais parfois, un courrier me fait plaisir, me fait sourire et me met de bonne humeur pour la journée. Aujourd'hui, par exemple, peut-être vais-je recevoir la lettre qui va me réjouir ? J'y compte bien. Sinon, j'attendrai demain. Ou après-demain. Quoique je doive y découvrir, j'aime particulièrement l'instant où j'introduis ma clef dans la petite serrure de ma boîte aux lettres. Ensuite... c'est la surprise ou la déconvenue. Mais les quelques secondes de suspense, je ne veux point les rater !! Et ainsi va la semaine.


Micheline, janvier 2011


Un message attaché au collier d'un chien :
Adoptez-moi mon maître ne veut pus de moi, la SPA non plus.
Un message écrit à la traîne d'un avion :
Je suis seul 06 57 44 27 75
Un message accroché à la ficelle d'un ballon de baudruche
Le bonjour de Brest. Va où le vent te mène.
Un message collé sur une porte
Je suis passé en coup de vent, il n'y avait personne.
Je reviendrai demain "peut être" Thierry.

François, janvier 2011

Longtemps j'ai eu pour confidentes les pages rustiques d'un cahier de brouillon sur lesquelles se promenait au gré de ma fantaisie la pointe d'un bic.

Il y avait dans tout cela quelque chose de confortable qui faisait que tout glissait tandis que le blanc pur d'une belle feuille de papier freinait inexorablement mon inspiration.

Puis un jour, le progrès a fait intrusion dans mon existence. Il m'a fallu dompter le clavier de l'ordinateur et me résigner à quitter le papier.

Fini le plaisir tactile, ce fut dans un premier temps comme une dépossession puis peu à peu mes doigts se sont accoutumés, mes oreilles ont été bercées par le cliquetis des touches et j'ai apprécié de pouvoir rectifier un texte sans rature.

C'est aujourd'hui un bonheur de me livrer au plaisir d'écrire presqu'au saut du lit, où bien n'importe quand, lorsque l'envie devient trop forte. Mis je n'ai pas abandonné la feuille qui me permet de jeter un pont entre mes amitiés.

Écrire est un bonheur qui me saisit partout même si je préfère le cadre feutré de mon bureau, j'aime aussi me livrer assise sur un banc, en pleine nature et prendre à témoin de fictives interlocutrices d'un bonheur cueilli par une belle journée.

Béatrice, janvier 2011

Avec quoi écrire ?

  • Pour la paperasse, stylo
  • Pour la lettre, la vraie, celle que l'on appelle "correspondance épistolaire", le porte-plume; la plume "sergent major" et l'encre. Une manière de l'ennoblir, de la respecter ...

Sur quoi écrire ?

Sur du papier surtout. Il fut un temps où je me suis essayée à la pyrogravure, c'est bien vieux tout ceci. Pendant les répétitions de théâtre, semaine après semaine, dans une tentative de carnets de voyage.

Comment écrire ?

Puisque la question sur la forme m'embarrasse, je vais répondre un peu à côté. Comment ne pas écrire au téléphone ? Enfin écrire ! Du gribouillis sur des post-it plutôt. Sans rime ni raison. Comme ça pour fluidifier la conversation.

Dans quels lieux ?

Pour la correspondance épistolaire, il faut un minimum de matériel, du recul, de la réflexion. Le choix du mot juste. Une sorte de cérémonial, de rite. Le seul lieu propice est à l'évidence une "ashram" peuplé de zèbres...

Paul, janvier 2011

Jeu d'imagination

Je suis exposée aux vents, je suis entourée d'eaux froide ou tiède, tumultueuse ou calme selon le temps, selon la saison. J'aime la couleur de mes rivages, la couleur de la pierre, le mauve de la bruyère, les gravillons de mes sentiers côtiers. Les ciels passent du bleu pâle au bleu sombre, et souvent en hivers le gris est la couleur prédominante. Dès que le visiteur pose pied sur mon site, il est surpris par la hauteur d'un bâtiment, c'est le phare du Crea'ch.

Après avoir grimpé un ou 2 kilomètres à vélo, vous découvrirez le bourg, avec l'église du 18eme siècle, la mairie et en face une maison classique des ports de Bretagne, c'est là que se situe la Poste.

