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Balade grand kerber : Fort Montbarey

Aujourd'hui ce fort, de la fin du 18ème siècle, abrite le Mémorial du souvenir de la seconde guerre mondiale et de la Libération de la ville de Brest. Il nous rappelle à la réalité de la guerre, avec son cortège de souffrance et de misère. Le Mémorial rend hommage aux combattants français et alliés qui luttèrent côte à côte pour la victoire et la liberté. Il relate l'occupation de Brest par les Allemands, mais aussi la souffrance et les destructions que la ville dut subir durant les années qui s'étalèrent de 1940 à 1944. L'association du Mémorial de la seconde guerre mondiale a été créée en 1979, par Charles Le Goasguen, compagnon de la Libération selon le décret du 24 mars 1945. L'association s'installa dans le fort de Montbarey en 1984. Aujourd'hui l'association est présidée par Jean Le Blac'h, officier à la retraite. Le Mémorial nous rappelle également par ses expositions permanentes, l'histoire du siège de Brest qui se déroula du 7 août au 18 septembre 1944 et qui précéda la libération de notre cité qui sortit de la guerre meurtrie, exsangue mais libre. Un site historique qui mérite une visite approfondie.

Le début de la construction du fort de Montbarey date de 1776 et relève du concept de défense que les stratèges militaires de cette époque utilisèrent pour garantir la protection du port de Brest. Cette mise en sécurité du port militaire se voulait aussi efficace que possible, afin de contrecarrer toute éventualité d'attaque ennemie pouvant intervenir par voie terrestre. Naturellement cette construction devait s'intégrer dans un ensemble homogène d'ouvrages fortifiés, complétant le dispositif de défense et comprenant notamment : le fort du Portzic, la redoute de Keranroux, la redoute du Questel-Bras et le fort de Penfeld. Ce réseau fortifié formait une ceinture défensive, en avant de Brest, dont les éléments avaient vocation à se surveiller mutuellement afin que l'espace qui les séparait puisse être couvert par le tir croisé de leur artillerie respective. Les stratèges militaires de l'époque redoutaient que la flotte anglaise, maîtresse des mers, ne s'aventure à débarquer des troupes sur les plages à l'ouest de la ville, soit à Bertheaume ( le Trez-Hir) ou au Conquet (Les Blancs Sablons) et ne vienne prendre à revers les défenses brestoises principalement axées sur l'entrée de la rade, c'est-à-dire le Goulet. La hantise des défenseurs du port de Brest fut également aggravée par la facilité de la marine adverse à manœuvrer, à débarquer des troupes et par les progrès de maniabilité et de précision de leur artillerie. A noter que l'ingénieur militaire, Gribeauval (1715-1789), fut à l'initiative du perfectionnement de l'artillerie française qui servit durant les guerres révolutionnaires et impériales. A cette même époque, un officier appartenant au cabinet secret de Louis XV fit en matière de défense des propositions innovantes qui rompaient avec la technique des remparts. Maître espion, Carlet de la Rozière, avait fait en 1763, un séjour en Angleterre où il fit le relevé de certaines défenses anglaises. De retour en France, il préconisa la construction de plusieurs structures défensives susceptibles de se fondre dans le paysage afin de passer relativement inaperçues aux yeux de l'ennemi. Cette discrétion, voulue par Carlet de la Rozière, devait se confirmer comme un atout majeur pour contrer l'artillerie adverse.

Par ailleurs, le fort devait être autonome et pouvoir supporter un siège de plusieurs semaines (3 minimum) afin que la garnison de Brest eût le temps nécessaire de se renforcer avec des troupes de réserve venues de Châteaulin. Pour subvenir aux problèmes d'intendance, le fort avait également un puits, un four à pain, une infirmerie, une soute à munitions et même des latrines. A noter que le château de Versailles n'était pas équipé de cette dernière commodité.

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