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Gilles Youénou, chargé de communication à l'Ifremer


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Gilles Youénou, chargé de communication à l'Ifremer

Interview de Gilles Youénou, chargé de communication pour la médiation scientifique au centre Bretagne de l'Ifremer à Plouzané

L'organisation du Village des Sciences de la Mer, vu depuis l'Ifremer

Gille Youenou.jpg

Comment est venue l'idée d'un Village des Sciences de la Mer ?

Le bon accueil réservé au Village des Sciences pendant Brest 2008 - alors consacré à l'Innovation et au Littoral - par le public joint à l'intérêt de placer la pointe bretonne dans l'excellence pour les sciences et technologies de la mer ont amené les organisateurs (Brest Événements Nautiques - B.E.N.) et le Pôle Mer Bretagne) à en reconduire l'idée pour 2012 et à le faire dans le même esprit de coopération entre instituts, organismes et entreprises partenaires qu'en 2008. Dès le départ, l'objectif d"˜une optimisation des coûts s'est traduit dans une anticipation rigoureuse des étapes et l'incitation au respect d'un calendrier qui permettait de pouvoir disposer d'un cahier des charges en préalable à un appel d'offre pour la muséographie qui avait représenté en 2008, un poste de dépenses important. B.E.N. a fait appel, pour la coordination de ce projet, au très expérimenté Jean-Paul Alayse, ex-conservateur d'Océanopolis.

D'où provient cette question « Quels océans pour demain ? »

Fanfare Zébaliz devant le Village des Sciences

Ce titre donné au Village 2012 est une traduction simple mais réfléchie d'une thématique « L'océan dans le changement global ». Tous les organismes scientifiques et les entreprises locales étaient conviés à proposer des animations pour illustrer ce thème plutôt vaste qui, par commodité, a donc vite été divisé en 4 sous-thèmes traduits eux aussi par la suite en questions. La recherche ne commence-t-elle pas toujours par une question ? « Quels océans pour demain ? » c'est aussi bien demander à l'expert : « Quels océans aurons-nous demain ? » que se demander à soi-même : « Quels océans voudrais-je pour demain ? ». Et cela nous a semblé un titre pertinent, ouvert sur les possibles - ce que nous pouvons humainement faire - et n'occultant pas les difficultés - ce que nous subissons et subirons inévitablement -.






Comment se sont passées les premières réunions ?

Fanions de tous les partenaires du Village des Sciences

Dès mars 2011, nous nous sommes rencontrés en collectif pour définir les étapes, les contenus et les messages : que voulions-nous dans chacun des sous-thèmes, que pouvions-nous y mettre compte-tenu des possibilités affichées par chacun, dans quel lieu installer un chapiteau, avec quel budget et quels financements, comment partager l'espace, identifier les partenaires, etc. ? Au fil des semaines, les projets se sont affinés. On a précisé les éléments pour un cahier des charges. Jean-Paul Alayse et son assistante Marie Morineaux ont su cadrer avec brio nos « recherches et tâtonnements », nos interrogations pour nous mener au respect des échéances. Enfin, avec le concours du scéno-muséo-graphe, les 4 sous-thèmes ont pris leur expression finale sous l'aspect de 4 questions :

  • Le niveau de la mer varie t il ?
  • La « machine océan-atmosphère » se dérègle-t-elle ?
  • La vie marine, quels changements ?
  • Les sociétés humaines, comment s'adapter ?

Et à l'Ifremer ?

Notre participation devait concilier au moins 2 impératifs :

  • Quel que soit l'événement, il fallait du fond, de la forme et aussi montrer notre aptitude à partager de la connaissance avec tous les publics.
  • D'autre part, la charte du collectif exigeant de ne pas faire acte d'une présence « hégémonique » et le management de l'institut réclamant légitimement que l'Ifremer soit « vu ». Il s'agissait donc de trouver le bon équilibre du « faire et paraître »...

