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De Wiki-Brest

Le canon sans référence

Nous habitions dans les tours de Quéliverzan et nous avions derrière la tour, la fameuse butte qui nous servait de terrain d'aventure dès que le temps passait au beau. Cette butte avait été constituée avec les remblais qui avaient été retiré pour les fondations des bâtiments alentour. Au fil des années cette butte s'était recouverte d'une végétation dense par endroit et avec des sentiers bien délimités.

Comme dans beaucoup d'endroits à Brest après-guerre nous trouvions souvent des armes et des munitions en jouant. Les garçons avaient toute la panoplie pour jouer à la petite guerre. Les divers partenaires de cette guerre avaient laissé sur le terrain tout ce qu'il fallait. Comme dit un brestois devenu Landernéen par la suite, il était décidé en début de jeu (à la tite guerre) lesquels étaient les bons et lesquels étaient les mauvais.

Les filles se contentaient d'autres choses tout aussi amusantes. En effet, il m'est arrivé de trouver un stock de barrettes que j'appelais « barrette tuf tuf ». Cela avait la taille d'une tablette de chewing-gum mais c'était jaune vif. Ces barrettes étaient très intéressantes lorsque l'on faisaient un feu. IL suffisait de jeter dans ce feu une tablette et cela faisait un plouf et une flamme assez impressionnante qui nous mettait en joie.

Mon frère Guy et son copain Loulou Corves avaient trouvé un canon dont je ne peux retrouver la référence, je n'ai jamais feuilleté les catalogues. La commercialisation ne posait pas de problème majeur, Gagne-Pain se chargeait d'acheter toute les ferrailles et autres qui lui étaient proposées.

La découpe du dit canon avait été résolu, grâce aux scies à métaux du père, qui avait piqué à l'occasion, une colère en voyant l'état des scies après leur utilisation. C'était une denrée rare chez les bricoleurs de l'époque. Le seul problème c'était le transport.

La tour du milieu de Quéliverzan, celle qui est seule de l'autre coté du boulevard Mouchotte, était encore en construction. Mon frère me chargea d'aller chercher une brouette auprès des maçons. Je ne rappelle plus quel mensonge j'avais trouvé mais je suis revenue avec la brouette en bois qui avait le dépôt de ciment habituel.

Le trajet pour aller jusqu'à chez Gagne-Pain dut être épique et c'est à partir de ce moment que les deux mecs m'ont trouvé encombrante. Je prenais cela comme l'expédition vers une terre inconnue et je devais tourner autour d'eux comme une puce excitée. Bref j'étais mise sur la touche.

Je suis donc partie dans mon coin en espérant à minima un Carambar et ou un chewing-gum gagnant pour ma participation active à l'entreprise. Quand ils sont revenus je leur ai demandé combien ils avaient eu avec le ferrailleur. Ils avaient paraient-ils fait de très mauvaises affaires et Gagne-Pain les avaient truandé. Les réputations tiennent à peu de chose.

Des années plus tard mon cher frère me disait dans un éclat de rire que ce jour là, ils avaient fait une bonne affaire à leurs yeux.

A 57 ans, je ne digère encore pas ce Carambar.

Michèle Mingant

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