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Interview-Sillage : Nelly Aupy, comédienne

    Sillage130 small.jpg Cet article est extrait du Magazine Sillage N°117 - été 2006
Auteur : Jérôme Le Jollec


Énergie, amitié et culture en partage

Nelly Aupy vit ses rêves. Avec boulimie et des yeux qui pétillent. Entre le théâtre et la chanson, la fondatrice, avec Chantal Creignou et le regretté Michel Abaléa, des Fous de la Rampe fait "son" cinéma. Ou alors, elle voyage, à Paris, à Clermont où vit sa famille, en Laponie, en Crète. De la scène au cabaret, de Molière à Brecht, en passant par les Chroniques brestoises, en épicurienne, elle aime donner un peu, beaucoup, passionnément du plaisir qui l'anime.

Intérieur du théâtre de Compiègne

Vous êtes brestoise de toujours?

Je suis née à Vierzon. Mon cœur est à Clermont-Ferrand où j'ai commencé mes études. Mes parents ont une maison là-bas. Je suis partagée entre la Bretagne et l'Auvergne.

Lorsque vous étiez au lycée à quoi rêviez-vous?

D'être comédienne! À l'école, j'animais déjà les fêtes de fin d'année.

Vos premiers pas sur scène?

Je devais avoir cinq ou six ans. Ma mère m'avait mise au théâtre parce que j'étais timide.

Les rôles qui vous ont le plus marqué?

Cela va des personnages des Chroniques Brestoises, à Chenté et Chuita dans "La bonne âme du Setchuan" de Bertolt Brecht.

Ceux qui vous tiennent à cœur?

Le rôle de George Sand dans une pièce que j'ai mis quatre ans à écrire qui s'appelle "Adieu à demain".

Vos auteurs préférés?

J'aime tout : Brillat-Savarin, parce que je suis épicurienne, et aussi Brecht, Molière.

Aimez-vous davantage jouer ou mettre en scène?

Les deux m'épanouissent.

Les Fous de la Rampe, hasard ou nécessité?

Surtout pas un hasard, mais une envie d'être autonomes et reconnus.

Diriez-vous des Chroniques que c'était le bon temps?

Non, c'est une grande étape mais ni l'ultime, ni l'unique. Après la mort de Michel Abaléa et le travail de deuil, on reprend doucement les Chroniques.

Aujourd'hui vous chantez, c'est un défi?

Je le faisais un peu aux Chroniques. Mon ami qui est pianiste m'a dit "je vais te faire chanter". Cet été, je ne ferai que ça. Il y aura même du chant en breton. Pour une auvergnate, ça vaut dix.

En la matière, qui vous inspire particulièrement?

Marlène Dietrich, Linda Lemay, Henri Tachan, Boris Vian, Pierre Vassiliu, Ricet Barrier, Jean Guidoni...

Et le cinéma?

J'ai tourné quelques petits rôles. Mais ce n'est pas mon vrai métier. On passe son temps à attendre, c'est froid, c'est technique. Ce n'est pas comme sur scène où on sent vivre, respirer un public. Malgré tout, c'est une expérience intéressante.

Vos films préférés?

Citizen Kane, Le Tambour. Et tous les Chaplin, c'est la tendresse et la violence réunies

Jouer, chanter, diriger, c'est une façon de donner?

Oui, évidemment. On donne un peu de son savoir, et on partage de l'énergie, de l'amitié, de la culture. Je travaille depuis 15 ans en maison d'arrêt et je rencontre parfois des gens illettrés qui, après, ont envie de se raconter.

Vous travaillez aussi avec quelqu'un qui n'est pas bienvenu en France?

Je suis scandalisée. C'est une pianiste kirghize à qui on refuse le droit de travailler légalement.

C'est un cas humain mais aussi une question de morale?

Il y a tellement de gens qui profitent du système et là, c'est quelqu'un de nickel, qui veut travailler, apprendre le français et s'intégrer.

Que vous inspirent les problèmes d'immigration?

L'immigration est une grande chance pour la France. C'est comme cela qu'un pays, une langue se développent. Moi-même, je suis d'origine allemande par ma mère et italienne par mon père.

Le don qui vous manque?

Être une vraie musicienne.

Qui auriez-vous aimé être?

Ma maman! Elle est admirable.

Que détestez-vous le plus?

La connerie, l'hypocrisie, la malhonnêteté.

La faute qui vous inspire de l'indulgence?

Peut-être celle de quelqu'un qui se vengerait d'un meurtre commis envers un proche quand la justice ne fait pas son boulot.

Votre principal trait de caractère?

L'humour.

C'est quoi le bonheur?

Réaliser ses rêves d'enfant.

Et Brest dans tout ça?

J'aime, sinon je ne serais pas restée. Je lui trouve une âme, ce que beaucoup de villes n'ont pas. Quand je suis arrivée, c'est une ville qui vivait avec pas mal de cabarets, de petits lieux sympas qui ont aujourd'hui disparu. Mais j'y habite depuis presque vingt ans et j'en suis fière.


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