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Piéta de Plouarzel

Ce texte est tiré de la revue Tud ha Bro n°23 "L'enclos paroissial" publiée par l'association Tre Arzh en novembre 2002 et reproduit avec leur autorisation. Le document complet est accessible auprès de l'association. Nous vous présentons ici un extrait.


Elément majeur de la statuaire de l’église paroissiale, la Pieta constitue avec les reliques, les saintes espèces et les vases sacrés, un des rares éléments de l’ancienne église à avoir été sauvés lors de l’incendie de 1898. Classée par l’Administration des Beaux-Arts, elle date probablement de la fin du 16ème siècle, début 17ème . Son auteur est inconnu. Le matériau utilisé est du bois peint (polychrome) et doré. Marie BERTHOU nous détaille avec une grande précision cette œuvre remarquable du patrimoine de la commune.

Généralités

La représentation de la Vierge de Pitié s’inscrit dans le temps de la passion entre la scène de la déposition de croix (le corps de Jésus est descendu de la croix par Joseph d’Arimathie et Nicodème, après autorisation de Pilate) et celle de l’ensevelissement (Joseph d’Arimathie et Nicodème enveloppent le corps de Jésus dans un linceul et le déposent dans une tombe taillée dans le roc). A noter que les Evangiles ne font pas allusion à la déposition de Jésus sur les genoux de sa mère. Le groupe de la Vierge de Pitié comprend ou la Vierge et le Christ seuls ou la Vierge et le Christ entourés de plusieurs personnages (saintes femmes, disciples de Jésus, …) ; parfois des anges sont présents. « Le thème de la Vierge de Pitié, portant sur ses genoux son Fils mort, n’apparaît, on le sait, qu’à une date assez avancée du XVème siècle : la Bretagne l’adopte très vite, et ses sculpteurs y ont trouvé l’occasion de leurs chefs-d’œuvres peut-être les plus saisissants. La piété populaire lui marqua une prédilection passionnée… » écrit Victor Henry DEBIDOUR en 1981 dans « La sculpture bretonne ».

Description

Le groupe de la Vierge de Pitié de Plouarzel comprend la Vierge et le Christ seuls. D’une hauteur d’environ 1,40 m, c’est une œuvre dite de petite nature. Le revers est profondément évidé ; seule la tête de la Vierge y est sculptée et peinte.

La composition se distribue à la fois en hauteur (Vierge) et en largeur (Christ). L’accent est mis sur les deux personnages qui ont à peu près les mêmes dimensions ; le corps du Christ, courbé, déborde légèrement de la pyramide formée par la silhouette de la Vierge. Les amples plis du vêtement de la Vierge sont ordonnés afin de mettre en valeur le corps du Christ, seulement revêtu d’un pagne à petits plis réguliers. Le visage de la Vierge, plus grand que celui du christ, capte l’attention. Tributaire de la faible profondeur du bloc, la sculpteur a donné à la Vierge une position assise peu prononcée, ce qui laisse au Christ peu d’espace horizontal pour reposer ; il figure en déséquilibre sur le côté, sans peser sur sa mère et sans que celle-ci ne l’empêche de tomber. Le sculpteur a également manqué de profondeur pour sculpter les bras de Marie : à gauche, le bras est inexistant et la main atrophiée ; à droite, à cause du geste de la Vierge, l’avant-bras existe et la main est une pièce rapportée.

La Vierge est voilée et enveloppée dans un long manteau de deuil, dont les plis épousent son anatomie, la Vierge assise est légèrement tournée vers la droite, du côté où se trouve la tête du Christ qui gît sur ses genoux (sauf exceptions, la tête du Christ est à droite de sa mère). De sa main droite, elle crispe un pan de son voile avec lequel elle essuie ses yeux mi-clos en larmes. Les larmes coulent sur les joues, peintes en rouge. De sa main gauche, elle retient légèrement son fils par le poignet. Le visage et le cou sont dégagés du vêtement. Le visage aux traits purs et lisses exprime douleur et résignation.

Le Christ montre un corps courbé aux membres raides ; son visage aux yeux clos et sa bouche entre-ouverte expriment l’immobilité de la mort. La couronne d’épines, la plaie béante du flanc droit, le clou qui lie les deux pieds rappellent les supplices subis. Le sang coule un peu partout sur le corps. Les cheveux, la barbe et la moustache sont soigneusement torsadés. Le nombril et les côtes sont dessinés.

Restauration

En mars 1960, lors d’une délibération du conseil municipal, il est demandé la participation de la commune aux frais de restauration de la statue de Notre Dame de Pitié, classée par l’Administration des Beaux-Arts qui projette de la faire restaurer avec l’aide financière du département et de la commune. Les démarches prendront un certain temps, de même que la restauration elle-même réalisée à Paris par les soins des Beaux-Arts et ce n’est qu’en 1967, après deux années d’absence, que la Piéta reprendra sa place dans l’église paroissiale mais non pas au fond de l’église où elle se trouvait préalablement mais dans le bras Nord du transept où elle se situe actuellement, posée sur un piédestal en granit, réalisé par Jean L’HOSTIS de Lanniouarn.

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