Quelques boutiques attirent les touristes, et leur proposent des spécialités locales: miel, tisanes de toutes sortes, fromage de chèvre, biscuits et aussi de l'artisanat à base de laine de mouton ou de tissu de patchwork.

Un peu plus loin le visiteur aime à flâner dans un des ateliers de peinture où les artistes exposent, le coup d'œil vaut vraiment le coup. N'oubliez surtout pas le prochain rendez-vous du festival international insulaire qui se tient du 10 au 15 août. Cette année 2011, Ouessant reçoit les écrivains et les musiciens du monde entier. L'ambiance est assurée et le plaisir sera partagé entre les artistes et le public.

Après avoir goûté à la mer et à son décor, laissez vous tenter par un p'tit resto afin de déguster des fruits de mer ou des produits bio.

Marie 21 janvier 2011

Jeu d'imagination

Bonjour Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Je me présente: je suis un périssodactyle. En faite un périssodactyle n'est pas une espèce bien définie, c'est un genre: ça peut être aussi bien un cheval qu'une girafe, un phacochère etc..

Le point commun de ces différents animaux est de se tenir sur deux doigts. Moi je suis un zèbre. « Zèbre » non pas parce que je suis zébré mais parce que les premiers humains qui m'ont croisé se demandant quel était cet animal à rayures et se sont questionnés entre eux:

  • «Quel est cet animal à rayures? »
  • «Lequel? »
  • «Celui qui court ? »
  • «Lui, celui qui court comme un zèbre ? »

D'où mon nom!!

Étonnant! Non?

Ah oui! J'oubliais... je suis Africain.

Paul 21 janvier 2011

INFINI PAYSAGES, mars 2011


Je dis étang une petite fille rame dans sa minuscule barque
Revenant de sa cueillette en cachette des lotus blancs
Comment pourrait-elle dissimuler ses traces ?
Son embarcation laisse derrière elle un sillage ...entre les lentilles d'eau.

Je dis ciel poussé par le vent vigoureux, l'orage s' abat sur la haute citadelle
Sous le poids des nuages, des coups de tonnerre tambourinant sur la terre
L'averse apaisée, on ne sait plus où est le dragon
Seules des milliers de grenouilles coassent dans l'étang vert.

Je dis vent, le vent des cieux me pousse au sommet chargé de roses, le souffle offre la fraîcheur au sixième mois, j'emprunte les deux cigognes blanches aux vieux moines qui m'emportent sur leur dos au fond des nuages d'azur.

Je dis neige, mille montagnes, aucune ombre d'oiseau
Dix mille sentiers, pas une trace humaine
Seule une petite barque, un manteau de chanvre surmonté d'un chapeau de feutre,
Un vieillard pêche à la ligne, dans le froid sur le fleuve enneigé.

Je dis nuit profonde, la cour est silencieuse, minuscule, le jardin est désert,
Le vent intermittent provoque, les battements sporadiques des fenêtres et des portes
La nuit est interminable, insomnieuse, je ne fais que compter les coups de battoirs, et regarder le rideau illuminé par la lueur de la lune.

Je dis homme, les hommes égarés sur le chemin de la vie ne peuvent revenir de leurs erreurs funestes, s'il n'y a pas une voix, de l'intérieur d'eux-mêmes qui soit leur propres juge et blâme leurs conduites.

Je dis amour,
Dis-moi, au-delà de l'amour dont j'ai parcouru le chemin
Connais-tu la nouvelle étape
Qui me conduirait en ce lieu
Propice à l'heureuse rencontre,
Car l'amour en ce cœur meurtri
N'a fait que prolonger l'exil.

Je dis automne
Les jours sont revenus, de pluies
De tempêtes et de crépuscules précoces
Les jours où l'on se tasse en un coin
Dans la maison, auprès du feu
Les jours des peaux de moutons, les jours de l'âtre
Et des contes et récits d'antan
Qui sont leurs compagnons.
Claude.



