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Chantier Martin

Plus en amont, en remontant vers Pont Rheun, et toujours sur le côté gauche, à quelques centaines de mètres de la ferme de Kerveatous vihan, un important terre plein signale l'existence ancienne d'une carrière. Souvent appelée "Chantier Martin", du nom de son ancien exploitant, ou "Chantier Sukr" par les gabarriers lampaulais, cette carrière est la dernière à avoir été exploitée jusqu'en fin 1954.

Un document daté du 30 décembre 1903 nous apprend que le terrain (section B n° 134 et dénommé Lannoc Bras) est propriété de Madame veuve Jules Poileu demeurant à Brest, qu'il est recouvert d'une lande de 4 à 5 ans, qu'il s'agit d'une ancienne carrière dont il n'existe aucune trace d'exploitation récente. Cet état des lieux est rendu nécessaire à la suite de la demande d'occupation temporaire, pendant cinq ans pour extraction de matériaux faite par Monsieur Adrien Hallier, entrepreneur et adjudicataire des travaux de la rade de refuge de Brest. Dans les observations, le propriétaire demande à ce que une partie du terrain lui soit réservée pour les besoins de son industrie au moins 25 mètres de longueur côté amont. "Le cube de pierres brutes extraites et se trouvant en carrière a été évalué d'un commun accord à 6,506 m " est-il encore précisé.

La carrière sera ensuite exploitée par André Martin qui en deviendra propriétaire. En 1926, l'exploitation est confiée à Monsieur Georges Huet demeurant à Paris. Dans sa déclaration d'exploitation il souligne que "la carrière est à ciel ouvert, est destinée à fournir de la pierre de taille et autre. La pierre est un granit de Laber , l'exploitation a lieu à la pince, au coin, et quelquefois à la mine". Reprise par Christophe Martin, dit "Toto", l'activité, mise en sommeil pendant les années de guerre, reprendra en 1946 avant d'être déclarée en état de faillite 8 ans plus tard.

Tout comme "Chantier Braz", le "Chantier Martin" possédait une forge, toujours visible, mais une partie des murs s'est écroulée ; elle était construite à quelques dizaines de mètres du front de carrière afin d'éviter, lors de minages, la projection de pierres sur la toiture. François Bellec, qui habite Porspoder, a travaillé dans cette carrière de 1946 à 1954 : "On ne voit plus grand chose aujourd'hui, car tout est enfoui. Les bâtiments, ce sont des hangars (deux murs parallèles séparés d'une quinzaine de mètres et longs d'une vingtaine) ; il y en a un qui a le dos à l'Est et l'autre à l'Ouest. Ils étaient recouverts de tôle et nous allions y travailler par mauvais temps. Sinon on travaillait toujours à l'extérieur. Il y avait des rails pour pouvoir transporter des morceaux trop lourds. La forge permettait de refaire les outils au fur et à mesure des besoins. Moi, j'étais fendeur, tailleur et forgeron car on peut avoir à faire ses outils ou les refaire suivant les morceaux de pierre à tailler. De la cale, il ne reste plus grand chose. Le quai est très vieux ; les gabarres l'effleuraient le plus près possible, parfois ils touchaient, on mettait des madriers."

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