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Lavoir de Pontaniou

Le lavoir de la Rue Saint-Malo.JPG
Le lavoir de Pontaniou, construit à la fin du XIXe siècle, se situe au creux du virage en haut de la rue Saint-Malo, Rive Droite à Brest.

Sommaire

Étapes de construction

Pour répondre au vœu des ménagères, la municipalité fait construire le lavoir en 1882 après acquisition des terrains nécessaires, en haut de la rue Saint-Malo à proximité de la source qui l'alimentera (en contrebas de la rue Maissin).

Les plans sont dressés par l'architecte de la ville Olivier Guennoc, en granite, chêne et sapin, et les travaux confiés à l'entreprise Corre, de Recouvrance.

Le lavoir ne comporte alors qu'une seule aile longue de trente mètres, mais sa forte fréquentation, jusqu'à 1300 personnes par jour, conduit la ville à doubler sa surface par la construction d'une seconde aile, en équerre, en 1913. Le lavoir est donc doté de deux bassins et d'un vaste espace de séchage, clos par un mur en moellons et terre.

Endommagé en 1944, il est reconstruit à l'identique entre 1949 et 1953 au titre des dommages de guerre (financement de l'État).


Les blanchisseuses

linge à sécher en 1980
Interdiction de laver les peaux de mouton

Les femmes qui fréquentaient le lavoir, ou doué, lavaient le linge familial ou contre rémunération. Il était de coutume qu'elles viennent chercher le linge et le rapportent à domicile, une à deux fois par semaine. Les ménages avaient recours aux professionnelles lorsque les ressources de la famille le permettaient, mais aussi lorsque la mère de famille avait une santé trop fragile pour supporter le poids du faix de linge mouillé (enroulé dans une serpillière) ou affronter les courants d'air et les changements brutaux de température entre l'eau glaciale du lavoir et l'atmosphère tropicale des maisons de buée, bâtiments où l'on faisait bouillir le linge en commun pour limiter les frais de chauffage.

Les femmes se rendaient au lavoir le plus proche de leur domicile. A Recouvrance, les lavoirs publics sont celui de la Pointe, à côté de l'église, et celui de Pontaniou ; les lavoirs de Prat Lédan et de Sainte-Neige, en-dehors des remparts, étaient privés.

L'atmosphère des doués étaient bien différente du calme qu'on leur connaît aujourd'hui, fréquentés par une foule de femmes, au verbe haut(conversations, rires, disputes...). Les abords du bassin en amont, là où l'eau propre se déversait, étaient très convoités: les femmes tâchaient de venir à la première heure poser leur boite à laver pour réserver leur place. La gardienne, souveraine du lavoir, veillait au respect strict des horaires et conciliait les heurs entre lavandières.

Les bassins des doués étaient vidés et brossés deux fois par semaine, l'eau renouvelée.

Technique de lavage

Principe d'une lessiveuse
  • le lavage à proprement parlé : savonnage, usage énergique du batoué et de la brosse à chiendent, savonnage, les genoux calés dans la boîte à laver.
  • le passage à la maison de buée où le linge était mis à bouillir. Là où il n'y avait pas de maison de buée, les femmes retournaient chez elles utiliser la lessiveuse familiale. A proximité du lavoir de Pontaniou, à l'angle des rues Rochon et Caffieri, le charbonnier vendait les fagots destinés à servir de chauffage aux lessiveuses des lavandières.
  • le rinçage, au lavoir.
  • l'essorage.

la lessiveuse

La lessiveuse était placée sur un trépied pour la positionner au-dessus du foyer. La lessive était placée au fond, puis le linge (les pièces les moins fragiles en bas)et l'eau, et la lessiveuse recouverte d'un couvercle troué dans lequel s'insérait un tuyau. Le linge s'y empilait par couches successives. L'eau de lessive, bouillie au feu de bois, remontait par le tuyau central et arrosait le tout.

Déclin du lavoir au milieu des années 1980

Le lavoir fermé vu de la rue Maissin (1988)

Avec la démocratisation de la machine à laver, les lavoirs ont vite été désertés et ont ainsi perdu leur utilité sociale. Équipements publics aux coûts de fonctionnement élevés, les municipalités les ont fermé rapidement. Celui de Pontaniou a définitivement fermé ses portes au milieu des années 1980.

Vers une patrimonialisation [1] ?

événements culturels et artistiques au lavoir - Petites Lessives 2011
Libre-échange (2003)

Longtemps réservée aux monuments prestigieux la notion de patrimoine s'est étendue à des objets peu considérés jusque là, mais représentant aujourd'hui un enjeu mémoriel et identitaire.

«Brutalement, par pans entiers, sont entrés dans le domaine patrimonial des catégories d'objets, des champs esthétiques ou culturels obsolescents que la transformation industrielle et l'aménagement de l'espace menaçaient de disparition»[2]

Fermé depuis le milieu des années 1980, le lavoir de Pontaniou est aujourd'hui l'objet d'une revalorisation, par l'organisation régulière d'évènements culturels et artistiques.

Notes et références

  1. Article le processus de patrimonialisation : revalorisation, appropriation et marquage de l'espace - Vincent Veschambre Maître de conférence à l'Université d'Angers
  2. (Nora, 1992, p. 4708)

Liens internes

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