Je dis nuit et la lune me fait signe, elle veille
Je dis neige et le ciel pleure des papillons blancs
Je dis mer et l'océan câline ses vagues, roule et enroule doucement ses coquillages et ses poissons
Je dis ciel quand il s'assombrit et prépare une fronde qui finira en explosion
Je dis sang, c'est la vie qui palpite et s'en va
Je dis encre et ma plume s'envole dans une danse infinie
Je dis feu sur les orties, nous en ferons une bonne soupe ce soir
Je dis pluie, gouttelettes, gouttelettes, vous mouillez mon beau chapeau
Je dis terre, mes vallées, mes montagnes, c'est mon avenir et ma maison.
Ginette-Marie.


Je dis nuit, étoile, tu éclaires le hululement du hibou, lune tu chantes le jour de l'autre monde
Je dis neige et ma main glisse sur ton doux manteau, myriade d'étoiles polaires
Je dis mer, gronde la vague, roule le galet, elle enfante le perpétuel ballet de la vie
Je dis ciel et les tours viennent chatouiller les nuages et caresser les étoiles
Je dis vent et les voiles claquent et le bateau glisse, vertige océanique
Je dis sang, goutte à goutte,palpitant, souffle de vie, éphémère, passage
Je dis encre, noire et les griffures de poésie strient la peau du parchemin
Je dis feu, brasier de ton regard quand je retrouve ton âme
Je dis pluie, douche astrale, perles isolées, ton chant coule sur le toit de mon univers
Je dis terre et le labour libère le doux parfum de sa peau, son coeur palpite quand la graine choit dans son antre et que la fleur épanouie se laisse chahuter par le vent.
Isabelle.


Je dis : nuit et le silence m'embrase, je prête l'oreille au message offert comme une évidence.
Je dis : neige et je frissonne près du linceul blanc.
Je dis : mer et l'horizon s'ouvre devant mes yeux émerveillés.
Je dis : ciel souriant devant le ballet des hirondelles au printemps.
Je dis : vent et je balaie tous mes soucis.
Je dis : sang d'encre sur ma plume effrénée.
Je dis : encre et mon corps se statufie comme accroché à son ancre.
Je dis : feu et le cœur du démon atomique s'enflamme.
Je dis : pluie de particules dissimulées dans l'air ambiant.
Je dis : terre et je souffre de la pollution qui souille mes entrailles.
Marylène


Je dis nuit calme, pas un bruit dans la maison, toute la famille dort, la peur de la nuit angoisse
Je dis neige d'une belle couche neigeuse sur les pistes de la station de ski, le soleil brille sur la montagne
Je dis mer calme, les bateaux naviguent sur la mer, le soir, un joli coucher de soleil
Je dis ciel lorsque l'ombre des oiseaux, des goélands plongent dans le vide et déploient leurs ailes pour mourir
Je dis vent, un nuage de poussière s'envole avec un air de fête
Je dis sang, la circulation du sang dans mon corps et l'oxygène m'aide à respirer
Je dis encre, le bateau arrive au port et jette son ancre
Je dis feu, chaleur des bûches qui brûlent dans la cheminée
Je dis pluie pour arroser les fleurs dans les jardins
Je dis terre comme la terre entière, au large d'Ouessant.
Nolwenn.


Je dis nuit et tout se coule dans une profondeur incommensurable, envoûtante parfois angoissante. Le silence de la nuit peut s'installer déchiré par les seuls cris des oiseaux nocturnes.
Je dis neige et le paysage en est tout arrondi et silencieux.
Je dis mer, un ruban de soie qui se noue, se dénoue soue les embruns e les alizés.
Je dis ciel, vaste et bleu à l'infini comme une coupelle d'eau pour étancher la soif et lourds de ses nuages menaçants pour les lendemains
Je dis vent et son souffle me ferme les paupières, m'assèche la peau, se joue de ma chevelure et enfle tous les murmures de la vie.
Je dis sang, pourpre, à flot continu pour une vie, la vie qui vient, qui va et s'en va.
Je dis encre, l'empreinte qui se joue du temps qui passe.
Je dis feu, un brûlis pour une renaissance
Je dis pluie et la vie renaît
Je dis terre où s'enfoncent nos racines, où se greffe notre identité et où se croisent nos richesses
Jacqueline.