Quant au contenu de notre participation, il en a résulté d'un faisceau de conjectures et de conjonctures : Dans quels secteurs l'Ifremer est-il « incontournable » ? Dans quels autres peut-il paraître en collaboration ? Quels sont les secteurs où se manifeste de l'intérêt pour un tel événement ? Dans quels autres y a-t-il des réticences, des impossibilités - pour diverses raisons : missions, évaluations, colloques, etc. ? Qui peut être correspondant en interne, avec quelle assiduité, quels moyens et pour quel domaine d'expertise scientifique? Saura-t-on les mobiliser pour l'événement ? En ma position de chargé de la participation de l'Ifremer au Village des Sciences de Brest 2012, j'ai « navigué » entre toutes ces interrogations d'avril 2011 jusqu'en avril 2012, parfois en proposant et d'autres fois en accueillant des propositions. Il y eut quelques moments difficiles, notamment à l'hiver 2011, puisqu'en janvier 2012, je ne pouvais faire état devant le collectif que de 2 possibilités d'animation par l'Ifremer, tableau ô combien squelettique ! Et puis vint le printemps avec enfin des choses concrètes ! Et d'excellents résultats au bout du compte puisque c'est plus d'une centaine de chercheurs, ingénieurs, techniciens de l'Ifremer qui s'est répartie sur une douzaine d'ateliers parmi les 19 que compte le Village, ceci pendant 6 jours pleins de juillet : l'été du projet aussi, en quelque sorte, et un vrai succès !

Quelles ont été les animations gérées par l'Ifremer ?

Sur les 19 animations proposées sous le chapiteau de 800 m2 sur le Parc à Chaînes, nous avons été présents dans l'ensemble des 4 sous-thèmes et participé à 12 stands seuls ou en collaboration.

L'animation « Histoire géologique du niveau de la mer » était purement Ifremer/Géosciences Marines ; « Objectif : pêche durable ! » aussi, par Ifremer/Sciences et Techniques Halieutiques et menait naturellement au sous-thème « Adaptations des sociétés aux changements » par les projets labellisés « Pôle Mer Bretagne ». Nous avons installé le programme « Prévimer » dans un ensemble où les animateurs venaient en grande partie du Laboratoire de Physique des Océans qui est une structure mixte dont l'Ifremer est co-tutelle. Les secteurs « Dynamiques océaniques », « Observations in-situ », « Modélisation » étaient mis en place par le LPO, donc avec l'Ifremer, dans le sous-thème « La machine océan-atmosphère se dérègle-t-elle ? ». Encore dans le domaine des mesures et observatoires, nous avions un gros stand dédié à l'instrumentation moderne tenu par nos ingénieurs en recherche et développements technologiques placé dans le sous-thème : « La vie marine, quels changements ? ». Dans ce même sous-thème, par Ifremer/Dynamiques des Environnements Côtiers, nous avons mis en place une animation sur la cartographie des habitats marins et sommes entrés, en collaboration notamment avec la Station Biologique de Roscoff et l'IUEM, dans des animations sur « les espèces qui voyagent » et « la biodiversité microscopique » traitant du phytoplancton et des organismes benthiques.

Objectif pêche durable

Quelle a été la participation du personnel Ifremer ?

L'implication des agents a été d'amplitude et de qualité diverses selon les moments et les secteurs mais l'expérience accumulée par le service communication au cours des « Fêtes de la Science », « Quartiers de sciences » et autres « Nuit des Chercheurs », événements récurrents auxquels nous participons de longue date a permis de combler les hiatus, tant dans les contenus que pour la logistique et l'organisation. Le plus important était qu'aux jours-dits de la Fête, du 13 au 18 juillet, celles et ceux qui font la recherche et l'expertise marine soient présents dans de bonnes conditions, pour des rencontres directes avec les visiteurs des Tonnerres de Brest.




Gilles, ta conclusion personnelle ?

Mon plaisir personnel est de voir des chercheurs, ingénieurs et techniciens ensemble, des jeunes et des chevronnés, associés dans ces lieux travaillés et festifs, échangeant en « direct-live » et en toute simplicité avec le public et j'espère que cette expérience vécue donnera aux plus jeunes l'envie de recommencer pour la meilleure des raisons : qu'elles et ils y ont pris du plaisir et se trouvent en fin de compte plus riches d'avoir partagé leurs enthousiasmes et leurs savoirs.

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