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Interview-Sillage : Miwako Le Bihan, judokate du Ponant

    Sillage130 small.jpg Cet article est extrait du Magazine Sillage N°106 - déc. 2004-janv. 2005
Auteur : Elisabeth Jard


La dame au 7e dan

Judo.jpg

Elle est la première Bretonne, la quatrième Française, la 9e Japonaise à avoir décroché, en septembre dernier, l'un des plus prestigieux titres du sport national du Japon : le septième dan de judo. Brestoise depuis plus de trente ans, Miwako Le Bihan, par ailleurs présidente du jumelage qui unit Brest et Yokosuka (Japon), réunit à la ville comme sur le tatami, tous les ingrédients communs à ces deux cultures du bout du monde.

L'ascension en Ligue 2, c'est la consécration?

Non, juste un premier aboutissement, la consécration étant la Ligue 1.

Vous êtes l'une des rares femmes à justifier d'un 7e dan... Fière?

Oui! Parce que cela vient du métier que j'aime... J'espère que je le mérite!

Quelles sont les clés de la réussite féminine sur le tatami?

En judo, les femmes sont à mon avis plus courageuses que les hommes : nous ne travaillons peut-être pas très fort, mais beaucoup plus sur le temps et dans la réflexion.

Comment vivez-vous votre double culture?

Quand je suis en France, je suis Japonaise, mais quand je suis au Japon, je me sens Française... Et je crois sincèrement qu'il est plus facile d'être Japonaise en France que Française au Japon!

Pourquoi le judo, et pas la danse ou la poterie?

D'abord tout simplement parce que j'aime ce sport. Ensuite, parce qu'en tant que professeur, j'apprends aux autres la technique et l'esprit du judo, mais j'en reçois tout autant d'eux... Et c'est cela qui me plaît !

Auriez-vous aimé Brest sans le judo ou le judo sans Brest?

Le judo sans Brest, cela aurait été possible, mais pas l'inverse... Même si j'ai eu beaucoup de chance d'être venue ici: si j'avais commencé à Paris ou ailleurs en France, je ne serai sans doute pas restée aussi longtemps!

Qu'attendez-vous d'un combat?

Repousser chaque fois un peu plus les limites physiques. Il n'y a pas de "je ne peux plus" : il faut toujours aller au bout... sachant qu'il n'y a pas de bout!

Votre maître à penser?

Ma professeure de judo, celle qui m'a tout appris au Japon. Elle m'a donné la direction de mon existence, pour le judo comme pour tout dans la vie.

Votre pire défaut?

Je fonce trop. Trop vite, trop fort... Et quelquefois, je le regrette !

Ce qui vous déplaît chez autrui?

Que quelqu'un se laisse aller, ne soit pas courageux.

Votre péché mignon?

Le soir venu, un petit verre de vin blanc et des rondelles de saucisson sec...

A table chez des amis, que refusez vous de manger?

Des choses comme les abats, la cervelle. Tous ces trucs assez bizarres... Même si par ailleurs j'adore la cuisine française !

Si vous aviez eu une autre passion?

De toute façon, quelque chose qui me permette d'être en contact avec les autres. Car, qu'il s'agisse de mes élèves, des amis ou de la famille, je ne suis quelqu'un qu'avec les autres. Si je n'avais personne autour de moi, je ne serais pas...

Votre espoir pour l'avenir?

Pour moi, aujourd'hui est mieux qu'hier, hier était mieux qu'il y a un an. Et demain sera mieux qu'aujourd'hui... Alors l'avenir sera forcément encore mieux que tout ça !

Ce qui vous fait peur aujourd'hui?

Constater que les gens sont de plus en plus égoïstes. Ca me fait peur, parce que c'est tout de même cela la base de la guerre: ne penser qu'à soi, pas aux autres...

Votre héros de tous les temps?

Ma professeure, toujours et encore ! Elle a 78 ans, et cela fait déjà 40 ans qu'elle a créé sa propre école, et inventé sa méthode en arts martiaux. Et aujourd'hui, elle pratique toujours...

Et vous, qui auriez-vous pu être dans une autre vie?

Je ne peux pas imaginer être quelqu'un d'autre. Je veux bien revivre... mais en moi !

Et Brest dans tout ça?

J'aime cette ville, j'aime les Brestois, et pour quelqu'un comme moi, pour qui l'amitié compte beaucoup, j'ai été gâtée ici! Ma vie à Brest est une vie heureuse... La seule chose que je n'aime pas, c'est le climat : ça manque de soleil par ici !


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