                                 
Je dis nuit et le jour éteint ses lumières, au loin sur le belvédère, la nuit repose assoupie.
Je dis neige et mes yeux ébahis observent le manège des flocons en cortège qui s'écrasent sans bruit.
Je dis mer et mes espérances embarquent sur un radeau où mes désespérances s'échouent aux rives de l'enfer.
Je dis ciel quand l'immensité s'azure du bleu de tes yeux.
Je dis encre lorsqu'à l'aurore encore encapuchonnée de brumes mon stylo pleure de nouvelles métaphores.
Je dis vent au temps qui s'envole en bourrasques un peu folles échevelant mes derniers ans.
Je dis sang, bleui de noblesse guindée, qui s'étiole au feu de la modernité dans des châteaux parfois délabrés.
Je dis feu au creux de la saint Jean où se consumèrent, avec ma jeunesse, mes amours d'antan.
Je dis terre, agenouillée devant ma mère nourricière qui depuis la nuit des temps nous a nourris.
Je dis pluie lorsque l'orage au loin gronde et que l'éclaire zèbre les cieux en courroux.
Annie
             

Poétisons selon Aimé Césaire
Dorsale Bossale
Extrait de
Moi, Laminaire / éditions du seuil 1982

Il y a des châteaux qui font peur
Il y a des châteaux qui marchent la nuit
Il y a des châteaux qu'on a oublié
Il y a des châteaux qu'on voit pleurer
Il y a des châteaux qui hurlent leurs souvenirs enfouis
Il y a des châteaux qui gardent en eux le goût du sang et de la mitraille
Il y a des châteaux, souvenirs de damoiseaux perdus
Il y a des châteaux où file une belle à son rouet attendant le cheval blanc
Il y a des châteaux repaire de brigands criant dans le vent
Il y a des châteaux qu'on a fortifiés pour éradiquer la peur
Il y a des châteaux qui chantent dans ma mémoire lors des nuits noires
Il ne faut pas oublier les morceaux de murs semi-écroulés de lierre, habités de hulottes résidentes de ces châteaux oubliés
Il y a les châteaux, des châteaux, où le malheur reste à la porte,
Il y a même des châteaux d'eau.
Ginette-Marie


Il y a la mer démontée qui crache sa colère
Il y a la mer souriante qui s'étale avec langueur
Il y a la mer veloutée, pailletée
Il y a la mer chagrine à la robe plissée
Il y a le ciel azuré
Il y a le ciel grisâtre
Il y a le ciel rouge-sang
Il y a le ciel plombé
Il y a les petits chemins sur le littoral
Il y a mille chemins pour atteindre la mer
Il y a des sentiers côtiers aux essences fleuries
Il y a des ajoncs d'or près des primevères
Il y a mon cœur allégé comme protégé
Il y a mon corps ragaillardi par le vent marin
Il y a le vent joyeux qui cabriole
Il y a le vent mauvais à l'haleine chargée
Il y a la tempête en mer
Il y a des marins en perdition
Il y a mon cœur qui bat la chamade
Il y a des lendemains qui chantent.
Marylène


Il y a des rêves moelleux qui cuisent au four et gonflent, gonflent
Il y a des rêves qui se mettent en marche et qui n'arrivent à rien
Il y a des rêves qui grandissent et me poussent à aller plus loin
Il y a des rêves qui meurent en peau de chagrin
Il y a des rêves quine servent à rien
Il y a des rêves qui s'emparent de mon esprit et m'offrent les plus belles surprises
Il y a des rêves qui me portent à bout de bras et me crient pourquoi pas
Il y a des rêves qui m'ont menée jusqu'à toi, terre bretonne, terre de vie, de vent et de pluie
Il y a tous ces rêves à qui je dis merci, grâce à eux, je suis ici en votre compagnie.
Isabelle.


