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Interview-Sillage : Gérard Kerbrat, ancien cycliste professionnel

    Sillage130 small.jpg Cet article est extrait du Magazine Sillage N°130 - été 2008
Auteur : Jérôme Le Jollec


"Brest, une terre de cyclisme"

Gérard Kerbrat est un homme du Tour de France. D'un Tour très exactement. C'était celui de 1982 où, avec Marc Gomez, Jean-François Rault et Christian Seznec, ses coéquipiers bretons, il a côtoyé celui qui était en train de le gagner et de devenir une légende, Bernard Hinault. Après avoir pas mal bourlingué il a rejoint, la cinquantaine venue, la ville de sa jeunesse. Entre autres activités, il tient - on ne se refait pas - un magasin de cycles où le vélo est décliné sous toutes ses formes.

Départ du tour de France 2008

De toute votre carrière quels ont été vos meilleurs souvenirs ?

Mes deux victoires au championnat de Bretagne en 1979 et 1980. C'est le Graal des coureurs cyclistes bretons et la consécration dans une région forte du vélo.

À quand remonte votre dernière compétition officielle ?

C'était en Mayenne en septembre 1983. J'avais 27 ans.

Combien de temps a duré l'aventure professionnelle ?

Trois ans qui faisaient suite à trois ans d'amateur de haut niveau.

Vous sentiez-vous à l'étroit chez les amateurs ?

Pas du tout ! Mais mon but ultime était de faire partie de l'élite, de faire les grandes épreuves.

Le Tour a-t-il constitué une aventure exceptionnelle ?

Non, car je n'étais pas dans une grande condition physique et c'était un peu tous les jours la galère.

Quel en a été le moment le plus dur ?

J'ai bien passé l'Alpe d'Huez, la 16e étape, mais le lendemain, panne sèche, mes forces m'ont abandonné. Ce fut une grande frustration d'avoir dû arrêter si près de Paris.

Quels étaient vos sentiments à l'égard d'Hinault ?

Respect et admiration.

En tant que Breton aviez-vous des relations privilégiées avec lui ?

Il est Breton de cœur et de corps et il avait une sympathie naturelle pour les Bretons.

Quels autres pros vous ont marqué ?

Je n'ai pas eu la chance de courir avec Merckx mais j'aimais bien les Hollandais comme Raas, Zoetemelk, Knetemann, des coureurs extrêmement puissants et des battants.

Le fait de travailler dans le monde du cycle a-t-il été un choix du cœur ?

C'est d'abord un choix de chef d'entreprise, de diversification, mais le cœur a aussi parlé. Et puis, mes salariés sont des gens motivés qui me refont découvrir le côté passion du vélo.

Le vélo a-t-il changé ?

Il y a aujourd'hui une grande diversité de pratiques. Le VTT a remis plein de gens à vélo et le cyclotourisme se développe. Le sport cycliste n'est plus le moteur. Le vélo est aussi une alternative à la voiture.

De quelle manière vivez-vous les affaires et les maux qui accablent régulièrement le cyclisme ?

Cela n'est pas spécifique au vélo, mais le Tour est tous les ans sous le feu des projecteurs. C'est un mal endémique mais le sport cycliste à l'honnêteté de balayer devant sa porte. Au foot et au rugby, on en est encore à l'analyse d'urine.

Que vous inspire le Tour à Brest et en Bretagne ?

Enfin ! Brest et le nord Finistère, c'est une terre de cyclisme. C'est le sport phare avec le foot. Je me souviens des arrivées plusieurs fois par an au cours Dajot avec des milliers de spectateurs et des courses à catégorie:Saint-Pierre, catégorie:Saint-Marc ou catégorie:Bellevue.

Quel don aimeriez-vous avoir ?

Etre artiste dans des domaines comme la peinture ou la musique.

Quels sont pour vous les sportifs d'hier et d'aujourd'hui les plus exemplaires ?

Bernard Hinault, bien sûr, Michel Jazy, Alain Prost, et des nageurs comme Manaudou et Bernard.

La qualité que vous appréciez chez les autres ?

L'honnêteté.

Que détestez-vous ?

La malhonnêteté.

Pour quelles fautes avez-vous de l'indulgence ?

Je suis très indulgent et la bêtise ou la mesquinerie, ça me fait plus rigoler qu'autre chose.

Quel est à vos yeux le comble du bonheur ?

Voir les gens heureux et partager les grands moments de la vie.

Quelle est votre figure historique préférée ?

En dépit de tous ses défauts, Winston Churchill. Pour avoir été l'homme de la situation avec une volonté de fer et son humour dont il ne s'est jamais départi.

En quel autre lieu aimeriez-vous vivre ?

Une île dans le Pacifique.

Et Brest dans tout ça ?

Enfin, une ville qui revit, où se dessinent de grands projets : le tramway, les Capucins... Les atouts et les gens passionnés ne manquent pas. Il faut que Brest soit la ville phare du grand Ouest et qu'elle perde un peu son côté gris. Il faut aussi donner la possibilité de faire du vélo afin que les enfants notamment puissent se déplacer sans risque.


Ce contenu est publié sous licence Creative Commons BY-ND

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