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La Guerre de Sept Ans dans les collections du musée de Brest

    Edition N°1.jpg Cet article est extrait du magazine Patrimoines brestois


Le Port de Brest participa activement à l'armement de troupes et de vaisseaux pour combattre en Nouvelle-France.

Vue du château et de la ville de Brest

La ville de Brest a vu naître les Ozanne et formé de nombreux peintres dans son Ecole des gardes de la Marine et du Pavillon. Au Siècle des Lumières, elle peut surtout se prévaloir d'être le lieu de création de l'Académie de marine où siègent marins, scientifiques et dessinateurs (1752). Les collections du musée reflètent cette vocation maritime et son activité, particulièrement intense dans les périodes de guerre, la Guerre de Sept Ans (1756-1763) et la Guerre d'Amérique (1778-1783). Conflit majeur du 18è siècle, la Guerre de Sept Ans donnera naissance à l'Empire Britannique, tandis que l'espace colonial français disparaîtra pratiquement dans cette partie du monde. Montcalm, parti de Brest avec ses troupes, sera mortellement blessé lors de la prise de Québec par les Anglais en 1759.

Au moment où la France et son alliée l'Espagne ne connaissaient que des revers sur la mer et aux colonies, la première victoire de la flotte française sur la marine anglaise fut célébrée par l'une des deux peintures connues de Nicolas Ozanne, Départ de la flotte française pour l'expédition de Port-Mahon dans l'île de Mi-norque, le 10 avril 1756. Cette toile commandée par Louis XV était destinée au Maréchal-duc de Richelieu commandant des forces françaises. Celui-ci l'offrit ensuite au ministre de la marine Jean-Baptiste Machault d'Arnouville alors en disgrâce ; elle demeura chez ses descendants, au château de Thoiry, jusqu'au début des années 1790.

Le Départ de la flotte française pour l'expédition de Port-Mahon dans l'île de Minorque le 10 avril 1756

Nicolas Ozanne (1728-1811), proche du grand peintre de marine Joseph Vernet avait obtenu un "congé" pour accompagner le maître l'année précédente lorsqu'il exécutait sa série sur les ports de France. En 1756, il fut envoyé, par le ministre Rouillé, comme dessinateur de cette expédition des Baléares, croquant sur le vif le départ des douze mille hommes prêts à naviguer sur les douze vaisseaux, cinq frégates et cent cinquante bâtiments du convoi. Ces dessins, popularisés par les vues d'optique, lui permirent ensuite de réaliser cette toile d'apparat dans son atelier à Versailles. Il fut certainement aidé pour sa réalisation d'une équipe de peintres, comme c'était alors l'usage, ce qui peut expliquer des factures inégales dans le traitement de la peinture.

La toile restée dans son cadre doré d'origine, reprend le principe des vues de Vernet, avec les scènes de la vie des ports au premier plan et une belle place faite aux ciels et à la lumière comme dans toute peinture de marine. Dans une large vue panoramique de la rade de Toulon, le Marquis de La Galissonnière tire les salves indiquant le départ, depuis le vaisseau-amiral Le Foudroyant. La finesse du trait, la justesse et la précision du dessin des navires et des voilures, la luminosité des couleurs contrastent avec une certaine maladresse dans le traitement des personnages du premier plan. Nicolas Ozanne est avant tout un dessinateur de talent doublé d'un ingénieur-constructeur de navire. Et s'il a appris à animer ses premiers plans de compositions aux petits personnages, on reconnaît le trait du graveur, auteur de recueils et de traités de construction.

Auteur : Françoise Daniel

Extrait du Patrimoines Brestois N°9 - Brest et le Québec - Janvier-Février 2010

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