Il y a naguère, les pleurs de ma mère
Il y a ses rires, il y a ses joies
Il y a aussi, chaude en sa demeure,
Sa tendresse berçant mon cœur en émoi.
Il y a les yeux de ma tendre mère
Plus bleus que pervenches en un soir d'été
Il y a souvent sa voix qui opère
Au cœur de mes maux pour les effacer.
Il y a l'enfance qui parfois dérive
Il y a les ports, abris incertains,
Il y a l'espoir qui s'échoue aux rives
De vains horizons, piètres lendemains.
Il y a l'amour immense de ma mère
Il y a parfois sa résignation
Devant les yeux sombres et durs de mon père
Qui n'admettait point quelque opposition !
Il y a, le parfum unique de ma mère
Effluve de violettes qui vous envoûtait
Il y a mes rêves, mes pleurs, mes chimères,
Part de mon enfance trop vite envolée.
Il y eut bien sûr mais il y a toujours
L'amour pour ma mère doux comme velours !
Annie


Il y a la lande
Il y a la bruyère
Il y a les sentiers
Il y a les ribins cabossés
Il y a les sapinières
Il y a l'ankou et sa famille
Il y a le druide de blanc vêtu
Il y a le mont saint Michel qui surplombe l'étendue
Il y a les fesnoz et ses kamhadiskan
Il y a le cidre et les crêpes
Il y a la Bretagne belle et somptueuse
Il y a la Bretagne que j'aime tant.
Claude


Il y a les prés clos
Où se regroupent les troupeaux
vaches et chevaux

Il y a les champs fleuris, sans âge
Coincés dans leur bocage

Il y a les marais gorgés d'eaux
Où sans bruit, doucement
La barque glisse entre les roseaux

Il y a entre mer et terre
Les marais salants qui encore hier
Étaient soignés
Par des brassées de paludiers

Il ne faut pas oublier
La colline herbeuse jouxtant l'atelier
Qui en toute saison
Était notre terrain de jeux
A nous, filles et garçons.
Jacqueline



Entre
(d'après le poème de Liska - Mi-Ville, Mi-Raisin - éditions Cadex / coll. Le Farfadet - bleu 2005)

Entre Brest et Ré
Entre terre et mer
Entre ville et champ
Entre bitume et forêt
Entre peine et joie
Entre famille et amis
Entre alarme et quiétude
Entre autoroute et chemin
Entre voiture et bicyclette
Entre vignes et champs de blés
Entre mer et ciel
Entre mouettes et goélands
Entre toi et moi
Toujours entre nous.
Marylène


Entre le jardin et la maison
Entre ritournelles et chansons
Entre chemins et routes
Entre trains et soutes
Entre l'océan et les terres
Entre les distances à faire
Et à refaire
Entre lieu-dit
Et hameau
Entre la commune
Et la ville
Entre passé
Et avenir
Toujours entre-deux.
Jacqueline.


Entre tenir et voir
Entre côte et descente
Entre mai et juillet
Entre là et là-bas
Entre tien et mien
Entre prise et usine
Entre chat et chien
Entre deux et toi
Toujours entre-deux.
Isabelle.


Entre chien et loup
Entrent désirs fous
Entre mains levées
Et fronts abaissés.
Entre le calvaire
Et le Dieu Vauvert,
Entre deux Avés
Entre le curé
Et des cieux cléments
Entre bonnement
Entre deux éclairs
Entre le tonnerre
Et la barque pleure
Entre saules pleureurs
Et berge à fleur d'eau,
Entre les roseaux.
Entre deux aveux
Et d'amers adieux
La fin entre deux
Entre oui entre...
Toujours entre deux !...
Annie


Entre monts d'Arrées et montagne noire
Entre Huelgoat et le chaos
Entre Brennilis et sa centrale
Entre roc Trevezel et roc Tredudon
Entre randonnées et étangs
Entre calvaires et chapelles
Entre l'ankou et la mort
Entre lutins et farfadets
Entre crêpes et cidre
Toujours entre - deux
Claude


Entre Brest et Douarnenez
Entre les mers
Entre les mers et les terres
Entre le Conquet et Saint Renan
Entre Paris et Brest
Entre le T.G.V
Entre les villages
Entre chiens et chats
Entre rires et chansons
Entre Finistère et Côtes d'Armor
Toujours entre toi et moi.
Nolwen


Entre Nord et Bretagne
Entre rires et larmes
Entre messages et téléphone
Entre surprises et courrier attendu
Entre jour joli et nuit de pluie
Entre jardin fleuri et potager asséché
Entre vélo et trotinette
Entre caprice d'enfant et berceau vide
Entre ton sourire et ma pauvre tête
Entre tram
Et marche à pied
Entre espérance et hospitalité
Entre Normandie
Le mont Saint Michel
La pointe Saint Mathieu
Entre deux balances, mon cœur
Entre larmes et rires joyeux
Toujours entre-deux.
Ginette-Marie.


