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Interview-Sillage : Alain de Martigny, entraîneur du Stade Brestois

    Sillage130 small.jpg Cet article est extrait du Magazine Sillage N°73 - mars 2000
Auteur : Jérôme Le Jollec


"Ici, je suis chez moi !"

Vingt ans plus tard, rien ne semble avoir écorné la passion de celui qui fut l'entraîneur-joueur de la montée en première division. À 53 ans, après être passé par le Racing, le Gabon, Guingamp, Angers, Meaux, Alain de Martigny s'en est revenu vers la Bretagne et le Brest de ses premières amours. Sans esbroufe mais avec comme vertus cardinales travail et amour du maillot. Désuet peut-être, mais ça marche.

Logo du stage brestois

Alain de Martigny, vous voilà de retour chez vous ?

Ici, je me sens dans mon pays. Je suis Breton par ma mère, une Méar de Treflez. Jeune, lors des vacances scolaires je ne restais pas un jour à Paris. J'allais dans la ferme de mes grands-parents et je parlais breton.

Avez-vous du sang bleu ?

Pour l'état civil, mon nom est Millard de Martigny. Mes ancêtres paternels étaient de noblesse bourguignonne. Mon père ne se préoccupait guère de la particule. D'ailleurs avant, on m'appelait Martigny.

Lorsque vous étiez à Brest, avec qui jouiez-vous ?

Treguer dans les buts, les frères Le Bihan, Nigel Page-Jones, les frères Boutier, Michel Drévillon, Alain Bonnat, Piat, les "jeunes" Jean Gall et Honorine, Loulou Floch...

Quel joueur vous a le plus marqué ?

À plus d'un titre, Drago Vabec. Il avait la dimension au-dessus, la classe pure.

Quel votre souvenir le plus marquant de cette période ?

La montée ! Globalement, c'est ce qui m'a le plus marqué. Ce n'était sans doute pas un aboutissement, mais une étape importante dans la vie du club.

Pourquoi étiez-vous parti ?

Je m'entendais bien avec François Yvinec dont j'avais contribué à la venue. Mais je ne partageais pas les mêmes vues. Je ne me voyais pas aller dans le mur.

Avez-vous hésité avant de revenir ?

La présence de Jean-Louis Lamour a contribué à 99 % à ma venue. Mais peu importait le niveau. J'ai envie de rendre un peu de ce que le club m'a apporté.

Qu'avez-vous dit aux joueurs la première fois ?

Je leur ai dit que j'allais m'occuper de l'avenir, même si beaucoup me parlaient du passé.

Dans votre métier, devez-vous avoir plutôt de bons yeux ou de bonnes oreilles ?

Les yeux m'intéressent beaucoup plus. Ceci dit il ne faut pas être sourd, mais tout dépend qui dit quoi.

Vous-même, avez-vous l'impression d'être entendu ?

Ce qu'on fait depuis le début de la saison semble relever de la cohérence. On a des projets et des moyens pour cela. Les gens se respectent et cela amène les joueurs à donner le meilleur d'eux-mêmes.

Parle-t-on déjà de montée ?

La D2 en 2002, c'est un défi, pas la méthode Coué. Mais avoir ça en filigrane, permet d'être plus performant dans tous les domaines et se rapprocher de l'excellence.

L'équilibre d'une équipe ça tient tout de même à un fil ?

C'est sûr. Les certitudes n'existent pas. Cependant, les résultats renforcent la confiance et si on réussit, ce sera encore plus riche.

La victoire par pénalité contre Tours, un tournant ?

Je n'ai pas souvenir d'avoir joué contre une équipe à neuf joueurs, a fortiori à sept. On a assisté au suicide d'une équipe. Un tournant pour Tours! Pour Brest, une étape importante.

Un entraîneur doit-il se contrôler en toutes circonstances ?

Je pense que oui ! Si un entraîneur excite ses joueurs, il marque contre son camp. Je suis quelqu'un d'assez froid sur le banc. Une équipe est à l'image de son entraîneur.

Comment vivez-vous des choix parfois cornéliens ?

Diriger, c'est choisir. J'aime tous mes joueurs, mais je ne fais pas jouer quelqu'un pour lui faire plaisir. L'intérêt de l'équipe et du club prime.

Quel comportement sur le terrain vous fait le plus horreur ?

La bêtise, l'inintelligence. Pour faire une carrière, il ne faut pas seulement être bon. Le terrain, c'est comme le théâtre, il faut faire sa partition en respectant des règles. Ce n'est pas une cour d'école.

Au contraire, quelles attitudes vous font plaisir ?

Le fair play, l'esprit sportif, la générosité dans l'effort.

Dans quel autre pays auriez-vous aimé vivre et travailler ?

J'ai bien aimé mon passage en Afrique. J'étais dans un pays magnifique et les gens étaient à l'écoute, ils attendaient aussi beaucoup de moi. J'aime aussi l'état d'esprit anglais. Le joueur anglais va à fond, ça me plaît beaucoup.

L'évolution du foot pro ?

Elle est catastrophique ! Pas les salaires en eux-mêmes, mais ce qui découle de l'inflation permanente. L'amour du maillot disparaît - tant pis si c'est retro ce que je dis - mais la notion de club n'existe plus. Nous, on essaye d'avoir une certaine identité bretonne. Le foot breton pourrait prendre l'exemple de Bilbao, que des Basques ! Rennes qui vient de recruter Gourvennec, est sur la voie.

Dans la vie, il n'y a pas que le foot ?

Je vis le foot plus comme une passion que comme un métier. J'ai beaucoup de hobbies : le golf, la pêche, le vélo. J'ai fait des marathons, je cours toujours un peu.

Et Brest dans tout ça ?

On ne maîtrise pas l'affectif. Brest, c'est toujours le port d'attache. Psychologiquement et physiquement. Enfant, quand de la voiture de mes parents, je voyais la mer, j'arrivais chez moi.

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