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Interview-Sillage : Perig Goutteux, créateur de lofts

    Sillage130 small.jpg Cet article est extrait du Magazine Sillage N°137 - oct. 2009
Auteur : Jérôme Le Jollec


"La rade est un jardin"

Exemple de loft

Ses envies de création de belles choses, cet ancien de l’École Supérieure d'Arts de Brest et amoureux de la mer les a tournées d'abord vers la création d'un prototype de bateau. Mais insensiblement il s'est dirigé vers la conception et la réalisation de lofts. Pour Perig Goutteux, 34 ans, Brest, offre un terrain propice à la création d'intérieurs uniques, insolites, originaux dans d'anciens espaces commerciaux ou industriels. A commencer par sa « maison », à la fois lieu de vie, de travail et d'exposition.'

Enfant que rêviez-vous de devenir ?

Je m'appliquais à dessiner des natures mortes. Je voulais être publiciste. Je dessinais des fruits et légumes sur des camions.

Entrer à l'école d'arts de Brest était un choix réfléchi et assumé ?

Il y avait ce côté création qui me plaisait bien. Je développais un projet d'hydroptère, un bateau révolutionnaire. J'y suis entré pour finaliser cet engin. Je naviguais entre art et bateau. Les brevets ont été déposés, le prototype est au fond d'un garage.

Ce que vous y avez trouvé était-il conforme à vos attentes ?

Pas tout à fait, mais je n'en suis pas déçu pour autant. J'ai travaillé avec des tas de gens différents dont des danseurs. J'ai adoré ce cadre là.

L'idée de créer votre entreprise Loftitude s'est-elle imposée d'emblée ?

J'ai d'abord travaillé comme graphiste dans une agence de communication. Au bout de trois ans, avec Pierre-Marie Riou, mon associé, j'ai créé Loftitude qui a pris toute mon énergie. C'était un projet global avec tous les aspects de A à Z.

Comment décide-t-on qu'un lieu va devenir un loft ?

Il y a d'abord la pré-recherche faite par mon associé. Ce que j'aime comme sensation, ce n'est pas la limpidité, mais qu'il y ait quelque chose, un esprit. Je fais des scénarios de vie, les premières heures sont cruciales.

Brest en est suffisamment dotée ?

Les gens recherchent ce qui a de l'âme. Ailleurs on irait chercher de la pierre. A Brest il n'y en a pas. Mais il y a le béton et l'acier au sens noble du matériau.

Dans vos réalisations le fonctionnel doit-il prendre le pas sur le beau ?

Il y a cette idée de beau qu'on peut avoir dans l'artisanat. Le design c'est modeler l'espace qui se trouve autour de l'objet. Un loft, c'est toujours différent. Le côté unique en fait un ouvrage au sens artistique.

Faut-il suggérer ou imposer ce qui vous apparaît comme une évidence ?

Je pense qu'il n'y a pas de règles. Les clients que j'ai sont très ouverts. Ils ont tendance à faire confiance. Les remarques d'imperfection ne portent jamais sur les choix esthétiques.

A quelles formes d'arts êtes-vous le plus sensible ?

L'art contemporain, c'est large. Les scénographies m'ont toujours plu, et aussi les performances sous forme de vidéos.

A quels modèles vous référez-vous ?

J'essaye de ne pas trop en avoir. J'aime la pertinence au bon moment. Je pense à Marcel Duchamp.

Sur quoi ne transigez-vous pas ?

Sur la qualité du pain.

Quelles qualités humaines appréciez-vous chez les autres ?

L'intelligence.

Ce qui vous exaspère ?

Les boîtes vocales, les gens qui ne prennent pas d'initiative, qui s'enferment dans un système de pensée.

Pour quelles fautes avez-vous de l'indulgence ?

Toutes les fautes que pourraient commettre un membre de ma famille. Là, je suis prêt à tout pardonner.

Quel don de la nature auriez-vous aimé posséder ?

Savoir écrire avec pertinence et sens de la provocation. L'une ne va pas sans l'autre.

Vous arrive-t-il de douter ?

Ah oui ! Mais pas dans mon travail. Enfin si, mais il ne faut pas le laisser transparaître. Ceci dit, il faut savoir revenir sur ses erreurs.

Quel sens n'aimeriez-vous pas perdre ?

L'odorat, ça doit être dur.

Votre utopie ?

Partir en famille sur la mer. On fait un cocon et on se déplace.

Votre couleur préférée ?

Le rose fuchsia

Et Brest dans tout ça ?

Ah Brest ! Quand j'étais petit, j'habitais Morlaix. C'était la grande ville, la magie des néons, les bus articulés, les escalators, le cinéma, le mac do. La ville des grands, mon Paris à moi. Et ma foi, cette ville n'a pas une dimension si grande et ce n'en est que mieux. Et on peut aller au port de plaisance à pied ou en bus. Pour notre famille la rade, c'est notre jardin. La mer, c'est plus qu'une passion, c'est la vraie vie.


Ce contenu est publié sous licence Creative Commons BY-ND

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