Voyage en écriture, Pen Ar Crea'ch, mars 2011

J'avais fait mes bagages, je partais.

Enfin après tous ces longs mois où j'avais compté quasiment jour par jour style « tant de jours passés au boulot, encore tant de jour à passer au boulot », le grand jour était arrivé! Les bagages dans la voiture les plantes vertes confiées au bon soin de la voisine, ainsi que le chat et c'est parti... Rarement, moi qui suis d'une nature plutôt réservé, rarement - disais-je - étais-je parti avec autant d'enthousiasme! Un kilomètre, dix kilomètres, cent kilomètres, deux cents, trois cents... le moteur de mon vieux tacot avait rarement tourné avec autant de régularité. C'était un vrai plaisir de marcher - de rouler plutôt - vers un lieu de villégiature. Soudain un petit bruit, un clic clac à peine perceptible mais bien réel. Pas de panique! Au prochain garage, je m'arrête, je fais de l'essence et le garagiste jette un œil. Ça peut pas être quelque chose de grave, quand même. Garage. Je m'arrête. Plein d'essence. Pression des pneus. Niveau d'eau, d'huile. Et enfin ce petit clic-clac! Et le garagiste de m'inquiéter: « Quoi! Un petit clic-clac, et vous me dites que c'est rien, que la voiture arrivera quand même à bon port! Mais enfin, je suis le professionnel, je sais de quoi je parle! Et si votre embrayage vous lâche et si c'est les freins... » Une fois payé, je me suis dépêché de repartir, et d'arriver à bon port, effectivement. Le petit clic-clac avait disparu avec le même enchantement qu'il était apparu.

Paul, 24 /02 /11


J'avais fait mes bagages, je partais.

Au moment de passer la douane, à l'aéroport... je l'ai aperçu. C'est un informaticien; je l'ai connu sur les bancs du lycée. Même si c'était très rare qu'on se téléphonât, nos professions étant opposées. Nous n'avons plus les même centres d'intérêts, lui est si avide de mesquinerie, moi j'ai choisi une activité liée au social et à la générosité.

Marie-Noëlle, 24/02/11


J'avais fait mes bagages, je partais.

En tant qu'instituteur je n'avais jamais connu de situation aussi conflictuelle durant toute ma jeune carrière. Aussi je me sentais atteint dans ma sincérité, lorsqu'on avait mis en doute ma probité face aux dires d'un enfant aussi versatile. Une fois dans le train la page semblait tournée à tel point que j'avais presque envie de chanter. Peut-être valait-il mieux en un sens que je change de cadre de vie, que je fasse fi des blessures narcissiques et prenne un nouveau départ.

Béatrice, 24/02/11



J'avais fait mes bagages, je partais.

J'avais rendez-vous à Niort pour passer mon CAP de charcutier. Durant mon enfance mon père m'avait toujours dit que j'étais un paresseux. C'était surtout quand nous étions en train de manger, qu'il s'en prenait à moi. Il me disait que je manquais de dynamisme que je n'arriverais jamais à rien. Dans quelques jours, avec mon CAP en poche je vais lui prouver le contraire.

Thierry, 24/02/11


Maxime était un homme jovial, bon vivant, en témoigne sa petite bedaine sympathique; son rire (lequel ponctuait la plus part de ses phrases) chevroté laissant découvrir de belles dents blanches soigneusement alignées. Sa femme, une grand-mère empreinte de mansuétude avec sa flopée de petits enfants venait de perdre la vie par hydrocution à la suite d'un bain en pleine mer. Le pauvre Maxime, esseulé, tomba dans un profond désarroi à la suite de ces événements. Son ami de toujours, en peine pour lui, se mit en tête de rédiger une petite annonce pour retrouver l'âme sœur ou à défaut une amie, laquelle partagerait avec leur bande d'ami les plaisirs de la retraite.

Béatrice, 24/02/11

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