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Divertissements physiques avant la révolution

Serusier - La lutte bretonne.jpg Portail

Le sport de 1789 à 1940

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Les divertissements physiques avant la Révolution Française

Ce que nous connaissons des compétitions bien avant la révolution nous est révélé par des archives du diocèse datant du 16ème siècle.

Plus près de nous des récits de voyage d'hommes politiques en mission dans le département font allusion à cette période révolue. CAMBRY en 1794 apporte quelques témoignages intéressants dans son "voyage dans le Finistère",

Jacques Cambry voyage dans le Finistère
enfin SOUVESTRE, en 1836 évoque aussi ce passé.

L'étude des livres de compte des chapelles nous donne également des détails sur certains divertissements se déroulant dans le cadre des fêtes religieuses.

Le sport lors des grands travaux des champs

Les noces en fournissaient également l'occasion, ainsi que les grands travaux des champs. Lorsqu'il s'agissait de fouler une nouvelle aire à battre de grands rassemblements se faisaient. On y dansait, courait, luttait. Des compétitions d'exercices du travail lui même étaient organisées entre défricheurs, moissonneurs, pour voir qui finirait son lot le premier, certaines danses les plus acrobatiques faisaient l'objet de concours.

La compétition était donc partie intégrante de nombreux évènements de la vie. Ce fait est important. De nos jours elle a perdu cette signification. Elle ne se justifie plus que pour elle-même.

Position de l'Église vis à vis de ces distractions

la lutte Paul Sérusier
La lutte était de loin l'exercice le plus pratiqué avec la danse. On rapporte que souvent les pèlerins dansaient la nuit à l'intérieur des chapelles, la veille du pardon.

L'Église, très puissante, règlemente ces divertissements. Les Statuts Synodaux de l'évêché du LEON, assemblée chargée de promouvoir la vie chrétienne, nous en donnent une idée. En 1613, l'évêque s'insurge contre les pèlerins des deux sexes passant la nuit dans l'Église en jeux et bavardages, sous prétexte de se tenir éveillés. Il défend de se livrer aux danses près de l'église. A l'occasion du pardon, voici les jeux et divertissements que les Statuts autorisent, pour les laïques : course, sauts d'obstacle, quintaine, lutte et courses de chevaux. Ces jeux sont interdits aux clercs. Les clercs doivent modérer ce penchant que tout breton à de mesurer ses forces. De plus il leur "est interdit d'essayer leurs forces avec les laïcs, pour voir qui lancerait le plus loin une lourde pierre". L'évêque interdit "les grands repas à l'occasion de la première messe des prêtres".

Il défend surtout de s'y livrer à des jeux et danses auxquelles les prêtres prennent part. "Défense de donner des réjouissances en convoquant le peuple ; et de l'inciter à la danse".


Les divertissements des matelots à Brest pour le 1er mai

On enregistre qu'à Brest, les jours de grande solennité, le 1er mai, on donnait une cocagne aux matelots, très propre à
Matelots serrant un hunier-Morel Fatio-img 3163.jpg
leur donner l'agilité nécessaire à leur état. Il s'agissait d'un mât suiffé avec en haut une hune. On se battait pour arriver au sommet prendre des rubans et des oranges.

La distraction des Bretons

Mais c'est à la lutte que les bretons l'emportent sur toutes les nations du monde, au bâton dont ils se servent avec une telle adresse qu'il est impossible de les toucher avec un sabre. Aux pierres qu'ils lancent avec force. Leurs coureurs sont réputés infatigables (Cambry)

La soule

Il n'est jamais question de la soule dans les bulletins archéologiques du diocèse de Quimper que nous avons consultés. C'est sans doute parce qu'elle relève plutôt de l'autorité du seigneur local. Elle fait partie des redevances que le peuple doit souvent au seigneur, comme bien d'autres jeux obligatoires, auxquels il doit se soumettre, souvent de bon gré d'ailleurs.

Ce jeu disparaîtra pratiquement à la révolution pour la double raison qu'il constituait un privilège mais aussi à cause des brutalités qu'il comportait.

Disparition des activités sportives

Il semble que les jeux et les danses déclinent avant la révolution. CAMBRY en 1794 constate que les bretons "sont partout languissants, sur le pas de leur porte, oisifs, n'ayant plus les courses ni les luttes, ni la soule du temps passé. Ces exercices disparaissent avant la révolution"

Il constate qu'à l'école la situation n'est guère plus encourageante. "Le collège abandonné, les enfants sont partout sans aller à l'école, il n'y a ni maître d'escrime, ni maître de danse". L'abbé COYER en visite dans les collèges dont il a la responsabilité se lamente aussi, dès 1770 de cette chute des activités anciennes. Dans les collèges on ne fait que travailler. Il veut ressusciter les jeux chez les enfants (sauter, grimper, lutter, nager). Il s'agit peut-être d'une baisse naturelle de l'engouement, mais l'explication peut aussi être cherchée dans l'attitude de l'église qui tolère les exercices, les contrôle, mais en fait souhaiterait bien pouvoir les interdire. Rapportons de BOUET et PERRIN dans "la vie des Bretons d'Armorique" 1844 : Ils expliquent ainsi l'évolution de l'église. A l'origine la danse avait un caractère sacré : "les premiers apôtres du catholicisme, fidèles à leur système de sanctifier tout ce qu'ils ne pouvaient déraciner de l'ancien culte, reconnurent la légitimité de ces danses, et elles continueront dans les temples et les cimetières chrétiens, où malgré les foudres du pape ZACHARIE, elles n'étaient pas encore partout abolies au milieu du siècle dernier. Mais les temps ont changé. les joueurs de biniou ne sont plus représentés aux fidèles que comme des agents de perdition : la danse déchue est redevenue profane. Les prêtres modernes en ont fait un péché, en ont fait un crime. N'y a-t-il pas dans cet anathème un fâcheux rigorisme. Proscrivez l'abus mais permettez l'usage. L'homme laborieux a besoin de distractions et la jeunesse d'amusements".

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